Nous désignons par le nom de terrain synoBymie
démontrée. Lorsque je pensais, il y a quelques années, que te granité était la formation la plus ancienne, et que tout ce qoe Ton pensait faire en favenr de la jeunesse des porpbjres, était d^admcttre que quelques-unes de ces roches fussent ooutemporaines des premières assises du todtlie^ende^ je considérais tous les dépâts d'arkoses, de pséphite et de poudiogues, autres que rol<Z/*e<f«ancf<Co/ie, comme appartenant uniformément ^ U formation du todtliegendei mais actuellement, qût M. Dofrénoj et plusieurs autres géologistes français considèrent les arkoses du centre de la France (438) comme appartenant à Tépoque liasique» et les arkoses de la Limagne (399) comme appartenant à Tépoque tériaire, je demanderai si Ton est bien fondé à donner comme certain que toutes les arkoses des Vosges, do Sciiwanwald et derOdenwald, appartiennent au terrain pénéen plutôt qu^au tenain triasique, leur époque de formation n^étant attestée par aucun fossile? Rajouterai encore à cette observation que les poudingues et les psépbites d'Oberstein sur les bords de la Nahe, sont, d^un côté, comme les arkoses des Vosges, inférieurs au grès vosgien, et que tout annonce que, de rentre côté, ils sont dans la même relation avec le terrain porpbjriqne d^Oberstein , que les arkoses et les psépbites âeê - Vosges avec les porphyres et les granités de ces montagnes. Or, il est k remarquer que plusieurs géologistes rapportent les roches porphjrriqnes d'Oberstein au porphjrre noir, c^est-à-dire a une formation plus récente que les granités et les porphyres rouges des Vosges , opinion que du reste je suis loin de conaidérer comaïf incontestable.
4iO GAaGrïo»&
pénéen^s des associations de rockes qui sont quelquefois rénnies avec le terrain tiiasique sous la dénomination de groupe du grès rouge ou new red sandsione, et qui ont aussi été nommées kupferschiefer, du nom d'un système particulier qui, dans la Thuringe, forme la partie moyenne de œ terrain.
on»ftff>i 479- ^ groupe se compose, dans la Thnringe, de trois étages, où dominent respectivemeht les roches calcareuses, schisteuses et quarzeuses, et que l'on désigne ordinairement par les dénominations allemandes de zechstein, de hupferschiefer et de iodtliegende. Les fossiles y sont très-différents de ceux que nous avons tus dans les groupes précédents, et présentent, en quelque manière , les restes de la nature que nous allons voir dans les terrains hémilysiens; ce sont des productes, des spirifères, des paléonisques, da paléothrisses, des calamopores, des cyathocrines, etc. ; mais le système quarzeux de ce groupe étant généralement j»*iYé de fossiles , et les autres systèmes en étant quelquefois dépourvus , il règne beaucoup d'incertitude sur les dépôts d'autres contrées que l'on rapporte au terrain pénéeo;
'^ J^ai proposé en iSaa répithète de pénéen {pauvre) comme uoe espèce de iraduclîon du nom de todUiegende (mur mort) ^ que les nioears et les géologtstes aUemaiids doDoeat à va des systèmes de ce groupe \ mais M. Brongaiari, qui a adopté la deDominalion de terrain pénéen dans son travail de iSag, en a, en quelque manière, détourné le sens, en rappliquant uniquement au techstein et en plaçant le iodlliegende dans son terrain rudimeniaire.
dépôts que lés uns ont considérés comme extrêmement abondants, et que d'autres envisagent comme fort restreints.
480. La Thuringe étant, comme on vient ^^'l^^lJl^ le voir, la terre classique du terrain pénéen,
nous allons la citer comme ,exem|>le.
481. L'étage calcareux y présente six systèmes t^ ^•^ principaux, que M. Freiesleben désigne par les noms de ktien, stinksieins asche, rauhstein, rauchwacke et zechsiein.
48a. Le leiien est tme marne, ordinairement uuoi. gris -bleuâtre on gris-verdâtre, qui passe à l'argile et se lie intimement avec les psammites et les marnffi triasiques qui la recouvrent, ainsi qu'avec le calcaire fétide sur lequel elle r^se. Elle ren&rme des bancs ou des rognons de dplouie sableuse et des cristaux de calcaire et de g}pse, et au Riesengrunde, près de Helsta, elle passe à une rocbe poudingiformequi se rapproche des psépbites, quelquefois des gonq>liolite$ , et qui contient beaucoup de fragments de micaschiste, de gneisse, de granité et de porphyre.
