Le terrain crétacé, ou du moins des dé- !•"■* v?**î
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pots que Ton rapporte maintenant à ce groupe*, 5!!Srd«'*rBr joue un rôle important dans le sud- ouest de la '**^ France et le nord-est de l'Espagne, où il est divisé en trois massifs principaux par les terrains tériaires de la plaine de Gascogne et par les terrains primordiaux des Pyrénées.
371. Le plus septentrional de ces massifs, qui MêmtdmVéri. occupe la majeure partie de la oamtonge et du " Périgord, forme, au pied du revers sud-ouest du plateau central de la France, des collines composées de couches horizontales, dont la roche principale est un calcaire blanc grenu, ressemblant beaucoup à la craie; mais qui n'a point ordinairement les propriétés écrivantes de cette dernière, qui est souvent assez cohérent pour donner de bonnes pierres de construction, qui renferme fréquemment des parties cristallines et qui passe aux textures saccharoîde, lamellaire et compacte, on pourrait même ajouter, à la texture
*Ce n>8t que depuis la pablication du mëmoire qne M.Dufréooy a la à rAcadémie des sciences de Paris, le 7 Mai i83o, et qui a été inséré dans les Annales des mines (tome VIJI , a.* série, et tome I/', 3.* série), que Ton rapporte au terrain crétacé certaines parties des Pyrénées que Ton avait considérées jusqu'alors comme appartenant à des groupes plus anciens.
poudingîforme, parce que les parties cristall sont ([uclquefois iTiinies en petils noyaux se trouvent empâtés dans les [Kirties gi-CL Celte roche renferme souvent des rognoni siiex noirs; elle est recouverte, clans plusî localités, par un calraire argileux, plus ou ni friable, et elle repose sur des assises de grès macigno et de marnes, (pii sont souvent îai gnées de limonile; d'autres fois de clilorite. Mais c'est surtout par ses fossiles qtie ce d se distingue des terrains ci-élacés de l'Anglel et du bassin de Paris. Les plus remarquables leur nombre et par leur grosseur sont des purites, qui atteignent souvent de trés-gra dimensions. On y trouve aussi des sphériU fossiles qui, de mi'me que les lùppiu-ites, r pas encore lîgiiré dans les autres dépôts (jue i avons examinés jusqu'à présent.
On y rencontre également des nummol des mélonîes, des milïolites, des porcelaines bulles et d'autres corps que l'on avait cru peni long-temps appartenir exclusivement aux tcrï tériaires. Du reste, ces fossiles sont accompa par un grand nombre d'autres, tels que la t filtœncoUunha,\e Caliltus Cwieri,\e l'iiigiosi xpinosum, que l'on considère comme caracléi ques du terrain crétacé et surtout del étage mo car M. Dufrénoy croit que l'étage supérieur t que tout-à-iail dans ce massif- On trouve auss jwiJudines dans quelques assises inférieuiv grrvs calcari'*''"'^ '^' <'*" niarnc des environs d goiiicmp- çQ qui rap|>cllerait l'étage infériea
TEKBAin CKSTACE. 3ay
Dans quelques localités, notamment à G>gnac et à Saint-Froult, ou voit des amas de gypse iatercalés dans le calcaire crétacé , et à l'ile d'Aix oa trouve on ^te de lignite qui se lie intimer ment avec le terrain jurassique sur lequel il re. pose. Le lignite de ce dépôt appartient en général à la variété piciforme, et est accompagné de sables verts, de marne ai^leuse, de silex corné, passant à la calcédoine, de crïstanx de quarz, de noyaux ou de cristaux de pyrites, ainsi que de noyaux d'une résine jaunâtre que l'on avait considérée comme du succin , mais dont on a proposé de faire une espèce particulière, sous le nom de succittite; parce que, d'après l'analyse de AL Berthier,elle ne contient pas sensiblement d'acide •accinique} ce qui la distingue du succin des tercaios tériaires.
Les fossiles animaux de ce lignite ne sont pas non fiuSf comme ceux de la plupart de» listes tériaires, des êtres d'eau douce; mais ce sont des animaux marips, semblables à ceux des tarains oélacés ; tels que la Gtjphœa aqmla, la G- columba, le Pecten quinquecoslaîus, le Spatangus coranguiman, qui sont, en général, passés à l'état siliceux ; mais \e& plus oLondants des fossiles de œ gîte sont des végétaux passés soit à l'état charbonneux, soit à l'état siliceux, et dont les [HÎnctpaux sont des fucoïdes {F. orbignamts, F. strictus, F. liAerculofus), et des ostérites (O. caulinœfarmis, O. lineala, O. bellovesana, O. ehngaia).
