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CH. XXI.) DES COUCHES HOUILLÈRES

gleterre ayant jusqu'à 3,000 pieds (915m) de puissance, non compris le calcaire de montagne. D'un autre côté, on ne saurait admettre que toutes les couches de charbon aient été déposées à la fois ; et bien moins encore, que dans la même formation toutes les masses de strates parallèles, ou occupant un niveau correspondant, se soient trouvées produites simultanément. Il est bien plus d'accord avec l'analogie de supposer que certains golfes ou baies ayant été peu à peu comblés par des rivières, la mer s'est vue forcée d'abandonner plusieurs places qu'elle occupait auparavant, telle est, sans doute, la cause pour laquelle les couches qui renferment du charbon spnt, en général, dans toutes les séries, supérieures au calcaire de montagne. C'est à cette cause, probablement aussi, qu'il faut attribuer l'amincissement subit du calcaire de montagne dans certains districts du sud-ouest de l'Angleterre, — circonstance d'où résulte la superposition immédiate du grès et des argiles schisteuses renfermant du charbon , par rapport à des roches discordantes et plus anciennes. Position inclinée ou verticale des arbres fossiles trouvés dans la houille. — Un très-grand nombre des arbres fossiles de la houille occupent une position oblique ou perpendiculaire, relativement aux plans de stratification. Cette circonstance singulière, que l'on a observée tant sur le continent qu'en Angleterre» mérité la plus grande attention ; non-seulement comme ouvrant un champ favorable à la spéculation, mais aussi comme offrant un argument populaire à cer-

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tains auteurs qui désirent prouver que l'écorce terrestre ne date que de 5 ou 6,000 ans. Un tel fait ne pouvait échapper à l'attention de Werner, qui jugea que ces arbres avaient dû vivre dans les lieux mêmes où on les trouve à l'état fossile. Cette hypothèse fut soutenue par M. Alexandre Brongniart, dans un Mémoire qu'il publia, en 1821, sur la mine de houille de Treuil, à Saint-Éticnne, près de Lyon (*) (Fig. 270). Dans cette mine, plusieurs strates horizon-

Fis. 270.

Coupe montrant la position oblique et verticale d'arbres fossiles découverts dans le grès houiller, à Saint-Etienne. (AI. Brongniart.)

*) Annales des Mines, 1821.

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taies de houille sont traversées par des troncs verticaux de végétaux Monocotylédones, ressemblante des bambous ou à de grands Equiseta. Ces lits, qui sont représentés dans la figure ci-jointe (270) , ont de 10 à 13 pieds (3 à km env.) de hauteur. Us consistent en grès micacé, stratifié d'une manière distincte, et passant à la structure schisteuse. Depuis la consolidation de la pierre, il s'est produit çà et là un certain mouvement par glissement, lequel a interrompu la continuité des tiges, dont on voit que les portions supérieures sont quelquefois hors du prolongement des portions inférieures.

Or, si ces arbres, ainsi que quelques géologues le prétendent, avaient fait partie jadis d'une forêt submergée, comme celle de Portland, qui a été décrite p. 412, toutes les racines se seraient trouvées réunies dans la même strate ; ou du moins, au lieu d'être disséminées dans toute l'étendue de la masse, elles seraient restées limitées à de certains niveaux. De plus, lorsque les tiges se trouvent dépourvues de racines, ce qui, du reste, arrive rarement, on les rencontre enfouies dans un grès exactement semblable à celui où sont enchâssés les troncs : le sol n'offrant ni différence de composition, comme dans la couche de boue de Portland ; ni ligne de démarcation , quelque légère qu'elle puisse être, entre l'ancienne surface supposée de la terre ferme et le sédiment qui aujourd'hui enveloppe les arbres.

Quelques personnes considéreront peut-être ceç

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objections à la théorie de M. Brongniart comme entièrement superflues depuis les renseignements fournis par le docteur Buckland, qui, après avoir visité, en 1826, ces mêmes carrières de Treuil, déclara y avoir vu une si grande multitude de troncs inclinés, que la position de ceux qui étaient droits pouvait passer pour accidentelle (*). La possibilité, néanmoins, qu'un très-grand nombre de ces troncs soient restés verticaux, demande explication. On cite aussi dans la Grande-Bretagne des cas analogues , mais plus extraordinaires encore , relatifs à des fossiles semblables.

