‹ Elements de droit politiqueChapitre 39 sur 40 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

• / r. DES^ RÉACTIONS. ‘ ' '

■ Nous venons de jet^r un coup dVil sur ce qui pre'cède les révolutions, et.sur les düTérentes manières dont elles s’accomplissent : H pous reste à voir ce qui les suit et surtout le danger dés réactions. On appelle réaction l’acte d’un parti opprimé qui se venge , lorsqu’il e^ le plus fort.

Pour que les institutions d’un, peuple .soient stables , elles doivent être au niveau de-ses idée^. Alors il n’y a jamais de révolulions proprenient dites ; il peut y avoir des chocs , des renversements individuels, des hotUmes déplacés par d’autres hommes , des partis terrassés par d’autres partis ; mais^ant que les idées et les ins^tutions sont de niveau , les institutions subsistent.

Lorsque l’accord entce les institutions et Jes idées se trouve -détruit , les révolutions sont inévitables, Elles tendent à rétablir cet accord. Ce n’esl pas toujours le but des ^évolutionqairês -, mais c’est toujours- la tendance des révolutions.

Lorsqu’une re'volution remplit cet oBjet du premier coup» et s’arrête à ce termf°,,sans aller ali-dêlà , elle ne produit point de réaction, parce qu’elle n’est qu’un passage, et'' que le moni^ de f arrivée est aussi celui du rep'os-

Mms lorsqu’une révolution dépasse ce terme , c’est-â-dire lorsqu’elle établit des institutions qui sont par-delà les idees ré|;nante8 , ou qu’elle en détruit qui leur sont conformes, elle produit inévitablement des- réaqtioTii f parce que , le niveau n’exislant plué , les institutions ne se soutiennent qùe par une' succession d’efforts , et- que , dans le Âiomeut' où ces efforts cessent , tout se relâche et rétrbgràde.

Lorsqu’une révolilHon^ portée.ai^i hors de ses bornes ," s’arrête', on 'l’y fait d’abord rentrer. Mais Ôn ne se contente pas de l’y replacer ; l’ôn récple d’autant' plus que l’on savait trop avance ; la modération finit , et les réactions coiiimeheent. -

Il y a deux sortes de réactions ; .celles qui s’exercent sul leS hommes, et celles qui’ ont pour objet les idées. ’

Je n’appélle pas réaction la juste punition des coupables, ni le retour aux ideés saines ;.'ces choses appàrtiehnent Tune à la loi., l’autre à ia raison. Ce -qui , au contraire , distingue essentiellement les réactions'^ c’est Varbitraire à là place de la loi,

titre III. CHAR. -V. 'X ^5,^

la iMBsion' à la place du rawonnement t an lieu de iuger les hommes, on les proscrit; au lieu

d’examiner les iddcs y on les nsjette. ' • ■ •’

‘ Les réactieiis contre'les hommes perpétuent les révolutions, car elhes perpétuent Ttippression qui en est le germe. Les réactions contre les idées rendent les révolutions infructueuses, car elles rappellent les abus. Les premières* dévastent la génération qui les éprouve, les secondes pèsent sur toutes les générations; les premières happent de mort les individus , lès secondes 'frappent de> stupeur l’espèce entière. ' '

Pour empêchei: la Succession des malheurs , il faut comprimer leS toes ; poar retirer,^s’îl est possible, quelque frùit'des malheurs qu’on n’a pu prévenir, il faut amortir les autres-.

ï» Les réactions' contre les hommes ; è£Fets de l’actton précédente, sont des causes de réactions futures. Le parti qui fut opprimé opprime -k son tour; celui qui se voit illégalement victime dé'lti fureur qu il a inéritée , s’efforce de ressaisir le pouvoir ; et lorsque son triomphe arrive , il a deux tnotife d excès an lieu d’un : sâ disposition naturelle qui lui fit 'commettre sés prèmîers crimcSj et 9Cià i*'MseDtiineiit onines' fiireot la" suite et le châÜThent des siens.

