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Volumes moléculaires des corps isomorphes

— On observe fréquemment que, dans les divers termes d'une même série de cristaux isomorphes, les volumes moléculaires, obtenus en divisant le poids moléculaire par le poids spécifique, ont des valeurs identiques ou très voisines ' .

D est assez probable que cette condition est nécessaire pour que les divers termes de cette série puissent cristalliser ensemble en toutes proportions; mais on n'en peut pas moins très bien concevoir une analogie complète de toutes les autres propriétés, un isomorphisme parfait sous tous les autres rapports entre des réseaux semblables, mais de dimensions absolues différentes. Or les volumes moléculaires paraissent dépendre assez directement de la nature chimique des atomes : la substitution d'un même

' LxcoQ DE Boisbaudran, C. B, 1867, LXIV, 1249.

* Kopp, Ann, Chem. Pharm. 1840, XXXVI, 1; Pogg. Ann. 1841, LU, 262.

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atome à on autre, dans une série de molécules de fonnules semblables, produit en général une même variation du yolume moléculaire. Si celui-ci est grand, cette variation est relativement négligeable : c'est le cas des aluns, par exemple; mais il en sera autrement si le volume moléculaire est petit, comme dans les chlorures alcalins ; Tisomorphisme sera peut-être alors moins complet, mais ne disparaîtra cependant pas entièrement £n somme, il est facile de concevoir que, entre le cas de deux réseaux identiques et celui de deux réseaux complètement différents, il y ait une infinité d'intermédiaires, soit quant au groupement des molécules chimiques dans les molécules cristallines, soit quant au groupement de celles-ci dans les réseaux cristallins. Lies analogies paraissent d'ailleurs devoir dépendre principalement de la structure des molécules cristallines plutôt que des particularités des molécules chimiques elles-mêmes'.

* Marionac, ArMves d. Se, pfiys. et naU 1851, XVII, 33; — Raiimelbbkr6, N. Jahrh. 1884, II, 67.

Quelques essais ont été faits pour découvrir comment les atomes des molécules chimiques peuvent se grouper dans les molécules cristallines, et pour trouver ainsi une relation directe entre la forme et la composition. Voyez en particulier Dklafosse, C, R. 1848, XXVl, 90; Métn. Sav. étrang. 1862, XIII, 542; — Dana, SUl. J, 18G7, XLH', 89, 262; — Gaudin, V Architecture dti monde des atomes, Paris 1873; — Schrauf, N. Jahrh. 1886, I, 234; Zeitsch. f. Kryst. 1884, IX, 265.

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