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Influence du magnétisme sur la cristallisation

— PlUcker faisait cristalliser du bismuth en le fondant et le laissant refroidir lentement dans une capsule suspendue entre les pôles d'un électro-aimant. Sur la masse solidifiée, il traçait une ligne parallèle au champ magnétique. Il observait alors que chaque fois que l'électro-aimant était excité, la ligne en question se plaçait parallèlement à la ligne des pôles, et le métal tendait à reprendre l'orientation qu'il avait au moment de la solidification. Ses cristaux avaient donc dû s'orienter pendant qu'ils se formaient sous l'action du champ magnétique.

D'après M. G. Wiedemann, qui a vérifié le fait, il ne serait cependant pas certain que l'orientation observée ne fût due à la présence dans le bismuth de quelques traces de fer \

467. Pouvoir rotatoire magnétique. — Un corps isotrope quelconque, placé dans un champ magnétique, y prend la propriété de faire tourner le plan de polarisation d'un rayon lumineux qui le traverse. L'action est maximum sur un rayon parallèle aux lignes des forces, elle est nulle sur un rayon perpendiculaire au champ.

La polarisation rotatoire magnétique diffère de la polarisa-

' PLiiCKKR, P0//7. Auii. 1840, LXXVI, 584; — G. Wiedemann, ihid. 184V, LXXVII, 537; Die Lehre. (hr Elektncitnt , III, 900; — Quintcs Ioilius, GceU, Xachr. ISOo. 290; — voyez aussi Faraday, Exjh Besearcfies (IS4Sï Série XXII, art. 2502, 25(m.

MAGNinSlIE. 593

tion rotatoire naturelle (§321) par an caractère fondamental. Le sens absolu de la rotation dépend uniquement de la direction du champ et de la nature du corps étudié; un observateur immobile, regardant dans la direction de la force magnétique, ▼oit le plan de polarisation tourner dans le même sens sur un rayon qui s'éloigne de lui, que sur un rayon qui vient vers loi.

Faraday' a reconnu que ce phénomène se produit aussi, quoique faiblement, dans un certain nombre de cristaux cubiques, la fluorine, le sd gemme, VcUun. ,

Wertheim, puis E. Becquerel, sont parvenus à le constater dans le quarUf, dans le béryl et dans la Umrmaline; M. Chauvin dans le spaih d^ Islande. Dans ces cristaux, la rotation ne se produit sans altération que dans la direction de l'axe principal ; dans les directions un peu inclinées sur l'axe, elle se transforme et se complique, comme cela a lieu pour la polarisation rotatoire naturelle (§ 339). L'effet observé peut être considéré comme la superposition de la double réfraction rectiligne que le cristal possède par lui-même, et d'un pouvoir rotatoire, indépendant de l'orientation du cristal, qui lui est communiqué par le champ magnétique.

Un rayon de lumière polarisée éprouve encore une rotation de son plan de polarisation lorsqu'il se réfléchit sur un corps fortement magnétique placé dans le champ d'un électro-aimant. L'action, proportionnelle à l'aimantation du corps, est maximum quand le rayon tombe normalement sur une face plane perpendiculaire au champ ; elle est nulle sur une surface parallèle au champ. Ce phénomène, découvert par M. Kerr, a été observé

' Faraday, Archives des Se. phys, et nat 1846, 1, 895; — Werthum, C B. 1861, XXXII, 289; — E. Bicquerbl, Ann. de Chim. 1846, XVII, 446; — LûDTOB, Pogg. Ann. 1869, CXXXVII, 281; — Chacvct, C. R. 1886, Cil, 972; 1889, CVIII, 1097.

594 PROPBIÂTis iLEOTKIQUES.

par M. du Bois sur la magnétite (système cabiqne); le fer oftffistej dont la susceptibilité est plus faible, n'a rien donné de certain ' .

> EiRB, PM. Màg. 1877, III, 321 ; 1878, V, 161 ; — EL-E.-J.-G. du Bon, Wied. Awn. 1890, XXXIX, 26.

THEBHOiLEOTBIClTÉ.

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