‹ Éléments de géologie, ou, Seconde partie des éléments d'inorganomie particulièreChapitre 42 sur 56 · TERRAIN PORPHYRIQUE · texte numérisé non relu

TERRAIN PORPHYRIQUE

renferme beaucoup de minéraux particuliers, qui s'y trouvent soit disséminés, soit en veines dans les roches granitiques. Ces minéraux y sont cependant en moins grande quantité que dans le terrain talqueux. Les métaux , surtout , y sont beaucoup plus rares et s'y présentent en veines ou petits filons, souvent intimement liés avec les roches ; ils sont quelquefois très -bien réglés, mais ordinairement peu puissants. Les métaux les plus communs dans le granité , sont le titane, l'étain, l'urane, l'arsenic, le molybdène, le scheelin; tandis que l'or, le cuivre et les pyrites y sont très-rares, ou peut-être ne s'y trouvent pas, dit M. Brongniart.

!!• GROUPE. — Terrain porphyfiqtie.

556. Synonymie. — Le groupe que nous appelons terrain porpkyrique est formé de systèmes ou associations de roches , dont les principales sont souvent désignées par les noms de porphyre roiege quartzifere, à'optdolites ou serpentines et de porphyres noirs , lesquels mériteraient , peut-être , de former des groupes spéciaux, plutôt que d'autres associations auxquelles nous avons donné ce rang dans notre classification ; mais la difficulté de tirer la ligne de démarcation, les incertitudes qui régnent encore sur les relations de plusieurs de ces roches, et leurs rapports de gisement et de structure, nous ont porté à les réunir provisoirement dans un seul groupe *.

* M. de Buch disait, à Toccasion des environs de Lugano {Ann, des êciences naturelles, tomeXYUI, page 258), que le porphyre rouge quartzifère se lie tellement avec le granité, qu*on doit le considérer comme appartenant à une même formation , tandis que le porphyre noir se distingue nettement de Tun et de Pautre ; mais je répéterai à cette occasion que la liaison de deux terrains n'est point un motif suffisant pour n'en foire qu'un seul groupe , et j'ajouterai que ces liaisons ne prouvent même pas, dans les terrains plutoniens, que les deux dépôts aient été formés ensemble ou immédiatement à la suite l'un de l'autre. En effet, ces terrains paraissant en général avoir pris leur place par des ii^ections poussées de bas en haut , leur intercalation mécanique a pu se faire postérieurement à la formation de l'un des dépôts. On conçoit aussi que, <^and la matière injectée est d'une nature analogue à celle dans laquelle elle s'introduit , il s'opère bientôt une liaison entre les deux parties ; c'est comme si on iigectait de la pâte faite avec de la farine de seigle dans un pain de fîroment à demi cuit; ce qui donnerait un pain de froment avec des veines de pain de seigle. Quant à la' circonstance de la séparation tranchée entre le porphyre rouge et le porphyre noir, elle annoncerait seulement , dans ma manière de voir, que , dans cette localité , il y a eu une interruption dans le travail de la nature entre la formation de ces deux dépôts; mais il est à remarquer que ce dernier fait , ainsi que l'antériorité du porphyre rouge sur le porphyre noir, sont maintenant contredits par MM. Studer et Hofhnann {Bulletin de la société géologique de France, tome IV, pages 54 et 103), qui rapportent que non-seulement U y a une liaison intime entre les deux porphyres , mais qui annoncent avoir observé dans cette même localité des filons de porphyre rouge dans le porphyre noir; ce qui prouverait que celui-ci est plus ancien que celui-là.

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557. Garaotèreêprincipauijp.—Les principaux caraetëres du terrain porphyrique sont l'abondance des roches porphyroldes et sa tendance à prendre la forme de dykes et de culots qui traversent d'autres dépôts.

558. €ar€k)tères géographiques. — Le terrain porphyrique est très-commun dans la nature; mais il recouvre rarement^ du moins en Europe, des contrées étendues ; le plus souvent il forme des dykes et des culots plus ou moins puissants ou de petits massifs qui semblent se trouver de préférence dans le voisinage ou dans l'intérieur des massife granitiques.

