ORDRE
TERRÀIIfS PYBOÎDBS.
573. Caractères principaux.— Qnoiqfie les terrains pyroldes renferment encore beaucoup de parties cristallines , les textures massives et celluleuses y sont plus abondantes que dans les terrains agalysiens ; ils nous rappellent sou* vent les matières pierreuses qui ont été fondues dans nos fourneaux; ils ne nous présentent pas, comme le terrain granitique , des masses qui recouvrent une grande étendue , mais nous les voyons principalement sous la forme de culots , de dykes, et de coulées, qui ne s'étendent pas beaucoup à la surfece de la terre, mais qui s'enchevêtrent plus ou moins dans tous les autres terrains sans exception, et qui paraissent se prolonger jusque dans les parties
tes plus inférieures de réeoree soltde du globe. D'autres fois ils forment dttis le voisinage de ees dykes et de ees coulées des nappes ou des amas plus ou moins épais , mais généralement peu étendus.
574. Division en groupes. — Nous divisons ces terrains en trois groupes, qui tirent leurs caractères distinctife de la prédominance des basaltes, des tracbytes et des téphrines, et sur la position relatire desquels il serait fort dUBcUe d'émettre une opinion positive , du moins ra ce qui concerne les deux premiers , qui sont probablement parallèles.
r' GEOUPB. — Terrain btMaltique.
h7^. Caractères principaua^. --Le cordiCtèTe le plus marqué du terrain basaltique, c'est d'être principalement composé de basalte, accompagné quelquefois d'autres roches pyroxéniques, telles que de la dolérite, delapépérine,dela Take,etc. n forme ordinairement des culots ou élévations coniques qui percent au milieu des autres terrains , et qui sont composées d'un assemblage de prismes de basaltes ; il se trouve aussi en dykes, en couches, en amas et en coulées*
576. Gisement et structure. — Le terrain basaltique recouvre rarement une grande étendue à lui seul , mais il est presque toujours intercalé dans les autres terrains en masses plus ou moins puissantes. Les couches et les amas forment souvent le sommet de plateaux, terminés par des flancs escarpés. Ces couches ou ces amas tiennent quelquefois à un culot dont elles composait le sommet, de sorte que l'ensemble de la masse ressemble à un champignon dont le culot serait le pied, et Pâmas superficiel le chapeau. Mais c'est surtout par leur tendance à se subdiviser en prismes réguliers , que les dépôts basaltiques se font remarquer; et leurs esoarpements, formés d'innombrables ccîonnes rangées symétriquement les unes à côté des autres , produisent qud* queMs des efl^ts qui, tout en donnant l'idée de monuments d'arehiteetore, surpassent en magnificence tous les travaux des hommes.
Les dykes basaltiques ressemblent souvent à des bancs subordonnés ; aussi n'est-ce quelquefois qu'avec beaucoup de peine que l'on reconnaît qu'ils croisent les couches dans lesquelles ils sont intercalés. Ces dykes sont souvent désignés par le nom de Chaussée des géants, parce que le basalte , plus résistant que les roche^ environnantes , se présente comme des espèces de murs ou de chaussées.
577. Composition. — Le terrain basaltique , considéré sous le rapport de la texture des rochesqui le composent, peut être divisé en deux systèmes: celui des roches massives et cristallines, et celui des roches conglomérées et meubles.
578. Roches massives et cristallines. — Les premières sont les plus dMmdantes, et composent ordinairement les culots et les dykes. Le basalte, qui
a» GÉOGNOSIK.
en est la roche principale, est, comme nous venons de le dire, eonmnmément divisé en prismes; mais U forme aussi des masses d'one étendue ooosidérable , entièrement cohérentes ; d'autres fois il se divise en tables ou féuiDets assez minces pour que Ton puisse l'employer à couvrir les toits. Le basalte renferme ordinairement des cristaux de diverses substances , surtout de péridot, minéral que Ton a souvent considéré comme caractérisant le terrain baçaltique, et comme donnant un moyen de le distinguer des terrains porphyriques, trachytiques et volcaniques.
