CHAPITRE in
21. Consiilérations générales. —Les portions de la surfoce du globe dont nous avons parlé au chapitre précédent sous le nom deterres^font partie d*une écorce solide dont la surface est inégale , et qui parait former une enveloppe continue autour du globe. D'un autre côté, les eaux étant constamment sollicitées par l'attraction à se rapprocher du centre de la terre, elles remplissent les parties les plus basses des inégalités de l'écorce solide , et tendent à s'y maintenir à un même niveau, c'est-à-dire, à y former une superficie que Ton consi. dère comme représentant lavéritable surface de la lerre, et que l'on prend pour point de départ dans la mesure des inégalités de la surface de l'écorce solide.
22. Ma^anrnutn des inégalités. --'Le maximum de ces inégalités ne nous est pas connu , car non-seulement on n*a pas de moyens certains pour mesurer les grandes profondeurs de l'Océan, mais on n'a point encore exploré suffisamment la surface des terres,. pour pouvoir décider positivement quel en est le point le plus élevé. On attribue maintenant cette prérogative au Dawalagiry, dans les monts Himalaya, auThibet, que l'on suppose avoir 7,821 mètres audessus du niveau de la mer. Quant aux enfoncements qui sont cachés par les eaux, la grande quantité de points où les marins ont atteint la surface solide à de petites profondeurs, et la tendance que les parties les plus enfoncées doivent avoir à se combler, portent à croire que l'on peut évaluer les plus grandes inégalités du fond des mers tout au plus à la moitié de celles des terres ; ce qui porterait la plus grande différence de niveau entre les parties de l'écorce solide du globe à 12,000 mètres , c'est-à-dire à la 5W partie du rayon terrestre. De sorte que ces inégalités sont beaucoup moins prononcées par rapport aux dimensions de la terre , que les aspérités que nous voyons sur la peau d'une orange ne le sont par rapport au volume de ce fruit.
23. Régions basses et contrées élevées.— Vétaûe de ces inégalités présente beaucoup de difficultés, parce que les acceptions que l'on donne aux mêmes
dénominations ^ varient selon la position où se trouvent les observateurs; car, de même que nous disons que certaine lie n'est qu'une plaine basse, tandis qu'elle est peut-être le sommet d'une montagne cachée par la mer, les habitants d'un pays très-élevé considéreront comme région basse, ce que les habitants des bords de la mer nommeront une confy^e élevée. De même aussi les habitants d'une contrée où le sol présente de très- grandes inégalités nommeront pays plat onplaine ce que les habitants d'une contrée tout à foit unie > appelleront /?ay« montueuœ ou tnontxigne. De sorte qu'il est impossible d'adopter à cet égard des régies fixes de nomenclature , sans s'écarter des usages reçus et sans s'exposer à se trouver souvent dans FimpossibAité d'appliquer ces règles. Aussi, quoique les géographes ne considèrent pas habituellement comme contrée basse un pays qui a plus de 3 à 400 mètres au-dessus de la mer, ni comme plaine un sol qui présente des inégalités de 100 mètres , on fiait souvent exception à ces règles , lorsqu'il s'agit de contrées qui se trouvent dans des positions particulières. — Plaines et platea/uœ. — C'est ainsi que l'on considère quelquefois le milieu de la Suisse comme un pays de plaine, et le Teutoborgerwald , en Westphalie, comme une chaîne de collines ou de montagnes, quoique le premier soit généralement plus haut que le second ; mais celui-ci s'élève au-dessus des plaines de la Basse-Allemagne, tandis que l'autre est enfoncé entre deux chaînes de hautes montagnes. U est à remarquer aussi que, quand un sol uni est élevé , et surtout quand il n'est pas dominé par des points plus hauts, on ne lui donne pas le nom de plaine, mais celui Ae plateau, dénomination qui s'emploie dans un sens encore plus large que celle de plaine; car on en fiait souvent usage pour désigner une portion de la surfiace de la terre qui domine les contrées environnantes, quoique cette portion présente un sol très-inégal.
On appeUe delta, des plaines qui se trouvent à l'embouchure des grands fleuves , et qui ne sont presque pas élevées au-dessus du niveau de la mer.
