‹ Éléments de géologie, ou, Seconde partie des éléments d'inorganomie particulièreChapitre 35 sur 56 · U G£0GN06I · texte numérisé non relu

U G£0GN06I

num,\aLMyamaGtraideê, la ifyophoria piUgarû et i*anite&coqp3ik$wiA déterminées.

461 . Gypse. — Le gypse se trouve au milieu des marnes en amas eouchés , en noyaux , en veines qui ont toutes sortes de directions , et autour desquels on voit les marnes présenter une stratification contournée ou ondulée. Sa couleur dominante est le blanc plus ou moins bigarré de rouge; il est ordinairement grenu et passe aux textures fibreuse et laminaire. On y trouve quelquefois des cristaux de quartz, de galène, de selmarin, de glaubérite, etc. Il ne contient pas de fossiles, si ce n'est dan; les parties inférieures qui touchent à la dolomie et où l'on trouve des débris de reptiles , de Plaeodtu gigaSy de Psammodus angtistissimtis , à^HybodtiS plicatilis , deRostelicma? obsoleta, de NaticapiUla, de Fenericardia Goldfussiiy de Nucula dubia, de Myophoria Goldfussii, mUgaris et curvirostris ; ^Atricula socialis.

Quelquefois le gypse est séparé de la dolomie par une marne d'un jaunegrisâtre , passant au rougeàU*e , qui referme tant de débris de poissons et de reptiles , que c*est en quelque manière une brèche osseuse. Parmi ces débris on distingue des dents A' Ichtyosaurus Ltmevillensis , des écailles de Gyroiepis maanmtis et Albertii, des dents de Psammodus angustissimtu et retictUatuSy d'Acrodus Gaillardoti et A'Hybodus plicatilis , des coproliies, ainsi que des coquilles de Mya nvusculoides , de Myophoria Gold/ussH, vulgaris et curvirostris; d'AvictUa socialis et subcostata, de Plagiostoma striatum et lineatum.

462. Dolomie. — La dolomie forme sous le gypse une couche ordinairement fssez puissante ; elle est d'un jaune sale, passant au gris de famée; elle est quelquefois huileuse, et ses cavités présentent des cristaux de calcaire et de dolomie : elle renferme aussi du silex, des pyrites et des veines de gypse. Ses fossiles sont des restes de sauriens , le Trochus Albertirms, le Bucdnum turbiUmmi, les Rostellaria sccUata etobsoleia, la NaticapuUa, le DmioHtam lœve, la Linguia tenuissima, les Avicuia socialis, 8ubcosta4a et lineata; le Pecten Icevigatus, les Myophoria Goldfussii, lœvigata, vulgaris et curvirostris.

463. Lignite de Gaildorf. — La partie inférieure de cet étage constitue un système particulier qui ne présente plus les couleurs variées des parties moyennes et supérieures ; elle est, comme on Ta vu ci-dessus, principalement caractérisée par la présence de matières charbonneuses , notamment par une ou deux couches minces de lignite argileux (Lettenkohle). Cette substance , que l'on exploite pour faire de 4a couperose , notamment à Gaildorf, est pénétrée de pyrites , brûle difficilement en laissant un résidu argileux , et se ^élite en petits fragments lorsqu'elle est exposée à l'air.

Le lignite est ordinairement recouvert de calschiste gris-jaunàtre , passant

Digiti

T£RaAIN TRlASIQUfi. fiU

à l'argile fleuflletée, au grès, an macigno, et renfermant quelquefois du cal* caire gris de fumée, de la dolomie et un peu de gypse. Enfin, le lignite est séparé de Fétage eonehylien par de l'argile souvent feuilletée , quelquefois massive, passant à l'ampélite alumineiu , au calschiste bitumineux et au grès schistoide.

Les fossiles que l'on trouve dans ce système sont : le Salamumdrmdes Jcb^ geri, des coprolites , les Gyrolepis tentUstriatus et Albertii, le Psamnuh du^ heteromarphtu , VAcrodu9 GaUlardoti, les Hybodus sublcBvi» et ofr/irgutts, la Possidùnia minuta, la Ungula tenmssima, une bivalve voisine des sanguinolaires, les Mya musculoides et elongata, les Myophoria Goldfussii et vulgarù, des Syringodendron , les Bquigetunn arenacetmi et Meriavi, le CaUmiites aretuiceus, le Tœniopteris viUata, le Clathopteris menùcoides , le Pecapteris Meriam, les Pterophyllum longifaUum et Meriani, des Fuctts et des corps qui paraissent semblables à des conferves.

464. Étctge eonehylien. — L'étage eonehylien ou Mtischelkalk , qui pa* ralt au jour sur une assez grande étendue, peut être subdivisé en trois systèmes principaux; l'un au-dessus, que M. d'Alberti nomme calcaire de Friedrichshall; l'autre au milieu, qui est caractérisé par la présence du selmarin et de la karsténite, et le troisième en bas , que M. d'Alberti appelle fFeUenr kaJk, à cause de sa stratification ondulée.