De la sbrte,^les causes du'mâïbenrs s’entassent,

tous les freins se brisent, tous les partis deviennent également coupables, toutes les bornes sont franchies, les forfaits sont punis par des /forfaits ; le sentiment de l’innocence, ce senüment qui fait du passe le garant de l’avenir n’existe plus nulle ' parti et toute une génération, pervertie par l’nrbitraire, est poussée loin des lois par tous les motifs : par la crainte et par la vengeance, par la

fureur et par le remords.

Ainsi les réactions atteignent quelques criminels , mais elles éternisent le règne du crime ; et elles assurent l’impunité aux plus dépravés, à ceux qui sont prêts toujours à le devenir, dans tous les sens.

2° Les réactions contre les^idéœ sont moins sanglantes, mais non moins funestes ; par elles, les maux individuels êleviçnnent.sans fruit, et les calamités générales sans compensation. Après que de grands malheurs ont renversé de nombreux préjugés , elles ramènent ces préjugés sans réparer ces malheurs, et relablisseiit les abus, sans relever les ruines; elles rendent à l’hqnune ses fers, mais

des fers ensanglantés.^ .. i *■ , .

„ Les réactions, qui , de révolutions désastreuses font encore des révolutions^ inutiles, naissent de la tendance de Vesprit humain à comprendre, dans ses regrets, tout ce qui entourait ce qu’il regrette. Les inconvénients memes et les abus lui deviennent

'^ Tirnï ni. — CHAP. y. 45y

précieux, parce qu’ils lui pHraissent, dans le loin* tain,liés4ntin>etnentaax avantagées dont il déplore la peKe. ^ '

Cette disposition nou-seulement.s’oppose à l’améliora^ion du nouveau système, mais elle interdiraiüe perfectiotmement del’ancien. On^prouve une vénéràtion -superstitieuse pour* un composé dont on n’ose exàminerles parties , de' peur de les disjoindre. On. oublie que l’on doit jugei- ce qui n’est plus comme ce qui n’a jamais été, ef que si, lorsqu’il e^t question de détruire? il' né faut détruire- que ce qui est funeste ? quand il s’agit de relever, ü ne faut relever. que ce qui est utile ; et' après-ce retour aux pqéjugés d’abord renversés, l’asservissement est plus complet, la soumission plusilliinitéecpte si l’on ne s'en fût jamais écarté.

Ce n’est donc pas assez d’avoir conquis la liberté, d'avoir fcût tiionrpber les lumières, d’avoir acheté, par de grands sacrifices, ees deux biens inestimables; d’avoir mis,' par de grands efforts, un terme à ces^sacrifitxs; iHaut 'encorè'èmpêcher que le mouvement rétrograde qui! succède Inévitablement à une 'impulsion excessive ;• ne' se prolonge au-delà <ki sé»bornesnéc^airM; ne prépare ' ' le-rétablissemeût de' tous les'préjugés^ Ué’ laisse enfin, pour vestiges dû changement qu’mrvouklt' opérer, que des débris, des larmes , do l’oppiubre, ' et du sang. • ' "

4^ ÉLÉMENTS pE,,J>ROIT iPOLiTfÔtf.

Il faut donc ejtaiçrioer Ifls dievoÎK» des gouvoTr-i neiueiM» daps- l’vine. «t l’au^u iwajcûç»-' , i! . ;ii : Ces devoirs sont très différents dans ce# -dfl^lti espèces* . ,*• • . v- ;u'.i 'to • iJ

iP Cont^-e ,les réactions qui pow nbjéttfési honwes» gouvarpement n’a qu’n» i»oye»* é’cst, lajusdce. ^I fautflue le gouvernement s’empare, des reactions, ’pou^f Mpafti.êtce entraîne parelies. La succession de*- fwfHita feut devenir étaroelle , si l’on ne se bâte d’èu'arrfiter le cnu».. . -.-'ji v- <■ Mais , eia remplissant c4; devoir^ le;gou.vewe»-' inentdoit se garder- d’wdcUeil dangereu*;, c’est le. mépris des formes et l’appel des oppcHnds, contre, le# oppresseurs, Il doit 'les. premier^, e»

même temps qu’il. les venge*. , ••

ïJn gouvflrnieinent iadïle.- fait touA'fa..ooDtraire;i

il d-aint de aévir, et. sdnlTre iqu’em.massacre- Par une déplorable timidUé»ilpuî.Ten!d,ésirant que les scjélérats périssent, iliVieatt que le danger de sa sévérité ne fombe paa sifr. lui ; iL laisse oODameUve les yeqge*»p€s,.et<er#ït ««nsi. se maintenii! dans uneneutTAlitéfqnijplitttià sa foddesse.^tin.,1 ! »,

