Ibidem, p. 155, note
4. Contrat sociaL, liv. lil, cb. iv, p. !95: a Celui qui fait la loi sait mieux que persoone comment elle doit être exécutée et interprétée. 11 semble donc
2îi8 LA LIBtRTÉ MODERNE
ration des deux pouvoirs est aiasi naturelle et primordiale,, pour ainsi dire, Rousseau n'admel en aucune façon l'indépendance du pouvoir exécutif. Celui-ci n'est, au contraire, que le comnjis, le serviteur du peuple souverain, qui peut le surveiller, le contrôler elle destituer à volonté; ses pouvoirs disparaissent mémo de plein droit dès que le peuple, son mailre, est assemblé. [Ine seule chose, dans le système de Rousseau, dnnne une certaine ind.'pendance de fait au pouvoir exécutif, c'est que le peuple ne doit avoir que certaines assemblées fixL'SoL ])ériodiques, en dehors des assemblées extraordinaires convoquées par les magistrats \
(Juaul au pouvoir judiciaire, Rousseau n'admet pas qu'il soit exercé par le peuple législateur, pas plus que le pouvoir exéculif et pour les mêmes raisons '; et, tout en soumettant sans doute ies juges aux mêmes règles que les autres magistrats, il les veut distincts de ceux qui exercent le pouvoir exécutif*.
qu'oQ ne saurait avoir une meilleure Coustitution que celle où le pouvoir enéïTuUr eat joiut au législatif; mais c*eàt cela mène qui rend ce jjouvernemetit rnsurfisantà certains égards, parce que les choses qui doivent être distiii^'-tjéea 06 le sont pas, et que le prince et le souverain, n*étant que la même pLTiiouQe, ne forment, pour aiusi dire, qu*un gouvernement sans gouvernemeuU Jl n'est pas bon que celui qui fait les lois les exécute, ni que le Ck)rps du pi.'upiti détourne son altention des vues générales pour la donner aui objetâ particuliers. Rien n'est plus dangereux que l'influence des iutérêts privée darid les affaires publiques, et Tabus des lois par le gouyernemeot est un mal moindre que la corruption du législateur, suite infaillible des vues parlicïulîères ». Cf. liv. III, ch. i.
i. Contrat social, liv. 111, ch. i, p. 183: « Ceux qui prétendent que Tacle par kquel nu peuple se soumet à des chefs nVst point un contrat ont grande raifîOQ. Co n'est absolument qu'une commission, un emploi, dans lequel, simples officiers du souverain, ils exercent en son nom le pouvoir dont il les a fait dépositaires, et qu'il peut limiter, modifier et reprendre, Tjuand il lui plaît >►, — Lettres écrites de la montagne^ Part. H, lettre 7, p. 422 : « Le pouvoir législatif consiste en deux choses inséparables : faire les lois et les maiuteuir, c'eat-à-Jire avoir inspection sur le pouvoir exécutif. Il n'y a point d'Étiit au monde où le souverain n*ail cette inspection. Sans cela^ toute liaison, îoule sahordinatiouy manquant entre ces deux pouvoirs^ le dernier ne dépéri' drail point de faulre; TexécuUon n'auroit aucun rapport nécessaire aux lois; la loi ne seroit qu'un mot, et ce mot ne signiûeroit rien »». — Contrat social, liv. Il), ch. XIV, p. 234: «A l'instant que le peuple est légitimement assemblé eu Corp? souverain, toute juridicUon du gouvernement cesse, la puissance executive est suspendue».