‹ Éléments de géologie, ou, Seconde partie des éléments d'histoire naturelle inorganiqueChapitre 70 sur 89 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

DBS rWf&K09SkPIE3 AîUTÈDlLWIElfS.

orisiMdesd^ «^39. L'examen des (engins formés avant la «ngén^u. période noLoderne nous révèle Texistenoe d'mi phénomène que celle-ci ne nous a pr^nté que sur une échelle infiniment plus petite, c'est cdui de la d^)08ition de puissantes masses minérales qui , par leur stratification et par la nature des débris d'êtres vivants qu'dles renferment, annoncent avoir été formées dans l'eau, tandis que la cohérence de la plupart de ces masses prouve qu'elles doivent, pour la plus grande partie, leur origine à des phénomènes chimiques plutôt que mécaniques.

730. La première question qui se présente à ce sujet, c'est de savoir comment les eaux se sont chaînées des matières qui ont donné naissance à ces dépots. Mais si, comme on l'a vu ci-<iessus, nous ne savons déjà expliquer ce ph^omène pour les faibles dépots qui se font dans nos eaux actuelles, on sent que nous avons encore moins de moyens pour connaître les causes qui donnaient aux eaux antédiluviennes la faculté de dissoudre et de précipiter les nombreuses masses qui se sont formées dans leur sein; cependant, de même que nous avons été conduit à supposer

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64o GÈûGÈsm.

1 étude géognostique des terrains andem nous a montré, dans nos zones tempérées, une grande quantité de dépôts ffreaqae entièrement composés de débiis d'êtres yiyants.

ySi. Nous avons vu que les dqpÀts tériaires se divisaient, indépendamment du tenain dilavieii^ en deux groupes intercalés Tun dans Fautre, le terrain nymphéen et le terrain tritonien, qui se distinguent principalement, parce que Fun renferme desdébris d animaux d'eau douce ou de tene» tandis que l'autre renferme des débris d'animaux marins. Cette circonstance a donné lieu de penser que le premier de ces groupes avait été formé dans des lacs et des marais d'eau'doace, tandis que le second avait été déposé dans la mer; supposition qui ne répugne nullement à Fimagination, puisque cet état des choses a beaucoup de rapport avec ce qui se passe actuellement sur la terre. Cependant une grande difficulté se présente, dès que l'on veut considérer comme terrains lacustres, tous les dépôts renfermant des animaux d'eau douce , et conmie terrains marins, tous ceux renfermant des animaux de mer; œ sont les alternatives de ces deux terrains qui, dans cette hypothèse, forcent de supposer que le même sol a été successivement, et à diverses reprises, le fond d'mie mer et le fond d'un lac Pour éviter cette difficulté, plusieurs géologistes^ sont

* Personne n^a mieux développé ce système qne M. Consuat Prérosi dans son mémoire sur les submersions des oontinenu actuels 9 inséré dans le tome lY des Mémoires de In socsétv d^histoire natarellc de Paris.

PHÉNOMÈNES ÀN^OILUTIENS. 6^1

d'avis que Ton doit considérer lés conciles à animaux d'eau douce , intercalées dans celles à ani«maux marins, comme ayant été également formées dans la mer, et* que les animaux d'eau douce et de terre y auraient été transportés par de grandes inondations. On conçoit que ce système peut être soutenu, et qu'il a pour lui ce qui se passe dans quelques-uns de nos atterrissemehts, ainsi que le mélange d'animaux de mer et d'eau douce, que Ton observe quelquefois dans une même couche. Aussi sommes-nous loin de vouloir contester que ce mode de formation n'ait pas eu lieu. Mais l'existence de grands dépots nymphéens où, comme dans la Limagne d'Auvergne , on ne voit aucune trace de la présence de la mer, ne permet pas de douter qu'au moins une partie de ce terrain ait été formée dans des lacs ou dans des marais. D'un autre coté, il y a tant de rapports entre le terrain nymphéen de ces lacs éleva, et celui qui est recouvert par du terrain tritonien,' qu'il doit être permis de rechercher si l'on peut concevoir comment le même sol a pu être alternativement recouvert par la mer et par des eaux douces.