483. Le stinkstein est un calcaire fétide, ordi- siwiuuiiu nairement brun-noirâtre, imprégné de bitume, cl plus ou moins mélangé ou accompagné dargilc, de limonîte et de gypse. Il se présente soit en couches minces, compactes, passant aux textures grenue ou schistoïde; soit en fragments anguleux qui sont quelquefois simplement enfouis dans largile, et qui, d autres fois, forment une brèche dont les fragments sont unis directement ou liés par un ciment argileux. La limontte {braun^
4l> GéOGNOSlE.
eisenstetn)mtso\ivea.t subordonnée dans le calcaire fétide et le remplace quelquefois. Le gfpse &'y trouve ordinairement eu amas couchés-, traverses par desTeinesdecalcairefétidcCetteliaison, entre le calcaire fétide et le gypse, est un moyen de distinguer ce demierdugypse triasiquequi se trouçe au-dessus et qui se lie avec de l'argile rouge: ce gypse est aussi plus cohérent et plus pur que celui du terrain triasique; il est quelquefois compacte, d'autres fois grenu à grain fin , et propre aux travaux de sculpture'; mais son caractère le plus remarquable, c'est de renfermer des cavernes très-considérables.
II est probable que le selmarin peut aussi être compté dans le nombre des roches subordonnées à l'étage qui nous occupe, etsartoVLtxOiStijiksUin. car, indépendamment de la saveur salée de quelques assises, on en voit sortirdes sources salées.
484- L'«JcAe (cendre) est une couche peu puissante de dolomie ai^ileuse, ordinairement grise, qui renferme coramanément du bitume , quelquefois du sable, et qui tombe en poussière lors- (ju'elle est desséchée.
485. Le rauhstein est aussi une dolomie ai^ileuse, rude au toucher, qui difiére de l'ArcAepar sa cohérence, r. 4^- ^ rauchwacke est une dolomie caractérisée par sa texture celluleuse. Sa couleur est ordinairement le gris de fumée, et elle est moins ' impr^née de bitume que les systèmes précédents. Elle présente un grand nombre Je varié tés , parmi ! iescpielles une des plus remarquables est celle que
TERAÀm PÉNÉEN. 4^^
M. Freieslebeft appelle articulée {gegliederte) et qui constitue une couche de quelques centimètres d épaisseur , formée de petits cylindres composés (le six parties articulées l'une dans latitre. On distingue aussi une variété amygdaloide, où les cavi* tés sont remplies de calcaire blanc terreux.
487. Le zechstein est un calcaire gris de cendre zedutâ-. ou noirâtre, compacte, à cassure conchoide, tenace, quelquefois ai^ileux, renfermant des veines et des grains de calcaire cristallin et de gypse. On y trouve atissi des sulfures et des carbonates de cuivre , ainsi que quelques grains de galène , et parfois des cristaux de quarz et des paillettes de mica. Ce système , qui prend souvent plus de développement que ceux qui le précèdent, s'en distingue par la présence de fossiles, notamment du Productus aculeatus de Sowerby ou Gryphites aculeatus deScblottheim, d'où on l'a appelé GrjfMtenr- WA dans d'autres parties de l'AÛemagne. On y a aussi observé les espèces suivantes: Productus scaf>rmculiis, P. rugosus, P. speluncarius ; Spirifer trigonalis, Terebratula iniermedia, T. in/Iata, T*cristata, T. lacitnosa, T. paradooca, T, elong^Ua, T. pelargonata , T. pigmœa; Mjtilus stria- ^» M, ceratophagus ; Encrinites ramosus. Cala- ^pora spongiteSs Gorgonia anceps, G. dubia , ^antîqua, G. infundibuUformis.
4^8. L'étage moyen se compose ordinairement ^êtâjerf.
de trois couches principales , que les mineurs dé-
s^ent par les noms de dach (toit), kupferschiefer
(schiste cuivreux) , et weissliegende (mur blanc).
^ dacJi est un calschiste gris assez pur, qui doit
4 1 4 £ÉOGKeSIR.
son nomà la circonstaoce qu'il recoBvre immédiatement le kupfersckiefer. Celui-ci est aussi un calschiste qui forme une couche peu épaisse, présentant de nombreux ressauts et de fréquents étran^ements; il est en feuillets très -minces et quelquefois comme gaufi^s : il est toujours imrprégné de bitume et de carbone qui lui donne une couleur noire; d'où vient le nom de scbiste mamo-bitumineux qu'on lui donne souvent, lorsqu'il n'est pas métallifère; mais il contient ordinairement des sulfures de cuivre et de fer tantôt en grains visibles, tantôt en molécules si petites qu'on ne les aperçoit pas, mais en quantité assez notable pour que cent parties de calscbiste donnent quelquefois trois parties de cuivre, doque) on retire ensuite environ un demi pour cent d'argent Ce calschiste renferme aussi de très-pelius quantités de plomb, de cobalt, de zinc, de bismuth et d'arsenic. Le weissUegende est un cat-. schiste grisâtre , ordinairement mélangé de sable, qui sépare le calschiste cuivreux du todlUegenâe. Ce dépôt est très-remarquable par les fossiles qu'il recèle, parmi lesquels on voit figurer, entre autres, unsaurien et plusieurs espèces de poissons. Voici les noms des principaux de ces fossiles: Momtor Thuringiensis,StromateusgibbosuSjClupœa Lametherii,PaUBomscum Freieslebense, Pa- Ueothrisswn macrocephatum. P. magnum t P. macropterum, P. blennioûles; Terebratulalacunasa, Productus longispinus, Facotdes Brardii, F. selaginoides , F. fycopodiotdes , F. JrumeiUanus , F. pectinatus, F. digitatus.
