‹ Éléments de géologie, ou, Seconde partie des éléments d'histoire naturelle inorganiqueChapitre 54 sur 89 · II.* GROUPE. — Terrain antkraxifère · texte numérisé non relu

II.* GROUPE. — Terrain antkraxifère

509. Nous distinguons par l'épithète d'a/i- sy^oar»!*. throjcifere un terrain dont nous croyons pouvoir

*Lc nom de temin anthnxifère rCtst pai très -bon; car, ofetre qne tons les systèmes qui composent ce groupe ne contiennent pas de Panthracite et que cette substance se irouve aussi dans d'autres terrains, il peut, ainsi que le remarque M. Brongniart, donner lien k quelque confusion, par son rapport STec le nom de terrain bouiller; mais ayant désigné, dans mes premiers mémoires « par le nom de formation hituminifire des assodations de roches que maintenant je divise en deux groupes,

donnar comme types priocipauiL les systèmes que les géologistes anglais ont désigna par les noms de carboniferoiis limées tone, mountain limes tone et old red sandstpne, II correspond aussi en grande partie aux terrains abyssiques carbonifères et héfnifysiens catoareuas de M. Brongniai:t* ainsi qu'à la partie supérieure des terrains de transition dès géologistes allemanda ^SHa^m. ^ * ^" ^ caractère principal de ce terrain consiste dans ses fossiles , dont la plupart ne se tronyent pas dans les groupes supérieurs, ou ne sy trouvent que dans une proportion relative beaucoup moindre: tels sont les orthocères , les bellerophes, les évomphales, les spirifêres , les strophomènes , les pentamères, les productes, les trilobit»,

dont Tun est caractérise par la présence de la lioniUe etFastre par celle d^nn calcaire que j^appelais, diapré* Hafij, duMX earbonatée bituminifère, j^ai cm devoir désigner ce dernier groipe par répithète d'anthraxifère , depuis que M. Bouësnel a bit connattre'(/oiiris. des mines ^ tome XXIX , page 909) que le calcaire dont, il s^agit est coloré par de Panthracite et non par dn bitome. Du reste , je ne trouve pas qu^il y ait beanconp d^conTénient à ce que le nom de ce groupe fasse sentir sei liaisons avec le terrain houiller ; et cet ioconvénient, sMl existCi se retrouYé aussi bien dans la dénomination de terrain tethoniflre que dans celle de terrain anihraxifire,

* Cest à tort que M. Brongniart me cite parmi les pefseaaei qui Tout porté à séparer le groupe qn^il appeUe abjssiqus carbonifère de celui qu*il appelle bémiljsiett calcarevs, car fai toujours réuni les syitèmes que ce saTtflit range dans ces de» groupes. La seule modification que j'aie jamais £aite à cttfe partie de ma méthode 9 c'est d'avoir dbtrait le terrain boaillct de ce groupe 9 ainsi que je Vai dit dans la note précédente

TERRAIN ANTHRAXIFÈRE. 4^^

ies mcrines et une grande quantité d'autres polypes- Ce terrain est principalement compose de calcaire» de psammite et de schiste. La première de ces rociies est ordinairement colorée en bleu ou en noirâtre , par une matière charbonneuse, et trayersée par de nombreuses veines de calcaire blanc cristallin ; sa tesLture est compacte ou grenue, qudquefob bréchiforme, ra^rement saccharcade; elle est très -cohérente, et souvent susceptible d'être polie comme marbre; elle passe fréquemment à la dolomie, au calschiste, m schiste et au psammite. Celui*ci est ordinairement gris, jaunâtre, verdâtre, et de diverses nuances de rougeâtre, d'où sont venus les noms à'old red sandstone (vieux grès rouge) et de grès pourpré; il passe souvent au poudingue, au grès, au quarz grenu et plus souvent encore au schiste. Ce dernier appartient assez ordinairement à la sous-espèce du schiste ai^eux et est coloré des mêmes nuances que les psammites.

Le terrain anthraxifere présente souvent , même dans des pays peu élevés, une stratification fortement inclinée, quelquefois verticale, d'où résultent des escarpements et des rochers à pic. U est très>répandu à la sur£sice de la terre, mais souvent il ne se montre qu'en lambeaux peu étendus.

