‹ Éléments de géologie, ou, Seconde partie des éléments d'histoire naturelle inorganiqueChapitre 8 sur 89 · BISTRIBCTION DES TERRES ET DES EAUX · texte numérisé non relu

BISTRIBCTION DES TERRES ET DES EAUX

Lorsqu'une partie de mer, resserrée entre des terres , établit la communication avec d'autres parties de mers plus larges, on lui donne le nom de détroit^ de hras de mer, de canal ou de passage, sans parler d'autres dénominations particulières à quelques-unes de ces communications , comme odles de Pas-de-Calais, Phare de Messine, etc.

Vers le milieu des zones tempérées, les mers commencent à présenter dans certaines saisons des glaces, qui d'abord ne sont que des glaces flottantes , amenées des hautes latitudes par les courants, et des glaces temporaires, qui se forment le long des cotes pendant les hivers rigoureux. La quantité et la durée de ces glaces yont toujours en augmentant , à mesure que l'ons'avance Ters les pôles, et il est un terme où l'on rencontre des glaces fi^es, c'est-à-dire, où la mer est constamment couTcrte de glaces. Les limites des glaces fixes sont très-yariables et ne sont d'ailleurs pas encore bien déterminées, d'autant plus que des glaces que l'on considère comme fixes, parce qi/elles ont traversé plusieurs étés sans se rompre, peuvent l'être pendant une année plus chaude. En général , on rencontre peu de glaces fixes dans l'hémisphère boréal avant le So.** degré de latitude ; maU elles s'avancent beaucoup plus dans l'hémisphère austral, où la navigation est déjà gênée, dès le 60/ degré , par les glaces flottantes , et où Fou n'a pas encore pu atteindre le yS.** degré.

1 1 . Les eaux qui n'appartiennent pas à l'Océan Eim des term. peuvent se diviser en ectux courantes, en eaua: stagnantes et en eaux solides, en prenant toute*

l6 GEOGRAPHIE.

fois la dénominâtiou d'eau stagnante dans un sens relatif plutôt qu'absolu; car la plupart des amas d'eaux qm nous appelons stagnantes, sont tra* versés par des cours d'eau dont ils ne sont alors qu'une espèce de renflement , déterminé par l'élargissement et l'approfondissement de la dépression du sol dans laquelle coulent ces cours 4'^siu. •i*n.?i(.. ^^- Lorsque les eaux que nous appelons stagnantes ont une profondeur suffisante pour gpné^ senter réellement une masse d'eau, on les appelle lacs et étangs , ^elon que la masse est plus ou moins étendue; mais ici, comme pour les autres divisions que nous venons de voir, l'usage ne se soumet pas à des règles fixes , et non-seulement on donne quelquefois le nom d'étang à des amas d'eâux plus grands que d'autres que l'on appelle lacs; mais lorsque ces amas sont très-considérables, on leur attribue généralement le nom de mer; telles sont la mer Caspienne et la mer d'Axal ; on donne même le nom de mer Morte à un petk lac de la Palestine.

On emploie le nom de marais pour désigner les lieux où l'eau n'est pas assez profonde pour empêcher la végétation , et où elle est , pour ainsi dire, mélangée avec la terre. Il y a des marais d'une étendue immense et d'autres extrêmement petits. On appelle ordinairement Savanes, les grands marais qui se trouvent dans les plaines de l'Amérique méridionale*

1 3. Les ecuio: courantes peuvent se distinguer en permanentes et acc£^ ^(cUes ; les premières se divisent en fleuves >.• .^s et ruisseaux , selon

Eani fouraatcs

DISTRIBUTION DES TERRES ET DES EAUX. i 7

fimportance du cours d'eau ; mais , quoique Ton ait souvent voulu appliquer exclusiYement le nom de fleuve aux grands cours d'eau qui se jettent directement dans la mer, on désigne souvent le plus grand des cours d'eau connus , par le nom de rivière des Amazones.

Les eaux accidentelles sont quelquefois appelées eaux saui^ages ; et , lorsqu'elles forment des masses considérables qui coulent avec violence et qui eiercent des ravages sur leur passage, on leur donne le nom de torrents.

Les points où l'on voit sortir de l'eau hors de récorce solide du globe, s'appellentyô/z/oihef ou sources; la réunion de deux cours d'eau est nommée confluent; et celui des deux cours d'eau qui perd son nom pour prendre celui de l'autre, est un affluent de ce dernier. On considère de même comme affluent d'un cours d'eau, tout cours d'eau désigné par un nom différent qui verse ses eaux dans le cours d'eau ou portion de cours d'eau dont on s'occupe; car il arrive quelquefois que les parties d'un même cours d'eau portent des noms différents. Le point ou un cours d'eau se jette dans une mer, dans un lac ou dans un étang, se nomme embouchure, et lorsque le cours d'eau se divise en plusieurs hras vers son embouchure, celle-ci prend le nom de bouches,

Loi'squ'un cours d'eau est dans le cas de franchir brusquement une difféi^nce de niveau un peu considérable, on donne à ces chutes les noms de cataractes, de saut, de rapides, et de cascades. Les trois premiers ne s'appliquent qu'aux grands

cours d'eau; celui de cataractes indique ordinal^ rement que le fleure éprouve plusieurs chutes consécutives, tandis que celui de saut annonce une chute unique. Quant au nom de rapide, on l'emploie lorsque la chute n'est pas assez forte pour produire ce spectacle imposant qui attire l'attention sur les cataractes et les sauts, mais suffit pour int^cepter la navigation , ou du moins pour la rendre dangereuse. On se sert du nom de cascades pour désigner les chutes des cours d'eau peu importants.

San loiidM. 14. Les eaux solides sont aussi permanentes on temporaires. Ces dernières consistent dans les neiges qui tombent sur les terres et dans les glaces qui se forment sur les eaux pendant les temps froids, et qui se fondent pendant les moments plus chauds. Les autres consistent dans les neiges et dans les glaces qui résistent à la chaleur del'été, sans se fondre complètement.

Néigc 1 5. Les neiges perpétuelles se remarquent en

général partout où la température moyenne est de 3 à 4 degrés au-dessous de zéro du thermomètre, d'où l'on sent, d'après ce qui a été dit sur la température de l'atmosphère {Met, gS à 1 07), qu'elles ne peuvent exister sous la zone torride qu'à une assez grande élévation, mais que cette élévation doit tendre continuellement à s'abaisser, à mesure que l'on s'approche des pôles. M. de Humboldt évalue leurs limites, dans Fhémisphère boréal , de la manière suivante; savoir : sous I¥quateur^ à 4800 mètf^'^^^^ ^^ ^^'* ^^S^ de latitude, à 4550; sous 1 6^*>^ ^l^^y ^* ^^*

Page 1