Ci-dessas, p
3. Commentaries^ Introd., § 1, p. 50 et suiv. ; B. I, ch. vu, pp. 267, 2W.
inspiré à notre grand philosophe sa conception particulière du pouvoir judiciaire.
La séparation des pouvoirs était destinée à devenir Tun des articles du Credo politique élaboré par nos philosophes du xviii* siècle. Sur ce point même il semble que l'école de Rousseau soil exactement d'accord avec celle de Montesquieu : c'est cequ*on a essayé spécialement de prouver dans ces derniers temps*. On a relevé soigneusement dans Rousseau les passages où il proclame la nécessité de cette séparation. En réalité, l'harmonie est seulement apparente; si Rousseau arrive aux mêmes formules que Montesquieu, c'est par une combinaison différente des pouvoirs et en vertu de tout autres principes. Pour Rousseau, la séparation du pouvoir législatif et du pouvoir exécutif résultait fatalement de la conception qu'il se faisait de Tun et de l'autre. Pour lui, le pouvoir législatif, nous le savons, se confondait avec la souveraineté, ne pouvait s'exercer que directement par le vote de la nation entière et ne pouvait avoir pour objet que des règles et décisions générales : le pouvoir exécutif ou gouvernement ne pouvait, au contraire^ consister qu'en actes particuliers, et se distinguait nécessairement en droit du législateur'. Alors même que le gouvernement serait dirigé par l'Assemblée du peuple «'Qtier, celle-ci, par une transformation bizarre, ne pourrait intervenir en cette qualité qu'en perdant sa qualité de légis* lateur pour devenir son propre agent d'exécution '. D'ailleurs, Rousseau ne croit pas bon qu'il en soit ainsi, non seulement parce qu'un pareil gouvernement démocratique est impraticable, même dans les États les plus petits, mais surtout parce que cela serait contraire à la conception même du gouvernement <( qui est un corps intermédiaire établi entre les sujets et le souverain et chargé de l'exécution des lois » ; enfin, parce que ce serait fausser Téducation du peuple qui doit^ comme souverain, n'envisager que des règles générales, et qui serait amené ici à considérer des faits particuliers '\ Mais si la sépa-
t. Anlard, Recueil des actes du Comité du salut public^ 1. 1, p. LXVI» et surtout Kovalevsky, Lrs origines de la démocratie contemporaine, i. 1, p. 614 et suiv.