Le basalte passe quelquefois à la dolérite , c'est-à-dire, à une roche cristal* line, composée de pyroxène et de feldspath, laquelle ne diffère probablement du basalte que parce que les éléments qui constituent celui-ci ont pu prendre la texture cristalline.
n parait que le basalte passe aussi au spilite ; cependant il serait possible que les spilites rapportés au terrain basaltique appartinssent plutôt au terrain porphyrique noir.
On cite aussi , comme entrant encore dans la composition du terrain basaltique, plusieurs roches feldspathiques et albitiques, telles que le trachyte, la perlite , l'obsidienne , le phonolite, la téphrine, etc. ; mais ces faits ne sont pas bien constatés, vu la grande liaison qui existe entre ce groupe et les terrains trachytiques et volcaniques.
579. Boches metebles et cangiamérées. — Les roches meubles et conglomérées du terrain basaltique forment ordinairement des couches ou des amas superficiels autour des collines basaltiques, et sont rarement en dykes; dles se ctoiposent principalement de pépérine , de vake et de fragments de basalte, soit conglomérés à la manière des brèches, soit libres.
Ces derniers affectent toutes sortes de formes, et notamment celles de boules. Us ont souvent une texture celluleuse, et ressemblent à des scories de fourneaux, d'où on les a appdés basalte scoriacé ; ce sont souvent des fragments de ce genre qui composent le basalte bréchiforme, lequel passe et se lie intimement an basalte massif; car, lorsque celui-ci est traversé par de nombreuses fissures, U est souvent difiBcile de le distinguer de celui-là. La pépérine est aussi ordinairement bréchiforme, d'autres fois elle est meuble, sa couleur est souvent le brun - jaun&tre ; tandis que les pépérines volcaniques sont plus communément grisâtres, noirâtres ou rougeàtres. Elle paraît n'être quelquefois qu'un basalte altéré et passe à la vake.
680. Relations (wec les terrains gramtiques et talquetiœ. — Le terrain basaltique se trouve en relation avec presque tous les terrains qui composent l'écorce du globe. Nous venons déjà d'indiquer ses liaisons avec les groupes qui l'avoisinent dans l'ordre de notre tableau de classification, c'est-à-dire, avec les terrains porphyrique, trachytique et volcanique. Nous allons passer successivement en revue celles avec les autres groupes.
TERRAIN BA8ALTIQUB. g75
Le terrain basaltique se trouve souvent dans le terrain granitique, où il se présente , soit en culots , soit en dykes , soit en amas superficiels ; on peut citer, entre autres, l'Auvergne, la Saxe, la Bohême, comme exemples de ce mode de gisement. Ces mêmes contrées présentent aussi les mêmes relations entre le terrain basaltique, le gneisse et le micaschiste. Il est possible que le terrain basaltique ait des relations du même genre avec les autres systèmes du terrain talqueux; mais nous ne pourrions cependant citer d'exemple de basalte bien caractérisé dans le stéaschiste.
681. Relation avec les terrmns anioisier et a/nthraanfère. — L'intercalation du terrain basaltique dans les terrains ardoisier et anthraxif ère est trèsfréquente, et nous pouvons notamment citer, comme exemples, l'Eifel et le Westerwald, où l'on voit très -souvent les cônes basaltiques s'élever au milieu des roches ardoisières et anthraxifères. Les enfoncements des vallées y font voir que des basaltes qui ne se présentent à la surface des plateaux que comme une espèce de tache, sont le sommet d'un cdne puissant dont la profondeur est inconnue, et sur lequel s'appuient les roches ardoisières et anthraxifères.
