‹ Éléments de droit pénalChapitre 30 sur 184 · CHAP. IV. COXSÉQUENCES PRATIQUES · texte numérisé non relu

CHAP. IV. COXSÉQUENCES PRATIQUES

ritablement de précise? J'avoue qu'il n'y a pas d'instrument physique pour reconnaître et pour mesurer le juste non plus que Tulile, comme on mesure la longueur ou la pesanteur d'un corps. Abstractions métaphysiques déduites de rapports.divers et de lois ou nécessités différentes dans la création, c'est à la raison humaine à les concevoir et à les apprécier, et la raison le fait avec plus ou moins d'exactitude suivant qu'elle est plus ou moins puissante, plus ou moins éclairée. Mais ce que ie puis afGrmer, c'est qoe la notion et la mesure du juste, quoi qu'il y paraisse, sont bien

fins faciles à avoir et à arrêter que la notion et la mesure de utile. Faites discuter une grande assemblée sur l'utile, ils ne s'entendront pas; faites-la discuter sur le juste, la plupart du temps et comme d'instinct ils seront d'accord.

207. Enfin , en apprenant dans le troisième problème à déterminer le but des peines, c'est-à-dire les divers résultats utiles qu'il faut chercher à produire par la punition, on apprend à pouvoir faire en connaissance de cause le choix des peines bonnes à employer. Comment choisir la voie si l'on ne sait pas à quel but il faot arriver? comment choisir le moyen si l'on ne sait pas quel effet il importe de produire? Il y a bien des douleurs, bien des maux par lesquels il serait possible d'affliger l'homme; l'homme est vulnérable par mille points : le législateur doit choisir pour les ériger en peines publiques des genres d'affliction qui , tout en se maintenant dans la limite du juste, soient susceptibles de produire à la fois, autant qu'il est permis de l'espérer, la correction morale toutes les fois qu'elle est nécessaire et possible, et l'exemple. Il doit organiser le mal qui constitue la peine dans un ensemble de mesures telles qu'elles conduisent à ces deux résultats.

208. En somme, la détermination de l'origine historique des peines montre le développement graduel des mœurs et des institutions humaines sur ce point, et donne la leçon de l'histoire. Celle des bases sur lesquelles repose légitimement le droit pour la société de punir, sert à fixer la nature et la limite des actes punissables; la nature, et la limite ou en d'autres termes la quantité de la peine. Celle du but sert à fixer la qualité, ou , en d'autres termes, à faire le choix des peines bonnes à employer.

Je pose en fait que c'est faute de solutions nettes et fermes sur ces trois problèmes que les divers systèmes, les divers codes de

Ênalité ont été si imparfaits jusqu'à ce jour, et si loin de donner \ résultats nécessaires à la société.

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