ORDRE
TERRAINS TÉRIAIRES.
Caractères généraux. — Les terrains tériaires, lorsqu'ils sont en contact avec les terrains modernes , se trouvent en dessous de ces derniers ; ils présentent plus de roches cohérentes, et les corps organisés qu'ils renferment appartiennent généralement à des espèces qui n'existent plus , mais dans les« quelles on reconnaît toutes les classes d'êtres qui vivent maintenant à la surftce de la terre , notamment celle des mammifères.
Ces terrains recouvrent une partie assez considérable du globe , entre autres, la plupart des plaines les plus fertiles, et par conséquent celles où les hommes ont formé leurs principaux établissements.
264. Division en groupes.— Les terrains tériaires présentent, sous le rapport de leurs fossiles, une différence bien remarquable ; c'est que dans les uns ces fossiles se composent, en général, de débris d'animaux analogues à ceux qui vivent dans la mer, tandis que dans les autres ce sont principalement
Voyage dans les Alpes , ^ 305.
Itt GEOGNOSIE.
des animaux analogues à ceux qui vivent dans Peau douee« D'un antre oôté^ une portion de ces terrains est presque entièrement composée de débris de roches qui paraissent provenir de dépôts préexistants. D'après ces considérations nous divisons cet ordre en trois groupes, que nous désignons respeotivement par les épithètes de tritanien, denymphéen et de dibmien} mais les liaisons qui existent entre ces trois groupes étant encore plus intimes que edles que Ton remarque dans les terrains modernes , et les dépôts qui appar^ tiennent à Tun de ces groupes se trouvant souvent séparés par des dépôts qui appartiennent aux autres , il est très-difBcile de les distinguer ; aussi la plupart des géologistes préfèrent -ils diviser les terrains qui nous occupent d'après leurs positions respectives ; méthode à laquelle il sera facile de ramener notre division , puisque nous subdiviserons chacun de nos groupes en trois étages, de sorte que^ en réunissant chaque étage correspondant , on aura une division des terrains tériaires en trois groupes déterminés par leur position, et qui seront respectivement supérieur, moyen et inférieur; lesquels correspondent, sous le rapport de leurs fossiles^ aux trois systèmes que nous avons indiqués (220, 221 et 222) sous les noms de système des éléphants^ des mastodontes et des paléothères \
* Parmi les considérations qui, peut-être à tort, m'ont porté à continuer jusqu'à présent de diviser les terrains tériaires d'après le mode de formation , se trouve le désir de conserver des coupes qui se rattachent à l'une des plus brillantes découvertes de la géologie moderne , découverte qui a tant occupé les naturalistes, depuis que MM. Guvier et Brongniart, dans leur célèbre mémoire sur la Géographie minéralogique des entirons de Paris, lu à Tinstltut de France le 11 avril 1808, ont annoncé , d'une manière positivé, que les terrains sur lesquels repose cette capitale avaient été alternativement formés dans la mer et dans les eaux douces. Du reste , tout en convenant que la division de ces terrains par époque de formation présente de grands avantages et est quelquefois d'une application plus facUe , je dirai qu'il me semble que , malgré les immenses progrès que la géologie des terrains tériafres a faits dans ces derniers temps , cette partie de la science ne me parait pas encore assez fixée pour que je me décide à changer la marche que j'avais adoptée dans la première édition du présent ouvrage. Je me suis seulement attaché k coordonner mes étages de chaque groupe de manière à ce qu'en réunissant ceux de même nom, on ait, ainsi que je l'ai dit ci-dessus , une division des terrains tériaires par ordre chronologique.
Quant à ce qui concerne les dénominations que j'ai adoptées , je dirai que ceUes de terrain d'eau douce et de terrain marin que Ton a employées , lorsqu'il a été reconnu qu'une partie de ces terrains avaient été fbrmés dans l'eau douce , ne pouvaient convenir à ma nomenclature, puisqu'elles annonçaient que ces deux groupes de terrains tériaires comprennent tous les terrains marins et d'eau douce ; ce qui n'est pas exact : or, comme M. Brongniart appelle terrain tritonien un de êti groupes marins , j'ai cru pouvoir aussi appliquer cette dénomination à mon groupe marin , quoiqu'il ait plus d'étendue que le terrain tritonien de M. Brongniart, et comme les nymphes de là mythologie jouaient à peu près le même rôle à l'égard des eaux douces, que les triions à l'égard des eaux marines, j'ai désigné mon groupe d'eau douce par l'épilhète de nymphéen. D'un autre côté, j'ai cru devoir employer la