Accarias, 1. 1, n
Bénéfice d'inventaire. — Durant fort longtemps, les héritiers externes ne furent point protégés contre les résultais qu'entraînait pour eux l'acquisition de l'hérédité. Libres de la répudier si elle leur paraissait trop onéreuse , ils n'avaient plus le droit de se plaindre lorsqu'ils l'avaient acceptée. Seuls les mineurs de vingt-cinq ans pouvaient se faire restituer in integrum au cas où l'adition leur avait causé une lésion. Hadrien admit également le recours à la restitutio in integrum au profit de l'héritier majeur de vingt-cinq ans qui avait fait adition dans l'ignorance d'une quantité considérable de dettes qui ne s'étaient révélées que plus tard (G. II, 163). L'empereur Gordien étendit cette même faveur à tous les militaires (§ 6. Inst., De hered. quai, II, 19) (V. n° 279). Mais ce n'étaient là que des dispositions exceptionnelles. Il fallait introduire un remède applicable à tous les héritiers externes, et leur permettant, tout en conservant le titre d'héritier, de ne pas payer les dettes héréditaires sur leurs biens personnels. S'il est juste en effet que les necessarii soient tenus des dettes de suo, à raison de leur qualité de domestici heredes, il n'en est plus de même pour les extranei qui n'ont pas vécu avec le défunt dans la communauté d'une même existence familiale. Du jour d'ailleurs où on admit le jus abstinendi et la bonorum separatio, il était naturel de ne pas traiter les héritiers externes moins bien que les héritiers nécessaires. Tout ce qu'on peut raisonnablement exiger d'eux, c'est de payer les dettes jusqu'à concurrence de l'actif par eux recueilli. Aussi le droit classique autorisait-il l'héritier à s'arranger à cet égard avec les créanciers de la succession (2). Mais à dé-
(2) C'est ainsi que l'héritier pouvait se faire donner par les créanciers mandat de faire adition. Tenu comme héritier de payer les dettes ultra vires, il avait comme mandataire le droit de se faire indemniser des conséquences désastreuses du mandat , et par suite pouvait obtenir le remboursement des sommes payées au delà de l'actif recueilli, ou, ce qui revient au même, demander de n'être tenu que jusqu'à concurrence de l'actif. Mais l'héritier demeurait obligé pour l'intégralité envers les créanciers qui n'avaient pas consenti à cet arrangement. De plus, toutes les créances une fois payées, l'héritier risquait de ne rien toucher de l'actif, en sorte qu'il avait les charges