‹ Éléments de géologie, ou, Seconde partie des éléments d'histoire naturelle inorganiqueChapitre 37 sur 89 · II.* GROUPE. — Terrain rgrmphéen · texte numérisé non relu

II.* GROUPE. — Terrain rgrmphéen

286. Les six groupes dont nous venons dec>nctwi g^ parler nous ont pr^enté des dépôts peu puissants, d'une structure généralement irrégulière , et où l'état meuble domine. Ceux que nous allons examiner, nous offriront, au contraire, des dépôts très-puissants, une stratification souvent régulière et une grande quantité de roches cohérentes. Le caractère le plus remarquable de celui de ces groupes que nous désignons par l'épithète denyTwphé€n\ est de renfermer, comme nous l'avons déjà indiqué, des débris d'animaux analogues à ceux qui vivent dans les eaux douces et sur les terres. Ce terrain se présente souvent par bassins qui sont quelquefois entourés d'autres terrains, de la même manière que les eaux d'un lac sont entourées de terres. Les roches compactes y sont assez communes; mais elles y ont souvent de la

* Ce groupe correspond aax terrains tertiaires d'eau douce àt la plupart des gcolcgistes, ainsi qu^aux groupes épiljrmni~ ^leSf paléothériens et mAr/io-cA/ir^on/iciur des terrains izëmiens ^alassiqnes de M. Brongniart.

^Sl 6É06NOS1E.

tendance à devenir celluleuses. Dti reste, ce terrain se lie d'nne manière si intime avec les terrains tritonien , diluvien et tufiacé, qu'il est quelquefois très-difficile de les en distinguer. ^iTiiio. 287. Nous divisons le terrain nympliéen en trois étages, ainsi qu'on l'a vu ci- dessus (^264); mais l'indépendance des dépots de ce groupe est cause qu'il règne encore beaucoup d'incertitude sm* leurs rapports de position, et que l'on a fort peu d'exemples bien constates à rapporter à l'étage supérieur.

T«f.î. .T». 288. Nous commencerons en conséquence par ■in de Pari», feirc Connaître le terrain njrmphéen du bassin de Paris» quoiqu'il ne présente que les étages moyen et inférieur; mais qui est un des dépôts de ce groupe les plus puissants et les mieux étudiés. Ce dépôt fait partie d'un grand massif tériaire, placé sur le terrain crétacé et formé d'un assez grand nombre de systèmes diluviens 9 njmphéens et tritoniens, qui alternent l'un a^ec l'autre. Cependant, en faisant abstraction des alternatives où l'on ne doit voir que ces oscillations que l'on remarque ordinairement à la jonction de deux terrains, on peut réduire ces systèmes à quatre massifs principaux, dont deux nympbéens , qui s'appuient respectivement sur deux massifs tritoniens. Toutefois, quoique ces quatre massifs reposent l'un sur l'autre , ils sont placés comme les tuiles d'un toit plutôt que comme les étages d'une maison, c'est-à-dire, qu'ils ne se recouvrent pas complètement. Dun auti'C côté, leur position diifère aussi de celle des tuiles,

TERIUm NTIfPHÉEN. ^55

parce que le massif supérieur, au lieu d'être le plus éleré , est le plus bas , et que Ton Toit chacuu des. massi& suiyants sortir de dessous celui qui le précède, et atteindre une plus grande élévation, d'où il résulte que chacun de ces massifs forme socoessivement le sol du grand massif et détermine les caractères de la contrée.

aSg. Le massif supérieur que M. Brongniart ^«vf nomme terrain épilprmique, appartient à l'étage moyen du terrain nymphéen, et n'est ordinairement recouvert que par de faibles dépôts de terrain détritique, parce que le terrain diluvien supérieur, qui cependant est très- bien prononcé dans cette contrée , ne s'y trouve en général que dans des vallées, communément plus enfoncées, que les couches horizontales du terrain qui nous occupe. On peut reconnaître dans celui-ci trois systèmes, selon que le sable, le calcaire et la meulière y. dominent j mais la position relative de ces trois systèmes n'est pas encore bien déterminée, et les deux derniers sont peut-être parallèles plutôt que superposés.

290. Le sable se trouve principalement dans s«u« d« câti. la partie méridionale du bassin , notamment sur les bords de la Loire et dans le GdtiruUs, où il détermine l'existence d'une région boisée.

Ce sable est caractérisé par de gros grains à peu près limpides. Il est tout-à-fait superficiel et recouvre indistinctement le calcaire nymphéen et le terrain ci-étacé qui l'avoisine. Comme on n'y voit pas de fossiles, ses relations géognostiques ne sont pas très-certaines, et il pourrait, à la ri-

254 GÉOGN08IE.

gueur, appartenir au terrain diluvien ou au terrain tritonien; mais il est plus probable qu'il appartient au terrain nymphéen, de même que les sables que nous allons Toir ayec les meulières. c-iww de u 39t. Le calcaire recouvre une portion considérable du bassin de Paris, et notamment la majeure partie de la contrée connue sous le nom de Beauce, qui est remarquable par sa fertilité pour la production des plantes céréales. ^

Ce calcaire est ordinairement blanc , passant au jaunâtre et au grisâtre ; il se compose de parties cohérentes et de parties meubles, souvent entremêlées d'une manière très -irrégulière. Les parties meubles sont ordinairement terreuses, quelquefois graveleuses , rarement caillouteuses.

** Je ne doit pas laisser ignorer que Ton a SLtsé des doatei snr la question de sayoir si toat le calcaire dVaa donce de Ii partie méridionale dn bassin de Paris, appartient au massif supérieur, plutôt qu^an massif inférieur; en effet, comme le terrain uitonien qui sépare ces deux massifs, manque snr les bords de la Loire, on n^ a pas de moyens directs pour proorer auquel des deux massifs on doit rapporter certaine couche en particulier, mais la continuité de ces couches calcaires, STec oelles que Ton Toit à'Ét&mpes et à Malesherbes reconrrir le grès de Fontainebleau, et ^.es considérations exposées ci-dessos (288}, sur la disposition générale des terrains qui composent le bassin de Paris, muaient fait annoncer, en 181 3, qne le calcaire de la Beauce et des environs d*Oriéaos faisait partie du massif supérieur, et depuis lors cette opinion a reçu une nouyelle confirmation par les observations de M. Héricart- Ferrand, qui a reconnu (^n/t. des sciences nat., t. viii, p> 54}i que les carrières de Château-Landon , Pun des points les pins contestés, appartiennent an massif supérieur; fait qui a été vérifié de nouveau par M. Ëlie de BeaumonL

TERRAIN NYMPHÉEN* 2 55

Les parties oohérentes présentent des passages depuis le calcaire le plus tenace jusqu'au plus friable. Leur texture est souvent compacte, quelquefois bréchiforme, grenue ou celluleuse. Les cavités qu'elles renferment sont de diverses formes; les unes ressemblent ^ de petites pointes d'aiguilles qui donnent à la roche l'aspect d'un fix)mage persillé ; les autres forment des tulmlures sinueuses, perpendiculaires aux joints de stratification, et ressemblent à la trace du passage d'un gaz qui se serait &it jour au travers d'une pâte molle. Ces diverses cavités sont ordinairement tapissées d'un enduit noirâtre ou verdâtre.