Les contrées porphyriques ont, en général, beaucoup de ressemblance avec les contrées granitiques, tant sous le rapport des formes extérieures, qui présentent ordinairement des élévations coniques ou des croupes arrondies, que sous le rapport du peu de fertilité. Il y a même de ces contrées qui sont remarquables par leur aspect de désolation; ce sontsurtoutcelles où dominent les ophiolites et les granitones, comme dans les Apennins de la Ligurie.

5^. Liaùùns avec les auifces terrains. — Les liaisons du terrain porphyrique ont non -seulement lieu avec le terrain granitique, mais aussi avec tous les terrains hémilysiens , et avec la plupart des terrains ammonéens. Du reste, ces liaisons sont plus souvent mécaniques que chimiques, et l'interposition se feit bien plus communément par des dykes et des culots, que par de véritables couches. De nouvelles, observations de M.Élie de Beaumont* ont même fait voir que des gîtes de roches porphyriques^ que l'on considérait comme de véritables couches', sont des dykes qui suivent, pendant un espace assez long, les joints de stratification qui séparent deux couches. Cependant, nous sommes loîh de prétendre que toutes les roches porphyroldes que l'on trouve dans les terrains granitique, talqueux, a^doisier, anthraxifère, houiUer et pénéen , appartiennent à notre terrain porphyrique ; car, de même que la plupart des autres textures se retrouvent dans presque tous les groupes qui composent la croûte solide du globe, la texture porphyrolde peut aussi exister dans plusieurs de ces groupes. Tout ce que nous disons , c'est que, dans l'état actuel de nos connaissances, la subordination des porphyres, des syénites, des diorites, des ophiolites et des roches pyroxéniques dans les terrains hémilysiais et pénéens, n'est pas assez démontrée pour que l'on poisse la donner comme un feit positif, et pour que l'on répartisse ces roches dans les divers groupes de ces terrains.

D'un autre côté, il arrive souvent que les roches neptuniennes qui se trouvent dans le voisinage des porphyres ont des caractères particuliers qui peuvent être considérés comme établissant , jusqu'à un certain point, de véritables liaisons chimiques avec le terrain porphyrique. Ces caractères consistent dans la présence de cristaux de feldspath disséminés dans des roches qui,

* Ann. deêsoienceê nat., lome XV, page 553.

qu'on lui donnait dans le siècle dernier, c'est-à^ire, si nous l'appliquions à toutes les roches fèldspathiques qui ont la texture graniiofde. Mais, d'après la nomenclature que nous avons adoptée , la composition du terrain granitique est plus compliquée ; car, indépendamment du véritable granité, c'es(>à-dire, de la roche granitofde composée de feldspath , de quartz et de mica , qui est en général la plus abondante , on y trouve encore plusieurs autres associations minérales, auxquelles nous donnons des noms particuliers; c'est ainsi que, si le mica disparaît, on a de la pegmatite; si cette substance passe aux silicates de magnésie, on a de la protogine; si le mica est remplacé par l'amphibole, on a de la syénite ; si le feldspath, qui domine dans ces diverses combinaisons, perd sa texture lamellaire, pour prendre une texture grenue ou compacte, ou si sa potasse est substituée par de la soude, ou si d'autres substances deviennent dominantes, on a du leptynite, du diorite, du porphyre, etc. Enfin, si les substances composantes éprouvent de l'altération , elles donnent naissance à des matières qui reçoivent quelquefois des noms particuliers : tel est le Icaolin, qui paraît n'être qu'une pegmatite décomposée.

553. liaison avec les autres terrains. — Les limites du terrain granitique sont très-difiiciles à établir, à cause de ses liaisons avec d'autres dépôts : nous avons déjà ftiit remarquer ses rapports avec le système du gneisse, ainsi qu'avec les arkoses des terrains pénéen, triasique et liasique; mais c'est surtout avec le terrain porphyrique que la liaison est la plus intime , elle présente même des rapports que nous n'avons point encore vus dans les groupes qui nous ont occupé jusqu'à présent. En efFet, il y a entre ces dépôts plus que des ressemblances de composition ou des intercalations alternatives de masses ; il y a une pénétration dans les mêmes masses, car on voit très-souvent des masses de granité qui sont traversées par des filons, des veines on des noyaux de matières qui ressemblent à celles qui dominent dans le terrain porphyrique et qui se lient de la manière la plus intime avec le granité. Or , soit que l'on considère ces matières comme de simples accidents du terrain granitique , soit que l'on y voie des filons de terrain porphyrique introduits dans lé terrain granitique, elles n'en constituent pas moins des rapports trèsremarquables entre les masses à texture porphyrolde et celles à texture granitofde.

