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PARTIS ET DES FACTIONS

Ce n’est pas seulement par, la désobéissance habituelle des citeyens aux lois , qu’un état >peut

43o ÉLÉMENTS DE DROIT POLITIQUE.

être troublé ; uu état l’est encore par des partis , par des-faetions, par des séditions , par la guerre civile. • ' .

On a , de tout temps , confondu- les partis avec les factions; mais il y a, défait, entre ces deux choses , une notable. d^érenee.

Un parti sç dit de la réunion de plusieurs personnes dans un. même intérêt ou un» même opinion, en opposition à d’autres personnes qui ont également unr intérêt ou une opinion contraires.

La faction suppose de Uactivité et une machination secrète , opposée aux vues de ceux qui n’en sont point.

Parti h’exprinfe qu’uBP.partage dans les opinions ; par lui-même , il n’a donc rien d’odieux , tandis que faction l’est toujours.

l^ans les gouvernements absolus,' il n’y a ordinairement que des partis; ils ont pour but les emplois, la faveur, le crédit, et l’influence.

Dans les gouvernements modérés , les partis ont le même mobile; ils y ont de plus, un effet politique : ils s’observent , se contiennent mutuellement, servent de frein à l’autorité et de sauve-garde à la liberté.

Les partis y dégénèrent en factions , lorsque , mm contents d’intnguer pour s’emparer des em-

plois et des hooneurs, ils portent leurs vues jusqu’au gouvernement lui-même, soit pour en secouer le joug, soit pour s’en emparer, soit^nfin pour le rendre odieux.

Le véritable foyer des factions est dans les gouvernements républicains. Elles ont toute leur étendue et toute leur énergie dans les démocraties, parce que les droits étant égaux , chacun se croit propre à tout ; ainsi y tout lé monde veut commander, et personne ne veut obéir. Lorsque les factions sont modérées , elles établissent une sorte d’équilibre , et sont utiles pour le maintien de l’émulation et de la liberté; mais, lorsqu’elles sont exagérées , elles occasionent du tumulte , des troubles, la guerre civile; et., en dernier résultat, l’anarchie, le despotisme, du la dissolution.

Dans les aristocraties, l’esprit de faction est concentré dans 'les familles qui sont maîtresses du gouvernement ; les sujets ne forment pas même des- partis , parce qu’ils ne peuvent avoir aucune part ni au gouvernement, ni aux emplois; ils' obéissent et paient , ainsi que sous le despotfsme : voilà en quoi consiste toute leur existence politique.

Dans les gouvernements où elles se déclarent , leayàcd'oiLf sont* toujours. dangeeeuses=; s’il en est quelques-uns où elles peuvent produire quel-

que bien, le mal qu’elles peuvent faire est encore plus grand. • . '

Celui ou- ceux qui gouvernent doivent donc s’attacher à les de'truire ; mais la violence serait une mauvaise conseillère t le meilleur moyen d’y parvenir est de maintenir l’e'galité la plus parfaite entre toutes les diverses classes de citoyens. Il faut sans doute une main ferme pour atteindre ce but, mais il faut aussi beaucoup de justice.

SECTION m.

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