__^is. dl.se trompe ,d*»s;«eft« lâche espérance. C’est à.lwti qu^eiçs^se faire uu parti, en acq«r-i dant'liinpuAité;è)«!Suat auxqu^ il refase^la jus-i tice, Ce* Uoj^is«»is?iraiient dë ®e qu'il les force k devnir.aïf^ crime ee què fas latsleur avaiqnt promis. * ■ ci *' '■ *'•

• TITKK irt. -i- CHAP. V. ' ' ' 4^1

' Le gouvemémeût réunit ainsi centré lui tontes ■le» haines.: celles dü coupable qn’il abandonne à un châtiment Hlégitime 5 celle de l’innocent qu’il rend conpable. Il perd le mérite de la 'sévérité , sans en éviter l’edieux.-'" I «

Lorsque la justice est rèmplacéc pju: utt innuvement populaire ;• les plus exagérés , jes*inoins scrupuleux , les plus féroce» se mettent à la tête de ce mouvement. Des hommes de sang s’emparent de l’indignatioù qui s’élève contre les hommes’ de sang, et après afVoir agi contre les individus, au mépris des lois, ils tournent leurs arme» contre les hûs mêmes. ' *■ ’ . * . ' ‘

Impassible, mats fort ^ le gouvernement doit ' tout faire par sa propre force, n’appeler à son secours aucune force étrangère, tenir dans l’imniobilitc le parti qu’il secourt contre le parti qu’il frappe, et sévir également contré l’homme qui veut devancer la -Vengeance deTla loi et contre celui qui l’a méritée.

Mais il faut,. pour céla', qu’il renonce a'ux flatteries enivrantes, ll'fàut qu’ÜTepousse cette réminiscence révolutiormaire qui lur fait rechercher une autre approbation que celle de la loi. Il doit trouver son éloge', là où sont écrits ses devoirs, dans la constitution qui est immuable', et non dans les applaudissements passagers des opinions vërsatiles. ' ' '

4&2 ÉLÉMEtlTS DE DROIT POUTltjUE.

2° Si , dans lés réactions contre les hommes, le gouvernement a surtout besoin de fermeté, dans les réactions jcontre les idées, il a surtout besoin de réserve. Dans les unes , il faut qu’il agisse ; dans les autres, qu’il maintienne. Dans les premières, il importe qu’il fasse tout ce que la loi ordonne; dans les secondes, qu’il ne fasse rien .de;ce que la loi ne comiuaBdc pas. ■ >

Les réactions contre les idées portent sur des institutions ou sur des opinions. Oi", les institutions, pour s’affermir', ne demandent que du temps. Les opinioits que de la liberté.-

Entre les individus et les individus, -le gouvernement doit mettre une force répi>essive ; entre les individus et les institutions , une force conser- ' vatrice ; entre les individus et les opinions , il n’eu doit mettre aucune. o » '

Lorsque vous avez établi une institution , Ae vous irritez pas de ce qu’on la désapprouve. Ne cherchez pas à empêcher qu’on ne déclame contre elle : n’exigez la sounrissiou que d’après les formes et devant lâ loi. Ignorez% l’opposition; supposez l’obéissance; maintenez 'l’institution : avec la loi, les formes, et lé^ temps, l’institution trioinpheca. j

Lorsque vous avez, je ne dirai pas établi une opinion, (Dieu vous préserve d’en établir!) mais renvereé la puissance de quelque opinion qui. fut

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TITRF llr. — CH’AP. V. 4^^

jadis un do^e\ ne tous effi'ayéz pas xle ce qu’on la regrette ; ne prohibez pas l’expreSsion de ces regrets ; n^allez pàs lui decemcr les honneur» de rintole'rance ; fdgnez d’ignorer son existence même ; opposez à son importance , votre oubli ; laissez à qui le..roudra le soin de la j^ombattre.