D'un autre côté , si le granité est traversé par de nombreux filons porphyriques, il y a aussi des filons granitiques qui traversent d'autres terrains. On n'est pas encore absolument d'accord sur le terme où s'arrêtent ces filons; mais leur existence dans la partie inférieure des terrains hémilysiens est un faiit maintenant bien constaté. On n'est pas non plus d'accord sur les relations de position du terrain granitique. Il n'y a pas longtemps que l'on croyait que le granité était toujours inférieur à tous les autres dépôts, e.t il est certain, en effet, que cette disposition se remarque dans le plus grand nombre des

Sm GÉOGNOSIB.

localités où l'on aperçoit la Jonction du granité avec d'autres roches ; mais on trouve aussi des localités où le granité s'appuie sur d'autres dépôts, et Ton rapporte même qu'à Weinbohla^enSaxe, cette roche repose sur le terrain crétacé. Nous sommes loin de vouloir contester une opinion qui prend tous les jours plus de consistance; mais nous sommes assez disposé à ne voir dans ces superpositions, du moins dans celles qui placent le granité au-dessus de dépôts supérieurs au terrain triasique, qu'une disposition accidentelle analogue à celles dont nous avons déjà parlé à l'occasion de ce que nous avons appelé des bassins renversés dans les terrains anthraxifère et houiller (495 et 518).

654. Altération du granité. — Nous avons déjà indiqué que le terrain granitique présente une grande variation sous le rapport de la manière dont il a résisté aux causes qui tendent à l'altérer. Les parties de ce terrain qui sont au jour, et surtout celles qui forment le sommet des plateaux, sont ordinairement friables ou même meubles, et on voit la roche devenir plus cohérente à mesure que l'on s'enfonce. C'est surtout le feldspath qui a éprouvé cette altération, le quartz et le mica conservant mieux leurs caractères propres. D'autres fois les parties altérées forment des espèces de bandes qui s'enfoncent dans le granité, et M. Yoltz a remarqué que dans les Vosges ces bandes sont ordinairement traversées dans leur milieu par des filons d'une roche formée de mica plus ou moins mélangé d'autres matières et que les mineurs du pays TLommeni minette. Du reste, l'altération que présente ordinairement le granité des plateaux ne s'étend pas uniformément sur toute la masse; car on trouve souvent au milieu des parties passées à l'état meuble, d'autres qui ont conservé toute leur cohérence. Ces portions solides ont ordinairement des formes arrondies , et ressemblent aux nombreux blocs qui non-seulement couvrent ordinairement le sol des contrées granitiques et encombrent leurs vallées, qui s'étendent aussi jusqu'à des distances considérables, ainsi que nous l'avons dit en parlant du terrain diluvien. Indépendamment de ces parties , qui paraissent devoir leur conservation à leur nature intime, il est à remarquer encore que les roches granitiques, qui se présentent dans les escarpements , sont généralement moins altérées, et sont plus cohérente;s que celles qui se trouvent sur les plateaux. Du reste, les roches granitiques, prises dans des lieux convenables, sont d'une solidité remarquable, et l'on voit à Rome un obélisque fait en Egypte, il y a plus de trois mille ans, et qui depuis lors est exposé aux injures du temps, sans avoir éprouvé d'altération sensible. Cet exemple suffit pour faire sentir les avantages que les arts peuvent retirer de l'emploi des roches granitiques, d'autant plus que leur structure massive permet d'y tailler des morceaux dont le volume n'a d'autres limites que celles des forces que l'industrie humaine peut employer pour les mettre en mouvement.