24. Inégalités en relief. —l»e% parties de l'écorce du globe qui se dessinent en rdief portent, en général , les noms de montagnes, de colHnes et A'éminenoes, selon que la différence de niveau est plus ou moins prononcée ; mais il n'y a pas non plus de règles fixes pour l'application de ces mots , que l'on emploie souvent dans un sens relatif plutôt qu'absolu ; car teUe élévation que l'on appeUera montagne dans un pays de plaines, passerait à peine pour une éminence dans un pays de hautes montagnes. Cependant les géographes ne donnent ordinairement le nom de montagnes qu'à des pentes qui ont au moins 3 à 400 mètres de hauteur. U est à remarquer que nous employons ici le mot pentes plutôt que celui d'élévations , parce que, quoique le nom de montagne donne assez généralement l'idée d'une masse qui s'élève de tous côtés au-dessus du sol environnant, on l'applique aussi à des pentes qui ne sont que la diflKrence de niveau entre une région basse et un pays élevé , de sorte qu'arrivé au
sommet d'une semblaMe montagne , on tronre un plateau au lieu d'une pente en sens inverse.
Les pentes qui, comme on le voit, sont la partie essentielle d'une montagne , s'appdlent ordinairement les flcmo$ de la montagne ; leurs parties supérieures en forment le sommet ou la cime * ; leurs parties inférieures, c'est-à-dire, celles où les pentes commencent à s'élever au-dessus du sol environnant, en sont le pied; l'espace occupé par une montagne en est la baie. Du reste, la forme des montagnes est extrêmement variable; les flancs des unes ne sont que des pentes douces, tandis que ceux des autres sont des pentes rapides ou des escarpements qui approchent plus ou moins de la ligne verticale. De même le sommet des unes se compose de croupes arrondies ou de plateaux, tandis que d'autres sont terminées par des pointes de rochers plus ou moins aigués; d'où proviennent les diverses dénominations que l'on donne à certafaiei parties de ces sommets, et qui souvent indiquent leurs formes : telles sont celles de bcMon, de dôme, de tour, de pic **, de corne, de dent, i! aiguille, etc.
Les montagnes sont quelquefois isolées; plus souvent elles format des ohaines et àe& groupes.
25. Les premières sont ordinairement appelées monts, mais l'usage ne s'est pas non plus soumis à donner à ce nom une application exclusive; et non-seulement on l'applique aux montagnes isolées et à des sommités particulières qui s'élèvent au milieu d'une chaîne ou d'un groupe , mais aussi à des chaînes et à des groupes entiers; telle est la chaîne des Carpathes, que l'on appelle ^weïii\^ muants (kMrpathes.
26. Les chaînes des montagnes ont quelquefois une direction constante sur toute leur étendue : telle est celle des Pyrénées ; mais souvent elles diangent brusquement de direction : telle est la chaîne des Alpes , dont la partie occidentale a une direction très-différente de la partie orientale. Cependant, au milieu de ces irrégularités , on remarque que les principales chaînes de montagnes ont souvent une direction analogue à celle des terres dans lesquelles elles se trouvent; ce qui est d'autant moins étonnant que les terres ne sont, en général, que des chaînes de montagnes par rapport au fond des mers. Cest ainsi, par exemple, que les principales chaînes du milieu de l'Europe et de l'Asie sont dirigées dans le sens de l'ouest à l'est , tandis que celles de l'Amérique sont dirigées du nord au sud.
La largeur des chaînes de montagnes est aussi très -variable, et l'on voit quelquefois une même chaîne, très- large dans un lieu, se rétrécir dans un autre, pour s'élargir de nouveau un peu plus loin.
* U semble qu*il serait plus régulier de n'appliquer le nom de dme qu'aux sommités dont il sera parié tout à l'heure, comme se distinguant au milieu d'une chaîne de montagnes. " En Auvergne le mot pic est remplacé par celui de puy.
La hauteur des chaînes de montaenes est encore plus irréguUére que leur direction et leur largeur; car, outre qu'elles se composent ordinairement d'élévations inégales , on voit souvent une chaîne interrompue par une région basse ou par une portion de mer, au delà de laquelle elle reparaît avec les mêmes caractères. Mais, quoique la géologie nous montre que de semblables parties de montagnes doivent être considérées comme appartenant à une même chaîne, on est assez généralement dans l'usage de donner des noms particuliers à chacune de ces parties séparées.
