‹ Eléments de géologieChapitre 50 sur 205 · ET LES FORMATIONS D EAU DOUCE · texte numérisé non relu

ET LES FORMATIONS D EAU DOUCE

par de bons caractères génériques. Mais, en général, les espèces fluviatiles sont plus petites, plus lisses et plus globuleuses que les espèces marines, et elles n'ont jamais, comme les Nérites, le bord intérieur de la lèvre extérieure denticulé ou crénelé. (Voyez Fig. M.)

Fig. 42.

Quelques genres, parmi lesquels le Cerithium est le plus abondant , sont communs aux mers et aux fleuves, qui, seulement, ont chacun leurs espèces particulières. D'autres genres, comme l'Auricula (Fig. 36), sont amphibies, vivant également dans l'eau douce et sur la terre.

Les coquilles terrestres sont toutes univalves. Parmi les divers genres de ces coquilles, tant récentes qu'à l'état fossile, les plus abondants sont les Hélix (Fig. 45), les Cyclostoma, lesPupa (Fig. M), les ClausUia , les Bulimus (Fig. 43) et les Achatina. Ces deux derniers sont presque alliés, et passent de l'un à l'autre. On en peut dire à peu près autant des Pupa et des Clausilia.

Cerithium

cinctum. Bassin

de Paris.

Fig. 43. Fig. 44.

Fig. 45.

* eti<Dl#

Bulimus lubricuê.

Pupa

museorum.

Hélix plebeium.

Tous trois récents; mais trouvés aussi à l'état fossile, dans le Loess du Rhin.

72 DIFFÉRENCE ENTRE LES FORMAT. MAR. (pa«T. I ,

L'Ampullaria (Fig. 46) est un autre genre de co- Fig 46. quilles, habitant les rivières et les étangs dans les pays chauds. Plusieurs espèces fossiles ont été rapportées à ce genre ; mais comme c'est principalement dans les formations marines que ces espèces ont été trouvées, plusieurs conchyliologis- Ampuiiariagiauca, tes ont pensé qu'elles appartenaient

de la Jumnah. «T .. . , ,, .

aux Natica et a d autres genres marins.

Toutes les coquilles univalves terrestres ont, ainsi que les espèces d'eau douce, des ouvertures entières ; cette circonstance peut souvent servir de règle trèscommode pour distinguer les couches d'eau douce des couches marines, puisque la rencontre d'univalves dont les ouvertures ne sont pas entières, met à même de conclure que la formation qu'on observe est marine. L'ouverture est dite entière lorsque , ainsi que dans les Ampullaria (Fig. 46),- et dans les coquilles terrestres représentées Fig. 43, 44, 45, son contour n'est pas interrompu par une dentelure ou une échancrure, comme dans l'Ancillaria (Fig. 48) , ou lorsqu'elle ne se prolonge pas en canal comme dans le Pleurotoma, (Voyez a , Fig. 47.)

Les bouches d'un grand nombre d'univalves marins ont, ou ces échancrures, ou ces canaux, et toutes ces espèces sont, sans exception, carnivores; tandis que presque tous les testacés à bouches entières sont plan-

ch. III.) ET LES FORMATIONS DEAU DOUCE. 73

tivores, que leur espèce, d'ailleurs, soit ou marine, ou fluviatile, ou terrestre,

Fig. 47. Fig. 48.

Pleurotomata rotata.

Collines subapennines, Italie.

Ancillaria tubulata.

Argile de Londres.

Un genre, cependant, fait exception à Tune des règles précédentes, c'est le Cerithium (Fig. 42), qui, bien qu'il soit pourvu d'un canal court, comprend quelques espèces vivant dans l'eau salée, certaines autres habitant l'eau saum&tre, et d'autres enfin qui fréquentent l'eau douce.

Parmi les fossiles qui abondent dans les dépôts d'eau douce, on remarque les Cypris, petit animal crustacé, dont la coquille ressemble beaucoup à celle des mollusques bivalves (*). Plusieurs petites espèces vivantes de ce genre se trouvent en grand nombre dans les lacs et les étangs de la Grande-

O Voyei les figures du chapitre dans lequel il est fait mention du terrain de Weald, Part. D. l^oQ

1% DIFFÉRENCE ENTRÉ LES FORMAT. MAR. (PAIlT. I,

Bretagne; mais leurs coquilles, considérées séparément , ne peuvent pas servir à établir l'origine fluviatile d'un dépôt, à cause de la ressemblance trèsgrande qui existe entre ces coquilles et celles des Cytherina de Lamarck (Voyez Fig. 1& p. 63), qui habitent l'eau salée, et dont l'animal diffère un peu de celui de la Cypris.

Les enveloppes de la semence du Chara, genre- de plantes aquatiques, sont très-fréquentes dans les couches d'eau douce. Avant que la nature véritable de ces enveloppes fût connue, on leur donnait le nom de gyrogonites, et Ton croyait que c'étaient des coquilles. (Voyez Fig. 49, a.)

Les Chara habitent le fond des lacs et des étangs, et c'est dans les endroits où l'eau est chargée de carbonate de chaux qu'ils viennent le mieux ordinairement. Les enveloppes de leur semence étant recouvertes d'un tégument très-rude, capable de résister à la décomposition , c'est à cette circonstance que doit être attribuée leur abondance à l'état fossile. La figure ci-jointe (Fig. 50) représente une branche de l'une des espèces nouvelles trouvées dans les lacs du nord de l'Italie, par le professeur Amici. L'enveloppe de la semence de cette plante est plus globuleuse que celle des Chara britanniques, et par conséquent, d'une forme plus semblable à celle des espèces fossiles éteintes que l'on rencontre en France, en Angleterre, et dans divers autres pays. Les tiges de ces plantes se trouvent, ainsi que les enveloppes de leur semence.

CM. m.) ET LES FORMATIONS D'EAU DOUCE. Ta

dans la marne coquillière moderne et dans les formations anciennes d'eau douce. Elles se composent, en général, d'un gros tube entouré d'autres tubes plus petits ; la tige entière est divisée à intervalles par des

Fig. 49. Fig. 50.

Chara medicaginuia ; fossile. Ile deWight.

a. Enveloppe de la semence, vue sous un grossissement de 20 diamètres.

6, Tige grossie.

Ckara tlastica ; récent. Italie.

, Enveloppe sessile de la semence placée entre la division des feuilles de la plante femelle.

Section transversale d'une branche, vue de bas en haut et chargée de cinq enveloppes de la semence, grossies.

cloisons ou séparations transversales. (Voy. b, Fig. 19.) Il n'est pas rare de rencontrer des couches de matière végétale , des empreintes de feuilles et des branches d'arbres , dans des strates renfermant des coquilles d'eau douce; Ton y trouve aussi, accidentellement, les dents et les ossements de quadrupèdes terrestres, d'espèces actuellement inconnues. La manière dont ces débris sont quelquefois, et surtout pendant des inondations, entraînés par des rivières dans des lacs, a été traitée à fond dans les « Principles of Geology (*) . »

O Voyez à Vitodei , « Fossilisation.

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