572. hc terrain des Pp-énées, que l'on rapporte "•"■r.iWuM. aa groupe crétacé, i^essemblc à celui de la Sain-
SaS GÉOGNOSIE.
tonge et du Périgord par les fossiles qu'il reo^e; mais par ses caractères minéralogiques, ainsi que par sa stratification, il s'en éloigne beaucoup, et difiere encore plus des terrains crétacés de 1' Angleterre et du bassin de Paris. En effet, au lieu de former des plaines ou des collines peuéleyées, il atteint à des hauteurs considérables; au lieu d'assises horizontales, il présente des couches fortement inclinées ; au lieu d'être composé de craie, de sable et d'autres roches firiables ou meubles, il est principalement constitué de calcaire compacte, de macigno tenace et de schiste.
La partie septentrionale de ce dépôt forme, le long des Pyrénées, une bande presque pas interrompue , et qui est principalement développée aux deux extrémités de la chatne , surtout du côté de rOrient , où elle recouvre la majeure partie des Gorbières (58). Ce dépôt est , conune nous l'avons déjà indiqué, principalement composé de calcaire, de macigno et de schiste. Le premier est souvent compacte, et passe, surtout lorsqu'il avoisine le granité , aux textures saccharoide et lamellaire; d'autres fois il est schistoide Qudques couches dans les parties supérieures présentent les textures poudingiforme et bréchiïbrme. Souvent il est gris -jaunâtre, passant au gris de iumée, au gris -bleuâtre, devenant noir dans les assises inférieures et blanc dans les assises supérieures; telle est, dans ce dernier cas, la pierre de taille des environs de Pau. Quelquefois ce calcaire est mélangé d'aigile, de sable ou de carbonate magnésique, et passe au caischiste, k
TERRAIN CR^ÀC£. 3 39
la marne, an macigno et à la dolomie. Le macigno, les schistes et les calschistes sont en général inférieurs au calcaire et d'un gris plus ou moins foncé, quelquefois verdâtres ou rougeâires ; ils sont souvent micacés et passent au psammite.
Ce terrain renferme des couches de lignites, cjui sont rarement dans le calcaire, souvent dans les schistes et dans le macigno. On y trouve aussi des amas de gypse , et dans le voisinage de ceuxci oh voit souvent des sources salées.
A Saint-Martin, près de Saint-Paul deFenotiillet, où ce terrain est en contact avec le granité, il renferme divers minerais de fer, surtout du sidérose cristallin et de Toligiste spéculaire , qui f ormen t de petits amas, de petits filons , des noyaux on des cristaux dans le calcaire et dans la dolomie. Aux environs d'Orthès on trouve du bitiune et du soufre disséminés dans le calcaire en veines ou en cristaux. Enfin, l'ensemble du dépôt est souvent percé par des culots de diorite.
SyS. Le massif qui s'étend au sud de la bande primordiale des Pyrénées, s'élève à une très-grande hauteur; car il recouvre les cimes du Mont-Perdu (58) , et se prolonge en Espagne sur une étendue qui n'a pas encore été bien déterminée. Ses caractères minéi^logiques et géognostiques sont les mêmes que ceux du massif septentrional, avec cette différence que non-seulement il en sort aussi des sources salées, mais qu'à Cardone, en Catalogne, on voit au jour un immense amas de seU marin.
33d GÉOGNOSIE.
Ttn»mcféuci ^nL Le terrain crétacé existe aussi dans les
de» Alpck ' ■
iMp4t de Fi*. Alpes, et M. Brongniart a reconnu que les calcaires qui forment les sommités de plusieurs hautes montagnes du chaînon du Buet en Savoie , notamment celle des Fis, au-dessus de la vallée de Servoz, etc., que sa couleur noii*e, ainsi que sa texture compacte, avaient iait considérer pendant long-temps comme appartenant aux terrains hémilysiéns, renfermait des fossiles qui, quoique ti^è^ifficiles à déterminer, à cause de leur état de destruction, peuvent, en général, être rapportés aux genres et même aux espèces qui caractérisent le terrain crétacé.
nj-i»- 375. Parmi les systèmes des Alpes, que Ton rapporte aussi à ce terrain, il en est un que M. Studer désigne par le nom àejfysch, employé dans le pays, et qui est très -abondant dans les Alpes bornoises, où il s'élève, au Fluhberg dans le chaînon du Stockhom, à plus de 12000 mètres. Ce système est formé de couches alternatives de calschiste noir ou gris, et de macignos tenaces, ordinairement d'un gris foncé, presque compactes, dont les couches ont une surface un peu ondulée, inhale et enduite de marnes. Ces macignos passent quelquefois à imgompholite, dont les noyaux présentent souvent du calcaire et du schiste ; ils ofTrent aussi des passages à un quarz compacte, noirâtre, mélangé de calcaire, et à un calcaire ai^ileux, compacte, gris-foncé. On y voit en outre .des calcaires veinés qui pourraient être travaillés comme marbres, des calcaires brèches, des silex cornés d'un gris brun ou vert, en couches ou eu rognons.