465. Caleaire de FriedriehslialL — Le ealeaire de Friedriehshall est principalement composé d'un calcafre gris-bleuàtre, gris de fumée et gris* noirâtre, à texture compacte, à cassure faiblement concholde, passant à la cassure droite, doué d'une grande résistance aux actions météoriques ; ce qui est cause qu'on le recherche pour les constructions , surtout pour empierrer les routes. Dans quelques localités il prend la texture oolitique; il est presque toujours mélangé de carbonate magnésique et souvent d'un peu d'argile , de sable et de matière charbonneuse ; il passe dans sa partie supérieure à une dolomie, nommée dans le pays nagelfèlsen ou malbsteinj d'un gris-jaunàtre ou d'un jaune-gris&tre, quelquefois rougeàtre, fort celluleuse, même scoriacée, dont les cavités varient depuis des pores intisibles jusqu'à de grandes cavernes. Le calcaire et la dolomie sont régulièrement stratifiés. Les couches de la partie supérieure sont assez épaisses et traversées par de fréquentes fissures verticales. Celles de la partie inférieure sont généralement minces et séparées par des lits encore plus minces d'argile, passant quelquefois au calschiste. On y trouve des rognons, des noyaux ou des cristaux de silex, tle calcédoine, de quartz, de barytine, de célestine, de marcassite , de sperkise, de blende , de galène , etc. ; mais la plus remarquable , sous le rapport économique, des substances étrangères renfermées dans ce système, c'est le minerai de fer, qui se présente quelquefois, comme près de Nagold , à l'état de iimonite en grain , formant de petits filons avec de l'argile ferrugineuse et des

tl« GÉ06N0SIE.

fragments de dolomie ; d'autres fois te minerai forme des bancs ou des amas à texture massive.

On voit sortir plusieurs sources minérales de ce système ; telles sont celles dlmnau , de Niedernau , de Gannstadt , de Berg ^ etc.

Il renferme beaucoup de fossiles. On voit même , dans la partie inférieure , un banc remarquable par l'abondance des fragments d'encrinites qui s'y trouvent. Les principaux de ces fossiles sont Ylchtyosaurus Lunevillensis , le Placoduê gigas, les Gyrolepis maœimus et Albertii, les Psa/mmodus an^ gitstissinms et heteromarphtM, XAcradus GatUardoii^ les Hybodus pU' catilis et obligutM, le PcUinwirus Suerii, le Conchorhynchtu omatus, le EhinohoUtes omattis, les Ammonites undahts et cinctus, le Nautilus bidorsatus, les Bucdnmn ttirbilinum et obgoletum, les Rostellaria $calata, obsoleta etHehK; les Turritella extincta et deperdita, le Trochus alberfinus, les Natica Gaillardoti etpulia, la Calyptrea discoides, le CapuhcB mitratus, les Mya musdUoides et nuiotroides, la OueuMBa Goldfusm, la Nueula dvbia, la Venus ntula, la Mactra trigona, les BÊyophùria mUgariê, curvirosMs, Goid/usm et Icevigaia; le JHytihu vetuêtiM, la Pema vetusta^ les Avicuia saciaKs, Branniei crispata; les Plagiostoma lineatwm et striatum; les Pecten discites ^ lœvigatus et Albertii^ les Ostrea spondyioides, crista difformis, suhcmomia, compta, Schûbleri, placunoides et complicata; la Gryphcea? prisca , la rcrcéro- ^a wdgcms, le Delthyris fragilis, la Lingula tenuissima, un fragment de balane^ le Dentaliu/m iceve, les Serptda sociaJis et valvata, le Cidarites grcmdœtms, YEncrinites KlUfùmvis, VAsterids obttisa, VOphiura iori" cata, etc.

466. Système salifère. — Le Systems saUfère est principalement composé de karsténite ^ d*où M. d'Alberti le nomme groupe de Vcmliydrite. Il renferme, outre le gypse ^ de Targile salifère, du selmarin, de la marne, de la dolomie, du calcaire, du silex, etc. Il ne présente pas de stratification régulière; mais les matières qui le composent, surtout la karsténite, le gypse, l'argile et le selmarin , forment des amas couchés ou des blocs , autour desquels se trouvent des espèces de couches interrompues et entourées en tous sens.

La karsténite est ordinairement d'un gris clair, passant au blanc, au bleu et au noir. Sa texture est souvent saccharolde; elle est quelquefois tenace, mais devient friable et terreuse par son exposition à Tair ; elle renferme fréquemment des veines de selmarin ; elle est quelquefois imprégnée de bitume, et on y trouve, mais rarement, des cristaux de glaubérite, d'epsomite, de soufre et de marcassite ; elle est quelquefois employée comme marbre.

Le gypse forme souvent la partie supérieure des amas de karsténite. Ses couleurs ordinaires sont le gris clair et le blanc; sa texture est saccharolde ;

mais te variétés fflM-euses et kmiiwmres se trourent fréquemment en yeines dans Fargile et la karsténite.

L'argile salifère est ordinairement d'un gris tojïeé^ tirant sur le bleuâtre, le verdàtre, présentant quelquefois des bandes rpugeàtres; elle est presque toujours mélangée de sehnarin et de gypse.

Le selmarin ne se manifeste souvent que par des sources salées qui paraissent prendre leur salure en traversant l'argile salifère ; mais dans quelques ^idroits, notamment à Wilhelmsglûck, au sud de HaQ, on exploite un dépôt puissant de selmarin limpide , blanc et gris , avec des bandes ou des taches rouges, tantôt laminaire, tantôt grenu et renfermant souvent de l'argile et de la karsténite.

