Nouveau grès Rouge InfèW Comprenant le Caleaire Ma
rieur et groupe Carbé-] gnésien (Zecbstein), la Houille, nifère (et le Vieux grès Rouge.
(Depuis le système Silurien supérieur jusqu'aux roches fo>j sihferes les plus anciennes, in- \clusivement.
Bien que les bornes de cet ouvrage ne me permettent pas de donner la description complète des traits les plus caractéristiques même, de toutes les formations énumérées dans les tables précédentes, je ne pourrai, néanmoins, me dispenser d'en dire quelque chose, en les suivant par ordre chronologique, puis-
328 CLASSIFICATION PAUl îi,
qu'ils serviront à illustrer les règles de la classification, à déterminer l'âge relatif des formations, et quils nous aideront à déduire des monuments géologiques quelques données relatives à l'histoire de la % terre et de ses habitants.
Formations tertiaires. — Ces couches, comme on la déjà vu, ont été ainsi appelées, parce que, lorsqu'on en fit la découverte, on s'aperçut que leur âge était postérieur à celui de la craie, qui pendant longtemps avait été considérée comme la dernière, c'est-à-dire comme la plus haut placée dans la série des formations secondaires. On observa qu'en Angleterre, en Allemagne, en Italie et en France, les dépôts tertiaires occupaient, à l'égard de toutes les roches anciennes, une position analogue à celle des eaux des lacs, des mers intérieures et des golfes, par rapport ^ux continents , offrant souvent, de même que ces eaux, une profondeur très-grande et une étendue superficielle assez bornée; et souvent aussi, se présentant comme elles, par portions séparées et isolées. Les couches étaient, pour la plupart, horizontales, mais ordinairement entourées de roches plus anciennes, dont les lits étaient fortement inclinés ou verticaux.
En comparant ensemble les fossiles des formations aqueuses, en général, mais principalement les testaces, qui, de tous ces fossiles, sont les plus nombreux et les mieux conservés, on arrive à ce résultat, savoir, (lue ceux qui s'éloignent le plus du type de la créa-
Cil Xlii.) DES FORMATIONS TERTIAIRES. 329
tion organique, sous le rapport de la forme et de la structure, sont ceux des roches primaires fossilifères ; que ceux des terrains secondaires s'en écartent moins que ces premiers ; et que ceux, enfin, des formations tertiaires en diffèrent moins que tous les autres. De même , si Ton divise les dépôts tertiaires en quatre groupes principaux, et que Ton vienne ensuite à comparer les coquilles fossiles qu'ils renferment avec les testaeés actuellement vivant dans les mers les plus voisines et situées sous les mêmes latitudes, on trouve que les coquilles des couches les plus anciennes ont, généralement, bien moins de ressemblance avec la faune des mers environnantes, que celles du groupe le plus récent. En un mot, plus l'âge d'une formation tertiaire est moderne, et plus il y a de ressemblance entre ses coquilles fossiles et la faune testacée des mers actuelles.
Ayant eu, en 1828, occasion d'observer la prédominance de ce changement de caractère dans les couches tertiaires de la France et de l'Italie, je conçus l'idée de classer la série tout entière des couches tertiaires en quatre groupes, — division que j'espérais pouvoir établir à l'aide de caractères propres à exprimer les différents degrés d'affinité de chacune de ces couches par rapport à la faune vivante. Je pensais, qu'en déterminant le nombre proportionnel des coquilles identiques aux espèces vivantes appartenant à chaque groupe, je pourrais obtenir l'estimation du rapport variable de ces coquilles avec la faune des
330 CLASSIFICATION (faht. h,
mers actuelles. Ce fut dans cette vue que je réclamai de plusieurs naturalistes italiens, entre autres, des professeurs Bonelli, Guidotti et Costa, des renseignements sur l'identité spécifique de diverses coquilles tertiaires et récentes, — renseignements qu'ils voulurent bien me donner.