Lorsque ce calcaire est terreux ou friable, ou lorsqu'il a la propriété de se décomposer à l'air, on l'emploie à l'amendement des terres; lorsqu'il est oobërent et solide , on en fait de très-bonnes pierres de taille, qui sont quelquefois susceptibles d'être polies conmie le marbre; tel est celui de Château-Landon. Il donné aussi de bonne chaux, et il devient quelquefois assez tenace et assez dur pour que l'on en &sse de bons pavés; ce qui provient ordinairement de sa combinaison avec la silice

Ce calcaire est accompagné de marnes qui ne sont pas aussi généralement blanches que le calcaire et passent souvent au grisâtre. Cette dernière couleur, qui disparait ordinairement par lapplication de la chaleur, semble due à des parties charbonneuses provenant de la décomposition de végétaux.

Le calcaire et les marnes dont nous venons de

parler renferment souvent des silex, ordinairement en rognons, quelquefois en' petits bancs minces, et qui appartiennent communément à la variété cornée, passant à la meulière, au jaspe, au p jromaque et au résinite. La couleur la plus ordinaire de ces silex est le blanchâtre passant au rougeâtre, au jaunâtre et au noirâtre.

Les fossiles les plus communs dans ce dépôt sont : des lymnées, des hélices, des planorbes, des potamides et d'autres coquilles d'eau douce. M. Brongniart cite parmi les espèces les plus caractéristiques et les plus propres à distinguer ce massif, les espèces suivantes : Cjclostoma elegans antiquum^ Potamides Lamarku, Planorbis cornu, Ljrmneus comeus, L. ventricosuSy Pupa De/rancu, ainsi que quelques végétaux , notamment le Ljcopodites squammosus, les graines de Chara medicaginula, souvent désignées par le nom de gyrogonite, le Njrmphœa arethusa et le Carpolithés ihaUctroïdes.

On peut aussi rapporter à ce système les ossements de mammifères trouvés à Montabusard, près d'Orléans, et qui appartiennent aux genres paléothère (P. aurelianùm) ^ cerf, etc. "ÏÎÏÏÏi,^ ^93 . Les meulières recouvrent une grande partie des plateaux de la zone centrale du bassin de Paris ; mais elles n'y forment que des dépôts superficiels, dont les rapports géognostiques sont souvent difficiles à déterminer. Cependant quelques-uns de ces dépôts , notamment ceux de Meudon et de Montmorency, reposant sur les sables et les grès du massif tritonien supérieui*,

TERRAIN NYMPHÉBN. a6'J

appartiennent décidément au massif qui nous occupe

Là meulières se trouvent ordinairement en fragments de diverses grosseurs, en amas, rarement en bancs, enfouis dans des sables plus ou moins souillés d'ai^ile ferrugineuse ou de marne plus ou moins argileuse. On sait que cette roche est un silex, criblé d'une multitude de cavités irrégulières , garnies de filets siliceux , disposés à peu près comme le tissu réticulaire des os et tapissé d'un enduit ocreux. Ces cavités sont souvent rempUes de marne argUeuse ou de sable argileux et ne communiquent point entre elles. D'autres fois la meulière devient plus compacte et passe au silex corné. Sa couleur ordinaire est le blancbatre, passant au rougeâtre, au jaunâtre et même au bleuâtre.

Lorsque les meulières sont bien caractérisées et qu'elles forment des masses ou de gros fragments, on n'y voit aucune trace de corps organisés; mais dans les lieux où elles sont peu abondantes , et où elles se présentent en fi:*agments peu volumineux, semblables aux rognons siliceux du calcaire, elles renferment Ordinairement des fossiles, qui sont en général les mêmes que ceux que nous venons de citer. Les sables qui les accompagnent contiennent quelquefois des troncs de palmiers.

Les meulières sont employées dans les constractions; elles sont surtout recherchées poiu* les travaux hydrauliques et pour les fondations; mais leur usage le plus remarquable , celui dont

!l58 GâOGNOSlEé

fillas tirent Isur lum^, est, de servir à faire da meules de moulins.

MMMit agS. Le massif riymphéen inférieurs que M. Brongniart nomme paléothérien^ forme au milieu du bassin de Paris une bande dirigée de l'est à l'ouest Qn peut le considérer comme composé de quatre syst^es superposes l'un à l'autre^ et qui sont respectivement caractérisés par la présence des meulières, par celle du calcaire siliceux, par celle du gypse et par celle d'un calcaire Ûanc.

Meati^wt de la ^iQ^ Nous ajouterous seulement à ce que^nous jluant."*" venons' de dire sur les meulières (29a) que nous

* La poftiiion du calcaire siliceux a donné lieu k des incertitudes proyenant de ce que, dans les lieux où il est dominant, tous les systèmes qui le séparent de Fargile plastique, manquent^ aussi en 1808 on le considériiit comme parallèle an calcaire grossier (Toir \tJourn. de» mines ^ tome XXIII, p. 4'?)* J'ai fait connaitre en 181 3 les motifs qui me paraissaient devoir faire placer ce système dans le même étage que le gypse de Montmartre, et cette manière de Toir a été adoptée parlIM. Cuvier et Brongniart dans Tédition de iSaa de leur Description géologique des environs de Paris , où ces savants considèrent le calcaire siliceux comme le développement de quelques couches minces qni se trouvent dans la partie inférieure da système gypseux. Depuis lors M. Dufrénoy a été porté ^ le tonsidérer comme supérieur au gypse, et les travaux de fortifications, qae Ton a exécutés en i83i à Pantin et près de Nogent-snr-Mame, me semblent prouver que le calcaire de la Brie, suivant la même règle que les autres terrains du bassin de Paris, se relève lorsque le terrain gypseux se développe, et fiùit en s^amincissant vers le milieu de la bande gypseuse , de manière qu^il ne forme plus au nord de la Marne que des dépôts très-minces» que Ton avait considérés comme appartenant au massif tupérienr.

