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Figures d'efflorescence, ou de décomposition

— Si l'on chauffe graduellement un cristal hydraté, l'effioresceuce résultant de l'élimination de l'eau se prodnit par taches irrégulièrement distribuées, mais dont la forme est encore en relation avec la symétrie cristaltographique.

D'après M. Pape ' , qui a découvert cette propriété, ces taches soot le plus souvent elliptiques ou circulaires. Leur forme sur t)ne face quelconque pourrait être considérée comme la section faite par cette face dans un certain ellipsoïde (dîipsoide d'efflo- *~e8cence) qui serait à trois axes inégaux dans les cristaux des t^rois derniers systèmes, placé d'ailleurs d'une manière quel- «ïonqae dans le prisme bioblique, l'un de ses axes principaux «:x>lncidant avec l'axe de symétrie dans le système rhomboldal oblique, et ses trois axes principaux coïncidant avec les trois

• PiPB, Pogg. Ann. 1866, CXXIV, 329; CXXV, 613; 1868, CXXXllI, 364; — SoBircmB, Ztitêdi. {. Kryet. 1880, IV, 226; ~ Blâsiub, ibid. 1885, X, 221.

axes de symétrie dans le système rhombiqae. Cet ellipsoïde serait de révolution antoor de Taxe principal dans les cristaux quadratiques et hexagonaux, et se réduirait à une sphère dans le système cubique.

D'après M. Blasius, il peut aussi se produire, suivant les conditions de l'expérience, des figures plus compliquées se rapprochant davantage des figures de corrosion.

4( 169. Développement des faces cristallines. — L'une des plus importantes manifestations des différences de cohésion dans les directions différentes est sans contredit la production des formes cristallines, que nous avons étudiées en détail dans la première partie de cet ouvrage, et qui nous ont servi de base pour établir les caractères de symétrie des cristaux.

Comme pour les clivages, il est probable a priori que les faces qui résisteront le mieux aux forces extérieures et qui, en définitive, finiront par subsister tout autour du cristal, sont celles qui ont le plus de cohésion tangentielle et le moins de cohésion normale, c'est-à-dire, comme nous l'avons vu (§ 156), celles qui ont la plus grande densité réticulaire. On peut prévoir d'une manière générale que les faces les plus stables et par conséquent les plus fréquentes et les mieux développées seront celles qui ont les indices les plus simples.

n ne faudrait pas en conclure, cependant, que les faces les plus fréquentes dans un minéral coïncident nécessairement avec ses plans de clivage : la fluorine, par exemple, a un clivage octaédrique et ne présente que rarement les faces de l'octaèdre ; la calcite, dont le clivage rhomboédrique est parmi les mieux caractérisés, ne se rencontre presque pas sous la forme du rhomboèdre primitif.

Il faut observer, en effet, que la cohésion ne dépend pas uniquement de la distance des molécules, mais aussi de leur nature

propre et de leur forme ; en oatre, les conditions ne sont pas les mêmes pour les forces mécaniques qui produisent le clivage et pour les forces physiques et chimiques qui agissent dans la cristallisation.

Les premières dépendent uniquement de la structure du cristal, les autres dépendent aussi de la nature du milieu ambiant; c'est même ce qui permet de concevoir que les faces se forment différemment dans des milieux différents (§ 142). '

M. Sohncke ^ admet que, tandis que sur les clivages la densité réticulaire doit être maximum en même temps que la cohésion normale est minimum, il suffit d'autre part que la première condition soit remplie pour qu'une face puisse se développer. Les deux conditions concordent dans le système de Bravais, mais peuvent être distinctes dans des réseaux plus compliqués.

' SoHNCKi, Zeitsch, f. Kryst. 1888, Xin, 214. — Voyez aussi la théorie très remarquable donnée par M. P. Curie, BvAh Soc, min, 1885, VIII, 145 ; — Wald, ZeiUàh. f, phya. Chem. 1889, III, 572.

226 PBOPRIETÉB M0LÉCULAIBE8.

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