732. Or, ce que nous avons dit à l'occasion des volcans et des tremblements de terre, conduit à supposer des eidbaussements et des affaissements suffisants pour que le fond d'une mer devienne un lac, que ce lac soit ensuite transformé en un golfe, puis ce golfe en un lac, et ainsi de suite; de sen]J>lables résultats pouvant se produire de

plusieurs manières et s'associer avec les divena hypothèses indiquées ci-dessus.

En effet, dans l'hypothèse qui fx)mpare la partie supérieure de la croûte du globe à une Toùte composée d'éléments imparfaits (665) qui pèse sur une enveloppe flexible, on sent que certains Toussoirs pouvaient s'afîaîsser , tandis que d'autres s'élevaient, et que, de même que les trem> blements de terre actuds aiTectent plus particulièrement les contrées qu'ils ont déjà secouées, ceux de cette époque devaient aussi avoir fba de tendance à agiter un même sol à divenes époques.

Si nous passons ensuite à l'hypothèse de Is formation des rides successives (666), nous ne Verrons non plus qu'une succession d'affaissements à côté des soulèvements.

L'hypothèse des tassements (670) est encore plus fevorable à^ cette combinaison de sonlèremoits et d'affaissements; car il est à remarquaà cet ^ard que Tobjection que les tassements n'ont plus lieu sensiblement dans les contrées en couches horizontales, n'est d'aucune valeur à cet égard ; puisque tout annonce que la plupart de c«s dépôts horizontaux reposent sur des dépôts inclinés, c'est^-dire qui ont été soulevés bru8({ue^ ment, et qui par conséquent ont du éprouver les effets du tassement, effets qui d'ailleurs sont annoncés par les failles que l'on remarque dans les dépôts les moins bouiéversés.

Enfin, l'hypothèse qui attribue l'origiae àa grandes vallées escarpées à des- crevasses résuf-

644 (JÉOGÉKIE.

• 754- Quant aux souleTemeats qui ont eu lîei peudant la période tériaire, nous ajouteroDS i ce que nous avons dit dans le chapitre préce dent (7j5 et 71G), qiie M. Élie de Beaumon place aussi dans cette période sa diuème révo lution, à laquelle il atlribue le i-edressement de couckes d'un système de montagnes qui com prend les fies lîe Corse et de SarÛaigne , aini que d'autres élévations, dirigées également d nord au sud , telles que celles qui , dans le ceoti de la France, bordent les vallées de la Limagn d'Auvergne, de la Haute-Loire et de la Bresse. ] croit que l'on peut aussi rapporter à cette ré« lution quelques rameaux qui présentent la mên direction dans l'Italie et laSlavogrèce, ainsi qc les chaînes du Liban.

M, de Beaumont place entre la formation d terrains tériaires et celle des terrains ammonéea sa neuvième révolution, qu'il considère comn avant donné naissance à la chaîne des Pyrénée à ceux des chaînons des Apennins diriges pi rallèlement de l'ouest^uord-ouest à Test-sud-eS et qui présentent des couches inclinées de tcrr»i crétacé, tandis que les couches tériaîres qui I avoisinent conservent en général leur posîtk liorizontale. Il pense que les eflels de cette ré» lution ont été extrêmement étendus, et qu'i dépendammenl de plusieurs rameaux, qui se i marquent dans l'Allemagne, la Hongrie, la SU vogrèce, on peut y rapporter quelcjues chaino de l'Atlas en Afrique, la chaiue du Mont-Cd mel en Syrie, les montagnes de Mésopotanu

plusieurs dliatnons du Caucase, peut-être même la chaîne des Ghates dans l'Inde , celle des Alleghanis dans l'Amérique septentrionale, etc.

