DU GOUVERNEMENT
Quelquefois , oh entend par gouvernement , le corps ou l’individu à qui , dans un état , est conBé le pouvoir exécutif'; et c’est eh ce sens que cè mot est pris, quand on parle dü gouvernenient, par opposition .aux autres ‘corps de Tétât. ' "
Mais souvent aussr Ces mptç , constitution , gouvernement, s’emploièfit' poùr exprimer la même idée , c’est-à-dire , 2a manière dont là souveraineté s’exerce dans chaque étef; eto’est dans ce dernier sens que nous nous en servons en ce moment.
I Gouverner, ainsi 'que nbiis T<entendons ici, c’est àoufi exercer V cmtorité soaviràinx. ^ •'
Mais, dans-tout gouvernement, et comme chef visible de la; société , il existe un prince : c'est la personne ou les personnes qui sont chargées de la puissance exécutive. Et il est dès-lors facile de saisir la différence qqi existe entre le souverain et
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le prince : le premier fait les lois , et-l’autre les exécute.
Le peuple est , après le prince , tout le reste- de la nation.
C’est pour assurer son bonheur que le gouvernement est institué ; et les .hommes qui ont le pouvoir doivent toujours en usêr à son profit et jamais pour leur avantage personnel.
' Gomme base commune de tous les gouvernements réguliers , Aristote donne la morale , c’està-dire, ainsi que nous l’entendons, la justice, la liberté, et l’égalité politique. Il veut que toiit gouvernement soit établi pour l’avantage des gouvernés et non des gouvernants. Et, selon Cicéron, il est faux que la chose publique ne' puisse être gouvernée sans le secours de l’injustice ; il- est , au contraire, de toute ‘vérité qu’elle ne'pëut être gouvernée aans une exti-ême justice. -
Tels sont donc 'les devoirs généraux 'de tput gouvernement , par rapport -au peuplé qu’il dirige, .
Aux derniers rangs du peuple , dans la société civile , se trouve èncore \& populace. On entend par ce mot, les individus qui, n’exerçant point une industrie régulière , n’ayant cpie des' habitudes vicieuses, des mœurs grossi^es, ont été privés des bienfaits de l’éducation première. Le devoir d’un - bon gouvernement est de s’efiforcer
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48 ÉLÉ1IENT6 DÉ DBOtT POLITIQUÉ.
d’cD dioninuer le nombre, en favorisant la diffusion des lumières et en proposant des lois justes, qui encouragent le développement de toutes les facultés humaines. Ces individus méritent surtout le nom de populace , lorsqu'ils s’assemblent en tumulte pour troubler l’ordre public et porter atteinte aux lois>
Entre le peuple en masse , et la populace qui s’en distingue, se trouvent les citoyens : ce sont ceux des membres de l’état qui jouissent des droits politiques^ c’est-à-dire, qui prennent part , de quelque manière que ce soit, au gonvemement de l’état. .
Sous ce rapport , le reste du peuple se compose de particitliers , d’individus, qui ont en euxtnêmes le germe de la, qualité de citoyen, mais qui ne sont point admis à çn exercer les droits.
Les lois constitutionnelles. créent seules les citoyens elles les forment , en .leur accordant le droit de voter sur les affaires publiques, soit qu’il s’agite de concourir à la nomination des autorités constituées-, soit que la loi les appelle à exercer une parrtie quelconque des pouvoirs sociaux. »
■In'terû et (iupacité i telles sont ira les conditipn.s qu’exigent la nature de» choses et l’expérience des siècles. Qui n’a point intérêt â la cbpse publique ne doit pas être admis à en délibérer ; ou
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doit en écarter aussi ceux que le vice ou la faiblesse de leur nature, ou leur défaut de lumières, rendent incapables d’apprécier ‘les besoins de l’état social.
Tout gouvernement dgit s’attacher à reconnaître la nécessité d’accroître le nombre des citoyens. L’équité lui en fait un devoir; mais le salut public exige qu’il apporte à cela la plus grande prudence et ne procède que par degrés : c’est ici l’un des problèmes les plus difRciles de l’ordre social. Chaque pas, dans cette voie, modifie le principe de la constitution de l’état.