CH. XXV.) DES ROCHES MÉTAMORPHIQUES
le micaschiste, et le gneiss des Collines de Malvern, appartiendraient à la période Silurienne du Vieux Grès Rouge, parce que ce sont des strates Siluriennes dont la conversion en roches métamorphiques s'est opérée durant la production du Vieux Grès Rouge (Voyez p. 583).
Nous avons vu, en traitant de l'âge des roches plutoniques , que divers dépôts primitifs, secondaires et tertiaires ont été convertis en strates métamorphiques, près de leur contact avec le granit. Dans ces sortes de cas, il ne peut y avoir aucun doute que des strates, jadis composées de sédiment, de sable, de gravier, ou d'argile , de marne et de calcaire coquillier, aient, sur une étendue de plusieurs mètres , et même quelquefois de plusieurs centaines de pieds, été transformées en gneiss, en micaschiste , en schiste amphibolique , en schiste chloritique , en quartzite , en marbre statuaire et en diverses autres roches du même genre ( Voyez les Chapitres X et XI).
Mais quand Faction métamorphique s'est manifestée sur une plus grande échelle , elle a toujours tendu à détruire entièrement tous les monuments qui pouvaient servir à déterminer la date de son développement. On peut établir sans peine l'identité de deux parties différentes de la même strate ; savoir : celle où la roche s'est trouvée en contact avec une masse volcanique ou platonique, et a , par «suite de ce contact , été changée ervmarbre ou en schiste amphibolique; et celle où , à peu de distance de la première , la
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roche est restée non altérée et fossilifère. Mais quand il est question de comparer deux portions d'une même chaîne de montagnes, Tune métamorphique, et l'autre non altérée, tout le talent et toute l'attention des plus habiles observateurs suffisent à peine pour réussir dans une tâche pareille. Je vais rapporter un ou deux exemples d'altération produite sur une grande échelle, afin de mettre l'étudiant à même d'apprécier le raisonnement à l'aide duquel on se trouve amené à conclure que des masses considérables de strates fossilifères ont été converties en roches cristallines.
Apennin septentrional. — Carrare. — Le fameux marbre de Carrare, dont on fait usage en sculpture, était considéré jadis comme le type du calcaire primitif. On le trouve en très-grande abondance dans les montagnes de Massa Carrara, ou « Alpes Apuannes, » dont les pics les plus élevés ont à peu- près 6000 pieds (1830m) de hauteur. La texture minéralogkpie et l'absence de fossiles qui caractérisent ce marbre, ont, conjointement avec son passage, vers le bas, au talcschiste et au micaschiste grenatifère, donné lieu à sa réputation d'ancienneté extrême. Ces deux dernières roches, à leur tour, passent insensiblement, et par le bas aussi , au gneiss, qui , à Forno , est pénétré par des veines de granit. Or, les recherches de MM. Savi, Boue, Pareto, Guidoni, de la Bêche, et Hoffmann particulièrement , ont prouvé que ce marbre, auquel, jadis, on attribuait une origine antérieure
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à la création de tons les êtres organisés , n'est autre qu'un calcaire altéré de la période oolithique ; et que les schistes cristallins sous-jacents sont tout simplement des grès et des argiles schisteuses secondaires, modifiés par Faction plutonique. Pour établir ces conclusions , on s'attacha d'abord à faire remarquer que les roches calcaires qui bordent le golfe de Spezia, et abondent en fossiles oolithiques, prennent une texture semblable à celle du marbre de Carrare , et cela proportionnellement à leur envahissement par de certaines roches plutoniques et trappéennes, telles que la diorite, l'euphotide , la serpentine et le granit, que Ton rencontre dans la même contrée.
On observa ensuite que dans les lieux où les forma* tions secondaires ne sont point altérées , les roches supérieures consistent en calcaire commun des Apennins , renfermant des nodules de silex ; et qu'à ce calcaire succèdent des argiles schisteuses , qui , à leur tour, reposent sur des grès argileux et siliceux. Autant on rencontre de fossiles dans le calcaire , aussi peu Ion en trouve dans l'argile schisteuse et le grès sous-jacents. Une certaine gradation a été observée latéralement, à partir de ces roches jusqu'à une autre série correspondante, laquelle est si complètement métamorphique, qu'à son sommet on trouve un marbre blanc granulaire, entièrement dépourvu de fossiles, sans presque aucune trace de stratification, et où, au lieu de nodules de silex, on rencontre, disséminée dans la masse, une certaine matière siliceuse,
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disposée en forme de prismes de quartz. Les argiles schisteuses y sont remplacées par des schistes talqueux, du jaspe et du hornstein ; de même que les grès argileux et siliceux , plus inférieurs encore , y sont représentés par du quartzite et du gneiss (*). Si ces strates secondaires des Apennins avaient subi partout un aussi grand changement, il eût été impossible de faire la moindre conjecture relativement à leur âge ; et alors , suivant la méthode ordinairement observée dans la classification géologique , elles auraient pris rang parmi les roches primaires. Dans ce cas , la date de leur origine aurait été reportée à une époque antérieure à la formation du système Cambrien Inférieur, bien qu'en réalité elles aient été produites durant la période oolithique , et altérées à quelque époque postérieure et non connue.
Alpes de la Suisse. — Dans les Alpes, les mêmes phénomènes, reproduits sur une échelle bien plus vaste encore , ont donné lieu à des conclusions semblables. Quelques-unes des strates fossilifères primaires , ainsi que les formations secondaires anciennes , et les roches oolithiques et crétacées que renferme la partie orientale de cette chaîne, sont parfaitement reconnaissables entre elles. Dans une position moins élevée que celle qu'occupent ces diverses
(*) Voyez le* Notices de Savi , Hoffmann et plusieurs autres, citées par Booé, Bull, de la Soc, Gëol. de France, tom. v, p. 317, et tom. m, p. xuv.