TERRAIN NYMPHÉEN. aSg

croyons pouvoir rapporter au massif qui nous occupe, celles qui recouvrentle calcaire siliceux de la Brie et notamment celles des carrières de Lor-Perté^ous-Jouarre, qui sont en possession de fournir des meules à une grande partie de l'Europe et de FAmérique.

295. Le calcaire siliceux domine dans la partie cûai^t* a» u orientale du massif, notamment dans la contrée connue sous le nom de Briej où il n'est souyent lecouvert que par des dépôts superficiels de meulières, dont les argiles rendent le sol humide et donnent naissance à beaucoup d'étangs.

Ce 4»lcaire est remarquable par sa dureté, {propriété qu'il doit à la silice, dont il est pénétré, et qui non-%ulement y forme des blocs , des rognons et des veines de silex, dirigées en divers sens, mais qui se mêle si intimement avec la masse, que des morceaux qui paraissent composés de calcaire pmr, laissent quelquefois, lorsqu'on les a soumis à l'action de l'acide nitrique, une masse siliceuse spongieuse. Ce calcaire est ordinairement blanc ou blanc-grisâtre ; sa texture est compacte; mais il est rempli de cavités, qui sont plus grandes que celles du calcaire d'eau douce coquillier, et sont souvent tapissées de concrétions siliceuses, notamment de mamelons de calcédoine et de cristaux de quarz.

Le calcaire siliceux donne de la bonne chaux; on cite notamment celle d'Essonne (Seine-et- Marne); on l'emploie aussi comme pierre à bâtir, et lorsqu'il est fortement imprégné de silice, il est très-propre à faire des pavés.

â6o GÉOONOSm

Les silex du calcaii^e siliceux deviennent quelquefois la partie dominante , et donnent ainsi naissance à des masses considérables de cette roche y qui appartiennent ordinairement aux variétés cornée et meuKère, et passent quelquefois à la calcédoine.

Du reste, le système qui nous occupe est loin d'être exclusivement composé de calcaire siliceux. Cette roche passe au contraire très-souvent à du calcaire non siliceux., qui présente, sous le rapport de la cohérence et de la texture , des variations analogues à celles que nous avons indiquées dans le massif supérieur. On y voit aussi des lits de marnes calcaires et ai^ileuses, et qudques bancs minces de magnésite.

Les fossiles sont très -rares dans ce système; on n'en connaît même pas dans le véritable calcaire siliceux j mais on en a observé dans lecalcaire non siliceux , dans les marnes et dans les silex qui raccompagnent Ces fossiles suffisent pour prouver que ce système appartient au terrain nymphéen; mais les incertitudes que l'on a, dans certains cas, sur leurs positions, ou, dans d'autres cas, sur la détermination des espèces , ne permettent pas dénoncer positivement la différence qu'ils présentent avec ceux du massif supérieur ou ceux des systèmes inférieurs.

GypM 1296. Celui de ces derniers qui suit le calcaire

siliceux, est composé de gfpse, de marne et d'autres roches moins abondantes qui alternent entre elles , et qui forment une sme de petites collines alongées, plus ou moins détachées, qui se diri-

tERRÀIlt NtlIPRÉEN. aôl

geot en général dans le sens de Test à Fouest, et dont l'une des plus connues est celle de Mont' martre près de Paris.

Les couches de gjpse sont quelquefois divisées en gros prismes irréguliers par des fissures perpendiculaires aux joints de stratification. Cette roche est généralement de couleur blanc-jaunâtre , sa texture est un intermédiaire entre le grossier et le lamellaire; elle renferme quelquefois beaucoup de cristaux de gypse et contient presque toujours du calcaire; elle devient blanche par la calcination; et -alors elle est très-employée dans les arts sous le nom de plâtre.

Le gypse de Montmartre est célèbre dans les £aistes de la science par les débris d'animaux vertébrés qu'il renferme^ et dont la détermination qu'en a faite le célèbre Cuvier , a tant contribué aux progrès de la géologie. On distingue parmi ces animaux : des paléotbères (P. magnum, P. mediian^ P. crassum, P. latum, P. minus , P» Minimum)-, des anoplothères {Â, commune, A. secundarûim); leJÙphodon gracile j des dichobunes. (Z>. leporinus, D. murinus, D. obliquas); le C/rceropotamus parisiensis, le Canis parisiensis, une espèce de genette, une espèce de coati, le DideU . phis parisiensis y Une espèce d'écureuil, deux espèces de loirs , plusieurs espèces d'oiseaux qui ne sont pas encore bien déterminées , une espèce de crocodile, deux espèces de trionix, use espèce d'émyde, la Perça minuta, des cyprins (C. squa-mosus, C. minutas); la Pœcilia Lametherii,Yj4nor'' fnurus macrolepidotus et ÏAmia ignota.

26a OÉOGlfOSIB.

Il parait que jusqu'à présent on n'y a pas trouvé d'autres coquilles que le ÇjrchstQma nmmia.

Les marnes qui accompagnent le gypse sont plus ou moins argileuses et plus ou moins calcaires; leur couleur est souvent verdâtre, d'autres fois grise I jaunâtre, blanchâtre ou composée d'un mélange de quelques-unes de ces couleurs: il j en a que l'on emploie à Êiiredes poteries, d'autres qui serrent à dégraisser les étofiès, etc.

Ces marnes passait quelquefois à la roche particulière que l'on a appelée schiste happant, KlehschiefeTs ou argile feuilletée. Il en est qui renferment des rognons de célestinegris-yerdâtra

Les rognons quarzeux ne sont pas non plus étrangers à ce système, car on voit quelquefois du silex dans le gypse, et le schiste happant renferme souvent la variété du résinite nommée ménilite, parce qu'on la trouve principalement dans les carrières de Menilmontant

Les fossiles sont généralement assez rares dans ces marnes : on y a cependant trouvé le Lymneus longiscatus et le Cjrcîostoma mumia, ainsi que quelques coquilles marines; mais celles-ci doivent être considéi^ées comme appartenant au terrain tritonien; parmi les bancs que l'on a cru être dans ce cas, il en est un qui est très-remarquaUe par la constanjoe avec laquelle il se présente, à des distances considérables , dans la partie supérieure dwsystème, et par l'abondance de coquilles bivalves qu'il renferma G» coquilles ont souvent été prises pour des cy thérées , mais il est très-possible qu elles appartiennent au genre cyrène, et

