Contrat social, liv. ï, ch. vi, p
3. Contrat social, liv. IV, ch. ii, p. 252 ; « Si donc, lors du pacte social, il s'y trouve des opposants, leur opposition n'invalide pas le contrat, elle empoche seulement qu'ils n'y soient compris ; ce sont des étrangers parmi les citoyens. Quand l'Étal est institué, le consentement est dans la résidence; habiter le ter^rJ/oiVe, c'est se soumettre à la souveraineté >*.
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lies, et que chaque partie se soumettra à la volonté du tout: ou, en d'autres termes, que la communauté protégera les droits de chacun de ses membres individuels et que (en retour de cette prolection) chaque individu se soumettra aux lois de ^a communauté* ». Mais, ainsi compris, le contrat social n'est plus qu'une fiction juridique destinée à traduire une idée juste, d'ailleurs, à savoir : que le droit public, comme le droit privé, a son point de départ dans l'individu, moralement libre, raisonnable et responsable. La puissance publique n'existe que dans l'intérêt des individus qui composent la société : elle ne peut s'exercer légitimement qu'en respectant les données de la raison et les droits de l'individu. La fiction du contrat social présente, en outre, deux inconvénients.
En premier lieu, quoique prenant pour point de départ le droit individuel, elle le sacrifie en définitive, puisqu'elle aboutit à une aliénation de l'individu et de ses droits au profit de la communauté. Secondement, elle fait reposer les droits de l'individu sur une indépendance première et absolue, résultant de Tétat de nature. Or, l'état de nature, aussi bien que le contrat social proprement dit, sont des hypothèses historiques contraires aux données de Thistoire et de la sociologie. L'homme ne se trouve nulle part dans le pur état de nature, mais toujours on constate une certaine organisation sociale, si rudimentaire qu'elle soit. Là où la famille, entendue au sens le plus étroit (père, mère et enfants), constitue le seul groupement ayant quelque fixité, les familles se réunissent néanmoins dans des combinaisons variées et temporaires, pour la défense mutuelle, la chasse ou la pêche*. Dans une notable portion de l'humanité il semble même que la famille n'ait pas été le groupe organique le plus ancien. Celui-ci se trouverait dans la tribu ou le clan, parfois dans le lien créé par la cohabitation dans le m^me village, si bien que la parenté légale, maternelle ou paternelle, ne se serait formée que plus tard et grâce à ce milieu '. Dans tous les cas, quelle importance peuvent
1. Commentaries on ihe latvs of England, IntroducL^ § 2, t. I (Oxford 4778). p. 47.