Les chaînes de montagnes ne présentent quelquefois qu'une seule ligne d'élévations, mais le plus souvent elles se composent de plusieurs chaînon» ou élévations particulières, placées les unes à côté des autres. Il est rare aussi que les chaînes ne se ramifient pas , c'est-à-dire qu'il n'en sorte des rameatio: qui se détachent de la chaîne principale en prenant diverses directions.
Dans une chaîne ou dans un rameau de montagnes dont le sommet, au lieu de correspondre à un plateau , forme une simple crête, ceUe-ci est ordinairement dentelée, et les parties les plus élevées se nomment cimes, tandis que les plus basses sont appelées cols, et servent, dans les pays de hautes montagnes, pour communiquer d'un côté de la crête avec l'autre.
On appelle faite, une ligne que l'on suppose traverser chaque chaîne ou chaque rameau de montagnes dans le sens de sa longueur, en passant par les points les plus élevés , et on désigne par le nom de versants les parties de la chaîne qui s'étendent de chaque côté du faite, mais on ne doit pas prendre ces dénominations dans un sens rigoureux, car il arrive bien rarement, peutêtre jamais , que les points les plus élevés d'une chaîne de montagnes puissent être réunis par une ligne non interrompue, souvent même les points culminants se trouvent plus ou moins éloignés de la ligne que la disposition générale du sol doit faire considérer comme le faite. De sorte que l'on ne doit voir dans la division en versants qu'un moyen de distinguer l'ensemble de$ pentes et des rameaux qui se trouvent aux deux côtés d'une Ugne idéale qui fait la séparation des parties de la chaîne qui tendent à s'abaisser d'un côté , de celles qui tendent à s'abaisser du côté opposé *. Il est à remarquer aussi que dans une chaîne qui n'est que la chute d'un large plateau vers une région basse , il n'y a qu'un versant, le second étant remplacé par le plateau qui peut
* Le nom de versant Ure son origine de Tidée erronée que les arêtes ou lignes de partage entre les bassins hydrographiques (18), forment toujours les points les plus élevés d'une contrée. Il eût donc été à désirer qu^on le remplaçât par une autre dénomination ; mais comme il est admis, on peut continuer à s'en servir, dès que Ton ne perd pas de vue qu'il ne fout pas lui attribuer un sens hydrographique, attendu que les eaux passent souvent d'un versant à l'autre, et que, dans certaines chaînes de montagnes , les deux versants sont quelquefois traversés par le même cours d'eau.
donner naissance à une seconde chaîne de montagnes du côté opposé , mais qui peut aussi perdre son élévation par des pentes trop douces pour pouvoir être réputées montagnes. Dans ce dernier cas , à la vérité ^ on considère Tensemble de ces pentes comme formant le second versant; mais, attendu qu'il n'y existe plus de montagnes , on ne peut lui donner le nom de versant dans le sens indiqué ci-dessus.
Il résulte de cette tendance de certains versants à se confondre avec les plateaux, que les deux versants d*une chaîne de montagnes sont rarement uniformes. On remarque même que si une chaîne de montagnes présente un versant étroit avec des escarpements ou des pentes très- rapides , le versant opposé est très-large et composé de pentes beaucoup plus douces, ou plutôtde chaînons et de rameaux dont l'élévation devient successivement moindre , et qui finissent par des collines et des éminences qui se perdent tout à fait dans la plaine ou qui se lient avec les dépendances d'une autre chaîne. On donne ordinairement le nom de contre-forts à ces rangées de collines ou de petites montagnesqui.se trouvent en avant d'une chaîne de hautes montagnes.
Les chaînes de montagnes sont quelquefois disposées en gradins, c'està-dire qu'au-dessus du plateau qui correspond au sommet d'une chaîne à un seul versant s'élève une nouvelle chaîne, qui peut elle-même être suivie par une autre chaîne. Cet ordre de choses a principalement lieu dans les parties larges des continents '*'.