555. MinéroMx disséminés et gites métaJUfères. — Le terrain granitique

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563. Terrain porphyriçue vert. Ctêraetères généremœ. — Le terrain porphyrique yert est, comme lious t^avons déjà dit, principalement caractérisé par la présence des ophiolites; mais les motifs qui nous ont rendu circonspect dans l'indication des roches qui entrent dans la composition du terrain porphyrique rouge, se représentent avec plus de force pour le terrain porphyrique vert. Nous ne pouvons, en quelque manière, citer avec assurance, outre Tophiolite , que le granitone , qui paraît être un compagnon assez fidèle de rophioliteet se trouver absolument dans la même position. Il estprobableaussi que plusieurs roches amphiboliquessont dans le même cas ; et M. HaccuUoch * a observé , à Glunie dan» le Perthshire , en Ecosse , un dyke formé , lorsqu'il traverse des roches schisteuses , de diorite qui passe à Tophiolite lorsque le dyke entre dans les roches calcareuses. C'est aussi avec le terrain ophiolitique que se trouvent associées les dolomies , les ophicalces , les cipolins et les autres roches calcareuses que nous avons dit que plusieurs géologistes considèrent comme plutoniennes.

Le gisement du terrain ophiolitique a beaucoup de rapports avec celui du porphyre quartzifère ; cependant i^ parait qu'il forme plus rarement des culots et plus souvent des dykes. Il semble aussi qu'il atteint quelquefois les terrains tériaires, ce qui est plus douteux pour le porphyre rouge. D'un autre côté, les ophiolites paraissent en général ne traverser le terrain granitique que d'une manière tout à fait mécanique , et se lier, au contraire , si intimement avec les systèmes du stéaschiste et du calcaire talqueui, qu'on les considère quelquefois comme subordonnées à ces deux systèmes , et que la plupart des roches qui composent ceux-ci pourraient être envisagées comme des schistes, des quartz et des calcaires plus ou moins imprégnés de l'élément principal des ophiolites , c'est-à-dire, de combinaisons à bases de magnésie.

564. Terrain ophiolitique des Apennins. — L'un des gîtes les plus remarquables du terrain ophiolitique, sont les Apennins de la Ligurie et de la Toscane; il y est principalement composé d'ophiolite et de granitone, qui se lient par un grand nombre de passages, et présentent plusieurs variétés, selon que les éléments de ces deux roches sont plus ou moins mélangés, et selon que l'une ou l'autre renferme des principes accessoires; ainsi l'on y voit des ophiolites qui renferment de la diallage, de l'albite, de l'amphibole, du calcaire; de même que l'on y voit du granitone qui renferme des substances tal^ ciques et calcareuses.

^ Dans la partie orientale de cette bande , c'est-à-dire, en Toscane, le terrain ophiolitique parait assez indépendant , et semble ne pas se lier avec les autres roches dans lesquelles il est intercalé , et qui se composent de jaspes , de calcaires, de marnes , de schistes et de macignos, que nous considérons comme

* Brewsler's Edinburg Journal of sciences, vol. I«, page 1.

a^artenant aux terraina ammoiiée&s. La position relative de ces terrains a beaucoup occupé les géologistes ; la plupart ont cru que les roches ophioUtiques étaient ioférieures aux roches ammonéennes. M. Brengniart a aononcé, au contraire <) en 18S0, qu'elles étaient supérieures, et il est assez probable que les uns et les autres ont raison , c*est*è-dire que ces roches forment des dykes qui s'élèvent au milieu des terrains ammonéens, en s'étendantqudquefois dessus et dessous.

Dans la Ligurie , le terrain serpentineux se trouve en contact et se lie si inlimement avec des stéaschistes , des calschistes talciques, des cipdiins, des ophicalces, desdolomies et des calcaires , que l'on considère plusieurs de ees roches comme appartenant au terrain ophiolitique.

565. Terrain porphyrigue noir. CaractèreM géndrcmœ. — Le terraio porphyrique noir ressemble teUement au terrain porphyrique rouge , que nous ne pouvons, pour ainsi dire, exprimer ses caractères distinctifs et tracer ses Umites d'une manière exacte. Ceux de ces caractères sur lesquels on a le plus* appuyé, sont l'absence des grains de quartz, la présence des roches pyroxéniques , et notamment du mélaphyre, la tendance à prendre des teintes noires ou grisâtres, à perdre la structure porphyrolde et a se lier, on du moins à ressembler au terrain basaltique ; mais on sent que des distinctions de ce genre peuvent n'être dues qu'à des circonstances locales, par conséquent ne pas se représenter également sur tous les points du gMie. On croit aussi que ce système se trouve en relation avec des terrains plus élevés dans la série. Ainsi, tandis que le porphyre rouge ne paraît pas étendre ses relitions au delà des terrains ammonéens , le porphyre noir parait pousser ses rapports Jusqu'aux terrains tériaires ; mais sa grande ressemblance avec le terrain basaltique est cause que souvent on ne sait si telle roche doit être considérée comme appartenant à l'un ou à l'autre de ces groupes.