Ne comprimez que les- actions , et -bientôt l’opinion, examinée, appréciée y jugée, subira le sort de toutes . les opinions que la persécution n’ennoblit pas , et descen^a pour jamais de sa dignité de dogme.

La justice prescrit au gouvernement cette conduite; la prudence encore la lui prescrit.

Les réactions contre les hommes n’ont qu’un but, la vengeance, et qu’un moyen, la violation de la loi ; le gouvernement n’a donc à prévenir que des délits précises d’avance.

Mais les réactions contre les idées sont vai'iées à l’inSni , et les moyens sont plus variés encore.

Si le gouvernement veut être actif, au lieu d’être simplenient préservateur, il se condamne à un travail sans fin; il faut qu’il agisse contre des

nuances ; il se dégrade par tant de mouvements - -

pour des objets presque imperceptibles. Ses efforts , renouvelés sans cesse , paraissent puériles : vacillant dans son système, il est arbitrairè dans ses actes ; il devient injuste , parce qu’il est -incertain ; il est trompé , parce qu’il est injuste.

464 ÉLÉMENTS, m; D&OIT POUTIQDE.

Au surplus, c’est' aux houunes qu\ dirigent l’opiniou par les, lumières à.s’opposer aux réactious contre les idées ;,elles sont. le domaine de la pensée seule , et la loi ne doit jamais l’envahir.

-Pour le gouvernement-, comme pour les écrivains , le lueilleur moyen de s’opposer aux réactions est de s’attacher aux principes.

Un principe est le résultat d’un certain nombre défaits particuliers.

Toutes les fois que l’ensetaible de ces faits 'subit quelques changements, le principe qui en résultait se modifie; mais alors cette modification ellemême devient principe.

Tout, dans l’univers*, a donc ses principes, c’est-à-dire toutes les combinaiscfns soit d’existences, soit d’événements, mènent à ùn résultat ; et ce résultat est toujours pareil, toutes les fois que les combinaisons sont les mèmès : c’est ce résultat qu” on nomme principe.

Les principes seuls doivent servir de guide apVès i l’accomplissement des révolutious.

Un principe, reconnu vrai, ne doit jamais être abandonné, quels que soient les Rangers apparents. Il doit être décrit, défini, combiné avec tous les principes qui l’entourent , jusqu’à ce qu’on ait trouvé le liioyen de remédier à ses inconvénients, et de l’appliquer comme il doit être appliqné^.

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TITU ÏU. — CHAP. V^. . 4^

L’oubli ou le mépris des principes conduirait à l’arbitraire. • , .

L’arbitraire , qui a dès efifets très positifs , est pourtant une chose négative c’est l’abselice -des règles, des limites, des deânitious ;i. en un môt, l’absence de toutce qpi est précis. .

Or, comme les rè^çs, les limites, les -définitions sont «}es ^boses inco«amodes et fatigantes ,

• on peut 'fort bien vouloir secouer le joug , et tomber ainsi dans l’arbitraire, sans sien .douter.

Ceux-là sont partisans de l’arbitraire , qui rejetient les principes; car-tout ce qui est déterminé, soit dans les faits-, sok dans les idées, doit conduire' à des principes ; et l’acbitràire étant l’absence de tout ce qui est déterminé , tout ce qui’ n’est pas conforme aux principes est arbitraire.. -

L’arbitiaive , en institution politique-, est la perle de toute institution, politique ; car ces institutions étant l’assemblage des règles sur lésqnelles les individus doivent pouvoir compter dans leurs reUtions comme ckoyeus, il n’y a plus d’institutions politiques , là. où ces règles n’existent pas.

L’arbitraire est incdmpalible avec l’existence d’un gouvernement considéré ^us le rapport de son institution ;

Il est dangereux pour un* gouvernement, sous le rapport de son action ;

Il ne donne aucune garantie à -l’existence d’un gouvernement, sous le 'rapport de la sûreté des individus qui conqiosent l’état. ■

Ces trois assertions sont faciles à prouver.

