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DES SÉDITIONS

Les factions engendrent souvent des séditions. On donne généralement ce nom à toute assemblée turbulente et nombreuse , non -autorisée par le magistrat ou qui a lieu au mépris de sou autorité , et dont le but est d’attaquer l’autoi^té légitime et de troubler violemment la paix intérieure de l’état. * ,

Les séditions ont lieu dans le» gouvernements où il y a inégalité dans les droits , de même que dans ceux où il existe des corps intermédiaires. C’est ainsi que le peuple -romain a souvent été séditieux ; c’est ainsi que , dans une monarchie , la noblesse peut 'être séditieuse 4 il en est de même des corps militaires , dans un gouvernement absolu.

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Les séditions ont des causes très- variées : souvent elles n’ont pour objet ^ue le redressement de quelque grief; mais elles peuvent aussi ii’être qu'un prétexte pour attaquer le gouvernemènt et même pour, le. bouleverser.

En général , plus un -gouvernement est absolu, plus les séditions y sont dangereuses.

Eu Turquie , les janissaires étaient les maîtres du sultan et de l’empire. On a vu la même chose en Russie , à l’égard des gardes , quoiqu’il y eût une noblesse nombreuse et opulente c’est que cette noblesse n’a pas une existence politique; par conséquent , elle n’a qû' un intéiêt précaire au maintien du gouvernement , quipQut l’opprimer, faute de contre-poids.

Daris les inonarchies*bieii réglée^ , les séditions sont difficiles , .parce que la noblesse y a une existence assurée , et qu’elle a toutes les jouissances qui -satisfont l’amoüf-propre-; d’ ailleurs , comme intermédiaire entre le monarque et Te peuple , elle contient 'celui-ci dans'les bornes de l’obéissance , pour sa propre sûreté. ‘

n n’y a et ne peut 7 avoir de cause de séditioh dans les ^gouvernements populaires, parce que l’égalité et la' liberté ëû font la base et l’obje^; mais il peut y en avoir dans les aristocraties , parce que les sujets peuvent se lasse'r d’obéir aux

familles privilégiées qui se sont appropirié vùie autorité exclusive. ‘

Les séditions sont toujours accompagnées de tumulte , parce que le déaèrdfe en est insépara» ble. Elles doivent donc 'attirer la force publique pour les réprimer ; et- c’est surtout à cda qué , dans les gouvernements constitutionnels , est des* ûnée la garde nationale, composée de- citoyens propriétaires ou commerçants ‘également intéressés à ce que le tumulte s’appaise.et'à ce que tout rentre dans l’ordre âii plus tôt. Elle agit , d’ailleurs , avec' moins de violence que l’aithée de ligne , et son emploi tend- U épargner nu arrêter l’effusion du sang. * ■

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Si, lorsque 'la. force publique tentp d’appai* ser les sédidoqs^ la résistance a lieu , les séditieux deviennent alors rebelles, et dn là naît, à l’instant , la guerre civile ^ -le plus grand üéau qui puissç a^iger tqie paüop. j . '

C’e^t unp guerre.de. passa i de fureur et de rajge;,elle détruit, li^,princjp^,de l’ordre social; el\e rompt les Ueps.de la filature; c’est une mère qui dévoi;c ses prppreft enfants. I ;. i , - ;

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La guerre cit>ile s’établit entre le peuple ou une' grande partie dü peuple et le gouvernement , ou entre ie petiple seul , divisé entre plusieurs factions.

Si la nation entière est soulevée , il n’existe plus ni gouvernement, ni souverain : il y a retour à l’état de nature sauvage.’ En pâreil cas, il n’existe d^utre ressoude que la toie de la conciliation; la voie des armes serait une usurpation; car une nation ne |>eUt .avoir autorisé son conducteur à les employer contre elle-mênie.