La dolomie et la marne sont ordinairement jaunâtres. Les parties qui sont dans le voisinage du gypse sont souvent celiuleuses et renferment du silex, ainsi que des cristaux de quartz, de calcaire , d'epsomite et de galène.

Le calcaire est ordinairement gris de cendre , passant au gris-bleuàtre et au noirâtre, quelquefois fetide. Il est plus rare que la dolomie, et passe à la marne et au calschiste.

Le silex se trouve en rognons communément brun-noirâtre ou brun-rougeâtre , quelquefois tacheté ou rayé de gris , de bleuâtre , de noir ; il passe à la calcédoine et au quartz.

On ne trouve pas de f6ssiles dans ce système.

467. ff^ellenkaik. — Le fTellenkalk est ordinairement composé de calcaire et de marnes , qui alternent l'une avec l'autre en couches plus ou moins midulées.

Le calcaire ressemble à celui de Friedrichshall. Les marnes sont de couleur grise, généralement très -feuilletées, et se délayent par les actions météori* ques. Dans le voisinage du Schwarzwald le calcaire est remplacé par de la dolomie , et les marnes contiennent aussi du carbonate magnésique. Ce système renferme peu de substances étrangères : les principales sont le gypse et le sehnarin.

Les fossiles y sont peu abondants et se trouvent principalement dans la partie inférieure ; ils se composent à peu près des mêmes espèces que celles du calcaire de Friedrichshall. Les plus communs sont : la Mya mactroides, la Myophoria cardkmdes, le Plctgiostatna Hneatwm, les Avicula sociaHs et Branni.

Parmi les espèces que l'on n'a pas trouvées dans le calcaire de Friedrichshall, nous citerons la NumnmHtes AUhauiii, les Ammonites BuchU et 9ubnodonis.

468. Étage pœcUien. — Vétage pœcUien de la Souabe est généralement de couleur rouge , et principalement composé de grès , ainsi qu'on Ta dit cidessus, du moins dans sa partie inferieure; car, dans la partie supérieure,

y a beauooap d'argile , et le grès y devient ordinairement du psammite; de sorte que Ton peut y reconnaître les deux systèmes que nous avons indiqués sous les noms de grès de Nébra et de grèê des Vosges.

469. Psanvmites bigarrés, — La partie supérieure du premier de ces systèmes est une argile feuilletée rouge, qui d'un côté passe aux marnes grises du ff^ellenkalk ^ et qui de l'autre devient sableuse et passe à un psammite feuilleté , qui se divise en grandes dalles , dont on se sert non-seulement pour paver les habitations, mais qui sont quelquefois assez minces pour être employées à couvrir les toits. Ce psammite forme ensuite d'épaisses couches à texture massive, ordinairement brun-rougeàtre, rarement bigarré , et alors c'est le blanc , le jaune , le vert , le brun ou le noir , qui font des taches ou des raies sur un fond rouge ou blanchâtre. Il renferme beaucoup de paillettes de mica blanc d'argent, ainsi que des nids d'argile , et donne d'excellentes pierres de taille, dont la cohérence augmente par leur exposition à l'air.

470. Grès rouge, — Le système inferieur est celui qui s'élève à la plus grande hauteur de tout le terrain triasique de la Souabe. Il forme en général une large bordure sur le versant oriental du Schwarzwald et de l'Odenwald , et recouvre même une partie de ces montagnes. Il est généralement composé d'un grès assez pur , quoique coloré en rouge par de l'oxyde ferrique. Cependant il présente quelquefois des portions blanchâtres, brunâtres et noirâtres. D'ans les parties supérieures qui se lient au système précédent , ce grès passe an psammite , et dans les parties inferieures , il passe au poudingue , et renferme des noyaux de diverses grosseurs, principalement composés de quartz, de couleurs claires , telles que le rougeàtre et le grisâtre ; d'autres fois aussi le grès devient à grain si fin qu'il passe au quartz grenu .Ces roches renferment de temps en temps des veines, des noyaux ou des cristaux de différents minéraux; tels que de la barytine, du quartz, du feldspath, de la cornaline, du calcaire, etc. Leur stratification, quoique généralement horizontale, est cependant assez souvent irrégulière, et les couches sont traversées par de fréquentes fentes.

471. Terrain tria^que de la Lorraine. — Les terrains secondaires de la Lorraine y c'est-à-dire , les plateaux qui forment le versant occidental des montagnes primordiales, coupées par la plaine d'Alsace, présentent beaucoup de ressemblance avec les terrains secondaires de la Souabe, qui forment le versant oriental des mêmes montagnes. Le terrain triasique y est de même très -bien prononcé; mais il y présente quelques différences, dont une est très -remarquable sous le rapport économique , c'est que le dépùt saUfere ne s'y trouve plus dans l'étage conchylien, mais bien dans Yétage keuprique.

