‹ Éléments de l'art de la teinture. Avec une description du blanchiment par l'acide muriatique oxigéné (volume 2)Chapitre 17 sur 68 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Du coton.

Le coton est le duvet ou la bourre qui est contenue dans la silique d’une plante qui croît dans les pays chauds. On sépare ce duvet des semences qu’il enveloppe par le moyen d’une espèce de moulin.

Le climat a une grande influence sur les qualités du coton , et les espèces du cotonnier semblent s’assortir à sa chaleur (i); mais il s’en trouve une grande variété dans les îles de l’Amérique ; et il paraît par ce qu’en dit Bennet (2) , que les colons ont négligé jusqu’à présent de faire un choix de celles qui seraient les plus avantageuses, et que par-là ils ont perdu une grande partie des avantages qu'ils pouvaient retirer de cette production précieuse.

On distingue cinq espèces de cotonnier qui ont un grand nombre de variétés : Linnéus a désigné ces cinq espèces par les noms suivants :

(1) Estais sur les caiacteres cjin distinguent les cotons des diverses parties du monde , etc. , par M. Quatreniere Disjonval.

(1 2) Transactions of the society instituters at London for tïie encouragement ol arts , manufactures and commerce , vol. I

gossypium arboreum , ou le cotonnier en arbré des Indes : gossypium religiosum , qui est un grand arbrisseau qui croît également dans les Indes : gossypium Barbadense , arbrisseau biennal que l’on cultive à la Barbade : gossypium hirsutum , arbrisseau qui est vivace dans les climats chauds de l’Amérique , et annuel dans les parties froides : gossypium herbaceum , qui paraît originaire de Perse, et qui est cultivé dans les îles de l’archipel , en Egypte , à Malte , en Sicile. Les Russes le cultivent même dans le Gouvernement du Caucase.

On peut ajouter à ces espèces celle du coton de Siam qui est remarquable par la finesse et le soyeux de ses filaments.

On cultive , depuis quelque tems , en Allemagne, selon le rapport de Guthrie (r), un asclepias, asclepias syriaca , Linn. qui donne une espèce de coton très-soyeuse. On a établi en Saxe des fabriques d’étoffes faites avec cette substance , dont le lustre rivalise avec la soie.

Les principales différences du coton consistent dans la longueur de ses filaments , leur finesse , leur solidité et leur couleur ; ou en distingue , sous ce dernier rapport , dans le commerce , plusieurs espèces qui diffèrent , nonseulement par leur valeur absolue , mais encore

(i) Mém. of Manchester vol. V , part. I.

E N GÉNÉRA L. JÇ}(>

par celle qu elles ont , selon les usages auxquels elles sont destinées.

La couleur du coton varie depuis le jaune foncé jusqu’au blanc ; le plus coloré est celui de Siam et du Bengale , et souvent on en fait des étoffes auxquelles on conserve sa couleur naturelle.

Le coton est devenu , par l’étendue et la variété de ses usages , l'un des principaux objets de l’industrie et du commerce ; c’est à l’avantage de pouvoir le fabriquer avec peu de frais de main-d’œuvre , que l'Inde a été sur-tout redevable des trésors qui allaient s’y enfouir.

Une nation célèbre par le génie des arts , est parvenue à compenser la différence des salaires par des machines expéditives , et elle a fait couler dans son sein cette source de prospérité. Elle conserverait exclusivement les grands avantages quelle en retire , si les autres nations ne cherchaient à favoriser , par quelques mesures d’administration , la concurrence de l’industrie qui doit entretenir une partie de leur population (i),

(1) Des phisosonhes respectables , en réclamant la liberté pour le commerce et pour l’industrie , paraissent avoir fait une application trop étendue de leurs principes d’Economie politique, quand iis se sont élèves contre les entraves que la surveillance d’un gouvernement met à l’introduction de quelques produits des manufactures étrangères.