TERRAIN NTHPBÉEN. 36S *

qoed'aiilres petites Qoqpilles qui lesaccompagnenl, et que Ton rapportait aux spirorbes, soient des planorbes, ce qui ferait rentrer ce banc dans le terrain nymphéen, ainsi que les autres couckes' qui l'environnent

2g'j. Le système gypseux est suivi par des cou- c»uùn d« i ches où domine de nouveau un co/coireblanchâtre ^*' accompagné de marne et de sable^ et qui recouvre, entre autres, la plaine Sainte Denis au nord de Paris. Ce calcaire, qui, sous plusieurs rapports, ressemble à ceux des systèmes supérieurs » est généralement plus compacte et; moins celluleux, il y en a même qui est remarquable par la manière dont il présente nettement et exclusivement la texture compacte; tel est celui que les ouvriers désignent par le nom de clicartj parce qu'il est ' sonore, et qui se trouve au passage de ce système ayec le terrain tritonien;

U renferme aussi des rognons de silex de diverses variétés parmi lesquelles on distingue celle dite nectique, qui est si légère qu'elle flotte sur l'eau et que l'on rencontre principalement à Saint>Ouen près de Saint-Denis. On y trouve aussi la ménilite, et il parait que le calcaire de ce système passe quelquefois à un véritable calcaire siliceux semblable à celui de la Brie.

Les fossiles sont assez abondants dans ce système, les plus communs sont le Lpnneus longiscatus, le Bulimus atomus, le Bulimus pusillus, le Q^ctostoma nuania ; on y trouve aussi d'autres lymnées, des planorbes, des graines de charagne, des ossements de Paleotherium minus et des coquilles

im

^64 OiOGNÛSIB.

marines, mais ces dernières doiyent être considârees comme appaitenanles au terrain tritonien* lipii* 208, Outre ces divers dépôts le bassin de Paris présente encore un système de terrain nymphéen caractérisé par la présence du lignite et qui se trouve principalement dans la partie septentrion nale, notamment aux environs de Soissons; mais ' sur la position géognostique duqudi on n'est pas encore d'accord. En effet» plusieurs géologistes pensent que ce dépôt est inférieur au calcaire grossier, parce qu'il se montre ordinairement dans des vallées bordées par des plateaux de calcaire; mais, comme d'un autre côté il a beaucoup de rapports avec des dépôts qui se trouvent vers le point de jonction du calcaire grossier avec le 'massif que nous venons d'examiner, d'autres géologistes croient devoir le rapporter à ce massif, et pensent que les dépôts que l'on voità un niveau plus bas que le calcaire grossier, se trouvent adossés aux flancs des vallées et ne passent pas sous le calcaire. Or, cette manière de voir vient de recevoir un nouvel appui par l'observation que M. Elie de Beaumont a faite, dans ces derniers temps , en Picardie *, de dépôts de lignites intercalés dans des marnes vertes qu'il rapporte à celles du gypse de Montmartre.

Quoi qu'il en soit, le système qui nous occupe se compose principalement de grès, de marnes argileuses et de lignite. Ce dernier présente beaucoup de variétés, depuis celle fi breuse,qui ressemble

** Mémoires de la Soc. géolog. de France, t. I.'% p. Aoy,

TERiuiif ifmratef. a65

àdulM>isà.peiiiealtéré» jusqu'au jayet Qnremploie comme combustible; mais on l'es^loite priacîpa^ lement sous le nom ài^ terres noires pour Êiire de la couperose, attendu qu'il est presque toujours accompagné de pyrites. Lorsqu'il a été brûlé, on l'emploie aussi sous le nom de cendres à l'amendement des terres.

l^ principauxmiuétauxqaiac trouvent dùsé.

minés dans ce dépôt, sont, après les pyrites, le succin , le gjTpse en cristaux limpides , la ^ebstéritç mamelonnée et oolitique, l'apatite terreuse en rognons 4^ célestine en petits cristaux et le quarz paiement en petits cristaux limpides.

Les principaux fossiles terrestres et d'eau douce trouvés dans ce système, sont : le lopbiodonte du Laonnais, des planorbes (P. rotondatuSj P. ùhcertusj P. punctaUiS^ P. prevostinus)^ la Phjrs^ aniiéfiuij le. Ljmneus longiscalus , des paludines (P, virgula, P. unicolor, P. Desmarestii); la Melania triiiceaj des mélanopsides {M. buccin noides, M. costata)i des nérites (iV. globulosa, IV. pisiformis, N. sobrina)\ des cy rênes (C tellinoides, C. cuneiJbmUs ) ; le PotamophjlUtes mul" tinervis.

On y a aussi observé quelques coquilles ma* rines,mais on doit les considérer comme appartenantes au terrain tritonien.

agq. On trouve aussi des dépôts de terrain Tcmi. nympbéen au sud du grand massif tériaire de ^--v* ««'a»- Paris. Les uns, en petite quantité et fort restreints, reposent sur les terrains ammonéens qui séparent le massif tériaire des montagnes d'Auvergne.

HSÔ OéOGNOSTE.

antres , qui s'étendent dans ces montagnes , reposent sur les terrains primordiaux, et sont souvent recouvarts, trayersés et même quelcpiefois tout-à-£iit entoures par des terrains pyroïdes. La plupart de ces dépôts nj/mphéens , notamment ceux des environs du Cantal , duVélay, des plaines de Montbrison et de Roanne, sont aussi très-peu développés; mais il en est un qui est, au contraire, remarquable par sa puissance, c'est celui de la Limagne d^Am^ergne^ qui s'étend dans la vallée de l'Allier depuis Brioude jusqu'au confluent de l'Allier et de la Loire.

Ce dépôt, qui est composé de calcaire accompagné de marnes, de sable, de grès et quelquefois d'arkose, remplit une dépression longitudinale ou grande vallée, en s'appuyant, de chaque côté, sur les terrains granitique et houiller qui constituent les plateaux environnants, dont il forme, pour ainsi dire, la bordure, étant lui-même traversé par la vallée proprement dite de l'Allier.