472. Étage keuprique. — Cet étage présente encore une autre dîfFérence, c'est que le grès supérieur y manque on phit^t ne s'y trouve qu'en rudiment. A la vérité les marnes kenpriques y sont , de même qu'en Souabe , recouvertes par on dépôt de grès, mais c'est le grès de Luxembourg (434), renfermant

les fossiles liasiques , et non lé grès de Stuttgart (460) , renfermant les fèssiles triasîqueï. Il est à remarquer aussi que ce grès se lie plus intimement avee les marnes liasiques qui le recouvrent^ qu'avec les marnes qui sont en dessous.; ce qui est l'inverse de ce que l'on voit en Souabe.

Du reste , l'étage keuprique de la Lorraine est de même principalement composé de marnes , qui se désagrègent en petits fragments , et qui sont bi-* garrées de rouge, de violàtre, de gris-verdàtre et de gris-bleuàtre, d'où on les a nommées marnes irisées. Les premières assises, après le grès liasique^ sont ordinairement des marnes vertes ^ qui renferment quelques lits minces d'argile scbistoide noire.

On trouve aussi dans la partie supérieure de ces marnes des masses plus ou moins puissantes de gypse blanc, gris ou rouge, et vers le milieu on voit constamment de la dolomie grisâtre ou jaunâtre, compacte , quelquefois cel-* luleuse, des psammites à grains iins et à aspect terreux, de couleur grisbleuâtre ou rouge^-violàtre, et de l'argile schistolde noirâtre. Ces couches de psammites et d'argile qui alternent avec les marnes, renferment très-souvent des empreintes de végétaux, et de temps en temps, notamment à Noroy, département des Vosges, des couches de lignite ou de mauvaise houille que l'on a quelquefois employée comme combustible.

La partie inférieure des marnes irisées renferme des masses de gypse et de karstënite qui sont plus constantes que celles de la partie supérieure; mais ce qui rend ce système bien important, c'est la présence du selmarin et de l'argile salifère, qui, de même que le gypse , forme des amas couchés plutAt que des couches réglées. On a notamment reconnu cette substance à Vie et à Dîenze , département de la Meurthe, et dans cette dernière localité les travaux d'exploitation ont traversé onze assises de selmarin, formant une puissance totale de cinquante-huit mètres.

Ce sel est ordinafa'ement d'un gris plus ou moins foncé , avec des parties blanches, limpides ou rougeàtres. L'argile salifère renferme souvent des cristaux de selmarin.

On trouve aussi dans le système marneux qui nous occupe, beaucoup de sources salées ^ dont les eaux s'imprègnent sans doute , de selmarin ^ en filtrant à travers l'argile salifère.

473. Étctge conchyUen. — Les marnes irisées passent dans leur partie inférieure à une marne schistolde grise, qui est le commencement de Yétage canchylien; lequel est, comme en Souabe, principalement composé de calcaire passant à la dolomie, gris de fumée, compacte, tantôt à cassure Gonchofde , tantôt à cassure droite , mais raboteuse. Ce dépôt est assez riche en fossiles , qui ressemblent k ceux de la Souabe. Les plus communs sont : la Terebraiula vulga/ris, \Avicula sociaHs, le Mytilus eduHfarmiSy VAm-monites nodosiM ^ ÏEncrinites lUUformis, etc.

MO GéOGNOSB.

474. Étage pcecUien. — Vétage pœciHdn de la Lmraine présente d*iuie manière plus nette qu'en Souabe les deux systèmes qui ont étéi indiqués préeé* demment.

475. Pso/mmite bigarré. --^hn où domine le pêomnUte bigarré, forme ordinairement des collines arrondies^ placées au pied des montagnes de grès des Vosges. Quelquefois cependant il recouvre des plateaux au-dessus de ce grès ; tels sont ceux des environs de Plombières et de Sarrebrûck.Cesystème se lie intimement dans sa partie supérieure avec l'étage précédent , et l'on voit des marnes grises conchyliennes passer à la couleur rouge , qui finit par devenir dominante , de sorte que la partie supérieure de ce système ressanUe quelquefois aux marnes irisées. Du reste , ces marnes deviennent bientôt sableuses et passent à un psammite presque toujours micacé. La couleur dominante de ces roches et le rouge-violàtre et brunâtre ; mais il y en a aussi de blanchâtres^ de jaunâtres, de bleuâtres et de verdâtres, et d'autres qui sont rayées ou tachetées par quelques-unes de ces nuances. Les assises supérieures de psammites sont souvent assez feuilletées pour qu'on les emploie , comme des ardoises , à couvrir les toits ; on en fait aussi de bonnes meules à aiguiser, et les assises inférieures , qui sont ordinairement assez épaisses, donnent de belles pierres de taille.

Indépendamment des marnes et des argiles qui accompagnent souvent ces psammites , on y trouve aussi des noyaux, des blocs , des amas ou des bancs minces de dolomie et de gypse , ainsi que des indices de lignite et de selmarin.