I** Les institutions politiques ne sont que des contrats. La nature des contrats est de poser des bornes fixes : or , l’arbitraire étant- précisément • l’opposé de ce. qui constitue un contrat , sape, par la base, toute institution politique. * "

Je sais bien que ceux mêmes qui , i-epoussant les principes cotnme incompatibles avec les institutious humaines, ouvrent un champ libre à l’arbitraire, voudraient le mitiger et le limiter; mais cette espérance est absurde t car, pour mitiger où limiter l’arbitraire , il faudrait lui prescrirê des bornes précises, et il cesserait d’être arbitraire.

Il doit , de sa ûatui;e , être partout , ou n’être nulle part. Il doit être partout, non dë fait, mais de droit; et nous verrons tout à l’heure Ce que vaut cette différence. Il est destructeur de tout ce qu’il atteint, car il anéantit- toute garantie; or, sans garantie , rien n’existe que de fait , et le fait n’est qu'un accident. Il n’y a. d’existant, en institution, que ce qui existe de droit.

Il s’ensuit que toute institution qui veut s’éta-

Time lu. — cftAP. V. 4^7

blir sans garantie, «’est-à-dire par l’arbitraire, est une institution suieide , et que, si une seule partie de l’ordre social est livre'e • à l’arbitraire , la garantie de tout le resté s’anéantit.

L’arbitraire est donc incpmpatible avec l’existence d’un gouvernement considéré sous le rapport de son institution. '

2° Il est dangereux pour un gouvernement, sous le rapport de son action. ‘ '

Car, bien qu’en précipitant. sa marche-, il lui donne quelquefois l’air de la force , il ôte néanmoins toujours à son - action la régularité et la durée. ■ •

En recourant à l’arbitraire , les gouvernements donnent les mêmes droits qu’ib prennent. Ils perdent, par conséquent, plus qu’ils ne gagnent; ils perdent tout.

,En disant à un peuple : '«-Vos lois sont insuffi- « santés pour vous gouverner, » ils autorisent ce peuple à répcMtdre : « Si nos lois sont insuffisantes , « nous voulons d’aufrealois ;•» et à ces mois, toute l’autorité légitime d’iin gouvernement tombe ; il ne lui reste plus que la force; il n’est plus gouvernement. Cal- ce serait trop croire.à la duperie des liommes que leur dire ; « Tous avee consenti n à vous imposer leUe ou ieüe gêne, pour- vous « assurer ttUe protection. Nous vous ôtons cette « protection , mais nous vous laissons cette gêne.

U Vous suppoFtersz, .d’iui cdté , toutes les «itraves de l’état social, et, de l’autre, tous serez ex- H poses à tous les hasards de. l’état sauvage. » Tel est le laugagc implicite d’un gouvernemeut qui a recours i^i’ai'bitraire. / - •

Un peuple et un gouvernementeont toujours en réciprocité de devoirs. Si la rdàtion du gouver> nement au peuple est dans la loi, dans la loi aussi sera la relation du peuple-au gouvernement ; mais si la relation du gouvernement au peuple est dans l'arbitraire , la relation du peuple au .gouvernement sera de même dans.l’arbitraire.

3” Enfin l’arbitraire n’est d’aucun secours à un gouvernement , sous la rapport de la sûreté des individus qui composent l’état ; car l’arbitraire n’oifre aux individus aucun asile. >■ ’

Ce que vous faites, par la loi, contre vos ennemis, voÿ ennemis ne peuvent le -faire contre ‘vous par la loi, ear la loi est là, précise et formelle : elle ne qieut vous atteindre , vOus , innocent. Mais cc que vous faites contre voé ennemis f»r l'arbitraire, vos eunéiui» pourront le feire conU’è vous par l’arbithtiref car l’arbitraire est vague et sans bornes r innocent ou coupable, il vous atteindra.