566. Terrain porphyrigue noir du PalatinaL Caractères généraux. — Du reste, au lieu de chercher à pousser plus loin une description générale, qui semble nous échapper dès que nous voulons la saisir , nous allons dire quelques mots d'un gtte de roches porphyroldes qui parait un des plus puisr sauts de ceux que l'on rapporte au porphyre noir, et qui appartient aux contrées où nous avons déjà pris plusieurs de nos exemples ; c'est celui du Pabh tinat, qui s'étend au sud de la Nahe , entre le Rhin et la Sarre. Ce gtte présente un grand nombre de belles roches qui passent presque toutes de l'une à Fautre , et dont les mieux caractérisées et les plus communes peorent être désignées par les noms de porphyre, de spilite et de trapp ; mais on n'a pas encwe pu y établir nettement la ligne de démarcation entre ce que l'on peut considérer comme terrain porphyrique rouge, et terrain porphyrique noir.

567. Porphyre rouge. — On trouve d'abord aux environs de Kreutinach

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comme le schiste et le calcaire, n'en contiennent pas ordinairement, et dans l'existence de la magnésie, soit à l'état de silicate, soit à celui de carbonate ; Q y a même des roches calcareuses, telles que la dolomie, l'ophicalce et le cipolin, qui, d'un côté, se lient aux terrains neptuniens, et qui, de l'autre côté, ont tant de rapport avec le terrain porphyrique, que plusieurs géologistes croient devoir les ranger avec ce dernier.

560. Gttes métallifères et minéraux disséminés. — Certaines parties du terrain porphyrique paraissent très-riches en gttes métallifères, et M« de Humboldt considère plusieurs mines d'or et d'argent d'Amérique comme se trouvant dans le terrain porphyrique. Il semble aussi que l'on peut y rapporter la plupart des gttes de ces métaux en Hongrie. Mais les liaisons qui existent entre le terrain porphyrique et les terrains granitique , talqueux et ardoisier, ainsi que les idées théoriques qui dominaient lorsque l'on a ftiit la plupart des observations que l'on possède à ce sujet, laissent encore des doutes sur beaucoup de gîtes métallifères exploités dans le voisinage des roches poridiyrtques. On suppose aussi, que beaucoup de pierres précieuses que l'on trouve dans les terrains décritique , alluvien et diluvien , proviennent de la déeraipoK sition du terrain porphyrique.

561 . Division en trois systèmes. — Le terrain porphyrique, tel que nous l'entendons , peut être divisé en trois systèmes particuliers , que l'on pourrait désigner par les épithètes de rotige ou quartxifèrey de vert ou ophioU-^ tique, et de noir ou pyroxénique; mais il faut éviter de donner à ees noms un sens trop rigoureux, car on conçoit qu'ils indiquent des propriétés trop accidentelles pour qu'elles soient exclusives. D'autant plus, pour ce qui concerne la couleur, que la nature a une grande tendance à présenter l'association des couleurs verte et rouge , ce qui provient probablement de ce que ces deux couleurs résultent également des combinaisons du fèr : aussi est-il rwe de voir des roches vertes , sans qu'elles ne contiennent des parties rouges, ou sans qu'il n'y ait des roches rouges dans le voisinage ; il en est de même des roches rouges par rapport aux parties vertes. Fun autre côté, la coulemr noire n'est souvent qu'un vert foncé. C'est notamment ce qui a lieu dans plusieurs roches amphiboliques. On ne doit donc voir, dans ces dénominations, qu'une indication propre à rappeler que le rouge, le vert et le noir, sont les couleurs les plus fréquentes dans chacun de ces systèmes; qu'en outre, le premier contient souvent des grains de quartz, que le second est principalement formé d'ophiolites , et que le troisième renferme souvent du pyroxène^ maia, outre que ces caractères ne doivent point être pris exclusivement, nons n'oserions assurer que la division qui en résulte annonce réellement des distiMtiens géologiques, ainsi qu'on l'a souvent avancé ; nous sommes au contraire porté à n'y voir que de simples distinctions minéralogiques.