On a observé dans ce système les fossiles suivants * : Placodu9 impre$sus, PêOânmodus eh/tra, Acrodtts Braunii, Bostellaria 9calaia, R. antiqua, A. dedrita, /?.? obsoleta; Natica Gaillardoti, Mya Mtuculoides, Myaphoria vulgaris, M. curvirostris , M. cardùsoides; Mytilus vetusiui, Avicula sociaJis, A. Bronni, A. tubcostata; Piagiostoma Hneatum, P. sùriatum , P. inœquicostatwn} Pecten disettes, Ostrea crista difforrms,^ Lingtda tenuissima, Possidonia nUntUa^EnorinitBs tiHifarmis, Calamités arenacetis, C. MougeotH, C. remotus; Equisetum cahunir nare, Anomopteris MougeotU, Nevrqpteris VoltzU, N. elegans; Sphenapteris paimetta , S. myriophyilum; Filicites scolopendnrides, F'altzia brevifoiia, V. rigida, V. acuMfolia, V. elegans, V. heterophylla; Canvallarites erecta, C. nutans; Paleaofyris régulons, Bcidnostaohys oblanga, ABthophyllum stipulare.

* Tous les fossiles cités ci-dessus n*ont pas été également trouvés dans la Lorraine. Les poissons Tiennent des environs de Deux-Ponts, dans le PalaUnat , et la plupart des plantes de Soulz-les-Bains en Alsace ; malt ces locaUtés apparUennent au même massif triasique qw la Lorraine.

TERRAIN TRUSIQDE. ttl

476. Gré$ de» F09ges. ~ Le grès des Vosges, quoique géognostiquement inférieur au système préeédent, s'élève en général beaucoup plus haut et recouvre des sommités qui figurent parmi les cimes les plus élevées des Vosges; tel est le grand Donon , haut de 1,010 mètres ; il forme autour de la partie primordiale de ces montagnes une ceinture très -large du c6té de l'occident, très-resserrée , quelquefois interrompue du côté de l'est; il se prolonge ensuite vers le nord , en prenant assez de développement pour recouvrir presque à lui seul tous les plateaux de la Hardt , et va s'appuyer sur les terrains primordiaux du Hundsrûck. Dans cette étendue, le grès des Vosges forme souvent des plateaux qui s'élèvent en pente assez douce au* dessus de ceux recouverts par les dépôts supérieurs de l'ouest, mais qui se terminent vers l'est par des escarpements verticaux. Cette circonstance se remarque non-seidemenMe long de la vallée du Rhin , mais aussi le long de celle de la Moselle , et en général le long de toutes les vallées dirigées du sud au nord.

Sa stratification est généralement horizontale, et connue il renferme des couches qui s'égrènent plus fecilement les unes que les autres, il en résulte que les escarpements présentent des retraits et des saillies qui imitent des lignes d'architecture, et donnent souvent l'idée de ruines d'anciens édifices. Bans le voisinage des terrains primordiaux , la stratification horizontale est moins constante , et les couches inférieures présentent quelquefois la disposition que nous avons désignée par le nom de stratification affleurée (S06). On y voit aussi , surtout sur le versant oriental des Vosges , des couches assez fortement inclinées. Mais celte inclinaison, au lieu d'affecter toute la masse de la montagne , ne consiste souvent que dans quelques portions de couches qui sont comme éboulées le long d'un escarpement.

La roche la plus commune dans ce système , et qui compose presque exclusivement les assises supérieures , est un grès ordinairement rouge de brique, passant quelquefois au rouge -violàtre et plus rarement au blanc, au blancjaunatre et au jaune d'ocre. Ce grès, dont les grains sont ordinairement d'une grosseur médiocre, est souvent assez pur, et ne présente d'autre mélange que celui d'un peu d'oxyde ferrique qui icolore extérieurement les grains de quartz ; d'autres fois on y voit de petits grains de feldspath, soit intact, soit décomposé, de petites parties argileuses et des paillettes de mica. Souvent il est trèscohérent et donne d'excellentes pierres de taille ; d'autres fois il s'égrène facilement, et passe à l'état arénacé dès qu'il est exposé à l'air, d'où on l'a appelé /nerre de sable.

Ces grès, surtout dans la partie inférieure du dépôt , passent au poudingue , c'est-à-dire que la masse de grès rouge renferme plus ou moins de noyaux , ordinairement de nature quartzeuse. La plupart de ces noyaux sont formés de quartz compacte ou légèrement grenu, de couleur gris -blanchâtre , gris-

S8S GéOGNOSIE.

rougeàtre , blanc , rouge. Souvent Os sont Irayersés par des veines de quartz Manc, et l'on y voit aussi des paillettes de mica. Quelquefois ces noyaux ne forment, au miUeu delà masse de grès, que des bandes rares et parallèles aux joints de stratification ; d'autres fois ils constituent une grande partie de la masse. Du reste, ces poudingues présentent les mêmes degrés de cohérence que les grès , c'est-à-dire qu'ils sont quelquefois très -cohérents, et que d'autres fois ils ne forment que des masses de cailloux sans adhérence.

Les grès et les poudingues dont nous venons de parler reposent quelquefois directement sur les terrains primordiaux , mais le plus souvent ils en sont séparés par d'autres roches conglomérées , qui se lient intimement avec ces grès et ces poudingues ; mais que l'on considère comme appartenantes au terrain pénéen *.