L'arbitraire u’est pas Mulement funeste', lorsqu'on s’en seit pour le crime. Employé contre le crime, 41 est encore dangereux. Get instrument de désordre est un mauvais 'moyen de réparation.

Di

ÏÜCBE IH. — ClUP. V, 46q

liUa raiso» en est simple. Bans le temp^ même que qtmlque cboæ ^’opèfe paf l’arlûtraâi'ir, xm sent que4'arbitraireq>eut détruire son ouvca^, et que tout avantage qu’on doit à e^te cause est un avantage illusoire'} car U attaque £é qui. est'la base^de tout avantage c la durée; L’idée d'iUégalité, d’instahilitâ, accompagne néceésairentent tout cé qui se. fait ainsi. Qu a la consciénee d’uûe scMTte'de proi;estationitacite.eontre le-bien'comme contre le mal y parce qiie. l’un et l’autre paraissent frappés de nullité dans leur base.

Ce. qui attache les hommes au bien qu’ils font, c’est, l’espérance'-de Je voir dulier. Or, jamais ceux' qui. font le bien par arbitraire né peuvent eooce-' voir ccAte espérance; car l’axbitraire’d’aujourd’hui' pncpaaeda voie pour eeluî de demain; et cé der*nier peut être en sens opposé de l’autre , c’estrà-' dire faire -le mal au lieu du bKu. - - a •>

Le caractère Au machiavél unie, c’est de préférerà tout l’aii)itrâiBe.L’erbitraire sert mieux tous les* abus de pouvoir qu’aiicune institutioil fixe, quelque défectueuse qu’ elle puisse être. Aussi les amis de la liberté doivent préféret les lois 4éfeetue«8e8 ' aus k>is;qui prêtenl- àl’aidriitraire, parce qu’il 'est possible de conserver déla liberté sous > des 10» déffctueuses, etqûararbitraiee rend toute Hberté impossibJq^ O' i'VHo; z'-,-: i;

L’arbitraire est donc ler'plaegràdd'eÉuemi de

toute liberté , le vice corrupteur de toute institution, le germe de mort, qu'on ne peut ni modifier, ni mitiger, maïs qu’il faut détruire ,' pour l’empécber de porter ses fruits.

• Si l’on ne pouvait imaginer une institution sans arbitraii-e , ou qu’après l’avoir imaginée , on ne pût la faire marcher sans arbitraire , il faudrait renoncer à toute institution, repousser toute pensée d’annëlioratioB, s’abandonner au hasard, et, selon ses propres forces aspirer à la tyrannie ou s’y résigner. ,

Ca qui'* sans l’arbitraire, serait une simple ré- ' forme, par lui devient une révolution violente , c’est-à-dire un bouleversement. Ce qui, sans l’arbitraire, sciait une réparation, par lui devient une réaction , c’est-àf^ire uné' vengeanée et 'due fureur. I •

Si donc les réactions sont une chose terrible et funeste, évitez l’aihi traire, car il traîne nécessairement* les réactions à sa suite; si l’arbitraire est tus- fléau destructeur, évitez les réactions, car elles assufent' l’einpire.'de l’arbiirairç ; enfin, si vous voulez vous ^ranlir à'ia fois et des réactions et de l’arbitraire , ralUen-vous aux principes, qui seuls peuvent vous en- préserver.

Le ' système' des principes seul un repos durable. Seal il présente aux passions politiques un inexpugnable rempart . .>i. •

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Il est la réunion du bonheur pubtic et particulier. Il ouvre la carrière' du génie, comme il défend la propriété du pautre. Il appartient, aux siècles , et les convulsions du moment ne peuvent rien sur lui. En lui résistant, on peut sans doute causer encore des secousses désastreuses. Mais, depuis que l’esprit de l’honrune marche eu avant, et que l’imprinaerie enregistre ses progrès, il n’est plus d’invasion de barbares, plus de coalition d’oppresseurs , plus d’évœàtion de préjugés , qui puissent lefaire rétrograder. 11 faut que les lumières, s’étendent , que l’espèce humaine s’égalisé et s’élève , et que chacune de ses générations , que la mort engloutit , laisse du moins après elle une trace brillante qui marque la route de la vérité.

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