562. Terrain porphyrique rouge. — Le terram porphyrique rouge est

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principalement composé de porphyre rouge quartzifère, et se lie si intimement avec le terrain granitique ^ qu'on ne peut tirer la ligne de démarcation , ainsi que nous Favons dit ci-dessus (553). Le même passage a lieu avec la syénite, et il est à remarquer qu'il y a un rapport tout particulier entre la syénite rouge quartzifère et le porphyre rouge quartzifère. Aussi est-il rare que Ton voie l'une de ces roches sans rencontrer l'autre. Du reste , la distinction entre les divers groupes du terrain porphyrique n'est pas encore assez bien établie, pour que nous osions donner avec assurance l'indication des roches que Fon pourrait ajouter au porphyre et à la syénite comme parties constituantes du système qui nous occupe; nous pensons cependant que plusieurs roches feldspatiqués et amphiboliques sont dans ce cas^ et notamment le diorite, l'eurite, la variolite^ le spilite ; il est probable que l'on y trouve aussi des roches analogues à celles qui caractérisent les deux autres systèmes, et même quelquesunes des roches qui semblent appartenir plus particulièrement au terrain pénéen, telles que le pséphite.

Le terrain porphyrique rouge se trouve non-seulement intercalé dans le t«*rain granitique , mais on le rencontre aussi dans tous les terrains hémilysiens et ammonéens ; mais, après le granité , c'est avec le terrain pénéen que sa liaison parait la plus intime, d'autant plus que certaines roches pénéennes^ telles que les pséphites et les arkoses, ont à peu près la même nature que les roches porphyriques.

Les roches porphyroldes que l'on trouve dans les terrains talqueux et ardoisier, paraissent aussi avoir quelques liaisons avec les roches qui composent ces terrains , et l'on y voit quelquefois , ainsi que nous l'avons déjà fait remarquer, des roches qui appartiennent décidément à ces terrains, et qui. dans le voisinage des porphyres , renferment aussi des cristaux de feldspath. D'un autre côté , les roches porphyriques n'y ont pas toujours les caractères du terrain porphyrique rouge, celles du terrain talqueux appartenant souvent au système ophiolitique , et celles du terrain ardoisier étant communément des diorites où la couleur verte est ordinairement dominante, et qui se rapprochent aussi des ophiolites par les grains de stéatite qui entrent quelquefois dans leur composition ; mais , d'un autre côté , ces diorites se rattachent au terrain porphyrique quartzifère par les grains de quartz qu'ils renferment; tel est le cas de ceiu de Quenast en Brabant et de Chàtel-Audren en Bretagne.

Les porphyres rouges se trouvent fréquemment dans le terrain houilier, mais ils ont moins de Uaison avec ce terrain qu'avec ceux dont nous venons de parler. Il en est de même lorsque le terrain porphyrique se trouve intercalé dans les terrains triasique , Uasique , jurassique et crétacé.

Parmi les contrées où le terrain porphyrique rouge se trouve abondamment et très -bien caractérisé, nous citerons le versant oriental du plateau central de la France , et notamment les environs de Roanne.

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un petit massif de porphyre rouge quartzif ère que Ton rapporte , sans contradiction, au terrain porphyrique rouge; mais un peu plus au midi se trouve la grosse montagne conique du Donnersberg (76), qui est aussi formée d'un porphyre rougeàtre ou d'une eurite plus ou moins porphyroide, qui ressemble beaucoup au porphyre de Kreutznach, mais que l'on a considéré comme porphyre noir, parce que l'on n'y voyait pas de grains de quartz, et parce que l'on observait des passages de cette, roche au trapp et au spilite. Cepen* dant M. Steininger a aussi trouvé des grains de quartz dans le porphyre du Donnersberg.