7S5. Si nous cherchons maintenant à recon*éut è* gt< naître quel a été successivement l'état du globe ««^ t^»'« pendant la période tériaire, nous ajouterons à ce que nous avons déjà dit sur cette matière (7^5) que , plus on avance dans cette période , moins il y avait de grandes chaînes de montagnes, d'où il résulte que nos continents devaient être suc* cessivement moins étendus. Cependant les dimen* sions des terres découvertes étaient suffisantes pour que la répartition et la natiure des êtres organisés qui les habitaient, se rapprochassent déjà beaucoup de ce que nous voyons sur nos continents actuels. Néanmoins, tout indique que plus on avance dans cette période, plus les formes compliquées, celles que les naturalistes mettent à la tête de leurs méthodes, diminuaient; et nous voyons que toutes les espèces, et ensuite tous les genres, différents des espèces et des genres actuels , tendent toujours à s'éloigner davantage des êtres que les naturalistes appellent les plus parfaits , et à se rapprocher au contraire de ceui^ qu'ils placent à la fin de chaque type. C'est ainsi que, parmi les mammifères, nous voyons snc^ cessivement diminuer les carnassiers et augmen^* ter les pachydermes, et que, parmi les vitaux» les plantes dicotylédones paraissent aussi diminuer , tandis que les monocotylédones augmentent Cependant, sauf la présence de l'homme, k l'égard duquel nous avons déjà donné quelque^i

réflexions (738), l'existeBoe de tous les ffRuàs types actuds d'oi^anîsation se troure constatée pendant toute la période tériaire.

D'un autre côté, on a pu remarquer qne la &une et la flore de cette période se réunissent pour prouver que nos contrées tempérées on glaciales aTaient alors une chaleur plus forte que cdle dont elles jouissent actuellement, et qui, ne pouvant être un effet de l'action solaire, doit être une suite de l'état antérieur du globe. Ce n'est pas encore cette végétation extraordinaire du terrain houillâ', ni ce développement des formes animales de la période anunonéenne; mais c'est un ordre de choses anal<^ue à ce qui a maintenant lieu dans la zone torride. Du reste, nous avons dqà. eu l'occasion de £iire connaitre (736) que diverses circonstances annonc:ent que, dans les derniers temps de la période qui nom occupe, la température était d^à en rapportavec les eflets de la chaleur solaire, et que si nos contrées nourrissaient encore des éti'es à fonnes tropicales, ces fonnes avaient déjà subi quelques altérations, et n'attendaient, pour ainsi dire, qu'une catastrophe violente pour disparaître tont-à-fait.

j> 736. Si nous passons ensuite à la période am- ' monéenne,noufiremarqueronsquelaplusgrande différence qui existe entre les terrains formés pendant cette période et ceux de la période tériaire, consiste dans la nature des corps 01^nisés qu'ils renferment Noos verrons notamment que les débris d'êtres vivants dans l'eau douce

PHÉNOMÈNES ANTl!3>ILUTIEN& 64?

l&t sur la terre , si commuos dans les dépots nymphéens, sont devenus très-rares dans les terrains ammonéens, et ne s j (rouyent presque jamais seuls, de sorte que Ton n'y rencontre presque plus de terrains d'eau douce.

Nous remarquerons paiement que cette na-* ture vivante s'éloigne davantage de celle de la période actuelle. On n'y voit plus ou presque plus d'animaux jouissant de la respiration aé^ rienne, et au lieu de ces grands mammifères qui caractérisaient la période tériaire, les ter-* rains ammonéens nous présentent d'énormes rep^ tiles, dont les formes sont très-différentes de celles des reptiles actuels, et des mollusques d'une taille véritablement gigantesque, par rapport aux dimensions des mollusques d'aujourd'hui , et dont plusieurs diffèrent tellement de ces derniers, ainsi que nous l'avons déjà fait remarquer, que les zoologistes n'ont pu encore se mettre d'accord sur l'ensemble de leurs formes. D'un autre côté, la grandeur des animaux de la période ammonéenne, l'abondance de leur nombre, et leurs affinités zoologiques, annoncent un ordre de choses bien moins éloigné de ce qui se voit main* tenant sous la zone torride , que de ce qui a lieu dans nos zones tempérées.

Les végétaux sont rares dans les terrains am« monéens , mais le petit nombre qui a été observé jusqu'à présent^, annonce, comme les animaux,

* Il faut remarquer qu^en parlant ici de la flore ammonéeDne, je jQ^entcnds indiquer que celle de la partie principale des dépôts

ta (liminution des formes que les naturalt: considèrent comme les plus parfaites, aussi n'] trouve-t-on presque plus de véritables dicotylr dones, et les phanérogames gymnospermes, c'esl à-dire les conifères et les cycadées, danslesquelli M. Adolphe Brongniart voit un intcrm»Iiaii entre les véritables phanérogames et les LTvpto gamcs, s'y trouvent dans une proportion si coo sidérable, (ju'elles forment la moitié des espéca connues de cette petite flore, tandis qu'elles n composent que j-js des espèces actuelles; et, < qui est encore plm remarquable, la famille dl cycadées, qui ne forme pas la millième parC des espèces actuelles, et qui est reléguée dai les pays les plus chauds, compose près de " moitié des espèces qui ont été observées les terrains ammonéens de l'AngleteiTe.