Les auteurs de la Flore Fossile rapportent que dans la houillère des environs de Newcastle, on trouve un grand nombre de Sigillarias qui semblent avoir conservé la position dans laquelle elles vécurent. Trente d'entre elles , au moins , dont plusieurs ont de 4 à 5 pieds (lm 2 à lm 5) de diamètre, sont réunies dans un espace de 50 yards (4.6m) carrés. L'intérieur de ces végétaux a été transformé en grès, et leur écorce en houille. Les racines de l'un d'eux furent trouvées enchâssées dans l'argile schisteuse; et le tronc» qui, jusqu'à la hauteur de 10 pieds (3m) environ, avait conservé une direction perpendiculaire et une forme circulaire, s'était ensuite recourbé, au point de devenir horizontal. Parvenu à cette hauteur de 10 pieds, il s'étendait latéralement, et s'aplatissait de telle sorte

(•) Bridgew. Trcat., p. 471.

cil. xxi.) DANS LES COUCHES HOUILLÈRES. 5'2l

«qu'il n'avait plus qu'un pouce (25 mill. env.) d'épaisseur; quant aux cannelures, elles étaient restées plus distinctes qu'on ne l'aurait présumé après la compression (*). Les mineurs anglais désignent ces tiges verticales sous te nom de coal-pipes. L'une d'elles, de 72 pieds (22m à peu près) de long, fut découverte, en 1829, près de Gosforth, à cinq milles (1 3ji 1. env.) de Newcastle, dans le grès houiller, dont elle traversait les couches. L'extérieur du tronc était marqué à intervalles par des nœuds qui indiquaient la place des branches. Lé bois de l'intérieur avait été converti en carbonate de chaux ; et sa structure, observée dans des tranches transversales coupées assez minces pour laisser passer la lumière, se distinguait parfaitement. (Voyez p. 93.)

En 1830, un tronc oblique dont la longueur totale excédait 60 pieds (18menv.j, fut mis à découvert dans la carrière de Craigleith, près d'Édinburgh. Au sommet, son diamètre n'était que de 7 pouces (17, 5e) environ ; mais vers la base il atteignait 2 pieds (6 déc. env.) dans la partie la moins grosse , et cinq (1 i\%m à peu près) à l'endroit le plus fort. Son écorce était convertie «n une enveloppe mince de charbon , le plus pur et le plus fin possible, dont la couleur formait un contraste frappant avec le grès blanc quartzeux dans lequel il était enchâssé. La ligure cijointe représente une portion de cet arbre que je vis

(*) Lindley et Hutton, Foss. Flor. , part. 6, p. 150.

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Fig. 271.

Position inclinée d'un arbre fossile traversant des lits de grès AortzontauXj dans la carrière de Craigleith, près d'Edinburgh. Angle d'inclinaison de a à b 27°.

à découvert, en 1830, époque à laquelle toutes les strates avaient été enlevées d'un côté. Les couches qui restaient étaient si peu dérangées de leur position primitive, et si peu altérées au point de contact, qu'on ne pouvait douter que leur accumulation a a tour de l'arbre se fût accomplie tranquillement. Il demeurait évident , aussi , que cet arbre n'avait pu s'introduire au milieu d'elles, alors qu'elles étaient encore dans un état de mollesse. Ces couches consistaient principalement en grès siliceux, qui, le plus ordinairement, était blanc. Sous le rapport de la division, elles présentaient une multitude de lames tellement minces, qu'un pouce (25 mill. env.) d'épaisseur en renfermait de six à quatorze. Quelques-unes de ces couches minces étaient d'une couleur sombre, et contenaient une matière charbonneuse ; mais la série inférieure des lits coupés par l'arbre était calcaire. On ne

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pouvait supposer que cet arbre se fût trouvé creux au moment de son ensevelissement; car, à l'intérieur, sa texture ligneuse s'offrait encore dans un parfait état de conservation, au milieu de la matière pétrifiante, laquelle était, en très-grande partie, calcaire (*). D'un autre côté, la plupart des couches traversées par le fossile n'étant pas calcaires, on ne pouvait pas admettre non plus que la matière lapidifiante provint de ces couches, et se fût introduite latéralement dans l'arbre en question. Personne n'ignore que dans le Mississipi, ainsi que dans divers autres grands fleuves de l'Amérique, là où des milliers d'arbres sont entraînés annuellement par le courant, de temps en temps plusieurs de ces arbres s'enfoncent et restent fixés dans la vase, avec leurs racines dirigées par en bas. Ainsi placés, ils ont été comparés à des lances en arrêt , et rendent la navigation extrêmement dangereuse , par suite des accidents qu'ils occasionnent , en perçant , comme cela leur arrive souvent, l'avant des vaisseaux qui, par malheur, viennent à les rencontrer. Mais les plantes verticales de la houille ne conservent pas toujours leurs racines. Quant à la cause qui les fit s'enfoncer avec leur extrémité la plus forte tournée vers le bas, elle tient, sans doute , à ce que la pesanteur spécifique du bois est plus considérable vers l'extrémité inférieure de l'arbre que vers son extrémité supérieure.

