Essay on civil government, ch. vni, n
2. Contrat social^ liv. IV, ch. u, p. 253 : « Le citoyen consent à toutes les lois, même à celles qu'on passe malgré lui... La volonté constante de tous les membres de TÉtat est la volonté générale ; c'est par elle qu'ils sont citoyens et libres. Quand ou propose une loi dans l'Assemblée du peuple, ce qu'on leur demande n'est pas précisément s'ils approuvent la proposition ou s'ils la rejettent, mais si elle est conforme on non à la volonté générale qui est la leur : chacun en donnant son suffrage dit son avis là-dessus; et du calcul des voix se tire la déclaration de la volonté générale. Quand donc l'avis contraire au mien l'emporte, cela ne prouve aucune chose, sinon que je m'étais trompé et que ce que j'estimais être la volonté générale ne l'était pas. Si mon avis particulier l'eût emporté, j'aurais fait autre chose que ce que j'avais voulu; c'est alors que je n'aurais pas été libre ».
essayé d'y répondre en disant qu'il ne faut point s'étonner si Thisloire donne peu de renseignenienls sur les hommes qui vivaient dans l*état de nature; car les documents historiques sont partout moins anciens que l'établissement du gouvernement et de la société civile. « Cependant peut-on nier, dit-il, que Torigine de Venise et de Rome se trouve dans l'union de plusieurs hommes libres et indépendants Tun de l'autre, parmi lesquels n'existait aucune supériorité naturelle, aucune sujétion? ». Il cite aussi, d'après Josephus Acosta, l'exemple des tribus rudimentaires américaines, « les habitants de la Floride, les Cheriquanas, ceux du Brésil, et beaucoup d'autres nations qui n'ont pas de rois attitrés, mais choisissent leurs chefs comme il leur plaît, suivant que l'occasion se présente en paix ou en guerre* ». Les hommes du xvni® siècle prirent une autre position. Ils ne cherchèrent pas à établir le contrat social comme un fait historique^ mais comme une nécessité logique, sans laquelle la puissance publique ne pouvait se comprendre. Rousseau admet que les clauses du contrat social sont « partout tacitement admises et reconnues », qu'elles n'ont « peut-être jamais été formellement énoncées* », et qu'il se renouvelle tacitement de génération en génération par le seul fait de la résidence sur le territoire de la nation*. Blakstone est plus explicite encore. « Bien que, dit-il, la société ne tire pas son origine formelle d'une convention conclue entre les individus, mus par leurs besoins et par leurs craintes, cependant c'est le sentiment de leur faiblesse et de leur imperfection qui tient les hommes unis; cela démontre la nécessité de cette union. Et c'est là ce que nous entendons par le contrat social originel; bien que, en aucun cas, il n'ait été formellement exprimé lors de la première institution d'un État, cependant selon la nature et la raison il doit être toujours sousentendu et présumé dans l'acte même de s'associer ensemble : à savoir que le tout devra protéger toutes sespar-