‹ Eléments de géologieChapitre 36 sur 205 · CHAP. I.) ET LEUR ORIGINE · texte numérisé non relu

CHAP. I.) ET LEUR ORIGINE

dernières divisions, se ressemblent sous le double point de rue d'une cristallinité très-grande , et du manque de débris organiques. Les unes ont été appelées platoniques , et comprennent tous les granits et certains porphyres , qui, sous plus d'un rapport , peuvent être considérés comme alliés aux formations volcaniques. Les autres sont stratifiées et souvent schisteuses : quelques géologues leur ont donné le nom de schistes cristallins. Elles comprennent le gneiss, le schiste micacé ( ou micaschiste j , le schiste amphibolique, le marbre statuaire, les plus belles espèces d'ardoises propres à la toiture des bâtiments , et diverses autres substances minérales que nous décrirons plus tard.

Comme il est reconnu que dans le mode de formation qui aujourd'hui règne à la surface du globe, rien n'est strictement analogue à ces productions cristallines , on demandera tout naturellement d'après quelles données on peut leur assigner une place dans un système de classification fondé sur l'origine des roches. A cela , nous répondrons que ces données reposent d'abord, sur l'analogie d'origine, qui, d'après le passage observé de diverses sortes de granits à différentes espèces de roches volcaniques, a été reconnue entre ces dernières et les roches plutoniques ; et puis ensuite, sur cette autre observation, que certaines masses de granit poussent des dykes et des veines dans les couches contiguës , à la manière , à très-peu près , dont la lave et la matière volcanique

18 ROCHES PLUTONIQUES. (pàkt. i,

pénètrent les dépôts sédimentaires ; les masses granitiques et les veines occasionnent alors des changements analogues à ceux qu'engendrent la lave et les gaz volcaniques. Mais les roches plutoniques diffèrent des roches volcaniques, non-seulement par leur texture plus cristalline, mais aussi par l'absence des tufs et* des brèches , lesquels sont les produits des éruptions qui ont lieu à la surface de la terre. Elles en diffèrent aussi par l'absence des pores ou cavités cellulaires, auxquels, dans la lave ordinaire, donne naissance la compression des gaz. D'après ces particularités, et quelques autres encore, on en est venu à conclure que les granits ont été formés à de grandes profondeurs dans la terre ; qu'ils se sont refroidis et ont cristallisé lentement sous une pression énorme qui empêchait les gaz comprimés de se dilater. Les roches volcaniques , au contraire, quoique sorties aussi de bas en haut et dans un état de fusion , se sont refroidies plus rapidement sur la surface, ou près de la surface. Cette hypothèse de la grande profondeur à laquelle se forment les granits , leur a fait donner le nom de roches plutoniques , pour les distinguer des roches volcaniques. L'élève comprendra aisément que l'influence de la chaleur souterraine puisse s'étendre, de haut en bas, à partir du cratère de tout volcan actif, jusqu'à une grande profondeur au-dessous, c'est-à-dire, jusqu'à plusieurs milles ou plusieurs lieues , peut-être ( voyez le frontispice ) , et que les effets produits au loin dans les entrailles de la terre, puissent, ou plutôt, doivent

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être distincts de ceux produits à la surface. D'après cela, on voit que les roches volcaniques et plutoniques, quoique différant en texture, et même quelquefois en composition, peuvent être engendrées simultanément, les unes à la surface, et les autres à une grande distance au-dessous. ♦

Bien que le granit ait souvent pénétré d'autres couches, rarement, ou même jamais, peut-être, on ne Ta observé reposant sur ces couches comme s'il y eût été répandu. Les roches volcaniques , au contraire, étant toujours disposées de la sorte, ont, à cause de cette particularité, été appelées sur-jacentes, par le docteur MacCulloch; tandis que M. Neker a proposé de donner aux roches granitiques le nom de sous-jacentes, pour désigner le mode suivant lequel elles se présentent presque invariablement.

