‹ Elements de cristallographie physiqueChapitre 85 sur 199 · FORMATION DES CRISTAUX · texte numérisé non relu

FORMATION DES CRISTAUX

136. Cristallisation par fusion. — Les cristaux peuvent prendre naissance et se développer plus ou moins régulièrement dans des circonstances assez variées , dont nous allons indiquer rapidement les principales.

Un corps fondu qui se solidifie par refroidissement prend en général une structure cristalline d'autant plus nette que la solidification s'efifectue plus lentement et plus tranquillement. Le soufre, le bismuth s'obtiennent ainsi en cristaux de grandes dimensions. Il suffit de fondre ces corps dans une capsule de porcelaine et de les laisser refroidir lentement. Quand une croûte solide s'est formée à la surface, on la perce, on laisse écouler la matière non encore solidifiée qui se trouve au-dessous, et l'on trouve la paroi de la capsule tapissée de cristaux dkrtincts.

En général, le corps se solidifie et commence à donner des cristaux dès que sa température s'est abaissée jusqu'à son point

de fusion. Beancoup de corps cependant peuvent, dans des con* ditions de repos convenables, rester fondus à une température notablement inférieure. Mais cet état de surfusion cesse en général par Tébranlement, et cesse toujours lorsqu'on touche la masse encore liquide avec un cristal de la même substance déjà fonné. La solidification se produit alors très rapidement dans toute la masse, et les cristaux qui se développent restent enchevêtrés, formant un tout plus ou moins homogène en apparence.

137. Cristallisation par sublimation. — Certains corps, solides aux températures ordinaires, peuvent se transformer en vapeurs sans subir de modification chimique et sans passer par l'état liquide. Lors(iue leurs vapeurs arrivent au contact de parois moins chaudes, elles se condensent de nouveau sous forme de cristaux: le chlorhydrate d'ammoniaque, l'iode cristallisent aisément par eu procédé.

138. Cristallisation par dissolution. — C'est là le procédé \v plus important ot le plus fréquent. Beaucoup de sels, par exemple, se dissolvent dans Teau; on observe alors que la proportion du c<)rps dissous ne peut pas dépasser une certaine limite: lorsqu'elle est atteinte, la solution est dite saturée. Si Ton ahandonne une stilution saturée à Tévaporation, à l'air libre ou dans le vide, Teau s'évapore seule, et le sel, qui n'a plus assez de dissolvant à sa disposition, se dépose lentement et cri^'tallise.

(>n arrive souvent au même résultat en refroidissant la solution : en effet, la solubilité du sel diminue en général quand la température s'abaisse. Quelquefois des phénomènes peuvent se produire (pli sont analogues à la surfusion; la solution abandonnée à elle-même, eu repos et à l'abri de l'air, peut se sursaturer.

et dépasser momentanément la limite de concentration normale sans que la cristallisation commence. Mais, pour la provoquer, il suffît souvent d'un ébranlement, et toujours du contact d'une trace même imperceptible du même sel déjà cristallisé. La cristallisation s'effectue alors à partir du point touché, plus ou moins rapidement et plus ou moins abondamment suivant le degré de sursaturation. Ce phénomène s'observe très facilement sur le sulfate de soude.

On peut encore faire cristalliser une solution en modifiant graduellement la composition du dissolvant. Sur une solution aqueuse d'alun de soude, par exemple, on peut verser avec précaution une couche d'alcool absolu, qui, se mélangeant peu à peu à l'eau, diminue son pouvoir dissolvant et force Talun à se déposer.

L'eau n'est, du reste, pas le seul dissolvant que l'on puisse employer ; ou peut obtenir des cristallisations de divers corps dans l'alcool, le sulfure de carbone, la benzine, Tacide borique fondu, etc. ; le carbone se dissout dans le fer fondu et s'en sépare en partie par le refroidissement sous forme de paillettes cristallines de graphite.

Page 1