582. Relation avec les terrains houillers et ammonéens. — Le terrain basaltique se trouve également dans le terrain houiller, ainsi que dans tous les groupes ammonéens , et les exemples de ces faits sont si fréquents qu'il serait inutile d'en citer : cependant nous indiquerons le Yivarais comme une espèce de terre classique de l'étude des basaltes , et comme une des contrées où cette roche parait le mieux prendre la f6rme de coulées qui s'étendent dans des vallées enfoncées dans le calcaire ammonéen; tel est le gîte de Montpezat, décrit par M. Beudant *. Â la vérité, ces coulées basaltiques diffèrent par leur mode de gisement de la plupart des basaltes ordinaires, de sorte que l'on est quelquefois tenté de les rapporter au terrain volcanique; mais, d'un autre côté, la roche qui les compose ressemble tellement aux autres basaltes, qu'il parait difficile de les en séparer géognostiquement.
583. Relation avec les terrains nymphéen et tritonien, — L'intercalation du terrain basaltique, dans les terrains tritonien et nymphéen, ne parait pas non plus pouvoir être révoquée en doute; car, pour la contester, il fondrait exclure du terrain basaltique deux gîtes de basaltes bien caractérisés et aussi importants par leur masse que par le rôle qu'ils ont joué dans l'histoire de la science.
Le premier se compose des basaltes du VicenUn , contrée dont nous avons déjà parlé (338), où Ton voit non-seulement des masses de basaltes prismatiques intercalées dans le terrain tritonien , mais aussi des couches de pépérines et d'autres roches conglomérées passant plus ou moins au basalte , qui
* Voyage en Hongrie, (orne Ul , page 638.
Mé GltoGNOSIE.
dtaraent «ree le calcaire triUnien, et dans tesquelles on trouve de temps en temps les mêmes fossiles que dans ce dernier.
Le second se voit en Auvergne , où les basaltes reposent quelquefois sur le terrain nymph^en, dont on voit des fragments dans le basalte.
684. Altération de quelques roches voisines du basalte. — On a remarqué que souvent les roches qui se trouvent dans le voisinage du terrain basai* tique, différent de leur état habitud , et ont même une. nature différwte de ceUe que la même masse présente à une distance plus éloignée. Cest ainsi que les calcaires , surtout les calcaires ammonéens , qui sont en contact avec le basalte, ont souvent une texture plus cristalline, une cassure plus brillante, une pesanteur spécifique plus forte et une plus grande tendance à la translueklité que ceux qui se trouvent à une certaine distance. La houille perd son bitume, passe à l'anthracite , et devient grisâtre. Le lignite devient plus sec, et se divise en petits morceaux cubiques. Les granités ont souvent plus de tendance à se décomposer ; les grés sont crevassés, et prennent quelquefois un aspect vitreux. Il parait même que des schistes argileux se trouvent chantés en phtanite et en tripoli. Du reste, ces espèces d'altérations n'ont pas toiqours lieu, et on voit souvent des calcaires et des schistes toucher immédiatement au basalte, sans présenter aucune différence avec les parties qui en sont éloignées.
u* GROUPE. — Terrain traohytique.
685. Caractères principaux. —Le terram trachytique est principalement earaetérisé par l'éclat vitreux d'une partie des roches qui le composent, et par sa tendance à former des montagnes coniques. II se lie si intimement avec les terrains volcanique , basaltique et porphyrique , qu'il est souvent trés-dtfficile de le distinguer de ces groupes ; il serait possible même , ainsi que nous l'avons déjà dit, que certains systèmes trachy tiques ne différassent de certains systèmes basaltiques et volcaniques que par des circonstances minéralogiques plutôt que géologiques : aussi est-on loin d'être d'accord sur la position relative des terrains basaltique et trachytique, que l'on doit probablement considérer comme étant paraHèles plutôt qu'ayant une superposition constante *.