Roches métamorphiques. — La quatrième et dernière grande division de roches comprend les couches cristallines ou schistes, auxquels on a donné les noms de gneiss, de micaschiste, de schiste argileux, de schiste chloritique, de marbre, et diverses autres substances du même genre , dont l'origine est plus douteuse que celle des trois autres classes. Elles ne renferment ni galets, ni sables, ni scories , ni fragments angulaires de pierre enchâssés, ni traces de corps organiques , et sont souvent aussi cristallines que le granit , quoique divisées en couches, correspondant, quant à la forme , à celle des formations sédimentaires ; de là , vient qu'on les dit stratifiées. Les lits des roches

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'20 ROCHES MÉTAMORPHIQUES (PART, f ,

métamorphiques consistent quelquefois en une alternation de substances qui, variant en couleur, en composition et en épaisseur , offrent la plus grande analogie avec les apparences que présentent les dépôts stratifiés renfermant des fossiles. Suivant la théorie que j'adopte, comme étant la plus probable, et que par la suite j'expliquerai avec plus de détails, les matières qui composent ces couches furent originairement déposées par l'eau , sous la forme accoutumée de sédiment , mais elles furent ensuite altérées par la chaleur souterraine , de manière à prendre une texture nouvelle. L'on peut démontrer , dans quelques cas au moins , qu'aujourd'hui cette transformation se trouve entièrement accomplie. Certaines couches, ainsi que j'ai eu occasion de le dire déjà , laissent apercevoir, près de leur point de contact avec des veines et des dykes de roches volcaniques , des altérations semblables à celles que pourrait produire une chaleur intense. Ces altérations, toutefois , ne s'offrent , dans ces couches , que sur une petite échelle ; tandis que , sous des circonstances différentes, et en combinaison , peut-être , avec d'autres causes , une influence pareille s'est exercée d'une manière infiniment plus énergique dans le voisinage de certaines roches plutoniques. Les effets produits de la sorte sur les couches fossilifères se sont manifestés quelquefois jusqu'à la distance d'Un quart de mille , à partir du point de contact. Sur la plus grande partie de cet espace, les couches à fossiles ont échangé leur tex-

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ture terreuse pour une texture éminemment cristalline , et ont perdu toutes traces de débris organiques. Ainsi , par exemple , les calcaires noirâtres remplis de coquilles et de coraux, sont transformés en marbre blanc statuaire , et les argiles dures en ardoises qu'on appelle micaschiste et schiste amphibolique, substances dans lesquelles on ne retrouve pas le plus léger indice de corps organisé.

• Bien que la nature précise de cette influence soit encore inconnue , il est très-évident qu'elle a quelque analogie avec celle que la chaleur volcanique et les gaz sont capables de produire. Cette action, du reste, peut très-convenablement être appelée plutonique , car elle semble avoir été développée dans les régions où les roches plutoniques sont produites, et sous des circonstances de pression et de profondeur semblables. Que l'électricité, ou toute autre cause, ait coopéré avec la chaleur à produire cette influence, c'est ce que nous abandonnons volontiers à la spéculation ; mais ce qu'il y a de certain , par exemple , c'est que l'influence plutonique a quelquefois pénétré à travers les masses de couches d'une montagne entière. L'échelle immense sur laquelle se présentent quelquefois les phénomènes, doit nous empêcher de supposer que c'est au voisinage du granit qu'est due toujours la texture cristalline et altérée des couches ; cette circonstance doit plutôt nous porter à croire que le granit lui-même, tire, ainsi que les couches altérées, sa texture cristalline de l'action plutonique.

£2 ORIGINE CONTEMPORAINE (parti,

D'aocord avec cette hypothèse , j'ai proposé (voye2 Principles of Geology ) , le mot métamorphique pour désigner les couches altérées, mot qui dérive de ^ra, meta , trans , et popf *j, morphe , forma.

Considérées par rapport à leur origine, il faut donc compter quatre grandes classes de roches ; les roches sédimentaires , les roches volcaniques , les roches plutoniqueset les roches métamorphiques, qui, toutes, peuvent être supposées avoir été formées contemporainement à chaque époque géologique, et être actuellement encore en voie * de formation. En jetant un coup d'œil sur le frontispice, le lecteur verra quelles sont les positions relatives que peuvent occuper dans Técorce terrestre, les membres de ces quatre grandes classes A, B , C, D, durant le cours de leur production simultanée. Tandis que les dépôts sédimentaires A, qui sont exprimés par le jaune , se sont accumulés en couches successives dans le fond de la mer, le cône volcanique B s'est élevé peu à peu, entassant couche sur couche, durant une longue suite d'éruptions ; quant aux autres roches ignées , coloriées en pourpre, elles ont été aussi projetées, de bas en haut , dans un état fluide. Quelques-unes d'entre elles , étant le résultat d'éruptions sous-marines, ont jailli dans la mer, où elles se sont mêlées avec des sédiments déposés par les eaux. En suivant , de haut en bas , soit les petits dykes , soit les grandes masses de roche volcanique , nous trouvons que graduellement ils passent aux formations plutoniques D, co-

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