27. Les groupes de monta^gnes ne diffèrent des chaînes que parce qu'au lieu de former des lignes allongées , ils se composent d'un massif dont les dimensions en largeur sont moins différentes de celles en longueur. Souvent le milieu d'un groupe présente la cime la plus élevée, d'où partent des espèces de rameaux qui divergent dans diverses directions.
28. Les collines et les éminences n'étant , comme nous l'avons déjà fait entendre, que de petites montagnes, elles présentent en général les mêmes
. caractères que ces dernières ; nous ferons seulement remarquer que les chaînes à un versant y sont plus communes que dans les montagnes, et que leurs flancs sont souvent nommés côtes et coteatiœ.
^.Inégalités en creux.— l^e^ inégalités qui se dessinenten creux forment le plus souvent des dépressions longues et étroites c|ue Ton nomme voilées ei vallons, selon qu'elles sont plus ou moins profondes. Lorsque ces dépressions se rétrécissent de manière à rendre le passage difficile, on leur donne
* Lorsque Ton ignorait Tari de mesurer les hauteurs avec le baromètre et que, par conséquent, on. s'occupait peu de Télévation absolue des montagnes, on ne connaissait pas bien cette disposition des montagnes par gradins; aussi les géographes représentaient-ils ces gradins comme des chaînes parallèles, et les plateaux qui les séparent comme de larges vallées.
Digiti
Unom à» défilés ^ dégorges. Si ^dLU contraire, dles sont à peu près aussi larges que longues , on leur donne le nom de bassins; et quand les bassins sont disposés circulairement , de manière à rappeler la forme des théâtres des anciens , on les nomme cirques.
Du reste, ces dénominations doivent être prises dans un sens encore moins absolu que celles que Ton emploie dans les autres parties de la géographie , rt ne sont que des termes pris dans une série où il n'y a pas de limites déterminées. D'un autre côté , il est à remarquer que , tandis que le nom de vaUon ne se donne qu'à des enfoncements peu profonds et peu étendus , celui de vallée est toujours employé lorsque l'on veut désigner un très -long enfoncement, quelles que soient sa forme et sa profondeur. C'est ainsi que l'on dit la vallée de tel IGieuve, pour désigner la série d'enfoncements dans lesquels coule ce fleuve, quoique ces enfoncements se composent de vallées particulières, de bassins, de cirques, de défilés, de gorges, de vallons , et même de dépressions si peu prononcées qu'elles ne méritent pas le nom de vallon et qu'elles serairat, pour ainsi dire , inaperçues s'il ne s'y trouvait pas un grand cours d'eau.
n n'y a pas plus de limites entre les vallées ou les bassins et les plaines; aussi des contrées que l'on considère ordinairement comme de grandes plaines^ ne sont, dans le fait , que de vastes vallées ; telle est la plaine de Lombardie, bor* dée d'un côté par les Alpes et de l'autre par les Apennins.
30. En général, lorsqu'une contrée présente brusquement une grande difl^ rence de niveau , le sol de la partie élevée est sillonné par des vallées trèsprofondes, tandis que dans les lieux qui s'éloignent d'une semblable chute, les dépressions du sol sont peu prononcées, quand même elles se trouveraient sur des plateaux très-élevés au-dessus de la mer.
On remarque de même que toute vallée principale est comme une espèce de tige à laquelle aboutissent de petites branches ou voilées latérales, dont la direction se croise avec la vallée principale, et qui souvent se ramifient de leur côté. En général , la plus grande partie des vallées qui sillonnât une chaîne ou un rameau de montagnes, se dirigent ordinairement dans un sens transversal à la chaUie ou au rameau , d'où on les appelle vallées transversales, soit qu'elles prennent naissance à la crête, en se dirigeant sur l'un ou l'autre versant, ce qui est le cas le plus fréquent ; soit^ qu'elles traversent tout à fait la chaîne ou le rameau, ce qui est plus rare. Plusieurs chaînes présentent aussi des vallées dirigées dans le sens même de la chaîne, et que, par cette raiso)!^ on nomme longitudinales. On trouve notamment ces deux espèces de vallées très-bien prononcées dans les Alpes.
Les vaUées transversales sont plus communément bordées par des flancs escarpés que les vallées longitudinales ; cependant cette circonstance tient aussi à la nature du terrain ; car on sent qu'il ne peut y avoir d'escarpements dans un terrain meuble ou facilement altérable.
