CH. III.) DE LA PÉRIODE CARBONIFÈRE
clusion , dans le cas où Ton refuserait d'admettre les arguments qui tendent à établir que les Sigillariées étaient des fougères-arbres faisant partie de genres éteints. La même conclusion acquerrait plus de force encore, si Ton pouvait parvenir à prouver que les Lepidodendra et les Calamités étaient jadis dés plantes gigantesques appartenant aux ordres des Lycopodiacées et des Equisétacées, lesquels, quoique atteignant encore à l'époque actuelle un très-grand développement sous la zone intertropicale, sont, même dans ces régions, d'une stature tout-à-fait pygméenne, comparativement aux tribus fossiles dont il vient d'être question. Les Araucariées aussi constituent une famille de pins que Ton rencontre aujourd'hui sous les latitudes tempérées et chaudes. Quant aux sapins qui habitent les forêts des régions arctiques , aucun de leurs analogues fossiles n'a été trouvé dans le charbon. Lorsque M. Ad. Brongniart a tenté d'établir la grande chaleur et l'humidité du climat dominant à l'époque Carbonifère, peut-être a-t-il trop compté sur la prépondérance numérique des fougères par rapport aux autres ordres de plantes du charbon. Un tel raisonnement étant fondé sur des faits négatifs, c'està-dire, sur l'absence déplantes appartenant à certains ordres, à certaines familles f t à certains genres, on conçoit sans peine qu'il puisse facilement induire en erreur. Le professeur Liàdley a observé à ce sujet que la petite variété que l'on remarque dans les formes de chaque flore fossile, doit être attribuée en très-grande
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partie au degré de destructibilité qu'acquièrent les plantes par le séjour qu'elles font sous l'eau, avant d'être ensevelies dans les strates. A l'appui de cette opinion, M. Lindley fit l'expérience suivante : il jeta dans un vase contenant de l'eau douce 177 plantes, parmi lesquelles se trouvaient non-seulement des espèces appartenant à tous les ordres découverts dans la flore Carbonifère, mais aussi d'autres plantes représentant les ordres naturels et les diverses familles de la création vivante ; au bout de deux ans, toutes ces plantes, à l'exception des fougères, des palmes, des Lycopodiacées et des Conifères, étaient détruites et avaient disparu. La fructification des fougères n'existait plus non plus, mais les feuilles conservaient encore leur forme et leurs nervures (*).
Cette expérience, toutefois, ne peut conduire à l'explication complète de la prépondérance immense des feuilles de fougères trouvées dans les argiles schis-^ teuses du terrain houiller, sur celles des plantes dicotylédones que renferment ces mêmes formations. Certaines roches tertiaires dans lesquelles les fougères fossiles sont très-rares , abondent en impressions de plantes dicotylédones, et en bois de ces mêmes plantes. Si lors de la période Carbonifère ces végétaux eussent été entraînés dans les estuaires en aussi grand nombre que les fougères, il est à présumer qu'ils auraient laissé dans l'argile schisteuse et dans le grès
C) Lindley, Foss Flora, part. iT.
eu. XXI,) ORIGINE DES COUCHES HOUILLÈRES. 513
des traces de leur forme, comme ils en ont laissé dans des formations plus récentes.
D'un autre côté, rien n'autorise à supposer que les plantes de la houille aient flotté dans l'eau, durant une année ou deux, avant d'être enfouies dans le sédiment. Il est bien plus probable qu'un très-grand nombre de ces plantes ont été déposées immédiatement, c'est-à-dire, en même temps que la vase et le sable entraînés avec elles par des rivières, dans des lacs ou dans la mer, — circonstance qui dut avoir lieu dans les cas peu nombreux où les fougères conservent encore leur fructification. Dans ceux, au contraire, où cette fructification a disparu, tout porte à croire que souvent sa décomposition ne s'est opérée qu'après l'ensevelissement de la fronde dans la vase ou dans le sable.
Origine des couches kouillères. — Certaines portions isolées de l'ancien groupe Carbonifère s'étendent depuis l'Europe centrale jusqu'à l'île Melville et aux confins de la région arctique. Quant à la partie méridionale de l'Europe , on n'y retrouve nulle trace de cette formation ; car le lignite et le charbon que l'on rencontre au midi des Alpes et des Pyrénées, en Espagne, en Italie, en Grèce, et en divers autres pays situés sur les bords de la Méditerranée, paraissent devoir être rapportés au groupe Crétacé et à différentes autres formations, comparativement modernes.
Il a déjà été prouvé qu'en plusieurs parties de l'Angleterre, telles entre autres que le Shropshîre, certains terrains houillers consistant en couches d'eau