DES CAYITÉS DE L'ÉGORGÉ SOLIDE DU GLOBE
34. Camtéê à ciel ouvert* — Lorsque les dépressions du sol ne sont plus assez larges pour être appelées vallées, vallons, défilés, Irnssins ou cirques, on les désigne par d'autres noms, tirés ordinairement de leurs formes : c'est ainsi que Ton appelle fentes et cret^a^^^^^ celles qui ressemblent aux cavités de même nom que nous voyons se fbrmer dans les corps qui se dessèchent ou qui se refroidissent; d'autres prennent le nom àt puits naturels ond'entonnoirs, parce qu'elles rappellent nos puits ou nos entonnoirs artificiels. Du reste, de même que l'application du nom de pays élevé et de région basse est souvent pri^ dans un sens relatif plutôt qu'absolu, il n'y a pas de ligne de démarcation entre les dépressions que l'on doit désigner par les premières ou par les dernières des dénominations que nous venons d'indiquer ; car il y a dans les pays de montagnes de véritables vallées, c'est-à-dire, des cavités assez vastes pour être habitées, qui ressemblent tellement à une fente ou à une crevasse, qu'on les désigne par l'un de ces noms lorsque l'on veut exprimer leur forme en peu de mots.
35. Cavités soiùterraines. — Outre ces diverses cavités , que l'on pourrait appeler, d'après le langage des mineurs , cavités à ciel ouvert, l'écorce solide du globe en présente beaucoup d'autres auxquelles on pourrait donner l'épithète de souterraines , et que l'on désigne par diverses dénominations , qui tirent ordinairement leur origine des idiomes locaux ou des événements , souvent fabuleux, que l'on suppose s'y être passés.
36. En général , on donne le nom de cavernes à celles de ces cavités qui présentent une certaine étendue et qui se composent ordinairement d'une série de renflements et d'étranglements, c'est-à-dire, d'espèces de salles plus on moins vastes, qui communiquent entre elles par des couloirs plus ou moins resserrés.
Les cavernes sont en général tortueuses et se ramifient en diverses branches.
Elles ont toutes sortes de directions : les unes courent dans un sens parallèle au sol; d'autres s'enfoncent comme des puits vers l'intérieur de la terre; tantôt elles ont une ouverture au jour; d'autres fois elles sont tout à fait masquées^ et l'on ne découvre leur existence que par des travaux souterrains; tantot elles renferment de vastes réservoirs d'eau; ailleurs elles servent à l'écoulement de rivières souterraines, et l'on voit quelquefois des fleuves qui se perdent en tout ou en partie dans une caverne, pour reparaître à des distances plus ou moins éloignées.
Les parois des cavernes sont presque toujours très-inégales, hérissées d'aspérites, et creusées par des excavations irrégulières qui pénètrent plus ou moins avant dans le rocher. Souvent elles sont décorées par du calcaire eoncrétionné, qui prend diverses formes, telles que celles de mamelons, de stalactites, de colonnes, de draperies, et qui quelquefois brillent de l'éclat le plus vif lorsque la lumière vient frapper leurs parois.
37. Le nom de grotie est souvent employé comme synonyme de celui de caverne; cependant on l'applique plus communément aux petites cavernes qui ne se composent que d'une seule salle.
38. Lorsque des cavites de ce geni'e, au lieu de présenter des espèces de salles, traversent entièrement des massifs étroits, on leur donne les noms de ponis naturels, rochers troués, etc.
39. On désigne ordinairement par le nom de fimrs à cristaux des cavites dont les parois sont tapissées de cristaux, et dont les dimensions ont quelques rapports avec celles des fours à cuire le pain ; lorsque les cavites de ce genre deviennent trop petites pour être rapportées à un four, on leur donne le nom de géodes.
40. Au surplus , de même qu'il y a un passage des grandes vallées aux petites crevasses que l'on remarque dans un rocher gercé, la nature présente aussi des passages depuis les immenses cavernes qui ont plusieurs myriamètres d*étendue, jusqu'aux pores, imperceptibles à l'œil, dont la physique nous apprend l'existence au milieu de corps à texture compacte.