DE LA SEPTIÈME ÉDITION
Le beau traité de Droit Constitutionnel de notre savant maître Esmein ne pourrait disparaître sans laisser un vide dans la science du droit public. Si, depuis l'apparition de ce traité, d'autres œuvres doctrinales se sont fait une place importante dans l'enseignement du Droit Constitutionnel, cependant celui-là est demeuré le seul qui procède d'une méthode historique. Or, c'est encore cette méthode qui apporte la plus grande sûreté de vue et de jugement dans l'interprétation de notre Constitution de 1875. Comme le faisait observer, dans la préface de la sixième édition, notre distingué collègue Barthélémy, que les dernières élections législatives ont appelé à mettre en œuvre au Parlement la haute culture scientifique qu'il avait précédemment apportée au service de cet ouvrage, l'explication la plus lumineuse de nos institutions pohtiques nous est toujours donnée par leurs sources révolutionnaires et leurs sources anglaises.
Cependant-, depuis la dernière édition de ces Eléments, c'està-dire depuis le début de 1914, de graves événements ont bouleversé le monde et ont eu leur répercussion sur l'organisation politique, de tous les Etats de l'Europe.
La guerre, certes, n'a pas ébranlé la foi profonde qu'Esmein nous a inculquée dans la République parlementaire; celle-ci a déjà donné à la France cinquante ans de liberté politique, un empire colonial immense, la victoire dans le conflit universel, et elle lui a restitué l'Alsace et la Lorraine, qu'avait perdues un gouvernement personnel. Si la guerre, par suite de la durée et de l'âpreté de la lutte, a multiplié les tâches des Gouvernements, exigé parfois la concentration de nouveaux pouvoirs dans les mains de l'Exécutif, plus promptes à l'action que celles des Parlements, c'est encore cependant