5ii. Ce que nous avons dit ci-dessus sur les DWi.fa>. ««i.. relalions des divers groupes hémilysiens, suffit***"''*'"'" pour iaire pressentir que nous sommes loin de pouvoir encore y étaUir des divisions en étages ou en systèmes , qui soient également applicables aux

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diyerses parties du globe, et nous nous bornerons à dire, en ce moment, que les roches calcareuscs dWe part, et les roches schisteuses et quarzeiues d'autre part, donnent ordinairement naissance à des systèmes calcareux, et à des systèmes quarzoschisteux. On a reconnu quatre de ces systèmes superposés l'im à l'autre dans les environs de Liëg^, et il est possible que l'on doive considérer des systèmes d'autres contrées, comme étant in* flârieurs au système le plus bas des environs de Li^e.

Tmda 5 1 3. Parmi les contrées où le terrain anthraii- ** «îw!" ^^ occupe un espace considérable, nous dterons ^^^^^ le pays situé entre l'Escaut et la Roer , où il forme ""^ un^and massif , qui se prolonge de Toornay à Aix-la-Chapelle. Ce massif qui , vers Namur , a plus de cinq myriamètres de large , est bordé au nord et au midi par le terrain ardoisier ; il renlierme, dans le sens de sa longueur, la série de basnns houillers dont nous avons parlé à l'article précédent, et se perd, à Test et à l'ouest, sous la terrains secondaires. Cette disposition semble annoncer que le terrain anthraxifêre est encaissé en forme de bassin dans le terrain ardoisier, comme le terrain houiller est encaissé dans le terrain anthraxifère; mais la position plus ou moins bouleversée et souvent verticale des couches est cause que l'on élève encore des doutes sur la position respective de ces terrains; car des observations faites , dans ces derniers temps, avec beaucoup de soin , ont porté M. Van Panhuys à penser que le terrain anthraxifièite serait supérieur au

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terrain ardoisier du noixlf et infioieur au tçrram ardobier du midi; ce qui n'est point probable. Noos croyons donc que l'on approche plus de la vérité, en supposant^ avec la plupart des géolo^ gistes, que la masse du terrain anthraxifère est supérieure à la masse du terrain ardoisier, et que l'apparence contraire qui se manifeste dans certains lieux, est le résultat de circonstances accidentelles analogues à celles qui font que, dans le terrain houiller, les couches paraissent quelquefois sur les bords des bassins dans une situation renversée, c'est>4-dire, contraire à ce qui a Ueu dam le fond du bassin, comme si l'un des bords du bassin ayait été si fortement relevé, qu'il se serait replié sur lui-méma

5 1 3. Les principales roches qui composent le bassin anthraxifère qui nous occupe, sont : le calcaire, le schiste ai^leux, le psammite, le poudingue, la dolomie et le phtanite. On y trouve aussi de l'oligiste et quelques autres matières moins abondantes, et il renferme des filons et des amas de limonite et d'autres substances mé* talliques.

5 14. Le calcaire est en couches quelquefms b«ii«i^ jdea. assez puissantes, d'autres fois très-minces. Il présente un très-grand nombre de cavités et de cavernes. Il est, en général, d'une couleur bleuâtre qui passe au gris-dair ou au noir, selon que le principe colorant est plus ou moins abondant; ([uelquefois, mais rarement, la couleur bleuâtre est remplacée par la blanche ou par la rougeâtre. Celte dernière parait pouvoir être attribuée à la

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présence de Toxid^ de fer. Ce calcaire dégsige sonrent , lorsqu'on le brise , une odeur fétide, que M. Bouësàd * croit pouvoir attribuer à la présence de Facide bydrosulfnrique. H est ordinairement très-cobérent } sa texture est souvent com* pacle y quelquefois graïue ou lamellaire; dans le premier cas, la cassure est concboîde; dans les deux autres, die est droite. Il renferme beaucoup de parties cristallines; les unes forment des veines plus ou moins prolongées, les antres des espèces de noyaux ou de rognons, dans Fintérienr desqueb U j a souvent des géodes tapissées de cristaux. On remarque que c'est dans les coucbes impures et les moins cobérentes qoe les cristaux et le, noyaux cristallins sont ks pte abondants.

Cette rocbe est propre à un grand nombre d'usages économiques. On en &it d abord d'excellentes pierres de taille Elle fournit également une grande quantité de marbres, qui sont estimés à cause de leur solidité; les uns sont fermés du mélange de pâtes de diverses nuances grises, ou de pâtes grises et de parties cristallines blancbes; d'autres présentent un fond noirâtre pointillé de tacbes blancbes provenant de débris d'animaux; c'est celui connu, dans le commeix:e, sous le nom de petit granité ; d'autres sont composés du mélange de pâtes rougeâtres et grisâtres, et de parties cristallines blancbes; d'autres enfin sont tout-

*Joum, Jes mincMy tome XXIX y page 909.