(•) Voyez les Figures relatives à la teiture , Witham , Foss Veget , pi. 3

52V FORMATION (PART. Il,

Dans les arbres de la classe Endogène, surtout, le bois de la partie inférieure et la plus ancienne du tronc est plus dense que celui des portions supérieures» qui sont en même temps lesplus récentes. Si donc la partie inférieure devenait plus pesante que l'eau, tandis que l'extrémité supérieure de la tige resterait presque aussi légère, ou même plus légère, non-seulement le tronc entier descendrait perpendiculairement, mais arrivé au fond, il pourrait encore se tenir debout, pour peu que son extrémité inférieure y rencontrât le moindre point d'appui, tel, par exemple, que celui qu'elle trouverait à la profondeur d'un pied ou deux (3 ou 6 décim.) dans le sédiment non encore durci. Quant à la question de savoir combien de temps ces troncs submergés d'une manière permanente peuvent avoir résisté à la décomposition, c'est un point qu'il est pour ainsi dire impossible de déterminer $vec exactitude. Toutefois, à en juger par la durée des piliers de bois qui sont couverts d'eau constamment, et par celle des arbres submergés naturellement, comme ceux que Ton a occasion d'observer à la Louisiane (*) , il est permis de supposer qu'ils ont pu y résister pendant plusieurs années , et que , par suite , leur enfouissement dans les strates en question a pu s'effectuer sans, que, pour cela , la production de ces strates ait dû nécessairement être très-rapide.

Si, toutefois, on admet que des couches de 30 ou

(•) Voyez à Y Index des Principes, « Bislineau. »

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40 pieds (9 ou 12m eav.) d'épaisseur aient souvent été formées en un petit nombre d'années, de mois, ou même de jours, il ne s'ensuivra pas que de ce fait on puisse déduire le temps nécessaire à la formation, d'une houillère considérable. En supposant , par exemple, que la structure de toutes les houillères soit analogue à celle que représente la Fig. 272 , on se trouve tout naturellement amené à conclure que si la suite de strates a, dont la puissance est de 50 pieds (15menv.), a mis un demi-siècle à se déposer, les strates a, b, c, qui constituent l'ensemble de la houillère, et forment une épaisseur de 150 pieds (46* à peu près) , ont dû nécessairement employer un siècle et demi à s'accumuler . Mais comme au lieu de se déposer suivant les lignes horizontales indiquées Fig. 272, les lits de houille affectent la forme d'un coin, et vont souvent en s'amincissant jusqu'au point même de

Fig. 272.

disparaître entièrement ; et qu'en outre , les couches successives d'une houillère sont ordinairement disposées de la manière suivante (Voyez a, 6, c, d, e, Fig. 273. ) , il suit de là que l'examen d'une seule

Fig. 273.

coupe devient insuffisant pour déterminer le nombre

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de ces couches. Tout en pouvant avoir été circonscrits à des limites également bornées sous le rapport de la largeur et de la longueur, il est possible que, suivis dans une direction donnée, les dépôts a, b, c, d, e, aient mis chacun cinquante années è se former. D'un autre côté , il se pourrait aussi qu'originairement ils eussent constitué une bande de terre étroite, semblable à certaine partie du delta formée par la vase et le bois de construction entraînés par le Mississipi dans le golfe du Mexique, depuis que la Nouvelle-Orléans a été bâtie. Bien, toutefois, qu'une telle circonstance ait pu donner naissance à une langue de terre étroite s'avançant de plusieurs lieues dans la mer, peut -être n'en faudrait-il pas moins le concours de plusieurs milliers d'années pour qu'une étendue carrée de terre basse, d'un nombre égal de lieues en diamètre , pût être formée aux dépens du golfe du Mexique.

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