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SUITE DU GROUPE CARBONIFERE. - FORMATION DU VIEUX GRÈS ROUGE

Coraux et coquilles du calcaire de montagne. — Chaleur du climat de la période carbonifère déduite des fossiles marins du calcaire de montagne, et des plantes du charbon. — Origine. des couches houillères. — î)épôts marins et dépôts d'eau douce contemporains. — Analogie des couches actuellement en voie de formation dans l'intérieur et autour de la Nouvelle-Zélande. — Position verticale et oblique des arbres fossiles découverts dans le charbon. — De leur mode d'ensevelissement, et des preuves qu'ils fournissent de la précipitation rapide des strates dans lesquelles on les trouve. — Du vieux Grés rouge et de ses subdivisions. — Des coquilles et des poissons fossiles qu'il renferme.

Calcaire de montagne ou carbonifère. — Nous avons vu déjà que dans certaines localités cette roche repose entièrement au-dessous des terrains houillère, tandis que dans d'autres elle alterne avec les argiles schisteuses et les grès du charbon. Dans l'un et l'autre cas, elle est dépourvue de plantes terrestres ; mais d'ordinaire, en revanche, elle contient beaucoup de coraux, qui, souvent, sont d'une dimension très-grande, et dont plusieurs espèces, appartenant à la classe lamellifère

508 CALCAIRE (pabt. H,

de Lamarck, entrent pour une proportion considérable dans la structure des récifs de corail actuellement en voie de se former. Un grand nombre #de Crinoïdes et quelques Échinides se trouvent associés , dans la roche en question, aux zoophytes ci-dessus mentionnés. Les mollusques de cette formation consistent presgue exclusivement en Brachiopodes, dont plusieurs espèces sont rapportables à deux genres éteints, le genre Spirifer (ou Spirifera) (Fig. 264), et le genre Producta (Fig. 265). Le calcaire de montagne renferme aussi

Fig. 265.

Spirifero glabra, Sow (*).

Calcaire de montagne.

Producta Martini , Sow (**).

Calcaire de montagne.

plusieurs coquilles univalves et bivalves de genres récents, telles entre autres que les Turritella, les Buccinum, les Patella, les Isocardia, lesNuculaet les Pecten (*"*). Quant aux Céphalopodes , ils s'éloignent, en général, bien davantage des formes vivantes, plusieurs espèces de cette famille différant génériquement de

(*) Philipps, Geol. of Yorksh., pi. 10, Fig. 11, (•') Ibid., pi. 8, Fig. 19.

(—)Ibid.,vol. il, p. 208.

eu. XXI., DE MONTAGNE. 509

toutes celles que Ton a trouvées dans les couches postérieures au charbon. Parmi ces mollusques on peut citer en particulier l'Orthoceras, coquille cloisonnée et siphonnée, qui ressemble à un Nautile déroulé et droit. Quelques espèces de ce genre ont plusieurs pieds de long (Fig. 266, 267). Les Goniatites consti-

Fig.266. Fig. 267.

Portion d'Orthoceras latérale, O. giganteum, Sow. Phillips. Calcaire de montagne. Section montrant le Siphon ; réduite aux deux tiers.

tuent un autre genre, qui , presque allié aux Ammonites, en diffère cependant, sous ce rapport, que chez les premières, les lobes des cloisons ne sont pas dentés sur les bords; circonstance d'où résultent la continuité , la non-interruption du contour de leurs coquilles. Le siphon des Goniatites est petit, et,'à l'égard de la forme des stries de croissance , ces mollusques ressemblent aux Nautiles. Une autre forme générique éteinte de Céphalopode (Fig. 269), que Ton trouve en très-grande abondance dans le calcaire de montagne, mais que l'on ne rencontre point dans les strates d'origine plus récente , est le Bellérophon. La coquille de ce mollusque était, ainsi que celle de l'Argonaute vivant, dépourvue de cloisons.

Climat de la période Carbonifère. — L'abondance

510 CLIMAT (PART, il,

Fig. 269.

Goniatites evolutus, Phillips (¥). Belleraphon cottatus, Sow (**). Calcaire de montagne. Calcaire de montagne.

des coraux lamellifères et autres, et la multitude des grands Céphalopodes cloisonnés, ainsi que des Crinoïdes que Ton rencontre dans les couches déposées lors de la période Carbonifère, portent naturellement à supposer qu'à cette époque les eaux de la mer étaient d'une température infiniment plus chaude et plus égale que celle qui règne actuellement dans les latitudes européennes où le charbon abonde. Des considérations déduites de la flore Carbonifère ont conduit M. Adolphe Brongniart à une conclusion semblable, relativement à la température de l'air. L'existence incontestable de fougères arborescentes de dimensions très-grandes, telles que les Caulopteris ( Fig. 251 ) , qui, aujourd'hui, sont exclusivement limitées aux climats chauds et humides ; et la grande variété de frondes de fougères fossiles que l'on trouve dans le Charbon , suffiraient seules gour justifier cette con-

C) Phillips, Geol. of Yorksh., pi. 20, Fig. 65. DIbid.,pl. 17, Fig. 15.

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