477. Giies métallifèreê.—Le terrain pœciUen de la Lorraine renferme des gîtes métallifères , surtout du minerai de fer en filon ou en amas , et aux environs de Saint -Avold, notamment à Hagarten, il recèle de la galène et

* Je suis loin de vouloir soutenir une opinion contraire à ceUe admise par des observateurs aussi éclairés que MM. Voltz, d'Alberti et la plupart des géologistes allemands qui ont écrit sur les Vosges et le Schwarztwald ; aussi ne contesterai-je pas que les arkoses, les pséphites et les autres roches conglomérées que ces naturalistes rangent dans la formation du todiUegtmdB, ne lui appartiennent réeUement : je me permettrai cependant de foire remarquer id que Je suis porté à voir dans ces roches les débris ou, si Ton me permet Texpression , les embaUageê qui ont accompagné les granités et les porphyres au moment de leur soulèvement; débris qui ont été plus ou moins remaniés par les eaux. Or, pour pouvoir ranger tous ces débris dans la formation du todiliegende , il faut admettre que ces granités et ces porphyres ont été teuségalement soulevés pendant Tépoque pénéenne, et qu*aucun n*appartient à Tépoque triasique ; opinion que je crois probable , mais qui ne me parait pas encore bien démontrée. Lorsque je pensais 9 il y a quelques années, que le granité était la formation la plus ancienne , et que tout ce que Ton pouvait faire en faveur de la jeunesse des porphyres, était d*admettre que quelques-unes de ces roches fussent contemporaines des premières assises du U>diUegende,ie considérais tous les dépôts d^arkoses , de pséphite et de poudingues , autres que Void red sandstone, comme appartenants uniformément à la formation du toditiegende ; mais actaeUement , que M. Dufrénoy et plusieurs autres géologîstes ftunçals considérait les 1 arkotes du centre de la France(438) comme appartenantes à Tépoque liasique, et les aricotes de , la Limagne (290) comme appartenantes à Tépoque tériaire, je demanderai si Ton est bien fondé à donner comme certain que toutes les arkoses des Vosges, du Schwartzwaldet de TOdenwald, appartiennent au terrain pénéen plutôt qu*au terrain triasique , leur époque de formation 1 n^étant attestée par aucun fossile ? J*ajouterai encore à cette observation que les poudingues | et les pséphites d*0berstein sur les bords de la Nahe , sont , d*un côté , comme les arkoaes des | Vosges , inférieurs au grès vosgien , et que tout annonce que , de Tautre côté , ils sont dans , la même relation avec le terrain porphyrique d*0berstein, que les arkoses etles^phitesdes Vosges avec les porphyres et les granités de ces montagnes. Or, il est à remarquer que plu- I sieurs géologistes rapportent les roches porphyriques d'Oberstein au porphyre noir, c*est-àdire , à une formation plus récente que les granités et les porphyres rouges des Vosges , opinion que du reste je suis loin de considérer comme incontestable.

TERRAIN PIÉNIÊEN. 5tt3

de la céruse. On y rencontre aussi (quelquefois des indices de minerai de cuivre.

▼• GROUPE. — Terrain pénéen.

478. Synonymie. — Nous désignons par le nom de terrain pénéen % des associations de roches qui sont quelquefois réunies avec le terrain triasique sous la dénomination de groupe du grès r<mge ou new red ga/nd$tone, et qui ont aussi été nommées kupferschiefer, du nom d'un système particulier qui , dans la Thuringe^ forme la partie moyenne de ce terrain.

479. CarOfCtèreg généra/ux. —Ce groupe se compose, dans la Thuringe, de trois étages, où dominent respectivement les roches calcareuses, schisteuses et quartzeuses, et que l'on désigne ordinairement par les dénominations allemandes de xechstein, de kupferschiefer et de todtiiegende. Les fossiles y sont très-différents de ceux que nous avons vus dans les groupes précédents, et présentent, en quelque manière, les restes de la nature que nous allons voir dans les terrains hémilysiens; ce sont des productes , des spirifères , des paléonisques, des paléothrisses , des calamopores, des cyathocrines , etc.; mais le système quartzeux de ce groupe étant généralement privé de fossiles , et les autres systèmes en étant quelquefois dépourvus , il règne beaucoup d'incertitude sur les dépôts d'autres contrées que l'on rapporte au terrain pénéen; dépôts que les uns ont considérés comme extrêmement abondants, et que d'autres envisagent comme fort restreints.

480. Terrain pénéen de la Thuringe. — La Thuringe étant, comme on vient de le voir, la terre classique du terrain pénéen , nous allons la citer comme exemple.

481. Étage du zechstein. — L'étage calcareux y présente six systèmes principaux, que M. Freiesleben désigne par les noms de letten, stinkstem, asche, rauhstein^ ràuchwacke et zechstein.

482. Letten. — Le letten est une marne , ordinairement gris-bleuàtre ou gris-verdàtre , qui passe à l'argile et se lie intimement avec les psammites et les marnes triasiques qui la recouvrent, ainsi qu'avec le calcaire fétide sur lequel elle repose. Elle renferme des bancs ou des rognons de .dolomie sableuse et des cristaux de calcaire et de gypse, et au Riesengrunde, près de Helsta, elle passe à une roche poudingiforme qui se rapproche des pséphites, qpelque

* rai proposé en 1829 Tépithète de pénéen (pauvre) comme une espèce de traduction dn nom de todiliegende {mur mort), que les mineurs et les géologistes aUemands donnent à un des systèmes de ce groupe; mais M. Brongniart, qui a adopté la dénomination de terrain pénéen dstuê son travail de 1890, en a, en quelque manière, détourné le sçns, en rappliquant uniquement au zechstein et en plaçant le todiliegende dans son terrain rudimentaire.

fois des gompholites^ et qui contient beaucoup de fragments de micaschiste, de gneisse, de granité et de porphyre.