* i^avais beaucoup hésité, Ion de la première édition de cet ouvrage, sur la place relative à donner aux terrains basaltique et trachytique , et Je mi^étais décidé pour celle qu*on Tient de voir par la considération que Tillustre g^éologiste qui a , pour ainsi dire , fondé la doctrine des soulèvements , considère les catastrophes qui ont mis les trachytes au Jour comme plus récentes que celles qui ont produit le même effet sur les basaltes , et que le jeune savant qui s*est, en quelque façon, approprié Tidée de M. de Buch par lee heureux développe-
TERRAIN TRAGITTIQUS. Wlt
386. Oaraoiir9$§éoffraphiques. — Le terrain tradiytique paraît être, en général, moins disséminé dans les antres groupes que le terrain basaltique^ mais il forme ordinairement des massifb de montagnes coniques, dont les cimes atteignent qudquefois une hauteur très-considéraUe; tel est le Chimtxiraço (183), qui, comme on Ta vu ci- dessus, passait pour la plus haute montagne du globe ayant que Ton connût Télévation des monts Htaalaya.
587. Compadtkm. — Les roches qui composent le terrain trachytique ^es* Tent, comme celles du terndn basaltique, être divisées^ sous le rapport de leur texture, en deux systèmes : l'un composé de roches cristaUines et mas* sives; l'autre de roches conglomérées et meubles. Les premières forment ordinairement des masses non stratifiées , et composent presque toujours des montagnes coniques, tandis que les secondes forment ordinairement des couches on des amas au pied de ces montagnes.
588. Roches cristalHneê ^ massives. — Les roches cristallhies et massi* Tes du terrain trachytique consistent principalement en trachyte, en domite, en phonolite *, en perlite, en obsidienne et en ponce ; on y trouve aussi des émîtes et des argilophyres. Du reste , il est très-difficile de déterminer maintenant toutes les roches qui entrent dans la composition du terrain trachyti* ^e, parce que Ton n'est pas encore parvenu à établir, d*une manière bien
meots quMl lui a donnés, suppose, ainsi que nous le verrons dans le livre suivant, que le déluge historique est le résultat du soulèvement des Andes ; mais, d^un autre côté, M. Beudant, le premier auteur qui ait nettement caractérisé les groupes basaltique et trachjrtique, a adopté Tordre inverse et a cité quelques points où Ton voit du basalte sur du terrain trachytique , et depuis lors, M. Ëlie de Beaumont a reconnu {Ann, des mineê, 3« série , tome m , page 551), qu*au Cantal les trachytes sont recouverts par d*immenses dépôts de basalte; de sorte qu^n dernière analyse je trouve que, dans Tétat actuel de nos connaissances , il est mieux démontré quil y a du terrain trachytique antérieur au terrain basaltique que de celui-ci antérieur à celui-là, et si la question était encore neuve pour moi, J*adopteraii Vorétt de M. Beudant plutôt que cehii de M. de Buch; mais comme Je pense que ces deux groupes doivent être considérés comme contemporains plutôt que comme successifli, J*a| cm qu*il n*y avait pas de motife suffisants pour changer Tordre que J*avais adopté en premier lieu.
* J*avais fait figurer dans ma série des roches {Min, 999) Tespèce et le nom de leucostine, pour ne pas faire à la méthode de M. Brongniart un changement qui n*était pas absolument commandé par mon système de classification. Depuis lors , on s^est beaucoup occupé de oetti roche, et si Ton n*a pas démontré qu^eUe constitue une meiUeure espèce minéralogique,on lui a au moins donné une grande importance sous le rapport géologique , parce que plusieurs naturalistes, et notamment M. Ëlie de Beaumont, attribuent à Tapparition de cette roche le relief actuel des Monls-Dores , du Cantal , du Mézin, etc.; opinion contestée par d'autres géologistes. D*un autre côté , le nom de phonolite a été seul employé dans toutes les discussions qui se sont élevées à ce si^et ; ce qui , Joint à sa priorité sur celui de leuooêêiney et même à sa signification , me paraît devoir lui faire donner la préférence.
tranchée, la séparation entre ce terrain et les groupes Toisins , et que beaucoup d'observations , dont on est obligé de foire usage , remontent à des éfoques où l'on n'avait point encore étabU de distinctions entre ces groupes.