668. Spilite. — Le spilite de cette contrée jouit d'une grande célébrité à cause des beaux produits que fournit celui d'Oberstein. Il est ordinairement formé d'une pAte de vake rougeàtre, tirant sur la couleur lie de vin et pa»« sant quelquefois à d'autres nuances. Il renferme un grand nombre de noyaux ou de grains plus ou moins ronds de calcaire cristallisé blanc, ordinairement couverts d'une enveloppe de chlorite verdAtre. On y trouve aussi, en forme de noyaux ou de rognons , de belles agates qui donnent matière à un commerce important, et de magnifiques géodes qui font l'ornement des cabinets de minéralogie et où l'on voit briller l'onyx, le jaspe, l'améthyste, le cristal de roche, le calcaire cristallisé, l'harmotome, la chabasie et d'autres substances rares. Cette roche a une grande tendance à se décomposer; les parties superficielles ont ordinairement perdu leur ténacité et se divisent en grumeaux dès les premiers coups de marteau. Toutes les collines qu'elle cmstitue sont arrondies et recouvertes d'une terre rougeàtre grumeleuse qui provient de cette décomposition.

569. Trapp. — Le trapp se présente notamment dans les environs de Kim etdeTholey sous l'apparence d'une roche homogène dure, sonore, d'un aspect mat, d'une couleur noire , passant au bleu ou au vert foncé , et formant des escarpements qui offrent souvent la cassure en escalier qui lui a fait donner son nom par les minéralogistes suédois. D'autres fois la roche , étant d'une nature plus altérable , se décompose comme le spilite , en laissant de grosses boules cohérentes sur le sol.

570. jàuires roches. — Les éléments qui composent ces trois espèces de roches donnent naissance, ainsi que nous l'avons dit ci«dessus, à beaucoup d'autres combinaisons, qui ont des noms spéciaux dans notre nomenclature. Ainsi, lorsque la pâte du porphyre ne renferme pas de cristaux visibles de feldspath, ou qu'elle en renferme très -peu, on a de l'eurite ; lorsque la pâte du spilite ne renferme pas de noyaux, on a de la vake; lorsque les élémenta qui composent le trapp s'isolent , ou lorsqu'ils renferment des cristaux de feldspath , on a de la dolérite et du mélaphyre.

571. lÂaùon tweo d'autres terrains. — Peut-être que ces matières passent aussi aux roches amphiboliques , notamment au diorite et à l'aphanite ,

ITO GÉOGNOSDL

66 qui établirait un rapport entre ce terrain et quelques masses de diorites qui, à peu de distance, c'est-à-dire, dans les enTirons de Trêves, percent dans le terrain ardoisier. Il se pourrait également qu'il existât des rapports entre les roches que nous venons de décrire, et les basaltes qui se trouvent aussi dans le terrain ardoisier voisin sous la forme de culots et de dykes; mais nous ne connaissons aucun fait positif à l'appui de ces suppositions. Oq voit , au contraire , une certaine liaison entre le spilite d'Obersteinet de puissants dépôts conglomérés qui le recouvrent, et que l'on rapporte au système du todtliegende. Ces dépôts qui, dans leur partie supérieure, passent au grès pœcilien, sont principalement composés de poudingue et de psé(riiite, et leurs parties inférieures renferment beaucoup de fragments de spilites empâtés dans une matière qui parait être une vake altérée.

Les roches porphyriques dp cette contrée se trouvent aussi intercalées dam les terrains houiller et ardoisier; mais il parait qu'elles n'y forment que des dykes, et rien ne prouve jusqu'à présent qu'il y ait une liaison de c<Nnposi^ tioa entre ces deux groupes et le terrain porphyrique.

672. GUeg métcUlifère$. — Le Palatinat renferme plusieurs gttes de métaux ; les plus importants sont ceux de mercure , qui est ordinairement à l'état de cinabre; mais le véritable gisement de ce minerai n'est pas encore bien détermmé, et il poiurrait appartenir au terrain houiller aussi bien qu'au terrain porphyrique; car il parait que le mercure se trouve plus intimement lié avec les roches houillères, et notamment avec des calschistes bitumineux, ftt'avec les roches porphyriques. Cependant il semble que le merciure ne se trouve que dans des endroits où les roches porphyriques et houillères sont mélangées entre elles. Mais un minerai qui parait appartenir au terrain porphyrique, c'est celui de manganèse que l'on exploite à Cretenich dans le spilite.

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