483. Stinkstein. — Le stinkstein est un calcaire fétide , ordinairement brun-noiràtre , imprégné de bitume, et plus ou moins mélangé ou accompagné d'argile, de limonite et de gypse. Il se présente soit en couches minces, compactes, passant aux textures grenue ou schistolde; soit en firagments anguleux qui sont quel<iuefois simplement enfouis dans Targile, et qui, d'autres fois ) forment une brèche dont les fragments sont unis directement ou liés par un ciment argileux. La limonite (brauneisensfein) est souvent subordonnée dans le calcaire fétide et le remplace quelquefois. Le gypse s'y trouve ordinairement en amas couchés , traversés par des veines de calcaire fétide. Cette liaison , entre le calcaire fétide et le gypse, est un moyen de distinguer ce dernier du gypse triasique qui se trouve au-dessus et qui se Ue avec de l^argile rouge : ce gypse est aussi plus cohérent et plus pur que celui du terrain triasique : il est quelquefois compacte, d'autres fois grenu à grain fin , et propre aux travaux de sculpture; mais son caractère le plus remarquable, c'est de renfermer des cavernes très-considérables.

Il est probable que le selmarin peut aussi être compté dans le nombre des f oches subordonnées à l'étage qui nous occupe , et surtout au stinhstein, car, ind^endamment de b saveur salée de quelques assises , on en voit sortir des sources salées.

'484. Aêche. — Vasche (eendre) est une couche peu puissante de dolomie argileuse^ ordinairement grise, qui renferme communément du bitume, quelquefois du saUe , et qui tombe en poussière lorsqu'elle est desséchée.

485. Rauhstein.'^'Ltrcbuhgtein est aussi une dolomie argileuse, rude au toucher , qui diffère de Vasche par sa cohérence.

486. Bauchwacke. — La ra/uchwcbcke est une dolomie caractérisée par sa texture celluleuse. Sa couleur est ordinairement le gris de fumée , et elle est moins imprégnée de bitume que les systèmes précédents. Elle présente un grand nombre de variétés, parmi lesquelles une des plus remarquables est celle que M* Freiesleben appelle artiotUée {gegliederte) et qui constitue une eouche de quelques centimètres d'épaisseur , formée de petits cylindres composés de six parties articulées l'une dans l'autre. On distingue aussi une variété amygdalolde, où les cavités sont remplies de calcaire blanc terreux.

487. Zechstein. — Le zechstein est un calcaire gris dccendre ou noirâtre, compacte, à cassure concholde, tenace, quelquefois argileux, renfermant des veines et des grains de calcaire cristallin et de gypse. On y trouve aussi des sulfures et des carbonates de cuivre , ainsi que quelques grains de galène, et parfois des cristaux de quartz et des paillettes de mica.

Ce système, qui prend souvent plus de développement que ceux qui le précèdent, s'en distingue par la présence de fossiles , notamment du ProduciMS

TERRAIN PÉNÉEN. SSW

acfileatus de Sowcrby ou GrypMtes acideatM de Schlottheim, d'où on Ta appelé GrypMtènkalk dans d'autres parties de rAlIemagne. On y a aussi observé les espèces suivantes : Prodtictus scabriusculus^ P. rugosus, P. gpe* Itmcarrus; Spirifer trigonaUs, Terebratula intermedia^ T. inflata, T.cristata, T. lacunosa, T.paradoœay T. elofigata, T. pelargonata , T.pigmœa; Mytiltis striatus, M. ceratophagtis ; Encrinites rdmostii, Calamopora spongites, Gorgonia ctnceps^ G. dtdrid^ G. antiqiUi, G. infimdibiUiforfnis.

488. Étage du kupferschiefer. — L'étage moyen se compose ordinairement de trois couches principales, que les mineurs désignent par les noms de dach (toit), kupferschiefer (schiste cuivreux), et weissHe^ènde (mur blanc).

Le elach est un caischiste gris assez pur, qui doit son nom à la circonstance qu'il recouvre immédiatement le kupferscidefer. Celui-ci est aussi un calschiste qui ferme une couche peu épaisse , présentant de nombreux ressauts et de fréquents étranglements ; il est en feuillets trés-minces et quelquefois comme gaufrés : il est toujours imprégné de bitume et de carbone qui lui donne une couleur noire; d'où vient le ùom de schiste marno-bitumînéux qu'on lui donne souvent , lorsqu'il n'est pas métallifère ; mais il contient ordinairement des sulfures de cuivre et de fer tantôt en grains visibles , tantôt en molécules si petites qu'on ne les aperçoit pas , mais en quantité assez notable pour que cent parties de caischiste donnent quelquefois trois parties de cuivre, duquel on retire ensuite environ un demi pour cent d'argent. Ce caischiste renferme aussi de très-petites quantités de plomb, de cobalt, de zinc, de bismuth et d'arsenic. Le weisslîegende est un caischiste grisâtre, ordinairement mélangé de sable , qui sépare le caischiste cuivreui du tùdiliegende.