YERKAIN GRÉTACé. S5l
Ce système renferme des fossiles dans lesquels M. Bronguiart^ a reconnu une nérinée, une ampullaire, un plagîostome, un peigne, une plicatule , \ Isocardia striata, la Terebratula concirmcu
576. M. Élie de Beaumont rapporte aussi au ^^1;;;^!^ tarain crétacé un gite de kouille, célèl^*e par rélévation à laquelle il se trouve (1060 mètres);
c*est celui d'Entrevemes en Savoie, intercalé dans des couches d'un calcaire argilo -sableux, contenant des nummulites , et supérieur à^ la couche qui, à la montagne des Fis, dans la vallée du Reposoir, à Thonne, etc., contient en très-grand nombre les fossiles qui caractérisent la partie supérieure de letage moyen du terrain crétacé. Cette houille est accompagnée de calcaire argileux gris-bleuâtre et de calcaire bitumineux brun , traversé de veines ci^tallines et renfermant de grosses coquilles bivalves , que Ton croit être des mulettes, et des coquilles discoïdes, que l'on rapporte aux planorbes ou aux hélices, ainsi qu'une grosse coquille turbinée, qui parait être le cerilhium margaritaceum de Brocchi.
577. Nous terminerons ces indications de dé- M»r.>o pots rapportés au terrain crétacé**, en donnant
'^Annales des scicncM natarellcsy tome XI, page 386.
** Il eût clé nécessaire, pour donner une idée de Tétat actuel 4\e la science, que je m^ctcndl'ise beaucoup plus sur les dépôts des Alpes et des Carpatbes, que Ton rapporte ou qne Ton yent rapporter maintenant au terrain crétacé; mais la grande quantité de mémoires qui ont été publiés dans ces derniers temps sur ces questions, et les incertitudes qui régnent encore sur plusieurs localités, sont cause que j^ai reculé derant ce trarail. J*c\itp même, autant que possible, de prendre des exemples
S32 GéOGNOSIC
une idée sommaire d'un massif puissant des Apennins de la Toscane et de la Ligurie, qui est principalement caractérisé par la présence du macigno.
Cette roche y est ordinairement assez tenace poiu» donner d'excellentes pierres de taille; telles sont celles des carrières de Fiésole , près de Florence. Sa couleur est souvent bigarrée de gris jaunâtre, de gris verdâtre et de gris bleuâtre; elle est presque toujours mélangée de mica et passe au calschiste, au calcaire compacte et à la marne; roches qui forment fréquenmient un système particulier au-dessus du macigno , lequel passe aussi, surtout dans ses assises inférieures, au schiste argileux, au psammite et au jaspe.
Ce dépôt est traversé dans beaucoup de loca-
daiif les Alpes, attendu que Ton est encore loin dVtre unanime sur les relations gcognostiqnes des systèmes de rocliesqai les cornposent. Des idées théoriques sur la formation des montagnes, vne stratification fortement inclinée , et des liaisons intimes aTCC les roches dites ffrimitives , avaient généralement donné ridée que les différents systèmes des Alpes cuient ués-anciens. D^un. autre côté, comme en Suisse le calcaire qui forme la masse principale du Jura est généralement hlanchâtre, tandis qne celui des Alpes est ordinairement plus on moins coloré, on s^est servi des mots de calcaire du Jura et de calcaire des j4lpes pour distinguer deux groupes géognostiques, et on n'^a pas manqué de considérer le groupe alpin comme plus ancien que le groupe jurassique. Du reste, on a bientôt dbtingué daos les calcaires de la chaîne des Alpes, trois subdivisions^ savoir : le calcaire primitif, principalement compose de calcaire saccharoïde j le calcaire des Hantes- Alpes qui, k cause de sa couleur foncée, était rapporté au terrain de transition ou anthraiifére} et le calcaire des Alpes proprement dit, que Ton crat ra-