TEHRAIN PÉNÉE5. 4^^
469* L'étage iaférieiir, que les mineurs nom- éui^ '• todiment roth todtUegende , pai* la double raison qu'il est de couleur rouge et qu'il ne renferme plus de minerai de cuivre, est composé de roches conglomérées qui présentent tous les degrés intermédiaires entre la te&ture grësiforme à grain fin et les textures poudingilbrme et bréchiforme a fragments les plus gros. Souvent, notamment dans les environs de Mans&ld , les roches dominantes sont des grès et des poudingues passant au psammi(e,au pséphîte, ou au schisie argileux, et dont les fragments sont principalement composés d'une substance intermédiaire entre le quarz et le silex , laquelle ne ressemble à aucune des roches connues dans ces contrées. Dans le voisinage du Thûringerwald on reconnaît, au contraire, dans ces dépots fragmentaires , des débris des roches qui constituent ce massif de montagnes, tels que du porphyre, du granité, du gaeisse, du micaschiste, etc.
Le todtUegende renferme aussi des masses subordonnées de calcaire compacte, de houille et doligiste rouge. On y voit quelquefois du porphyre et du spilite; mais il parait que Ton peut considérer ces roches comme une dépen- (laace du terrain porphyrique, avec lequel le <^pôt qui nous occupe a beaucoup de liaison.
les fossiles sont excessivement rares dans ce sptème; il n'est pas même certain que l'on en M. observé ailleurs que dans des couches . qui devraient être rapportées au kujrfsrschiejkr ou au terrain houiller; de sorte «pie les corps div
ganisésqueTon à cités, ressemblent à ceuxdeVun ou de l'autre de ces dépôts.
j.M«nii»i. 490. Nous avons déjà indiqué que l'on était «jUpM. ioU' loin d'être d'accord sur les dépôts d'antres contrées qui correspondent au terrain pénéen de la Thuringe, surtout en ce qui concerne les systèmes calcareux et schisteux. On rapporte cependant à ces systèmes des dépôts de dolomie,de calcaire, de marnes, de calschiste et de gjpK, qui sont connus en Angleterre sous le nom de magnesian limestone; mais pour ce qui concerne le to^/Ziegeni^e, on le considère comme extrêmement répandu, quoique généralement peu puissant , et on y rapporte ordinairement une grande ^ partie des dépôts conglomérés ou meubles de | couleur rouge, qui recouvrent souvent les 1er- ] rains primordiaux; mais il se poiuraît qu'une portion de ces dépôts appartint à d'autres ^n- -pes, et notamment au torain triasique*. Il est a remarquer en effet que, tandis que des dépôts diiférents ne se lient en général qu'autant qu'ils se suivent ou se précèdent dans l'ordre normal de la série, ceux dont il s'agit se Uent à peu prcs avec tous les terrains sur lesquels ils reposent. Cette liaison est notamment très-marquée avec le terrain porpbyrique, et outre les bancs de porphyre et de spilîte qui, comme en Thuringe, se trouvent intercalés dans le iodiUegende , les prtles de ce dernier qui touchent au terrain porphyrique, sqnt des matières meubles ou conglo-
* Voir lu noie du n." 47^-
TERlum PÉKÉSN. 417
nérées» dont la nature diffère très-pea de celle des roches porphyriques, et qui passent au pséphite et au psammite.
La même chose a lieu avec le granité, c^est4idire que les premières assises pénéennes 3ur cette rcKhe sont aussi des dépôts meuhles ou conglomérés qui ont la même composition que le granité, et qui passent à Tarkose en s'éloignant du granité.
Les dépôts de todtliegende qui reposent sur les terrains ardoisier et talcique, contiennent également dans leurs parties inférieures des fragments des roches qui constituent ces terrains, et établissent de cette manière un intermédiaire entre eux et les grès pœciliens; car il est a remaixpier qu'il est rare de voir des dépôts de todtliegende sans qu ils ne soient suivis par les poudingues et les grès pœciliens.
Le todtliegende se lie surtout avec le terrain houiller , et cette liaison rentre dans les cas ordinaires , puisque ces deux terrains se touchent dans la série des dépôts; aussi cette liaison estelle très -intime, et il est souvent impossible de tracer la ligne de séparation entre les psammites et les poudingues du todtliegende , et ceux du terrain houiller; sans compter que l'on trouve ^elquefois dans le todtliegende , ainsi qu'il a déjà été dit ci-dessus , de la houille et des schistes analogues à ceux du terrain houiller.
4l6 GÉOGN051E.