J'ai exposé au long dans les « Principles of Geoloiçy » les opinions qui, à cette époque, étaient généralement admises relativement à la classification des. formations tertiaires, et les observations qui, en 1828, m'avaient conduit à les diviser en quatre groupes, eu égard, non-seulement à leur position géologique, mais encore au nombre proportionnel des espèces récentes trouvées à Tétai fossile dans chacune d'elles. J'ai dit aussi dans le même ouvrage qu'en 1829, ayant fait connaissance avec M. Deshayes, de Paris, j'appris de lui que par suite de recherches faites de son côté, et par suite de l'étude d'une nombreuse collection de fossiles et de coquilles récentes, il était arrivé aux mêmes idées et au même résultat que moi. A ma demande, il dressa, en forme de table , des listes de toutes les coquilles qui, à sa connaissance, se trouvaient tout à la fois et à l'état vivant et dans quelques formations tertiaires. Ce travail avait pour but exprès de déterminer le nombre proportionnel des espèces fossiles identiques aux espèces récentes qui caractérisaient les groupes successifs : il fut publié par moi eir 1883 (*). Le
{') Voyez les « Principles,» vol. m, tre édition
eu. xiii.) DES FORMATIONS TERTIAIRES. 331
nombre de coquilles fossiles tertiaires examinées par M, Deshayes était de 3,000 environ ; et celui des espèces récentes avec lesquelles ces premières avaient été comparées, s'élevait à 5,000 à peu près. Le résultat auquel ce naturaliste arriva, fut que les dépôts tertiaires les plus anciens, tels que ceux qu'on rencontre aux environs de Paris et de Londres, renfermaient à peu près 3 1/2 p. 0/0 d'espèces de coquilles fossiles identiques à des espèces récentes; que les formations suivantes, c'est-à-dire, les dépôts de l'époque tertiaire moyenne auxquels appartiennent certaines couches situées sur la Loire et sur la Gironde, en France, en contenaient 17 p. 0/0 environ ; et que, dans les groupes d'une troisième époque plus récente que les deux premières, et comprenant les dépôts des collines subapennines, on en trouvait de 35 à 50 p. OyO. Certaines formations plus modernes encore, et à l'étude de plusieurs desquelles je m'étais livré avec beaucoup de soin, en Sicile, où elles atteignent une très-grande puissance et une hauteur considérable au-dessus du niveau de la mer, en renfermaient jusqu'à 90 à 95 p. 0/0. Dans la vue de rendre ces explications moins longues et plus claires, je proposai de donner à ces quatre groupes, ou aux époques auxquelles ils se rapportent, des noms techniques concis. J'appelai le premier ou le plus ancien de tous, Eocène ; le second, Miocène ; le troisième, Ancien Pliocène ; et le quatrième ou dernier, Nouveau Pliocène. Le nom d'Eocène, appliqué au premier de ces groupes, dérive de
332 CLASSIFICATION kPART. H,
s»», eos, aurore, et de z*tv©$, cainos, récent; signifiant ainsi, que les coquilles fossiles de l'époque à laquelle il a été formé, ne comprennent qu'un très-petit nombre d'espèces existantes, ce qui peut être considéré comme indiquant le commencement de l'état récent ou vivant de la faune testacée.
Les autres mots, Miocène et Pliocène, sont comparatifs : le premier signifie moins récent (de h-*°'>> meion, moins, et xaivoç, cainos, récent); et l'autre, plus récent (de 7rAK©v,pleion,pJ«*$, et xaivoç, cainos, récent); ils expriment le plus ou le moins d'analogie que ces dépôts, comparés «ntre- eux, offrent par rapport à la création existante, en ce qui, du moins, concerne les mollusques. Nous pensons qu'il peut être utile aux élèves de leur rappeler que le groupe jlftocène renferme, comparativement à d'autres groupes, une quantité moindre d'espèces récentes, tandis que le groupe P/iocène, au contraire, en renferme, comparativement aussi, une proportion jtfus considérable; et qu'en ou* tre, plus est grand le nombre des espèces vivantes, plus est récente aussi l'origine des couches dans lesquelles on les trouve.
Deux sujets de discussion se sont élevés relativement aux tables dont il vient d'être question. On a demandé d'abord, si , en général , l'identité des coquilles fossiles avec les espèces récentes avait été bien exactement établie par M. Deshayes; et ensuite, si une telle répartition des espèces récentes trouvées à l'état fossile dans certains groupes, offrait le meilleur moyen
cil. xm.) DES FORMATIONS TKRT1AIKES. 333
possible pour évaluer le rapport qui existe entre chaque faune fossile et la création vivante.