Indépendamment de leur aspect vitreux , la plupart des roches trachytiques sont remarquables par une &preté au toucher , qui est l'origine du nom que porte l'espèce principale. Ces roches ont beaucoup de tendance à prendre h texture porphyroide, et renferment souvent des cristaux de diverse nature^ surtout de feldspath vitreux, qui prennent quelquefois de très -grandes dimensions. D'autres fois ces roches "but la structure granitolde à tel point qu'on en a déjà désigné sous le nom de grcmUe et de laves graniMkieê, Il y en a, telles que les belles obsidiennes, appelées miroir des Inctu, qui sont tout à fait compactes.
589. Roches conglomérées et meubles. — Les roches conglomérées et meubles sont , en général, composées de fragments de même nature que les roches cristallines et massives ; et comme celles-ci sont souvent traversées par un grand nombre de fissures qui leur donnent une apparence bréchiforme, que d'autres fois les roches cohérentes passent par une série de nuances à un état tout à fait meuble, il y a entre ces deux systèmes une liaison telle qu'Q est souvent impossible d'établir le point de séparation. Du reste, les roches meubles et conglomérées se trouvent de préférence à l'exterieur des grands dépôts trachytiques, soit qu'elles forment, ainsi que nous l'avons déjà indiqué, des couches au pied des montagnes, soit qu'elles ferment une espèce d'enveloppe ou d'écorce à celles-ci.
590. Gttcs métallifères et minéraux disséminés. — La présence ou l'absence des dépôts métallifères dans le terrain trachytique est encore un fait douteux , à cause des liaisons et des rapprochements de ce terrain avec le terrain porphyrique. On considère cependant assez communément quelques mines d'or , d'argent et de mercure du Mexique et de la Hongrie , comme formant des filons et des amas dans le terrain trachytique. Mais il serait trèspossible que ces dépôts appartinssent plutôt au terrain porphyrique , qui s'y lie intimement avec le terrain trachytique.
Les mêmes motifs laissent aussi des incertitudes sur les autres minéraux particuliers qui peuvent se trouver dans ce terrain. Il parait d'ailleurs que la Uste de ces minéraux se rapproche de celle de ceux du terrain porphyrique; cependant il semble qu'elle est moins nombreuse.
Parmi ces minéraux on distingue notamment les opales, qui sont trèscommunes en Hongrie.
591. Division en systèmes du terrain trachytique des Monts-Dores.— Nous devons, en quelque manière , nous borner à ces notions minéralogiques sur le terrain trachytique, parce que l'étude de ce groupe n'est pas assez avancée pour que l'on puisse y établir de véritables divisions géognostiques.
TERRAIN TRAGHTriQCB. S77
Cependant M. Fournet a indiqué dans le massif des Monts-Dores, en Auvergne (76)^ cinq systèmes particuliers *. Le premier, qui est inférieur ou traversé par les autres lorsque ceux-ci sont en contact avec lui **, se compose de trachytes conglomérées et ne forme en général que de faibles dépôts stratifiés. Le second, qui est le plus développé et s'étend notamment en nappes sur les plateaux, se compose de trachyte porphyrolde. Le troisième présente une domite blanchâtre, formant des élévations coniques pui percent au travers des deux premiers systèmes , et constitue les cimes les plus élevées de ce groupe de montagnes. Le quatrième est formé par un trachyte gris , constituant des dykes ou des culots dans le trachyte porphyrolde et des coulées au-dessus de ce dernier. Enfin, le cinquième se compose de phonolite , qui forme dans la partie septentrionale du massif trois élévations coniques ou culots , nommés la roche Sanadoire, la roche Thuillère et la Malviale.
Les Monts-Dores présentent aussi des basaltes, que M. Fournet croit avoir une position intermédiaire entre les trachytes gris et les phonolites , mais que d'autres géologistes considèrent comme venant à la suite de' toutes les roches trachytiques.
