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CHAPITRE V

ÉLÉVATION DES COUCHES AU-DESSUS DU NIVEAU DE LA MER. - STRATIFICATION HORIZONTALE ET INCLINÉE.

Raison pour laquelle la position élevée des couches marines doit être attribuée au soulèvement de la terre , et non à l'abaissement de la mer. — Soulèvement de masses très-étendues de couches horizontales. — Stratification inclinée et verticale. — Lignes anticlinales et synclinales. — Exemples de couches contournées, dans la partie orientale de l'Ecosse. —Théorie du plissement par des mouvements latéraux. — Inclinaison et direction. — Structure du Jura. — Brisement des roches par l'effet de leur courbure. — Position renversée des couches dérangées de leur gisement primitif. — Stratification discordante. — Fractures des couches. — Surfaces polies. — Failles, et répétitions d'alternances produites par elles. — Origine des grandes failles.

Ce sont les continents qui se sont élevés, et non la mer qui s'est abaissée. — Il a déjà été établi que les roches aqueuses renfermant des fossiles marins occupent de grandes étendues continentales, et se rencontrent dans des chaînes de montagnes qui s'élèvent à de grandes hauteurs au-dessus du niveau de la mer. De là , naturellement , on doit conclure que ce qui aujourd'hui est terre ferme, était jadis sous Feau. Toutefois, si Ton admet cette conséquence, il faut nécessai-

lOi SOULÈVEMENT DES CONTINENTS. (PART. I,

rement supposer, ou qu'il y a eu un abaissement général des eaux de l'Océan , ou que les rochçs solides, autrefois ensevelies sous l'eau , ont été soulevées en masse, et se sont ainsi trouvées transformées en terre ferme. Réduits à cette alternative, les anciens géologues embrassèrent la première de ces deux opinions ; ils supposèrent que l'Océan , dans l'origine, avait été universel , et qu'en Rabaissant graduellement jusqu'à son niveau actuel , il avait mis à sec les îles et les continents d'à présent. Il leur semblait bien plus aisé de concevoir que l'eau se fût retirée, que de supposer que la terre se fût élevée. Néanmoins, comme on ne pouvait mettre en doute que jadis TOcéan eût séjourné à toutes les hauteurs auxquelles on trouve des coquilles marines, il était impossible d'imaginer aucune hypothèse satisfaisante pour expliquer la disparition d'une masse d'eau aussi énorme, sur tous les points du globe. À mesure que la géologie faisait de nouveaux progrès, on reconnaissait de plus en plus que certaines parties du globe avaient alternativement été mer, puis terre, puis estuaire, puis mer encore, et enfin , terre habitable de nouveau , et qu'elles étaient restées des temps considérables dans chacun de ces états. Mais pour rendre compte de tels phénomènes sans admettre aucun mouvement dans la terre ferme, il fallait nécessairement supposer plusieurs re- . traites et plusieurs retours de l'Océan ; et, alors même, cette théorie qu'on n'appliquait qu'aux cas où les couches marines composant la terre ferme étaient ho-

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rizontales, laissait sans explication les exemples beaucoup plus fréquents de couches inclinées, courbées, ou placées de champ, dans lesquels il était évident qu'à l'origine ces couches avaient dû occuper une position différente.

Les géologues furent à lajin obligés de recourir à l'autre hypothèse, c'est-à-dire, à celle qui admet que la terre ferme, par suite de divers soulèvements et abaissements successifs , a éprouvé des changements de niveau par rapport à celui de la mer. Plusieurs considérations tendent à faire pencher la balance en faveur de cette conclusion ; car, non-seulement elle rend compte de la position élevée des masses d'origine marine, dans lesquelles la stratification demeure horizontale, et de celles dont les couches sont rompues, inclinées, verticales, ou ont éprouvé quelque dérangement dans leur position primitive ; mais de plus, elle est entièrement d'accord avec l'observation, relativement au soulèvement graduel qu'éprouvent les continents en de certains endroits , et à leur abaissement en d'autres lieux . Plusieurs changements de ce genre ont été produits de nos jours ; d'autres sont en train de s'accomplir ; et ces phénomènes, qui dans certaines circonstances sont accompagnés de convulsions violentes, se manifestent d'autres fois d'une manière si peu sensible, qu'ils ne sont appréciables qu'à l'aide des observations scientifiques les plus délicates. D'un autre côté, l'expérience n'a jamais constaté l'abaissement du niveau de la mer dans aucune région du monde , et les eaux de l'Océan

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