‹ Eléments de géologieChapitre 61 sur 205 · STRATIFICATION RECOURBÉE · texte numérisé non relu

STRATIFICATION RECOURBÉE

(PABT. i,

ques-unes des pierres arrondies d'un conglomérat peuvent, il est vrai, faire exception à cette règle ; mais, dans tous les cas, une telle exception n'a jamais lieu qu'à la manière de celles qui se manifestent au bord de la mer, sur des bancs de galets, où dp loin en loin on aperçoit quelques-uns de ceuxci, soit ovales, soit aplatis, reposant sur la pointe ou sur le côté , — circonstance qui probablement est due au choc occasionné par la rencontre brusque de plusieurs de ces galets entre eux.

Lorsque, soit en montant, soit en descendant, on peut suivre des couches verticales jusqu'à une certaine profondeur, sans interruption, on trouve que, presque invariablement , elles

ca v. STRATES CONTOURNÉES. 113

forment des parties de grandes courbes , dont le diamètre oscille entre un petit nombre de mètres , et plusieurs milles. Les deux premières courbes de ce genre, dont je vais donner ici la description, sont d'une régularité remarquable. On les rencontre dans le Forfarshire, où elles s'étendent sur un espace de 20 milles (7 lieues environ), entre la base des Grampians et la mer, dans le voisinage d'Arbroath.

La masse de couches représentée Fig. 58, peut avoir 2,000 pieds (610 met.) à peu près d'épaisseur; elle consiste en grès rouge et blanc, et en argiles schisteuses de diverses couleurs, dont les lits forment quatre groupes principaux, savoir : le n° 1, qui contient de la marne rouge ou argile schisteuse ; le n° 2, qui renfertne du grès rouge employé à la bâtisse ; le n° 3, qui consiste en un conglomérat ; et le n° 4, enfin, qui se compose d'une certaine pierre grise propre à faire des pavés, de dalles, et d'argile schisteuse verte et rougeâtre, contenant des débris organiques.particuliers. En donnant un coup d'oeil à cette coupe, on verra que chacune des formations 2, 3, k , est répétée trois fois à la surfece , deux fois avec une inclinaison sud , et une fois avec une inclinaison nord; et que les lits du n° 1, tout en étant à très-peu près horizontaux, reviennent cependant par une cQurbure très-légère deux fois à la surface, — une fois de chaque côté de A. En commençant par l'extrémité nord-ouest, on voit d'abord que les dalles et les conglomérats n° k et n° 3, ont une position verticale,

114 STRATES CONTOURNÉES- (pàkt. i,

et forment une crête parallèle aux extrémités méridionales des Grampians. Quant aux couches supérieures nM 2 et 1, elles sont de moins en moins inclinées, à mesure qu'elles s'abaissent vers la vallée de Strathmore, où les couches, par suite de leur courbure concave, sont dites, par les géologues , reposer dans un « bassin. » La ligne imaginaire. A, que techniquement on appelle une « ligne synclinale, » pasge par le centre de cette vallée, à l'endroit où Ton peut supposer qu'a lieu la rencontre des lits qui s'inclinent en directions opposées. Il est très-essentiel pour l'observateur de prendre note de ces lignes ; car, d'après la figure* il verra qu'en voyageant du nord vers le centre du bassin , il passe toujours des lits anciens à des li$s plus récents ; tandis qu'après avoir dépassé la ligne A\ et en continuant sa marche dans la même direction sud , il va sans cesse en s'éloignant des couches nouvelles, et en se rapprochant des anciennes. Tous les dépôts qu'il avait examinés d'abord commencent alors à se représenter dans l'ordre inverse, et continuent ainsi jusqu'à Taxe central dès montagnes de Sidlaw, où les couches forment un arc ou selle, dont le centre est traversé par la ligne anticlinale B. Si, passé ce point * Tobsefvateur se dirige vers le S.-E., il retrouve les formations 4, 3 et 2, se répétant encore dans le même ordre relatif de superposition, mais avec une inclinaison nord. A Whiteness (Voyez la figure), les strates inclinées sont recouvertes par le dépôt moderne a, dont les lits horizontaux, composés

en. v.) STRATES CONTOURNÉES. 115

de sable et de conglomérat rouges, datent d'une époque plus récente qu'aucun des groupes 1, 2, 3, fc, et reposent d'une manière discordante sur les couches du groupe de grès n° 2.