Le calcaire de la Limagne a communément une texture compacte passant à la texture grenue. Sa couleur ordinaire est le blanc passant au jaunâtre , quelquefois il est noirci par la présence du bitume : tel est notamment le cas de celui des environs du Puy-de-la-Pège près de Qermont, où Ton a creusé un puits pour recueillir du pétrole et du malthe. Ce calcaire est quelquefois très-cohérent, d'autres fois friable et même meuble. On remarque , surtout dans les assises supérieures, des couches presque entièrement formées de petits grains et de petites coquilles non adhérentes et qui ren-

TERRAIN NTMMliEN. 2167

ferment des noyaux, des rognons et des blocs de calcaire concrétionné. Ces concrétions renferment sourent dans leur intérieur des cavités, en forme de tubes droits et a>urts, que Bosc a a|^ielées /;»dusia tubulatas et qu'il a considérées comme étant , l'ouvrage d'animaux analogues aux larves des phryganes. Cette tendance à présenter des formes

concrétionnéesaumilieudedépôtsmeubles, donne à ces couches une grande ressemblance avec celles du terrain tufiacé, qui d'ailleurs se tirouve 'aussi dans la Limagne, et qu'il est souvent très-difficile de distinguer du calcaire njmphéen.

Les marnes alternent avec le calcaire, mais occupent principalement la partie inférieure.

Les grès sont ordinairement ealcari&res et for* ment généralementla partie inférieure du s^^tème, en alternant, dans leurs assises supérieures, avec les marnes; leurs fossiles sont des cyrènes et des empreintes de plantes. Ces grès reposent immédiatement sur le terrain houiller et sur le terrain granitique; dans ce dernier cas les assises inférieures sont ordinairement des arkoses, c'est-à-dire qu'elles renferment du felspath ; c'est dans cette^tt*- Losequel'onatrouvédu dusodyleàSain1>Satumin.

LessablessontabondantsdanslaLimagne; mais il est souvent difficile d'y distinguer ceux qui appartiennent aux terrains nymphéens de ceux que loii doit considérer comme appartenants aux terrains diluvien et alluvien.

Les fossiles trouvés dans le calcaire de la Limagne sont, d'après MM. Jobert etCroiset : deux espèces voisines des anoplotbères , dont Tune est

' :i66 GÉ0GN081S.

pins petite q[ue VJl. leporinum, et l'autre un peu plus grande; un laphiodonte, un anthracothère, un hippopotame, un ruminant, un chien, une martre, un lagomis, un rat, trois ou quatre oiseaux, et notamment des œufs parËiitement conservés; une ou deux tortues , un crocodile, im serpent ou lézard, des hélices, des paludines, des planorbes » des I jmnées , le Cjrprisfaba de Desmarest; ïlndusia tubulata de Bosc; des débris de plantes, notamment de charagne, et une graine voisine des CarpolUhes thaUctroides.

M. de Laîzer dit que les assises supérieures sont caractérisées par des hélices, des paludines, des bulimes, des cyclostomes et des Indusia tubulata; tandis que les assises inférieures seraient caractérisées par la présence des lymnées , des planorbes et des animaux vertébrés. '

Il y a lieu de croire que ce dépôt appartient à l'étage inférieur du terrain nymphéen, et que l'étage supérieur n'est représenté dans la Limagne que par des couches diluviennes de sables et de cailloux, qui alternent avec des dépots pyroïdes et dont quelques-unes renferment un grand nombre d'ossements fossiles , dans lesquels MM. Groiset et Jobert ont reconnu un éléphant, un ou deux mastodontes, un hippopotame, un rhinocéros, un tapir, un cheval, un ^sanglier, cinq ou six chats, deux hyènes, trois ours, un chien, une loutre, un castor, im lièvre, un campagnol, deux bœufs et quinze cerfs.

lisBiM 3 00. Le midi de la France contient aussi beau- .coup de dépôts ny mphéens , mais nous ne citerons

TERiuiif NTMraéEN. sSg

que ceux qui recèlent les Ugnites de la Prù^eruXg et que M. Élie de Beaumont considère comme appartenants à Fétage moyen. ^

Ces lîcnites ressemblent beaucoup à de la bouille, mais ils ne jouissent pas de la faculté de se boursoufler ni de se coller lors de leur combustion. On les exploite dans plusieurs localités, notamment à Fuveau, où ils alternent avec des coucbes de marne passant au calschiste et au calcaire argileux, ordinaimnent noirâtre ou brunâtre, quelquefois schistoïde, souvent bitumineux et fétide. On trouve dans ces coucbes une grande quantité de coquilles, que Ton rapporte aux gei;!res mélanie, paludine, mtdette ou cjrène. On a aussi trouvé dans le lignite des ossements que l'on croit appartenir aux crocodiles, et beaucoup de débris végétaux, notamment le Pk)rlUtes cinon nu>meifbli€u

Les parties supérieures de ce système se lient avec des coucbes de calcaire congloméré qui le recouvrent en stratification concordante, et qui, renfermant des coquilles marines, doivent être rapportées au terrain tritonien.

3o 1 . Des Ugnites semblables à ceux de Provence, ^ ugmi* se trouvent aussi en Suisse, oh ils forment , dans la partie inférieure de la molasse, de petits dépôts composés, outre le lignite, de calcaire bitumineux , de marne et de macigno. Parmi les exploitations de ce combustible, nous citerons celle de Kœpfnach près de Hoi^en , canton de Zuricb, qui est célèbre dans la géologie, parce que Ton y a trouvé des débris de castor, de mastodonte {M.

dtU

ayô GtoGNOsiE.

angusiidens) et de rhinocéros. Ces restes de mammifères sont accompagnes de planorbes, de . lymnées , de mélanîes {M. Escherl) ^ el de lignite bacillaire, cpii parait provenir de plantes monocotylédones que M. Adolphe Brongniart a nommées EndogenUes hacillaris.

,uS¥' 3o3. Nous terminerons ces exemplesen citant un

dépôt que M. Elie de Beaumont rapporte à l'étage supérieur» c'est celui d'OEningen près du lac de Constance en Souaba Le terrain nymphéen y remplit un enfoncement dans la molasse et s'y trouve luL-méme creusé par le lit du Rhin. Il y est recouvert par un dépôt diluvien meuble peu puissant et s'y compose d'un grand nombre de couches, ordinairement minces, souvent feuilletées., de calcaire , de marne argileuse , de calschiste et de macigno , qui ont fréquemment l'odeur bitumineuse, et qui renferment une grande quantité de fossiles dont les naturalistes se sont beaucoup occupés. L'un des plus célèbres, qui a été longtemps connu sous le nom d!homo dilwii testis, est un triton ou salamandre aquatique , d'un mètre delong ; on y a aussi trouvé un renard , un rongeur voisin des cobayes, des chéloniens, une grande quantité de poissons, des crustacés, des insectes, des lymnées, des anodontes et des débris de végétaux dicotylédones.