Lorsque les manufactures ont acquis une supériorité pair

Pour disposer le coton à recevoir la teinture, on lui fait subir une opération qu’on appelé le décreusage. Quelques-uns le font bouillir dans de l’eau sure ; mais le plus souvent on se sert d’une lessive alcaline : on y fait bouillir le coton pendant deux heures , après cela on le tord ; on le rince à la rivière jusqu’à ce que l’eau en sorte claire , et on le fait sécher.

On fait tremper pendant quelque temps dans

des procédés particuliers , que les longues tentatives ont porté ces procédés à leur perfection , et que l’habitude acquise par leurs ouvriers ne permet pas de soutenir leur concurrence , il faudrait y renoncer pour toujours , ou il faut balancer ces avantages par des droits d’entrées ou même par des prohibitions.

On dit que l’on force par-là les capitaûx qui sont limités à prendre une autre pente que celle qui leur est naturelle et plus avantageuse : cette maxime est vraie pour les objets sur lesquels l’industrie a des avantages ou des désavantages naturels.

Mais lorsqu’il ne faut cjue compenser des désavantages momentanés , lorsqu’il s’agit d’un objet de grande consommation et qui doit fournir du travail à une grande partie de la population , il est de l’intérêt des consommateurs même, qu’ils soient assujétis à un impôt temporaire, qui serve à donner une prime à une nouvelle branche d’industrie, et même à créer des capitaux suffisans pour ceux qui l’entreprennent , par des gains exagérés jusqu’à un certain point. Us sont dans le cas d’un propriétaire qui se prive pendant quelque temps d’une parlie de son revenu , pour établir un canal d’irrigation dans ses propriétés.

de l’eau chargée d’un cinquantième au plus d’acide sulfurique , les toiles de coton qu’on destine à l’impression , après cela on les lave avec soin dans l’eau courante et on les fait sécher. L’acide qui a servi à cette opération dissout de la terre calcaire et de l’oxide de fer , qui auraient altéré les couleurs.

L’alunage doit se faire à raison du quart de l’alun contre, une partie de coton: on dissout l’alun avec les précautions indiquées dans l’article précédent; mais l’on y ajoute une dissolution de soude que l’on peut évaluer à un seizième à-peu-près de soude contre une partie d’alun ; quelques-uns y ajoutent une très-petite quantité de tartre et d’arsenic. L’on imprègne bien le fil de cette dissolution , en le travaillant par petites parties ; après quoi l’on verse le restant du bain sur le fil que l’on a réuni dans un vase ; on l’y laisse vingt-quatre heures : au sortir de l’alunage , on le met dégorger dans une eau courante pendant une heure et demie à deux heures, et on le lave. Le coton prend environ un quarantième de son poids dans cette opération.

L’engallage se fait à raison de différentes doses de noix de galle ou d’autres astringents^ selon la qualité des astringents et selon l’effet qu’on en veut obtenir.

On lait cuire environ deux heures la noix de

galle pilëe dans une quantité d’eau qui doit être proportionnée à la quantité de fil qui doit être engallée ; ensuite on laisse refroidir le bain au point d’y pouvoir tremper la main ; on le partage en parties qu’on rend égales autant qu’on le peut , pour travailler par petites parties , comme on l’a dit pour Falunage , et on verse de même le reste sur la totalité. On le laisse vingtquatre heures , sur-tout lorsqu’il est destiné au garançage et au noir , car pour d’autres couleurs , douze à quinze heures peuvent suffire ; après cela on l’exprime et on le fait sécher.

Lorsque l’on donne l’engallage à des étoffes qui ont déjà reçu une couleur , il faut le faire à froid, pour ne pas altérer cette couleur.

Le coton qui a été aluné prend un poids plus considérable dans l’engallage que celui qui ne l'a pas été ; quoique l’alumine ne se fixe qu’en petite quantité avec le coton , elle lui communique la propriété de se combiner beaucoup mieux avec le principe astringent , de même qu’avec les parties colorantes.

Y Tf GÉNÉRAL.

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