CH. III.) ET LES FORMATIONS BEAU DOUCE
d'une grande épaisseur, leur étendue superficielle est, en général, très bornée, comparativement aux dépote marins ; il en est de même des lacs et des estuaires par rapport aux mers.
Une formation d'eau douce peut se reconnaître par l'absence de plusieurs fossiles que Ton rencontre presque invariablement dans les strates marines. Ainsi, par exemple, on n'y trouve ni coraux, ni oursins, ni, a peine, aucun autre zoophy te ; ni coquilles cloisonnées, telles que les nautiles, ni Foraminifères microscopiques. Mais c'est surtout l'étude des formes des mollusques qui nous met à même de déterminer le point en question. Dans un dépôt d'eau douce, le nombre des coquilles individuelles est souvent aussi grand, sinon même plus grand, que dans une strate d'origine marine ; mais il y a moins d'espèces et de genres. Cette circonstance pouvait être préjugée d'après le fait observé, que les espèces et les genres des coquilles terrestres et d'eau douce modernes sont peu nombreux, comparativement à ceux des coquilles d'origine marine. Ainsi, suivant le système de Blainville, les genres des vrais mollusques, en retranchant ceux qui appartiennent à des espèces détruites, et les genres qui sont sans coquilles, s'élèvent à 200 environ, nombre sur lequel un sixième, tout au plus, appartient à des genres terrestres et d'eau douce (*).
Presque toutes les coquilles bivalves, ou celles des
(*) Voyez la Table Synoptique daag la Malacologie de Blainville.
68 DIFFÉRENCE ENTRE LES FORMAT. MAR. (fart. I,
mollusques acéphales, sont marines; c'est-à-dire, cpie sur quatre-vingt-dix genres, il n'y en a que dix d'eau douce, environ. Parmi ces dernières, les quatre formes les plus communes, tant modernes que fossiles, sont les Cyclas, les Cyrena, les Unio et les Anodonta ( voyez les figures) ; les deux premières et les deux dernières de ces coquilles ont tant de rapports ensemble
. Fig. 23. Fig. 24.
Cyclas obovata; fossile. Hants. Cyrena trigonula; fossile.
Grays, Essex.
qu'elles passent des unes aux autres.
Fig. 25. Fig 26. Fig. 27.
Anodonta Cordicrii; Anodonta lalimargi- Unio lilloralis; récente, fossile. Paris. natus; récente. Bahia. Auvergne.
Lamarck a divisé les mollusques bivalves en Dtmy aires et en Monomy aires. Les premiers sont caractérisés par les deux grandes impressions musculaires
CH m.) ET LES FORMATIONS D'EAU DOUCE. 69
qu'ils ont dans chaque valve. (Voy. a b dans la Cyclas représentée Fig. 23.) Quant aux autres, tels que l'huî-» tre et la pétoncle, ils n'ont qu'une de ces impressions. (Voyez Fig. 28.) Or,. comme aucun de ces derniers, Fig. 28. c'est-à-dire , aucun bivalve
unimusculaire , n'est originaire d'eau douce , on peut légitimer ment supposer qu'un dépôt dans lequel on en trouve est un dépôt marin.
Les coquilles univalves les °%œatgiobota^ 'sow.^ plus caractéristiques des dépôts cra,e' d'eau douce sont : les Planorbis,
les Limnea et les Paludina. (Voyez les figures.) Mais à celles-ci sont quelquefois réunies des Physa; des Succinea, des Ancylus, des Valvata, des Melanopsis, des Melania et des Neritina. (Voyez les figures.)
. Fig 29. Fig. 30. Fig. 31.
Planorbis euomphalus ; Limnea longiscaia ; Paludina lenla ; fossile. Ile de Wight. fossile. Harits. fossile. Hants.
Mr. Gray observe que l'une de ces coquilles. l'Ancylus (Fig. 33), ne diffère quelquefois de la Siphonaria marine que par l'animpl. La coquille, de l'An-
70 DIFFÉRENCE ENTRE LES FORMAT. MAR. (pari, i,
cylus, néanmoins, est habituellement plus mince (*). Fig. 32. Fig. 33. Fig. 3*. Fig. 35.
Succinea elongala ;
fossile. Loess,
Rhin.
Ancylus élégant; Fossile. Hants.
Fig. 37.
Fig. 38.
Valvata ; Physa fossile, hypnorum; Grays,Essex. récente.
Fig. 39.
Aurieula; ré- Melania Physa colum- Mêlanoptit bucci-
cenle. Ava. inquinata. . nnris. Bassin noxdea; récente.
Bassn de Paris, de Paris. Asie.
Quelques naturalistes renferment la Neritina (Fig. 40) et la Nerita marine (Fig. M) dans le même genre, parce
Fig. 40.
Fig. 41.
Neritina globulus.
Bassin de Paris.
Nerila granulota.
Bassin de Paris.
qu'il est, pour ainsi dire, impossible de les distinguer (•) Gray, Phil. trans. , 1835, p. 302.