DES INÉGÂUTÉS DU SOL. âl
Dans les ndiées hmgitudiBales, les flancs opposés sont souvent de nature différente, ou du moins composés de matières disposées d'une autre feçon. Dans les vallées transversales, au contraire, il y a presque toujours identité parfaite entre les de^x flancs opposés , tant sous le rapport de la nature , que soos edm de la structure; et lorsque Ton voit dlpn côté un angle saUlani^ il est a peu prés certain que le côté opposé présente un a/ngle rentrant.
31. Les vallées, surtout celles transversales, qui ne sont pas trés*profondes, tendent en général à s'élargir à mesure qu'eUes s'avancent d'une contrée élevée vers une région basse ; mais cette règle est sujette à beaucoup d'exceptions , et les vallées des hautes montagnes ne présentent souvent qu'une série de ren* flments et d'étranglements. Ces dernières vallées, ou systèmes de vallées, peuvent être considérées comme composées de petites vallées longitudinales et de bassins unis par des défilés transversaux.
32. Le fond d'une vaUée, prise dans son ensemble, présente ordinairement un plan continuellement descendant, car, comme il coule presque toujours des eaux, soit permanentes , soit accidentelles , dans les vallées, on sent que quand une partie du fond est plus profènde que les points qui peuvent lui servir de débouché , ce fond deviendra un étang ou un lac, et le plan descendant se trouvera rétabli, à moms, ce qui est assez rare, qu'il y ait des cavités souterraines pour l'écoulement des eaux ou que celles-ci puissent se perdre par l'évaporation. Cependant cette règle ne peut s'appliquer aux détails des vallées barrées, c'est-à-dire, composées de renflements et d'étranglements; car ces renflements étant, comme on vient de le dire, de petites vallées particulières, ou des bassins qui ont quelquefois la forme d'un entonnoir aplati, arrive, lorsque le défilé qui met un de ces bassins en communication avec un autre se trouve percé dans le sens de la largeur de ceux-ci, que le renflement forme mie vallée partielle dirigée dans un sens différent de celui de la vallée principale , et dont le fond , après s'être abaissé jusqu'à l'entrée du défilé , se relève ensuite pour se perdre vers le sommet des hauteurs environnantes. C'est à des dispositions de ce genre que l'on doit le phénomène de deux cours d'eau qui se dirigent en sens contraire sur une même ligne , et qui, après s'être réunis, s'écoulent dans une direction qui fait à peu près un angle droit avec leurs directions précédentes.
33. Du reste , quoique l'écoulement des eaux annonce un plan continuellement descendant , il ne résulte pas de cette circonstance que la direction des cours d'eau exprime la pente générale du sol. L'observation a prouvé, au contraire, que les cours d'eau traversent quelquefois des contrées dont le sol est généralement plus élevé que celui des lieux où ces cours d'eau ont pris naissance; il suffit qu'il y ait dans ce sol des vallées dont le fond soit plus bas que la source de ces cours d'eau. Parmi les nombreux exemples de cette circonstance, nous citerons la rivière d'AIten en Laponie, qui prend sa source à
2â GÉOGRAPHIE.
une hauteur d'environ quatre cents mètres dans les régions basses qui s'étendent entre la chaîne du Kiœlfiddt et le golfe de Bothnie , et qui^ au lieu de suivre la pente générale du sol vers ce golfe , se dirige vers le nord et traverse la chaîne du Kiœlfieldt dans une partie où eUe a une hauteur moyenne de I^ de 600 mètres. On voit par là que la direction des eaux n'indique pas toujours la pente générale du sol , et que les arêtes qui séparent les bassins hydrographiques (18) sont loin de passer constamment par les points les plus élevés de ces bassins; on peut même dire qu'il est des lieux où ces arêtes n'existent que théoriquement et ne concordent avec aucune inégalité dans le s(ri ; car il y a des plaines , des marais et même des lacs qui versent leurs eaux à des bassins hydrographiques différents. Cette circonstance se voit notamment en Pologne , au point de partage des eaux qui s'écoulent dans la mer Baltique d'un ctfté et dans la mer Noire de l'autre.
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