582. Rapports du terrain traohyUque etveo les aviires dépôts. — L'indépendance qu'affecte ordinairement le terrain trachytique , est cause que ses relations avec les autres dépôts s'aperçoivent rarement. On a cependant observé au pied méridional du Cantal (76) que le trachyte traverse et recouvre le terrain nymphéen , et enveloppe même entièrement des fragments et des amas de ce dernier. Le trachyte y est à son tour recouvert par une assise de basalte, qui entoure la montagne comme un manteau, mais qui est déchirée par les vallées qui sillonnent les flancs de cette grosse masse conique , et surtout par une espèce de cirque qui se trouve vers le sommet et qui forme le point de départ de quelques-unes de ces vallées. Au milieu de ce cirque on remarque quelques pics de phonolites, qui semblent formef les sommités d'un énorme culot de cette roche , sur les relations de laquelle on n'est pas plus d'accord que sur celles des phonolites des Iffonts-Dores (591), les uns, notamment M. Élie de Beaumont , la considérant comme supérieure aux basaltes , et les
* Annales des mines, 8« série , (orne V, pa^ 237. Je regrette beaucoup de ne pas avoir vu, jusqu'à présent , la seconde parUe de cet excellent travail , qui m'eût mis dans le cas de présenter id une description conq^lète de ce gt^ important de terrain trachytique.
"^ M. Fournet fait observer, à cet égard , que, indépendamment de ce qu'U appeUe les véritables conglomérats trachytiques, qu'il regarde comme le premier terme des éjaculations pyroïdes des Monts-Dores , il y a dans ces montagnes d'autres roches bréchiformes d'une époque beaucoup plus récente et qui se composent de fragments de roches trachytiques, réunies par des concrétions formées par les eaux minérales.
»78 G£0Gli08IB.
autres, notammrat M. Desgenevez, la considéraiit ewiaie placée entre ees derniers et les trachytes.
593. La liaison des trachytes du Cantal avec le terrain nymphéen , annonce qu'on peut aussi les trouver dans les mêmes rapports avec les autres terrains tériaires, ainsi qu'avec tous les terrains ammonéens, hémilysiens et agalysiens.
D'un autre côté, M. Beudant annonce qu'en Hongrie on voit des conglomérats trachy tiques recouverts par du macigno tritonien ; mais ce £ait , annoncé avant les observations indiquées ci-dessus , mérite d'être revu avec soin, afin de s'assurer si cette superposition , qui parait n'avoir été observée que sur les bords des massifs, ne serait pas le résultat de quelques circonstances accidentelles, plutôt qu'une véritable position générale , commune aux deux niasses.
iir GROUPE. — Terrain volcamqus,
594. Caractères principaux.— l^» terrain volcanique qui se trouve ordinairement dans lé voisinage des terrains trachytique et basaltique, a tant de ressemblance avec ceux-ci, qu'il est souvent très -difficile de les distinguer; aussi cette distinction doit- elle se faire par un ensemble de circonstances plutôt que par des caractères positifs. Les principales de ces circonstances sont : la présence au sommet des élévations coniques composées de ce terrain , d'une cavité en forme de bassin ou de coupe, que l'on nomme cratëre; la tendance des roches massives ou cristallines à prendre la forme de coulées; l'abondance des téphrines et de quelques minéraux qui, comme l'amphigéne, n'ont pas encore été rencontrés dans d'autres groupes, et la fréquence des dépôts meubles formés de fragments de roches féldspathiques , albitiques et pyroxéniques.
595. Caraotèreg géographiqiieê. — Les massifs volcaniques ont, en général, moins d'étendue que ceux de terrain trachytique, et quoiqu'ils soient ordinairement disposés par groupes ou par chaînes, la continuation du terrain volcanique y est presque toujours interceptée , surtout par des dépôts basaltiques et trachytiques. Ils ont, ainsi que ces deux terrains, beaucoup de tendance à former des élévations coniques qui atteignent quelquefois une très- grande hauteur; mais qui, d'autres fois , ne constituent que de petites éminences.
596. Composition. — Les roches qui composent le terrain volcanique peuvent, comme celles des terrains trachytiques et basaltiques, se diviser, sous le rapport de leur texture, en deux systèmes particuliers : l'un , composé de roches massives et cristallines; l'autre, de roches meubles et conglomérées.
597. Laves.— Les premières , que l'on désigne ordinairement par le nom