IV G K N É R A L
cc nature de îa peau des doigts ni à sa contex- « ture , car si on retourne ie chéveu de manière « que la pointe soit à la place de la racine ? ré- « ciproquement le mouvement a lieu en sens « contraire, c’est-à-dire , ou il est toujours dirigé « vers la racine.
« Ces observations , auxquelles Monge en « ajoute quelques autres, sont toutes rapportées « sur le cheveu pris pour exemple ; mais elles « ont également lieu pour les crins , pour les « brins de laine > et en général pour les poils « de tous les animaux. La surface de tous ees « objets est donc formée de lamelles rigides , suce perposées ou tuilées de la racine à la pointe, « qui permettent le mouvement progressif vers « la racine et s’opposent à un semblable mou-
« vement vers la pointe.
ce C’est cette conformation qui est la principe pale cause de la disposition au feutrage qu’ont « en général les poils de tous les animaux.
« En effet le chapelier , en frappant avec la « corde de son archet les flocons de laine , dé-
* tache et isole en l’air chacun des brins en parce ticulier ; ces brins retombent les uns sur les
* autres et dans toutes sortes de directions sur « la table , où ils forment une couche d’une « certaine épaisseur ; puis l’ouvrier les recouvre
* d’une toile qu’il presse avec les mains étenc<' unes et en agitant les mains dans différents*
îa..
« sens. La pression rapproche les brins de laine « les uns des autres et multiplie leurs points de « contact ; l’agitation leur donne à chacun un « mouvement progressif dirigé vers la racine ; au <* moyen de ce mouvement , les brins s’entre- « lacent , et les lamelles de chaque brin , en « s’accrochant à celles des autres brins qui se « trouvent dirigés en sens contraire , maintien- « nënt le tout dans la contexture serrée que la « pression lui a lait prendre. A mesure que le « tissu se serre , la pression des mains doit « augmenter , tant pour le serrer d avantage que « pour entretenir le mouvement progressif des « brins et leur entrelacement , qui éprouve alors » une difficulté plus grande ; mais dans toute « cette opération , les brins de laine s’accrochent « seulement les uns avec les autres , et non pas k à la toile , dont les fibres , comme nous face vons déjà dit , sont lisses et ne présentent pas c< la même facilité à cet égard.
« La conformation de la surface des brins de ce laine et des poils des animaux ne constitue pas « seule leur disposition au feutrage ; il ne suffit pas que chaque brin puisse prendre un mou- « vement progressif vers la racine ; il ne suffit « pas que les lamelles inclinées , en s’accrochant « les unes aux autres , maintiennent le tissu dans « l’état où le met la compression : il faut en- « core que les brins ne soient pas droits comme
en général. ï8t
« clés aiguilles ; par la suite de l’agitation , cha- « cun d’eux continuerait son mouvement pro- « gressif sans changer de direction , et l’effet « de l’opération serait de les écarter tous du cen « tre sans produire aucun tissu. Il faut donc que « chaque brin soit tortillé , que l’extrémité qui « est du coté de la racine soit disposée à changer « perpétuellement de direction , à s’entrelacer « autour de nouveaux brins , et à revenir sur le « brin lui-même si elle y est déterminée par « quelque changement dans la position du reste « de son étendile. C’est parce que 3a laine est « naturellement conformée de cette manière « qu’elle est si propre au feutrage , et qu’on peut « l’y employer sans qu’il soit nécessaire de lui « faire subir aucune préparation antérieure.
« Mais les poils de lièvre , de lapin , de casée tor , sont naturellement droits ; ils ne pence vent être employés seuls au feutrage qu’après te avoir subi une opération préliminaire que ce l’on nomme secrétage , et qui consiste à les ee frotter , avant le dépouillement , avec une ee brosse imprégnée d’une dissolution de merci cure dans l’acide nitrique ; cette dissolution , ee en agissant d’un coté seulement sur la subie stance même des poils , altère leur direction « en ligne droite , et leur communique la dis- « position au feutrage dont la laine jouit natu- « Tellement.
ï§2 B E h A TEINTURE
« L’opération du foulage des étoffes de laine « a un si grand rapport avec le feutrage , que « nous ne pouvons nous dispenser d’entrer ici « dans quelques détails à ce sujet.
« Les aspérités dont les brins de laine sont hé- « risses à leur surface , et la disposition que les * brins ont à prendre un mouvement progres- « sif dirigé vers la racine, est un obstacle à la « filature de la laine et à la confection des étof- « fes. On est obligé pour filer la laine et la liste ser ensuite , d’enduire tous les brins d une « couche d’huile qui , remplissant les cavités, a rende les aspérités moins sensibles , de même tt qu’on met une couche d'huile sur une lime « douce quand on veut la rendre plus douce « encore. Lorsque la pièce d'étoffe est fabriquée , « il faut la purger de cette huile , qui lui donne « une couleur désagréable , qui est une sorte de « mal propreté , et qui serait un obstacle à la « teinture qu’on voudrait lui donner ; et pour « cela on la porte à la foulerie où on la pile « avec des maillets dans une auge pleine d’eau , « dans laquelle on a délayé de largile. L’ar- « gile se combine avec l’huile, qu’elle rend so- « lubie dans l’eau ; le tout est entraîné par l’eau te nouvelle que la machine elle-même y fait ar- « river ; et au bout d’un certain temps l’étoffe « est dégraissée.
« Mais le dégraissage n'est pas l’unique objet
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k du foulage ; les pressions alternatives que les « maillets exercent sur la pièce d’étoffe, sur- « tout lorsque le dégraissage est avancé , pro- « duisent un effet analogue à celui de la preste sion des mains du chapelier ; les brins de laine « qui composent un des fils de la chaîne ou de « la trame , prennent un mouvement progres- « sif , s’introduisent dans un des fils voisins , « puis dans ceux qui les suivent , et bientôt tous « les fils , tant de la chaîne que de la trame , « sont feutrés ensemble. L étoffe , après avoir « subi un raccourcissement dans ses deux dite mensions , participe de la nature de la toile « et de celle du feutre ; on peut la couper sans « qu’elle soit exposée à se défiler , et I on n’est « pas obligé à ourler les différentes pièces qui « entrent dans la composition d’un vêtement. Si « c’est un tricot ordinaire de la laine , la maille « n’est plus exposée à couler lorsqu’elle vient à « s’échapper ; enfin les fils de la chaîne et de la « trame n’étant plus aussi distincts , ni séparés « d’une manière aussi tranchée , l’étoffe , qui « d’ailleurs a pris plus d’épaisseur, forme un « vêtement plus chaud ».
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