H ORIGINE PART II
douce ont pu être engendrés dans des lacs; tandis que d'autres, peu éloignés des premiers, ont été produits dans des estuaires où la mer avait accès quelquefois ; et qu'une troisième sorte, enfin, de ces mêmes terrains, fut formée dans le fond d'une mer ouverte, ou dans des golfes d'eau salée dans lesquels des plantes . terrestres se trouvaient poussées (*).
On rencontre souvent en France et en Allemagne des portions isolées de houille, qui, reposant sur le granit et autres roches hypogènes, sont entièrement dépourvues de fossiles marins. Ces couches, assez ordinairement, ne s'étendent que sur un espace très* borné, ainsi que Ton peut en juger à Saint-Étienne, département de la Loire; à Brassac, dans celui du Puy-de-Dôme; à Sarrebruck, en Silésiè, et en cent autres lieux. Il est assez probable que tous ces dépôts ont été engendrés dans des lacs existant dans les tles de la mer au sein de laquelle fut produit le calcaire de montagne (**).
Si le climat de la Nouvelle-Zélande et de l'Océan voisin était assez chaud pour que, d'une part, les fougères arborescentes pussent s'y développer d'une manière plus luxuriante qu'elles ne le font d'ordinaire dansces régions; etpour que, d'un autre côté, les coraux y formassent des récifs, on concevrait comment, dans cette partie du globe, pourraient se produire des strates
(*) Murchison, Silurian System, p. 148.
('*) D'A u buisson (publié par Bural) : tom. n, p. 268.
eu. XXI.) DES COUCHES HOUILLÈRES. 515
nouvelles, analogues à celles de l'ancien Charbon. Les deux fies de la Nouvelle-Zélande ont de 8 à 900 milles (290 à 326 1.,) de longueur, et se trouvent partagées sur toute cette étendue par une haute chaîne de montagnes, dont quelques-unes atteignent jusqu'à 14,000 pieds (4,270œ) d'élévation, et sont, dit-on, couvertes de neiges perpétuelles. Plusieurs rivières qui, au printemps, sont fortement chargées de sédiment et d'une très-grande quantité de bois flotté , descendent des versants de ces montagnes. Tout porte à croire que vis-à-vis des embouchures de ces rivières , et dans le voisinage des côtes , partout où celles-ci sont exposées à la dégradation qu'occasionne l'action des . vagues, une zone irrégulière, de plusieurs milliers de milles de circonférence, et composée de gravier, de sable et de boue, doit être en voie de se former dans la mer environnante. On a déjà découvert dans ces îles 57 espèces de fougères, au moins, parmi lesquelles plusieurs sont arborescentes ; et ce qu'il y a de trèsremarquable dans cette contrée, c'est que l'un de ces derniers végétaux s'y retrouve jusqu'au 46e degré de latitude sud. La Nouvelle-Zélande ne renferme aucun mammifère indigène, à l'exception d'un rat et d'une espèce de chauve-souris. On n'y rencontre qu'un petit nombre de reptiles dont aucun n'atteint une grandeur considérable. D'après cela, il est facile de prévoir une absence totale de débris de quadrupèdes terrestres, et une rareté très-grande d'ossements de reptiles, dans l'estuaire moderne, ainsi que dans les dépôts la-
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custres récents de cette région. L'existence du lac Rotorua, dans l'intérieur de l'île la plus septentrionale, ne permet aucun doute sur la production actuelle de strates lacustres dans la Nouvelle-Zélande ; ce l$c a , dit-on, 40 milles (14 I. env.) de long, et reçoit les eaux d'un grand nombre de petites rivières et de torrents (*) . Les répétitions que forment sur une petite échelle les couches alternantes d'eau salée et d'eau douce qu'on observe dans le Charbon, ont été attribuées aux changements annuels auxquels sont sujets les lieux voisins des embouchures des rivières ; mais lorsque l'argile schisteuse et le grès renfermant de la houille et des coquilles d'eau douce se trouvent recouverts par des masses considérables de roche coralline sur lesquelles, à leur tour, reposent d'autres formations houillères, il faut nécessairement supposer quelques grands mouvements occasionnés soit par un soulèvement, soit par une dépression, tels que ceux à l'aide desquels j'ai cherchée expliquer, dans les chapitres XVI et XVIII, la superposition du groupe Crétacé par rapport au terrain de Weald, ou les alternances de roches argileuses et calcaires qu'on remarque dans TOolithe. En adoptant de semblables idées, on se trouve conduit naturellement à la supposition qu'un laps de temps considérable a été nécessaire à l'accomplissement des circonstances en question , — certaines formations houillères de l'An-
0 Mémoire sur la Nouvelle-Zélande, publié pour l'Association de la Nouvelle-Zélande.