Ce dépôt est très-remarquable par les fossiles qu'il recèle , parmi lesquels on voit figurer, entre autres , un saurieù et plusieurs espèces de poissons. Yoici les noms des principaux de ces fossiles : Monitot ThvHngienns, SttCh mateus gibbosus , Ciupœa Lamietherii, PaJœoniscum Preieèlèbenêe, Pa- IcBOthrisnmi macroeephalum, P. magnimi^ P. nuicropterum, P. bienniaides ; Terebratula lacunosa y Productus longtspinus^ Pucoides Brardii, F. selaginoides , F. lycopodtoides , F. frumentarius , F. pectU natus, F. digitatus,

489. Étage du todtliegende. — L'étage inférieur, que les mineurs nomment roth todtliegende, par la double raison qu'il est de couleur rouge et qu'il ne renferme plus de minerai de cuivre , est composé de roches conglomérées qui présentent tous les degrés intermédiaires entre la texture grésiforme à grain fin et les textures poudingiforme et bréchiforme à fragments les plus gros. Souvent , notamment dans les environs de Mansféld , les roches dominantes sonfdes grès et des poudingues passant au psammite , au

%» GÉOGNOSlfi.

pséphite, ou au schiste argOeux, et dont les fragments sont principalement composés d'une substance intermédiaire entre le quartz et le silex , laquelle ne ressemble à aucune des roches connues dans ces contrées. Dans le voisinage du Thûringerwald on reconnaît, au contraire, dans ces dépôts fragmentaires, des débris des roches qui constituent ce massif de montagnes, tels que du porphyre , du granité , du gneisse , du micaschiste, etc.

Le todtliegende renferme aussi des masses subordonnées de calcaire compacte , de houille et d*oligiste rouge. On y voit quelquefois du porphyre et du spilite ; mais il parait que Ton peut considérer ces roches comme une dépendance du terrain porphyrique, avec lequel le dépôt qui nous occupe a beaucoup de liaison.

Les fossiles sont excessivement rares dans ce système ; il n'est pas même certain que l'on en ait observé ailleurs que dans des couches qui devraient être rapportées au kupferschiefer ou au terrain houiller; de sorte que les corps organisés que l'on a cités , ressemblent à ceux de l'un ou de l'autre de ces dépôts.

490. Liaison entre le todtliegende et les dépôts inférieurs. — Nous avons déjà indiqué que l'on était loin d'être d'accord sur les dépôts d'autres contrées qui correspondent au terrain pénéen de la Thuringe , surtout en ce qui concerne les systèmes calcareux et schisteux. On rapporte cependant à ces systèmes des dépôts de dolomie, de calcaire, de marnes, de calschiste et de gypse, qui sont connus en Angleterre sous le nom de magnesicm limestone; mais polir ce qui concerne le todtliegende, on le considère comme extrêmement répandu , quoique généralement peu puissant , et on y rapporte ordinairement une grande partie des dépôts conglomérés ou meubles de couleur rouge , qui recouvrent souvent les terrains primordiaux ; mais il se pourrait qu'une portion de ces dépôts appartint à d'autres groupes, et notamment au terrain triasique *, Il est à remarquer en effet que, tandis que des dépôts dlN férents ne se lient en général qu'autant qu'ils se suivent ou se précèdent dans l'ordre normal de la série , ceux dont il s'agit se lient à peu près avec tous les terrains sur lesquels ils reposent.

Cette liaison est notamment très-marquée avec le terrain porphyrique , et outre les bancs de porphyre et de spilite qui , comme en Thuringe , se trouvent intercalés dans le todtliegende, les parties de ce dernier qui touchent au terrain porphyrique , sont des matières meubles ou conglomérées , dont h nature diffère très-peu de celle des roches porphyriques , et qui passent au pséphite et au psammite.

La même chose a lieu avec le granité, c'est-à-dire que les premières assises pénéennes sur cette roche sont aussi des dépôts meubles ou conglomérés qui

* Voir la note du n» 476.

TERRAIN HEMILTSIEN. 827

ont la même composition que le granité, et qui passent à Tarkose en s'éloignant du granité.

Les dépdts de todtUegende qui reposent sur les terrains ardoisier et talcique , contiennent également dans leurs parties inférieures des fragments des roches qui constituent ces terrains , et établissent de cette manière un intermédiaire entre eux et les grès pœciliens; car il est à remarquer qu'il est rare de voir des dépdts de todtiiegende sans qu'ils ne soient suivis par les poudingues et les grés pceciliens.

Le todtiiegende se lie surtout avec le terrain houiller, et cette liaison rentre dans les cas ordinaires , puisque ces deux terrains se touchent dans la série des dépôts ; aussi cette liaison est-elle très-intime, et il est souvent impossible de tracer la ligne de séparation entre les psammites et les poudingues du .todtUegende, et ceux du terrain houiller ; sans compter que Ton trouve quelquefois dans le todtiiegende, ainsi qu'il a déjà été dit cî-dessus , de la houille et des schistes analogues à ceux du terrain houiller.

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