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RÉSISTANCE AUX ACTIONS CHIMIQUES

165. Figures de corrosion. — Lorsqu'un cristal est soumis pendant un temps très court à Faction d'un dissolvant, ses faces ne sont pas attaquées uniformément, mais se couvrent habituellement de petites cavités, dont les formes sont caractéristiques, et que Ton peut examiner au microscope'. Le plus souvent ces cavités sont polyédriques, semblables les unes aux autres et semblablement orientées sur une même face du cristal on sur les faces de même espèce, et variables d une face à l'autre. Leurs parois sont parallèles à des faces cristallographiques dont la distribution est toujours conforme à la symétrie du cristal.

S'il existe un plan ou un axe de symétrie qui soit perpendiculaire à la face étudiée, chaque figure de corrosion sera ellemême symétrique par rapport à ce plan ou à cet axe. Si les deux directions opposées d'une même droite tracée sur cette face ne sont pas équivalentes, les figures de corrosion seront conformées différemment à leurs deux bouts.

^ M. H. Hbrtz, J. de Crelîe, 1882, XCII, 156, définit la dureté d'un corps comme étant sa limite d'élasticité pour une pression agissant normalement sur une petite portion circulaire de sa surface. Cette définition ne correspond pas toat à fait à la dureté étudiée par les cristallographes, puisqu'elle ne comprend pas la variation de la dureté sur les diverses directions d'une même surface. La déformation dans les expériences résumées ci-dessus se produit sous l'influence d'une pression oblique à la surface. Voyez aussi F. Auerbach, Wied. Afm. 1891, XLIU, 61.

* Dàniill, J. de Schweigger, 1817, XIX, 38; — Lkydolt, Sitzb. Akad. Wien, 1865, XY, 59; 1856, XIX, 10; — Baumhaubr, Dos Reich der Krystalle, Leipzig 1889; Toyez aussi les nombreux travaux du même auteur cités au Chapitre Y.

S2U PBOPBIRTÉS MOI.éci'I^IRE«.

Il arrive da reste, le plas soQveDt, C|ae les divers diasolvinta donnent des figures de corrosion différentes; il pent se faire qu'avec certains dissolvants les figures soieqt moins symétriques qu'avec d'autres : mais, conformément an principe général énoncé au § 1 52, elles ne sont jamais moins symétriqnes que le cristal lui-m^ine. Les tïgares de corrosion fournissent on des priH'édôs les plus délicats pour reconnaître les méroédries

Fig. T'^ié. F:g. sa-,

lorsqiit^ l'ellos-ci ne sont pas accusées par les formes extérieures du cristal. Les tïgures suivantes, empmntées pour la ptiqiait aux traxaux de M. Raumhauer. donnent one idée de ce genre di> phénomènes.

iKit;. Ma.i Figures de corrosion par l'ean dn set tiemme mr imo laco du cube ili'''liH'driv cubique'.

: li'.: ^ube. :'>Àr i'acide nitrique à chaud ;■.:;■•: par Tean (hémiédrie

COH^ION. 321.

(Fig. 329.) Niirate de baryum par l'eau (tétartoédrie). (Fig. 330, 331.) Quarte gauche et droit par l'acide âaorhydiique (tétartoédrie non sDperposable du système hexagonal).

Kf. StO. Fig. S31. Fig. 333.

(Fig. 332.) Galamine (hémimorpbie du système rhombtque), (Fig. 333.) Sucre de canne (hémimorphie du système clinorhombique).

(Fig. 334.) Calcite (bémiédrie rhomboédriqne du système hexagoual).

(F^. 335.) Dolomie (tétartoédrie rhomboédrique du système hexagonal).

S23 PS0PBIÉTÉ8 UOLÉCULAIBEB.

Lea figures de corrosion sont très utiles aussi ponr l'étade des Di&cles; les portions enchevêtrées des divers cristaax groapés, étant différemment orientées, donnent des figures différentes qui permettent de les distinguer.

La figure 336 représente, d'après M. Baamhauer, l'orientation des empreintes obtenues sur une m&cle artificielle de calciie (§ 159); la figure 337 une mftcle de boracUe.

166. Les figures de corrosion peuvent être étudiées i. l'œil nu : il suffit de placer l'œil très près du cristal vivement éclairé

par une fiamme. Les facettes des angles rentrants étant parallèles dans tontes les cavités d'une même face, leurs reflets se superposent et donnent une image lumineuse' dont la symétrie est conforme à celle des cavités elles-

Fii. 338. . .

mêmes.

(Fig. 338.) Figure lumineuse de la ccdcite corrodée sur one face rhomboédriqne.

167. Les variations de la solubilité da cristal dans les diverses directions se manifestent encore lorsque, suivant le procédé de M. Exner', on place la face cristalline à étudier sur le trajet d'un jet vertical du dissolvant. L'attaque est inégale dans les difTérentes directions, et il se forme un creux anguleux de forme et d'orientation déterminées.

M. Lavizzari a obtenu des résultats encore plus caractéristiques. Il a reconnu qu'an cristal de calcite plongé dans un acide

> Brkwstir, Edinb. Tranv. 1840, XIV, 164; — Marbacb, Sehieg. GesdUth. Breslau, 1863, 25; — v. Kobili, Situb. Akad- Mûnehen, 1862, I, 199; — Hausbofxb; Veb. Asterigmws tmd Lichtfiffuren an Calcit, Munich 1865.

* F. Exner, Fogg. Ann. 1874, CLIII, 53: — Laïizziri, Nouv. phirtomène» des corps eristanûég, hugano 1866.— 'Voyez encore Spbing, Zeitteh. f. pkyt. Chem. 1886, II, 13; — Cmiiio, Ann. de Ckim. 1889, XVII, 37,

dégage la même quantité d'acide carboniqae sur toutes ses faces de même espèce ; mais s'il a la forme d'un prisme hexagonal, le dégagemcDt est plus abondant sur les faces latérales que

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SOT tes bases. Une sphère de spath d'Islande se transforme progressivement en une double pyramide hexagonale, en passant par une série de formes intermédiaires (fig. 339).

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