TERRAIN TRlTONIErr.

m/ GROUPE. — Terrain trUonien.*

3o3. Nous ayons déjà indiqué (:i64) que le tgrain tritonien se distingué principalement du

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37^ GÊOOKOfilÈ.

angustidens) et de rhinocéros. Ces restes de mammifères sont accompagnés de planorbes, de lymnées , de mélanies (Ji. Esckeri) , et de lignite bacillaire, qui parait IftfUIftàf^llÊai^^^moaocotylédoaes que M JJ«*i*i****^^^^^^^"^^ ■ Endo^TÛtes 5o3.Nou8i dépôt que M

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TERRAIN TRITONIETT. 271

m/ GROUPE. — Terrain tritomen.*

5o5. Nous avons déjà indiqué (264) que le terrain tritonien se distingué principalement du terrain njmphéen parce que les fossiles qu'il recèle proviennent en général d'animaux analogues à ceux qui vivent dans les mers. Ses dépôts ont ordinairement plus d'étendue que ceux du terrain nympliéen, et donnent moins l'idée dW bassin proprement dit Les textures conglomérées et grossières y sont plus communes, et la texture compacte plus rare que dans le groupe nymphéen. Du reste, ce terrain se confond non-seulement avec le terrain nymphéen, ainsi que nous l'avons déjà dit, mais aussi avec le terrain diluvien et avec le terrain tuSàcé marin, dont il e$it quelgnefois très-difficile de le distinguer.

5o4' Nous divisons le terrain tritonien, comme T^nAm les autres terrains tériaires (264)9 en trois étages, qui sont respectivement caractérisés par des fossiles qui présentent successivement plus de différences avec les espèces actuelles. Le petit nombre de ces fossiles qui appartiennent à la classe des mammifères, correspondent à ceux que nous avons déjà indiqués dans les terrains diluvien et nymphœn, et quant aux nombreux dâ)ris de mollusques et de zoophytes, on a remarqué que l'étage supérieur contient xme assez forte proportion

* Ce groupe correspond aax terraing tertiaire marins de le plttpert des géologiites» ainsi ^'aax ierrainâ tkalauiquts pro- Ui^uu el tritonien» de M. Brongniart.

tflafe».

273 CÉOGNOSIE.

d'espèces encore existantes, que ce nombre est beaucoup moindre dans Fétage moyen et presque nul dans Fétage inférieur. Du reste, les différences paléontologiques et minéralogiques que présentent souvent les dépôts tritoniens d'un même étage placés dans deà contrées différentes, et les ressemblances qu'offrent les dépots d'étages différents situés dans une même localité, sont cause qu'il existe encore bi^aucoup d'incertitude sur les rapports des divers systèmes qui composent ce groupe.

5o5. Les motifs qui nous ont fait prendre (288) iVariT" le terrain nymphéen du, bassin de Paris pour premier exemple de ce groupe , seront cause aussi que nous parlerons en premier lieu du terrain tritonien de ce bassin, quoique l'étage supérieur n'y existe pas non plus.

On a vu ci-dessus (288) que ce dépôt tritonien forme deux massifs séparés par un massif de terrain nymphéen inférieur.

mSSÎL. ^^^" ^"i ^® ^^^ massifs qui est placé entre les deux étages nympbéens et que, d'après M. Elie de Beaumont, nous rapportons à l'étage moyen. , se montre principalement dans le milieu du bassin et peut être considéré comme formé de trois systèmes principaux, selon que le sable coquillier, le grès blanc et la marne y dominent La position relative de ces systèmes n'est pas encore bien déterminée, cependant le sable coquillier est ordinairement au-dessus des marnes, et on a sup* posé que le grès blanc n'est qu'un développement extraordinaire de quelques couches qui dans

KRRAIN TRITON! EP(. 373

certaines localités forment la partie iilférieure du sable coquillier.

307, Ce développeinent a surtout lieu dans les &ru u environs de rontainebleau, ou ce système forme un d^>6t puissant, composé de sable blanc, dans lequel on trouve des bancs , des amas et des blocs de grès blanc. Là surface de ces masses présente souvent des espèces de circonvolutions ou de larges mamelons, à peu près semblables à ce qui se forme à la superficie d une pâtemoUe , sur laquelle on projette, d'une certaine élévation, d'autres parties de la même pâte. Dans les lieux où le sol est inégal, on voit souvent beaucoup de ces blocs de grès entassés sur les pentes. Ces grès sont trèsestime pour faire des pavés, et les sables sont recherchés dans plusieurs fabriques à cause de leur pureté.

Cest dans ce système que Ton a trouvé des cris^ taux composés de calcaire quarzifere , qui ont été célèbres dans la cristallographie , sous le nom de grès cristallisé de Fontainebleau.

3o& Les sables coquIUiers sont aussi accom- «.Mr. pagnes de grès, et sont presque toujours mélangés *^^ d'argile, de calcaire, de mica et de limonite qui leur dLonne une couleur jaunâtre. On y voit aussi quelques lits de marne ordinairement sableuse et des rognons de limonite.

309. Ces marnes deviennent ensuite plus abon- Htnei. dantes et plus calcaIres,etforment ainsi unsystème intermédiaire entre les sables coquilliers et le système gypseux dont II a été question à l'article précédent; elle se lient même si intimement avec

ce dernier, aiosi que nous l'avons déjà dit, que la seule présence des coquilles d e mer ou d'eau douce peut &ire connaître auquel des deux terrains appartiennent certaines couches ; le système qui nous occupe étant également composé de marnes Manches, jaunâtres et verdâtres, et de calcaire compacte blanc ou blanc-jaunâtre : il est caractérisé par une grande quantité d'huttres.

F«»ii«. 3 10. Les principaux fossiles de ce massif sont , d'après M. Brongniart, quelques os de cétacés, notamment de lamentins; quelques os de poissons, ainsi que des aiguillons et des palais de raies; des pattes de crabes; VAmpullaria patula, des cérites (C cristatum , C lamellosum, C mutabile, C plhatum, C cinctum)\ YOliva mitreola, des fuseaux, des cadrans, des mélanies, des huîtres {O.JtabeUula, O. hippopus^ O. pseudochama , O. longirostris, O. canalis, O. cochlearia, O. cyaihula, O. spatulata, O. lingulata); des cythérées (C niiidula, C. kes^igata^ C elegans, C corwexa, Cpla^ na)'y le Cardium obUquum, la Nucula margariîacea, le Pectuncutus puhinàtus, la Crassatella compressa, la Donax retiisa, la Corbula rugosa; des balanes, etc.

iottritllr 5 1 1 . Le massif inférieur , auquel M. Brongniart cittiregfOMier donuc exclusivemcnt le nom de terrain trilonien, est caractérisé par la présence du beau calcaire grossier qui a servi a construire les monuments de Paris^ Il occupe la partie septentrionale du bassin, et atteint, dans les collines de Laon, une élévation de 3oo mètres. Ce calcaire forme des couches quelquefois très-puissantes; sa couleur

TERRAIN TRITONIEX. 2jS

est Ordinairement jaunâtre, sa composition trèsmélangée, et il passe souvent au grès et au sable.

