II. PUISSANXE SOUS FORME DE MANUS (l
106. — On a étudié plus haut (V. n° 79) la puissance spéciale appelée manus, et montré qu'au début elle était la conséquence inévitable des juste nuptix. Cette manus, qui accompagnait le mariage, était appelée manus matrimonii causa. On l'opposait à la manus fiducùs causa, nom donné à une série d'applications plus récentes de la manus, où l'institution dégénérée est détournée de son but primitif, en vue d'obtenir certains résultats juridiques que le droit ne permettait pas d'atteindre d'une autre manière.
Dans les cas de manus fiduciœ causa une femme se soumet volontairement à la manus par le procédé de la coemptio. Toutefois, il est convenu, par pacte de fiducie, entre elle et l'acquéreur de la manus (coemptionator) , que ce dernier la mancipera à un tiers chargé de l'affranchir immédiatement et de la rendre de nouveau suijuris. La femme n'a donc fait que passer par la manus, mais cela a suffi pour qu'elle ait pu réaliser le but qu'elle se proposait. Or, il résulte des sources