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à-&il grb ou noirs. On iait aussi , ayec ce cakaird, d'excellentes chaux; les unes, proTenant des coaches les plus pures, et particuiièreinent de celles dont la texture est un peu grenue, sont principalement recherchées pour les constructions ordinaires; les autres, &ites avec des couches plus mélangëes d'argile,' sont très-propres pour les travaux hydrauliques.

Quoique les couches calcaires se conservent en général plus pures que celles de schistes argi« leux et de psammites, elles se lient cependant à ces dernières par des séries de passages qui présentent , notamment , du calschiste et du macigno , qu'il est quelquefois difficile de distinguer à l'œil des schistes argileux et des psammites. D'autres fois l'abondance du charbon et la texture feuilletée du calcaire font que ce dernier ressemble à du lignite ou à des schistes argileux noirs du terrain houiller, ce qui a souvent induit en erreur dans des recherches de houille , d'autant plus que ces couches noires sont souvent recouvertes d'un enduit mince d'anthracite , et que d'autres fois elles sont susceptibles de brûler lorsqu'on les met sur le feu.

Le carbonate magnésique se mêle aussi avec le carbonate calcique , et alors le calcaire ordinaire passe à une dolomie remarquable par les difiëi-ences de sa cohérence, qui varie depuis l'état arénacé jusqu'à celui d'une pierre très-tenacè. Cette dolomie est ordinairement de couleur gris de cendre passant quelquefois au blanchâtre ; elle renferme très-souvent des. parties cristallines , et pa-

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rail se lier Créquemment avec les marbres dits

petits granités 9 qui peut-être sout quelquefois

I de la dolomie. D'autres fois elle présente une

i structure cdluleuse, formée par de petit^es cavités

! irrégulières. Les parties teûaces. donnent de bons

pavés, et les parties meubles et friables sont employées pour l'amendement des terres, d'où lui vient le nom de môles qu'on lui donne aux environs de Namur et qui parait être une corruption de celui de marne.

mSZ$. ^ ^ ^' ^^ scbistes argileux de cette conb^ sont principalement caractérisés par leur tendance à se diviser en petits feuillets, qui, au lieu de présenter, comme ceux du schiste ardoise, une texture schistoide jusque dans leurs derniers éléments, forment souvent de petits solides qui, abstraction &ite de leur peu d'épaisseur, peuTent être considérés comme terminés par des lignes droites, et qui ont quelquefois la forme rbombon dale; de sorte que l'on poiurait dire que ces roches n'ont la texture scbistolde que dans leur masse, mais que,. considérées en petit, elles ont la texture compacte et la cassure droite.

Leur couleur ordinaire est le grisâtre et le jaunâtre. Il y en a aussi de rougeatres et plus rarement de verdâtres, de noirâtres et de bleuâtres. Ils ^ont quielquefois mélangés de petites parties de miça.qiû leur donnent un aspect luisant ou pailleté; ils sont, en général, si altérables par les influences météoriques , qu'ils ne sont propres à auc}in usage économique. Il y a même de ces roches qui, sans avoir été exposées à lair, se trouvent

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mollet et firiables, et doivent être considérées comme étant de Fargile.

Ces schistes ont d'ailleurs une telle tendance, à passer au psammite, que souvent la masse principale du terrain participe autant de la nature de FuAe que de l'autre de ces roches, et qu'il est difficile de dire si elle doit être désignée par l'un ou par l'autre de ces noms *. Ces schistes passent aossi, mais beaucoup plus rarement, au phtanite et à l'oligiste.

Ce dernier est ordinairement d'une couleur brun-rougeâtre , qui devient d'un roug^ brunâtre par son exposition à l'air , circonstance qui parait ^ciliter sa réduction dans les fourneaux. Sa texture est communément schisto-oolitique. Il a une grande tendance à se lier, par une série de nuances Uisensibles, avec les schistes et les psammitçs, danslesquds il se trouve subordonné. Ce minerai donne un fer tendre et cassant, de sorte qu'il est peu exploité maintenant

5 16. Les psammites forment des couches souvent minces, quelquefois épaisses. Ils ont souvent de la tendance à se diviser en fragments rhomboidaux; ils sont quelquefois assez tenaces, d'auto fois très-friables^ leurs couleurs les plus com-

* Celle IUÎ1011 e«t telle que dans plusieurs cantons les ou*

▼ne» n^oot point de termes pour distinguer ces deux roches >

et ils appeUent également agaize, agazhcy agocKe, les schistes

et les psammites; il n'y a que que les mineurs de houille qui

«tablisient la différence» et réservent ces noms au^ schistes •rgilcux.

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