^■•^ani^rn -j^-j . On volt par ce qui prét:ède que letm toJu!" "°" ^^^ animaux et celle des végétaux de la périodl ammonéenne conduisent également à conlirma les circonstances les plus importantes de la th^ rie que nous avons adoptée pour expliquer Ia formation de l'écorce solide de notre planète] savoir: l'existence, dans les temps anciens, d'uni chaleur supérieure a celle qui aurait pu prove nir du soleil, et le soulèvement des moatagna occasioné par la diminution de cette chalem originaire.

r«ppeUr que nous i jusqu'à prêtent dan du terrain houiller.

La première de ces conclusions n^a pas besoin d'autre explication que ce cpie nous avons dit du rapprochementdes corps organisés ammonéens avec les êtres qui vivent maintenant sous la zone torride.

Quant à la seconde, nous ferons d'abord remarquer que la -rareté des animaux à respirar tion aérienne semble annoncer, ainsi que Fa fait observer M. Adolphe Brongniart, que latmosphère de cette époque était chargée de gaz qui la rendait impropre à ce genre de respiration, et nous verrons effectivement dans la suite de ce chapitre, que, d'après l'hypothèse du refroidissement successif, plus on avance dans la série des temps, plus les émanations gazeuses devaient être abondantes à la surface du globe. Du reste, il faut éviter de donner à cette non-existence, pendant la période ammonéenne, des animaux à sang chaud, une importance trop grande comme fait exclusif, puisque de nouvelles obsei*vations pourraient renverser les conséquences qiie l'on voudrait en tirer, ce qui paraît avoir déjà lieu pour quelques-uns des groupes formés pendant les dernières époques de cette période*. Il est à observer en second lieu, que la diminution des

* Cette observation se rapporte à la décooTerte d^ossements de mammifères» faite dans le calcaire jurassique de Stonesfield en Angleterre (yoir la note du n.° 3So}; mais ce fait, étant encore unique, ne peut être considéré comme suffisant popr renverser la régie que ces animaux étaient excessiTcment rares pendant la période ammonéenne, et n^existaient même pa<» encore lors de la formation des premiers groupes.

que la tptanûté des terres decourertes était moins considérable que dans la période suivante; or, d'après ce que nous avons dit sur l'orî^ne et l'apparition successive des monta^Ms, l'espace Ofxmpé par les mers a dû derenir moins étendu, à mesure qu'il s'élevait de nouvelles terres; car OQ conçoit que si l'écorce du globe était unie, eile serait entièremeat recouverte par une mer universeUa D'où il résulte que, dans l'hypothèse des soulèvements, l'étendue des terres a toujours dû aller ai augmentant, tandis que dans Yhypothèse de réroston, elle devait aller en diminuant, puisque les effets de l'érosion tendent à aplanir la surface du globe.

Ihi reste, il iàut aussi éviter d'entendre dans un sens trop absolu ce que nous disons du peu d'étendue des terres pendant la période ammonérane; car, les soulèvements se &isant par révolutions successives, il n'a pas dû y avoir de trèsgrandes différences entre deux périodes voisines; et la petite flore ammonéenne vient, à cet ^;ard, nous révéler un fait que sa nombreuse fetune nom laissait ignorer : c'est que l'ensemble de cette flore, ayant plus de ressemblance avec la végétation des continents qu'avec celle des îles, annonce qu'il existait déjà, à cette époque, des continents étendus. D'un autre côté, la circonstance que nous voyons si peu de restes des êtres qui habitaient ces continents, semble annoncer que ceux-ci ont été submei^és, ce qui est une présomption en faveur de la supposition que nous

•aunoiiécBBC.

avons Êtite à Foccasion des alternatives de terrains marins et de ten*ains d'eau douce (732);c'estrà* dire que les soulèvements, en mettant de nouvelles terres à découvert, occasionaient la submersion d'une partie de celles qui étaient déjà au jour.

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