Si une partie, seulement de la nation est .soulevée, le gouvérnement doit se rappeler .que la conseiration de la société, dont la conduitejui est confiée , est le premier et la plûs essentiel de ses devoirs , et que c’est d’après ce principe ^’i^doit diriger l’emplpi des moyens nécessaires pour-'appaiser les espfits, rétablir l’Ordre et la tranquillité, et se conserver. lni»eirême», ;

On est généralement d’accord que , dans le cas où les hostilités -civiles sont inévitables , on doit suivre les r^les ordinaires de la guerre ; si la justice rigoureuse ne l’exige pas, du moins la prudence le conseille^ car il. faut craindre ot prévenir les représailles. ' ''

Maison sentira facilement que' noos u’entendons point parler de rebelles faisant la guerre en brigands ; ;car c’est un devoir de. les- poursuivre à

toute outrance , parce qu’ils violçnt toutes les lois sociales, au lieu de les défendre.' ' * j

Si les hommes Soulevés ont des griefs fondés , il n’y a personne à punie; dans le cas contraire, il impol-te. à la’. tranquillité publique , au maintien de l’ordre social , de faire un elcmple éclatant sur les moteurs, de la sédition, à moins qu’on n’ak été forcé- dte leur faire grâce. • ••

Les conséquences funestes que peut avoir la guerre cinle , quelle i^u’en soit l’issue, doivent éclairdr les ' gouvernements sur les précautions qu’une teUe prévoyance exige de leur part. Elles doiveni faire sentir a l’autorité da nécessité de prévenir çes affreux résultats. Un simple parti ne présente sans doute rien de dangereux dans ' son ôri|^e mais , s’il grossit , il .peut dégénéreV en ^fitçtion , et l’audace impunie des factieux les conduit naturellement à là ^sédition r en pareil cas , l'indulgence peut devenir funeste. On peut juger par. là combien est- pernicieuse- la maxime : «' 'Qu’un gouvernement , pour être <t tranquille, doit^ fomenter les partis oppo- « ses , é’esû4-dire dwistr pour mieux pommante ‘der. » L’expérience ne prouve que t^p que tous ces petits incendies peuvent, causer un embrasement général. La méthode la plus sûre et la plus efBicacé, pour prévenir les •’ séditions , est d’être juste et sage , et d’étrç aussi ferme à sou—

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tenir le bien , que promet à' réparer ûne.eii-eur. Si la perreraité les provoque ^ ce qui est assez ordinaire , il n'y a point à pactiser/

- Lorsqu’une nation , après avoir détruit son gouvernement , se divise en factions qui se disputent l’autorité , il en résulte tin genre de guerre civile dont les bprreurs sont incalculables : c’est un véritable état de dissolution ; il n’existe plus de nation ; il n’y a plus aucun-lien Social ; il n’y a que des individus s’abandonnant , sans frein , à toute la fureur de leurs passions. Si l’excès du mal n’éclaire pas les chefs des différentes factions et ne les* ramène pas enfin dans la voie de la raison , le pays , après avoir été dévasté et dépeuplé, devient la proie de l’étrangér ^ et cet é^anger ne croira pouvoir soutemr son autorité que par la force : c’est là le ‘résultat naturel et presque certain de la licence populaire.

Au reste , on peut dire que les séditions et les guerres civiles sont presque toujours , directement ou. indirectement , l’ouvrage du gouvernement. Il les provoque véritablement,' lorsque , s’étant permis un acte arbitraire , il néglige de le répsuer , et d’arrêter par là'le ihécontenterâent et les plaintes. Une conduite pareille prouve de l’insouciance ou du mépris ; souvent elle est fondée sur la très fausse maxime que les gouvernements ne doivent jamais avoir tort , ni par con-

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séqi^ent revetûr sur leturs pas : comme si un ministre et ses agents e'taicut doue's de l’infaillibilitél comme si leur déplacement en tcainerait la ruine du gouvernement!

D’un autre côté , le conducteur d’une nation devient la cause indirecte des séditions , s’il ne les prévient pas , ou s’il ne les arj^te pas dans leur source. * . . •

De prétendus mécontents,, des factieux., des ambitieux, des esprits inquiets et ennemis de l’ordre peuvent supposer à l’autorité des • torts imaginakea; ilsq>ettrên{ cberéher à les propager, et à ae former sourdement un* parti. Si on les laisse faire , la crédulité leur . procurera bientôt des adhfrents ; et lorsqu’ils se croiront assez forts , ils lèveront le masque , se mettront enr insurreclionj troubleront de toutes parts la tranquillité publique , et livreront le sort de l’état au hasard des événements. Rien;da tout cela n’arrivera, si le gouvernement^ dont la surveillance doit ^étendre partout , est ddèle à cette maxime, que c'est surtout au coipmencement du mal qu'il faut s’opposer. - v..

Si le mal m’aggrave et se propage , et si peu à peu la voix.de l’autorité- cesse partout d’être obéic ,4a société se trouve, alors dans un état que nous allons examiner...

Cet é^at est V anarchie.

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