‹ Eléments de géologieChapitre 167 sur 205 · POISSONS FOSSILES DU CHARBON. (PAUT H · texte numérisé non relu

POISSONS FOSSILES DU CHARBON. (PAUT H

mais les poissons , en revanche , y abondent , et ont , pour la plupart, une organisation très-différente de celle des espèces actuellement vivantes. Ils appartiennent presque tous à la famille Sauroïde d'Agassiz : ce sont des Mégalichthys, des Holoptychus, et divers autres, tous voraces, et d'une dimension souvent très-grande. Leur ostéologie, ditM. Agassiz, rappelle les squelettes des reptiles sauriens, tant par les sutures extrêmement Fig. 248. rapprochées des os de leur crâne,

que par leurs grandes dents coniques striées longitudinalement (voyez Fig. 248) ; les articulations de leurs apophyses épineuses avec leurs vertèbres, et plusieurs autres caractères encore. Toutefois, ils ne forment pas une famille intermédiaire entre les poissons et les reptiles, mais sont de véritables poissons (*).

La figure ci-jointe représente Mwiicmy, umern, «ne grosse dent du Mégalichthys, Ag. Formation houii- trouvée par M. Horner dans la

lèred'Edinburgh;gran- r .

deur naturelle. houille compacte (Cannel coal)

du Fifeshire. Il est assez probable que cet animal habitait un estuaire, et fréquentait indifféremment les embouchures des rivières et la mer.

Plantes fossiles du Charbon. — La flore du charbon

(*) Agassiz, poiss. foss., liv. iv, p. 62, et liv. y, p. 88.

oh. xx.) PLANTES HOUILLÈRES FOSSILES. Wl

forme la partie la plus intéressante delà paléontologie de cette formation , et est infiniment mieux connue qu'aucune autre flore antérieure à la période tertiaire. M. Adolphe Brongniart a fait rénumération de près de trois cents espèces de plantes terrestres particulières au charbon ; mais la détermination des rapports naturels de ces fossiles a offert aux botanistes les plus grandes difficultés; les vestiges de fleurs, de semences ou de fruits (organes qui fournissent les meilleurs caractères possibles pour la classification des plantes vivantes), y étant d'une rareté très-grande. A défaut de ces données , ils ont été obligés d'étudier avec soin les différentes formes d'écorce des arbres existants , leurs divers modes de branchage, le tissu de leur bois, les nervures des feuilles, et plusieurs autres particularités relativesà la structure végétale, qui pussent les mettre à même d'établir une comparaison directe entre les parties analogues des plantes récentes et des plantes fossiles (*).

Parmi tous ces débris de végétaux , les plus communs peuvent, provisoirement, être classés de la manière suivante : — 1° les Fougères et les Sagillaria ; 2° les Lepidodendra, alliés aux Lycopodiacées? 3° les Calamités, alliées aux Êquisètacéts? k° les plantes Conifères ; 5° iesStigmaria, qui, suivant toute apparence, constituent une famille éteinte.

(*) Voyez les ouvrages de MM. Ad. Brongniart, Sternberg et autres; et la Flore Fossile de Lindlev et Hutton.

498 PLANTES FOSSILES (PART. Il ,

Fougères et Sigillaria. — Les feuilles, ou, pour mieux dire, les frondes de fougères (voyez Fig. 249, 250), qui, pour la plupart, sont privées de fructification, surpassent, quant au nombre, toutes les autres plantesde L'argile schisteuse du terrain houiller. M. Ad. Rrongniart a divisé ces végétaux en genres, lesquels se reconnaissent principalement au mode de branchage des frondes, et à la disposition des veines des feuilles. Ces frondes sont souvent accompagnées de grandes tiges ou de troncs d'arbres cannelés qui , par

Fig. 219.

Fig. 250.

Pccoplerit lonchitica.

(Foss. Flo. 153.)

a. Sphenopteris crenata.

b. La même, grossie.

(Foss.Flo. 401.)

eu. xx ) DBS KOfttf ATIONS HO L lit ÈRES. M)9

suite de leur position horizontale dans l'argile schisteuse, ont été tellement comprimés et aplatis, que de cette compression est résulté le rapprochement complet de leurs côtés opposés ; mais lorsque ces tiges ou ces troncs se rencontrent dans le grès associé à l'argile schisteuse, et qu'ils sont placés obliquement ou verticalement par rapport aux plans de stratification, ils conservent leur forme arrondie, et ne sont pas comprimés. Leur écorce a été convertie en charbon ; et il faut nécessairement qu'au moment où leur dépôt s'est opéré, ils se soient trouvés creux, pour avoir pu se remplir, ainsi qu'ils l'ont fait, non-seulement de sable, mais aussi de feuilles et de branches de fougères, telles que celles qu'on y trouve, et qui s'y sont introduites par le haut. Les empreintes de ces frondes sont actuellement très-fréquentes dans les piliers de grès, qui peuvent être considérés comme les moules de l'intérieur de ces anciens arbres. La plupart des troncs ou des tiges en question ont été appelés Sigillaria. Leur grosseur varie entre un demi^-pied (15 déc. environ) et cinq pieds (1 ,5m) de diamètre ; et quant à leur hauteur, tout porte à croire que quelquefois elle dut atteindre jusqu'à quarante ou cinquante pieds (12 ou 15m).

Tous les botanistes ont admis que quelques-unes de ces tiges gigantesques, qui toutes ont été comprises par M. Brongniart dans son genre Sigillaria, étaient de véritables fougères arborescentes, comme celle, par exemple, à laquelle Lindley et Hutton ont donné le nom de Caulopteris (Voyez Fig. 251). Mais cette sorte

5'JO FOUGÈRES-ARBRES RÉCENTES, (part. II,

est rare, comparativement à celle que représente la Fig. 252, — genre dont on a décrit plus de quarante espèces. Chez ces dernières , les cicatrices de la tige

Pig. 251. Fig. 252.

Sigillaria Lyndleyi, Brong f Cauloptcris primœvciy Lindley.)

Sigillaria lœvigata, Brong.

sont plus petites, et disposées plus régulièrement en séries parallèles sur l'écorce cannelée.

Les fougères arborescentes récentes n'appartiennent qu'à un petit nombre de genres d'une seule famille (Pohjpodiacées) . Dans toutes, la surface du tronc est maiv quée de cicatrices occasionnées par la chute des frondes ; mais bien que ces cicatriees soient exactement semblables à celles du Caulopteris (Fig. 251), M. Lindley n'admet pas que les Sigillaria de Brongniart aient jamais été des Fougères-arbres, donnant pour motif de

Page 1