Il se lie dans sa partie supérieure avec le ter* rain nymphéen , et cette liaison ne consiste pas seuk^ment dans un passage minéralogique, mais dans certains rapports paléontologiques. £n efiet, les couches supérieures, qui prennent souvent la texture compacte, si commune dans le terrain njmpliéen, présentent non- seulement des 'mélanges de coquilles marines et lacustres, tel est le grès de Pierrdaye (Seine-et-Oise) ; mais la coquille la plus abondante et la plus caractéristique de ces couches est ime espèce de cérite ( C lapidoswn) qui ressemble beaucoup à celles qui vivent de préférence dans les eaux saumâtres, et qui se rapproche tellement des potamides au terrain nymphéen , qu'elle pourrait être aussi bien placée dans ce genre que dans celui des cérites.

Les assises moyennes renferment les gttes de Grignon (Seine-et-Oise) et de G>urtagnon(Mame), si célèbres dans l'histoire des fossiles par Fimmense quantité de coquilles que Ton y trouve et par leur belle conservation.

Les assises inférieures sont caractérisées par la présence d'une grande quantité de nummulites et de madrépores qui ne se trouvent pas ou presque pas dans les couches supérieures; elles le sont aussi parce que le calcaire y passe à la glauconie , c'est-à-dire qu'il renferme des grains de chlorite de couleur verdâti^. Ces assises inférieures ont aussi plus de tendance à passer au grès et au sable.

a'j6 GÉOGNOSIE.

3ia, L'énumération des fossiles ofaserrés dansle calcaire grossier serait beaucoup trop longue pour les bornes de cet ouvrage, car le nombre en est de plus de douze cents. Nous nous bornerons à indiquer les genres qui , d'a[Hnès M. Bcongniart , méritent le plus d'attention ; ce sont ceux dont les noms suivent :

Leueosia.

OliêHl.

Inachus.

jincUlaria.

Mitra.

Serpula.

Fobaa.

MiUolUes.

Margindla.

Nummulites.

SUitjuaria.

Solarium.

PUuroîoma*

Trochus.

Rostellaria.

Turbo.

Fusus.

Monodonia.

Pyrula.

Delphinula.

Fasdolarim.

Turritella.

Tritonium*

Scalaria^

Murex*

Dentalium.

Cerithium*

Melania.

Terébra.

Pkasianella.

Buccinum.

AmpuUaria.

Cassidaria.

NaUca.

Cassis.

Neriia.

CanceUaria.

TornateUa.

Strombus*

Auricula.

Conus.

PjranUdeUa

TerebeUum.

Butta.

Cyprea.

PateUa.

TERRAIN TRITOMIBN.

'FîssurdUu

Fetttts^

JEmargiaula* Caljrptrea.

Hipponix.

Chiton. . Balanus.

Corhis* Corbula.

Solen.

Cla^ageUa. .

Teredo.

Terebratula^

FtstMÛana.

Ostrea.

Spondilus»

Pecten.

Spaiangus.

Nucleolites..

Cassidulus..

lima.

Scutella.

Fidselta.

Turhinolia.

Aîdcula.

Mitflusm Modiola»

Carjrophillia.

Astrea.

AlyeoUtes.

Puma.

Orbitolites.

Arca.

Eschara.

Cucuttea.

Pectunculus.

Dactfrlopora..

Otmlites.

Nucuia.

Fenericardia..

Pofyiripes.

Lunuliies.

Ckama.

Flustra.

Cardium»

Pinus..

Donax.

Tellina.

Eijuiselmn., CauUniies^

Lucina.

Zosterites..

Macira.

Erjrdna.

CrassaUlla.

PotamopfylËUs.

Endogenites.

FUbeUariOm

Cytkerea.

PhylUtes^

M. Biongniart a{^lle aussi rattention sur.les^

T£RRAm TRITONIEN. ^^^g

Ge système se compose principalement d'une argUe que M. Brongniart a désignée par l'épi-! thète de plastique, parce qu'elle conserve aisément les formes qu'on lui imprime, et qui se trouve plus particulièrement dans le milieu du bassin , notamment aux environs de Paris. Il ne présente pas une assise régulière, mais plutôt une série de petits 4ép6ts isolés qui remplissent des dépressions dn terrain crétacé sur lequel ils reposent immédiatement, sans néanmoins qu'il y ait aucune liaison; ce qui annonce qu'il manque quelque chose à la série naturelle des terr rains. Il n'y a pas non plus de liaison entre le système qui nous occupe et le calcaire nymphéen^ lorsque celui-ci repose immédiatement sur celuilà , ainsi que cela se remarque dans la partie mé-

iogi^uedes environs deParis , ajrant considéré ce lystéme commç Gonscitaanl, avec le lignite du Soissonnais, une formalion particulière d^eau douce, inférieure au calcaire grossier, j*ayais cru devoir me conformer à cette manière de Toirdans la première édition du présent ouyrage^ maintenant, qu^il est probable» ainsi qu^on Ta vu ci-dessus (398) que le lignite du Soîssonnais a une position géognostique différente de celle de Pargile plastique , je crois pouvoir me permettre de ranger cette dernière dans le massif qui me semble le mieux lui convenir , diaprés ses rapports géognos tiques et minéralogiqueS' Je ferai remarquer à cette occasion que, quand même il serait reconnu que les deux systèmes dont il s^agît constituent effectirement un terrain particulier d^eau douce au-dessous du calcaire grossier, cette circonsunce ne dérangerait pas la division en quatre massifs foncée ci-dessns (388) \ car les petits dépôts que forment ces deux systèmes ne caractérisant aucune contrée du bassin de Paris, on ne peut, en aucun cas, les considérer comme formant un massif analogue aux quatre divisions que j^ai distin- {nées par cette dénomination.

a80 GÉOGNOSIE.

ridionâlç de la Brie; mais il parait qu'il y a une liaison intime entre l'argile plastique et les dépôls fragmentaires que nous avons rapportés à l'étage inférieur du terrain dilurien (284) ; aussi seraitp-il possible que ce système fut aussi bien placé dans le groupe diluvien que dans le groupe tritonien*

