CB XIII.) DES FORMATIONS TERTIAIRES
parative de quelques autres , cette importance étant représentée tantôt par le nombre des espèces, et tantôt par la grande abondance et la dimension des individus de certaines espèces. De plus, il est indispensable d*estimer le nombre total des espèces qui habitent une étendue donnée, ainsi que la proportion moyenne des espèces par rapport aux genres, cette proportion différant essentiellement suivant le olimat. Si donc nous adoptons des genres aussi étendus que ceux de Lamarck, nous trouverons, suivant le docteur Beck, que, lHm dans l'autre, les latitudes arctiques renferment à peu près autant de genres que d'espèces; que les régions tempérées possèdent trois ou quatre espèces environ pour un genre; et que dans la zone torride, enfin, le nombre des espèces dépasse cinq ou six fois celui des genres.
La méthode dont l'esquisse précédente ne donne qu'une très-faible idée, est celle dont l'application aux dépôts tertiaires de l'Europe est la plus facile; la faune conchyliologique de la période Eocène indiquant un climat tropical ; celle des couches formées durant l'époque Miocène , un climat voisin de celui des tropiques; et celle des dépôts dei'antien et du nouveau Pliocène , un climat approchant beaucoup plus de celui des mers situées sous des latitudes correspondantes , si même il n'est entièrement semblable.
Bien que les limites de cet ouvrage ne me permettent pas d'entrer dans de plus longs détails sur ce su-
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jet, j'ajouterai pourtant que si on adoptait ce principe pour règle, dans la comparaison des formations tertiaires, la nomenclature ci-dessus proposée pourrait £tre avantageusement employée ; car la faune des formations tertiaires les plus anciennes, c'est-à-dire, des formations produites à l'époque Eocène, est toujours la première, en suivant Tordre des temps, qui offre un assemblage de testacés analogues à celui de l'Océan intertropical actuel. De plus, cette période ne présente qu'un petit nombre de mollusques identiques à ceux des espèces vivantes ; tandis qu'à l'extrémité opposée de la série, c'est-à-dire, dans les dépôts du nouveau Pliocène, tous les conchyliotogistes sont d'accord sur ce point, savoir, que les coquilles marines sont toutes, ou presque toutes, identiques à celles qui habitent actuellement les mers les plus voisines. Quant aux groupes Miocènes et à ceux de l'ancien Pliocène, les mots moins et plus exprimeront toujours avec exactitude les différents degrés d'analogie que présentent leurs fossiles avec l'ensemble des espèces vivant sous des latitudes semblables.
Il ne faut jamais perdre de vue , que comme les espèces éteintes prédominent dans tous les groupes, à l'exception du nouveau Pliocène, c'est de ces espèces que la paléontologie de chaque période successive doit tirer ses traits caractéristiques. Le rapprochement relatif qu'il peut y avoir entre les coquilles et la faune vivante, offre un terme de comparaison aussi intéressant qu'utile ; mais ce rapprochement ne forme qu'un seul
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trait , et un trait qui encore n'est pas , à beaucoup près, le plus saillant, dans les restes organiques des diverses périodes qui se sont succédé.
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CHAPMIŒ XIV.
I OItMATIONS RECENTES ET TERTIAIRES.
Manière de reconnaître les couches Récentes des couches Tertiaires. — ('.ouches pliocénes Récentes et Modernes, situées dans le voisinage de Naples, de Stockholm , de Christiania , et dans le sud de l'Amérique, sur les côtes du Chili et du Pérou. — Roches récentes de la Guadeloupe, renfermant des squelettes humains. — Coquilles appartenant à des espèces vivantes , et mammifères éteints , trouvés dans le loess du Rhin.— Dépôts pliocénes Modernes et Récents observés en Angleterre. — Couches pliocénes anciennes situées dans la même contrée. — Crag rouge et crag corallin. — De la dissemblance d'une partie des fossiles de ces deux formations. — Discordance de leurs couches. — Coniemporanéilé de leur origine. — Argile de Londres.— Indication fournie par les coquilles et les poissons qu'elle renferme.— De sa production sous un climat tropical.- Mammifères tertiaires. — Quadrumanes fossiles.
Couches pliocénes Récentes et Modernes. — Si, en faisant l'histoire des formations aqueuses , on commence par les plus modernes, et que l'on passe ensuite aux plus anciennes, les premières couches qui se présenteront seront celles qui , dans le chapitre précé-
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dent, ont été désignées sous le nom de couches du nouveau Pliocène. Quant à la manièredontil convient d'établir les limites qui doivent séparer ce groupe des dépôts fossilifères actuellement en voie de formation . ou de ceux qui se sont accumulés sous l'eau depuis que le globe compte l'homme au nombre de ses habitants, c'est ce que nous allons essayer d'indiquer. Je donnerai d'abord à ces dernières couches, c'est-à-dire, à celles de la période humaine, la dénomination de /?<»centes, pour les distinguer des formations tertiaires les plus modernes ; puis, j'ajouterai que les couches de la période récente peuvent être reconnues soit par les ossements fossiles humains que des causes naturelles y ont enfouis , soit par les objets d'art qu'elles renferment, soit enfin par les preuves que l'on peut acquérir que ces dépôts n'existaient pas dans les lieux où on les observe aujourd'hui, à une certaine époqtre de» la période humaine : d'où suit naturellement Inconséquence qu'ils doivent être d'une origine postérieure à celle de l'homme. Bien qu'en général toutes les formations récentes soient cachées sous les eaux des lacs et des mers, on peut néanmoins les examiner là où ces lacs ou ces mers ont été partiellement convertis en terre ferme , ou bien dans les endroits où le sol submergé a été soulevé par quelque mouvement souterrain, et, par suite , mis à sec.
C'est ainsi qu'à Pouzzole, près de Naplcs, on voit des couches marines qui renferment des fragments de sculpture, de poterie, et des restes de bâtiments, tout
3't2 COUCHES PLIOCÈNES (paiit II,
cela mélangé d'une immense quantité de coquilles, lesquelles ont, en partie, conservé leur couleur, et appartiennent à des espèces identiques à celles qui vivent aujourd'hui dans la Méditerranée. La partie supérieure de ces lits, dont l'émersion s'est accomplie depuis le commencement du seizième siècle, dépasse de vingt pieds (6 m.) environ, le niveau de ia mer (*}. Mais les collines à la base desquelles ces strates ont été déposées, ainsi que celles de 1 intérieur du pays . qui avoishie Naples, et dont quelques-unes s'élèvent à la hauteur de quinze cents pieds (hSfl m. env.), sont formées de couches horizontales de la période Pliocène moderne. Les coquilles marines que renferment ces couches appartiennent, il est vrai, à des espèces vivantes, mais elles ne sont point accompagnées de débris humains, non plus que d'aucun reste d'ouvrages dus au génie de l'homme. Comme il est parfaitement établi que depuis trois mille ans à peu près, c'est-à-dire, depuis le temps des plus anciennes colonies grecques, aucune révolution considérable n'a eu lieu dans la géographie physique de cette partie de l'Italie, la moindre découverte d'objets tels que ceux dont il vient d'être question, aurait excité au plus haut potnt la surprise de l'antiquaire et du géologue , en prouvant d'une manière irrécusable que l'homme habi* tait cette portion du globe alors que les matières qui composent les collines et les plaines actuelles de la
.(*) Voyez à l'Inde* îles « Principe, » Scrapis.