Or, l'application du mode d'épreuve par voie de répartition doit dépendre évidemment des limites d'étendue que les conchyliologistes sont convenus de donner aux espèces. Il n'est pas une seule branche de l'histoire naturelle qui ne donne lieu à quelque différence d'opinion quand il s'agit de déterminer certaines espèces à caractères variables, et qui semblent passer, par des gradations insensibles, à d'autres formes que plusieurs zoologistes et botanistes considèrent corn me des espèces distinctes. Bien qu'en de telles circonstances la difficulté de définir les limites ne soit peutêtre pas plus grande en conchyliologie qu en toute autre partie de l'histoire naturelle, cette difficulté, néanmoins, s'est trouvée augmentée par les progrès infiniment rapides qu'a faits cette science depuis 1830, époque à laquelle M. Deshayes dressa les tables publiées dans les a Principles of Geology. » Ses comparaisons alors ne pouvaient porter que sur cinq mille espèces de coquilles récentes, Paris n'en possédant pas davantage à celte époque ; mais depuis, ce nombre s'est augmenté, au point que Ton compte aujourd'hui dans les collections publiques et particulières de l'Europe, de huit à neuf mille espèces. Il est encore un autre fait non moins intéressant ; c'est que certains individus d'espèces qui auparavant étaient extrêmement rares, sont devenus très-abondants. D'un autre côté, les coquilles fossiles ayant été recueillies
33V CLASSIFICATION (PAftl.li,
avec le même zèle et le même succès, il en est résulté une facilité beaucoup plus grande pour reconnaître dans des espèces étroitement alliées, Jes nuances les plus délicates ; et pour distinguer les caractères constants des caractères variables. En mettant tous les conchyliologistes à même d'étendre leurs études, cet ample supplément de données les a conduits, en outre, à séparer plusieurs espèces de coquilles tant fossiles que récentes, que jusqu'alors ils avaient confondues ensemble.
Les changements d'opinion survenus par suite de ces diverses additions à nos connaissances, ayant rendu nécessaire, non-seulement l'examen de tous les fossiles récemment découverts et des testacés vivants, mais une nouvelle revue, aussi , de toutes les espèces connues antérieurement, M, Desbayes s'est proposé de remplir cette tâche laborieuse. Mais engagé comme il l'est dans d'autres travaux scientifiques, il n'a pu l'exécuter encore; de sorte qu'il m'est impossible, quant à présent, de faire connaître au lecteur les améliorations qu'amènera nécessairement la révision des tables dressées en 1830. Toutefois, j'ai pu déjà, à l'aide de plusieurs conchyliologistes célèbres, du docteur Beck, de Copenhague, entre autres, comparer un très-grand nombre des coquilles récentes et fossiles dont l'identité avait été établie. Ces recherches m'ont amené à conclure que la proportion des espèces récentes, à l'état fossile, est moindre décidément, surtout dans les couches tertiaires
Cil. Xlll.) DES FORMATIONS TERTIAIRES. 335
les plus anciennes, que ne l'avait indiqué la liste publiée en 1833.
Un grand nombre de testacés, ceux surtout qui appartiennent aux quarante-deux espèces du groupe Eocène , et auxquels , dans les tables, on a donné le nom de coquilles récentes, ne peuvent être considérés comme identiques , si , pour établir les distinctions spécifiques qui existent entre eux, on adopte le mode de détermination qui a été suivi dans la nouvelle édition de la Conchyliologie de Lamarck, publiée par M. Deshayes lui-même, en 1836.
Mais, bien que plusieurs corrections soient indispensables, et que la proportion des espèces récentes trouvées à l'état fossile dans les couches des groupes Eocène, Miocène, et dans celles de l'ancien Pliocène, soit bien moins considérable qu'on ne lavait imaginé d'abord, cela, toutefois, ne doit pas décourager dans l'effort tenté pour établir la classification et la nomenclature des périodes tertiaires d'après le grand principe ci-dessus énoncé ; savoir , la ressemblance de la faune testacée de chaque époque, avec celle des mers environnantes. Assurément, les nombres 3, 17 ou 40, qui d'abord avaient été considérés comme représentant la proportion exacte des espèces identiques de trois des périodes tertiaires, ne sauraient avçir aucune vertu cabalistique ; mais en attendant que tous les conchyliologistes soient d'accord sur les nombres proportionnels réels, nous devons nous efforcer de trouver une méthode d'éva-