L'argile plastique est G(|rdinairement grise, d'autres fols blanche, jaune ^^Vouge, violette ou noire; elle est quelquefois mélangée de sable et de lignite; elle recèle de temps en temps des noyaux, des grains ou des cristaux de 'pyrites, de gypse, de vebstérite et de succin. Ces matières étrangères se trouvent principalement dans les parties que les ouvriers nommeat Jausses glaises, lesquelles , avec des sables et des grès, recouvrent souvent les dépots d'argile bien caractérisés. Cette dernière ne renferme pas de fossiles; mais on en trouve dans les fausses glaises , qui sont ordinairement les mêmes que celles du calcaire grossier, mais qui d'autres fois ressemblent à ceux du lignite du Soissonnais.

uT'^ra. 514. Le terrain tritonien forme, dans les ensrueîLi.' virons de JBruxelles , un autre massif assez étendu. Il y est d'une nature plus généralement sableuse que dans le bassin de Paris; ses divers systèmes n'y présentent pas des caractères aussi bien déterminés, et il s'y confond non -seulement avec le terrain nymphéen, mais aussi avec les terrain, crétacé, diluvien et alluvien. Il ne parait pas d ailleurs être fort épais, car dans la partie méridionale du bassin, la seule où le sol soit^illonné

Caracl^i

TERRAIN TRITONIEN. d8l

par des Talions bien prononcés, on voit non* seulement paraître le terrain crétacé dans le fond des Talions, mais même les terrains primordiaux, sur lesquels le terrain tritonien repose souTcnt sans intermédiaire et d'ailleurs sans aucune liaison. Ce terrain, qui est, comme nous Tenons de le dire, principalement composé de sables, renferme aussi des grès ferrifères, des grès blancs, des grès fistuleux, des silex, du calcaire et de la marne argileuse.

3i5. Les grès ferrifères, qui sont, entre autres, ciis très-abondants dans les environs de Louvain, se trouTcnt dans presque tout le bassin; ils forment quelquefois des couches épaisses : alors ils ne contiennent ordinairement que la quantité de fer nécessaire pour colorer les grains de quarz en rougeâtre ou en brun; mais d'autres fois , et surtout quand le banc est mince, le fer est tellement abondant que la roche devient de la limonite qui a déjà été exploitée comnîe minerai.

3 16. Les grès blancs forment, au milieu des GriiMoM. sables , des bancs , des blocs mamelonnés ou des rognons; quoiqu'ils soient communément blancs, ils passent aussi au grisâtre, au jaunâtre .et au rougeâtre , ce qui les lie au grès ferrifère dont il vient d'être parlé; aussi Toit-on quelquefois tuie niéme couche qui présente des bandes transTcrsales, blanchâtres, jaimâtres et rougeâtres. Ces grès sont quelquefois si friables qu'ils se réduisent en sable à la moindre pression; d autres fois ils sont si cohérents qu'ils passent au quarz grenu et au silex. On les emploie non -seulement à faire

TERRAIN TRITONIEN. ^85

qnefois recouvert par une couche de cailloux roulés d'une nature semblable aux silex de la craie, et qi^ sont, dans quelques endroits, conglomérés par un ciment ferrugineux. *

Le système inférieur est composé de deux membres principaux : Tun' consiste dans de puissantes assises de sable et de grès, qui ressemblent à ceux du système supérieur , l'autre est formé par la marne argileuse à rognons calcaires , dont il a été parlé ci-dessus (3ao).

M. Van Breda fait en même temps observer que ces deux systèmes ne sont pas, comme leurs analogues du bassin de Paris , séparés par un étage de terrain nympbéen, et il convient que quelques-uns de leurs membres se ressemblent tellement qu'il est souvent^ impossible de les distinguer.

3:1 3. M; Yan Breda a reconnu dans' les sables t^n^^ et les grès qui forment le membre supérieur de son systèâie inférieur, des dents de requins, de spares et d'anarriques, ainsi que des coquilles de nautile, de dentale, de cadran, de crassa telle, de vénéricarde, de bucarde , d'isocarde , de peigne, d'huître, de térébratnle, de nucule, de natice, de turri telle, de cérite, etc. Il a également observé dans la marne argileuse inférieure les genres dentale, rocber, toupie, rostellaire, cancellaire, Tolute, pleurotome, nucule, vénéricarde, etc.

* Je pense que cette couche de cailloux etdepoudinguesdoît ^tre considérée comme appartenant au terrain diluvien plutôt qu'an terrain tritonien.

n86 GÉOONOSIE.

Du reste, la nature et la position des fossiles du bassin de Bruxelles ne sont pas encore connues d'une manière satis&isante. Cependant, outre plusieurs fossiles que l'on considère comme annonçant la présence des deux ma$si& tritoniens du bassin de Paris , on en a obserré qui annoncent un état de cbose plus rapproché de la nature actuelle, et l'on a trouvé, dans les environs de Bruxelles , des ossements de blaireaux , d'élé^ pbants , d'hippopotames , de ruminants , de cétacés, d'oiseaux, d'émydes ou tortues d'eau douce» de crapauds , etc. * Tcfrm ttiie. S^A. Loudrcs cst, comme Paris et Bruxelles. 4«u.4rci. 3u milieu d'un grand bassin de terrain tériaire; ou plutôt, quand on jette les yeux sur une carte géognostique, on^ voit que les bassins de Londres et de Bruxelles ne forment qu'un même ensemble, coupé par le bras de mer qui sépare l'Angleterre du continent. Aussi le bassin de Londres res-

* Cest à des obseryations de M. A. Morreo , publiées dans le Messager des sciences de iSaS, qne Ton doit la connaissance de Texistence de restes de blaireaux, de ruminants , d'oiseaux , de sauriens, d'ophidiens et de crapauds dans le calcaire gros-r sier des enyirons de Bruxelles, où ils se trouvent sous des liis de rognons de silex cornés, accompagnés d'huîtres, de dents de squale et de restes d'autres animaux marins. Les Émydes de Melsbroek près de Bruxelles, ayaient déjà été décrites dés le siècle dernieryparM.de Burtin. M.Morren, qui en adécouyert une espèce différente à Steenolerseel , a dit qu'elles se trouvent dans une couche où Ton ne yoit d'autres fossiles que des coquilles d'eau douce (amphibulimes), ce qui rendrait très -probable l'opinion qu'il existe au milieu du terrain tritonicn de Bruxelles un banc qui représenterait l'un des terrains nymphéens de Paris.

TERRAIN TRITONIEN. ^87

semble-uil beaucoup plus à celui de Bruxelles qu a celui de Paris.

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