Les environs de St-Abb's Head , sur la côte orientale de TÉcosse , offrent un exemple de couches contournées, dans lequel , sur un espace égal , les courbures de la roche sont plus aiguës et beaucoup plus nombreuses (*). Cet exemple, qui a été très-bien dé-

Fig. 59.

Couche* contournées d'argile schisteuse, près de St -Abb's Heàd dans le BerwicksUire .

crit par sir James Hall , se rencontre dans un lieu où les roches consistent principalement en une ardoise bleuâtre, dont très-souvent la surface présente des inégalités ondulatoires. Les ondulations des couches s'étendent depuis le sommet jusqu'à la base de cer-

O Edin. Trans., vol. h , pi. 3.

Il6 EXPÉRIENCES PROPRES A EXPLIQUER (pAut f,

taines falaises qui s'élèvent à la hauteur de 200 ou 300 pieds (61 ou 91 met.) ; de plus, sur un espace de six milles (2 lieues) environ, on remarque seize courbures distinctes, dont les arcs sont alternativement concaves et convexes.

Sir James Hall, dans la vue d'illustrer la manière dont ces couches, qu'il suppose avoir été horizontales dans le principe, ont pu être contraintes à prendre leur forme actuelle, fit l'expérience suivante. Après avoir placé sous un certain poids diverses couches d'argile , il les pressa par leurs extrémités opposées avec une force capable d'opérer leur rapprochement mutuel ; puis, ayant retiré le poids, il trouva que les couches s'étaient tellement recourbées et ployées, qu'elles offraient , en miniature, une apparence semblable à celle des couches des falaises. Il ne faut pas perdre de vue, toutefois, que dans la coupe naturelle, c'est-à-dire, dans la falaise , on ne voit les plis qu'im parfaitement , parce qu'une partie de ces plis plonge dans la mer, et qu'une autre partie, celle qui en formait autrefois la portion supérieure, est supposée avoir été emportée par la dénudation, — sorte d'action produite par l'eau , et dont l'explication sera donnée dans le chapitre suivant. Les lignes foncées de la figure 60 représentent la partie des couches actuellement visible dans la falaise, tandis que les plus faibles indiquent, et la portion qui se trouve cachée par les eaux de la mer, et celle que l'on suppose avoir existé jadis au-dessus de la surface actuelle.

Cil. V.) LE CONTOURNEMENT DES STRATES. 117

On peut rendre plus sensibles encore les effets d'une pression latérale sur des couches flexibles, en éten-

Fig. 60.

dant horizontalement sur une table plusieurs morceaux de drap de diverses couleurs; puis, en recouvrant ces morceaux de drap d'un livre, et en en plaçant un autre à chacune de leurs extrémités. (Voyez Fig. 61.) Les choses disposées de la sorte, si l'on

vient à exercer sur ces livres une certaine pression , les morceaux de drap se plisseront et prendront une

118 ORIGINE DU CONT. DES STRATES. (part, i,

fonpe exactement semblable à celle des couches contournées de la fig. 60.

Quant à la question de savoir si les flexions analogues des couches sont dues réellement à des mouvements latéraux semblables à ceux que Ton a fait intervenir dans les expériences précédentes, ou bien , si elles résultent de quelque autre production de force, c'est un sujet dont je m'abstiendrai de parler ici , par la raison qu'il m'entraînerait dans les régions des conjectures bien au-delà des bornes qui conviennent à cet ouVrage élémentaire. Mais, lorsque j'en viendrai à décrire les roches granitiques et volcaniques, on verra comment plusieurs d'entre elles ayant , à l'état fondu, été injectées dans des fissures, tandis que d'autres, déjà consolidées , avaient été lancées de bas en haut dans la croûte supérieure du globe, cette circonstance dut nécessairement produire dans les couches flexibles un grand dérangement. D'un autre côté , il paraît que quelquefois aussi il se forme des cavités dans l'intérieur de la terre, soit par suite d'un déplacement de matière occasionné par l'action volcanique, soit par -l'effet de la contraction des roches argileuses, soit enfin par quelque autre cause. D'après cela, on conçoit aisément que des couches flexibles, en s'enfonçant, faute de support, dans des excavations d'une étendue horizontale moindre que leur propre surface, aient pu se trouver ployées et comprimées latéralement. Des dépressions de ce genre ont lieu quelquefois, sur une petite échelle, dans

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