‹ Éléments de l'art de la teinture. Avec une description du blanchiment par l'acide muriatique oxigéné (volume 2)Chapitre 19 sur 68 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

L’ art du blanchiment par l’acide muriatique oxigéné est une application immédiate des propriétés chimiques de cet acide, dont la première connaissance est due à Schèele , et qui furent développées et soumises à une théorie régulière en 1785.

On annonça à cette époque des premiers essais sur l’application de cet acide au blanchiment: ils furent bientôt suivis en Angleterre par le célèbre Watt , et ensuite par Bonjour , Décroizille, Welter , Widmer et Ilaussman. On publia une première description de cet art, encore près de sa naissance , dans les Annales de chimie de 1789; cependant il continua de faire quelques progrès que l’on fit connaître successivement. L’on en fit une seconde description ( 1 ) , sur-tout sur les données de Welter, qui avait continué de le

(1) Journal des Arts et Manufactures. Au 3.

pratiquer en grand , et ceux qui connaissent ce savant chimiste savent quelle confiance méritent ses observations.

Il a paru depuis lors différens traités sur ce procédé : nous allons donner une idée de ceux qui sont parvenus à notre connaissance.

Pajot des Charmes en a publié un fi) qui a paru en l’an 8 : il n’y parle que de la première description qui avait été donnée dans les Annales, et il néglige celle qui avait été publiée cinq ans avant son ouvrage , et dont il s’était fait plusieurs éditions séparées. '

Il représente le procédé qui avait été décrit comme étant très - difficile à exécuter; mais les corrections qu'il prétend y apporter , ne nous semblent produire d’autre effet que celui d’en diminuer la précision ou les avantages ; ainsi , il supprime le vase intermédiaire que nous croyons utile ; il conseille , comme changement trèsavantageux , de substituer des tubes de plomb à ceux de verre ; il mêle de la potasse à la liqueur pour en supprimer l’odeur , et son effet avait été apprécié dans la première description ; il regarde l’odeur de l’acide muriatique oxigéné , tel qu’il avait été prescrit, comme un obstacle insurmontable, et il fait une description de l’état fâcheux où il a été réduit en répétant ce procédé. Il se

(2) L’art du blanchiment des toiles > fils et coton de tout genre.

EN G K N É R, A. L. 2l?>

serait, convaincu que le procède pouvait être exécute sans aueun inconvénient, s’il en eût suivi la description avec soin, ou s’il eût visité l’atte* lier dirigé par Widmer, celui deWelter et plusieurs autres, qui en fesaient usage à cette époque ; il se récrie sur la longueur qu’entraînait le nombre des lessives et des immersions prescrites : les limites de ce nombre y avait - on dit, sont entre quatre et huit , et nous trouvons (page 106 de son traité) qu’il porte les lessives jusqu’à six et les immersions jusqu’à sept; ailleurs, il donne, pour faire l'acide sulfurique , un procédé paj® lequel on ne peut obtenir que de l’acide sulfureux, etc.

Chaptal a publié une notice sur un* procédé qui est depuis long-temps en usage pour blanchir le coton , dans les parties méridionales de la France (i), et qu’on avait indiqué dans la seconde description du blanchiment : on imprègne le coton d’une dissolution de soude, on le tient exposé à la vapeur de l’eau bouillante , dans un vase clos où cette vapeur est comprimée, et après cela on lui fait subir quelques jours d’exposition sur le pré. Ce procédé a donné lieu à O Relly de publier un ouvrage sur le blanchiment (2) : nous ne parlerons pas de la mé-

(1) Bulletin de la Société Pliylomatique. Brumaire an S*

(2) Essai sur le blanchiment.

thode qu'il y préconise, parce que ses assertions il ont pas été confirmées jusqu'à présent par les expériences auxquelles elles ont engagé plusieurs artistes ; nous remarquerons seulement que dans le même ouvrage il décrit un appareil, comme propre à la préparation de l’acide muriatique oxigéné ; mais cet appareil est tel que la vapeur de l’acide muriatique oxigéné ferait , par son action élastique , jaillir par le tube de sûreté toute l’eau du vase intermédiaire, pour suivre ensuite la même route : plusieurs détails prouvent qu’il l’a décrit d’imagination.

On doit à Vestrumb un ouvrage sur le nouveau blanchiment ; mais ce savant chimiste prévient qu’il ne décrit cet art que d’après les épreuves qui lui sont propres , et sans avoir pris connaissance de ce que l’expérience avait appris à ceux qui l’ont pratiqué. Puipp a donné des expériences intéressantes sur cet objet (i), et nous ferons usage de quelques-unes.

Nous ne nous flattons pas de faire toujours le meilleur choix dans les opérations que nous allons décrire ; mais nous serons guidés particulièrement par les observations que nous devons à Widmer et à Welter, qui dirigent ce procédé depuis plusieurs années , avec un succès

(i) Bemerkungen und Vorschlage fur Bleicher.

(4) Mem. of nianchester, vol. Y.

ESf GÉNÉRAL. 2 ï S

toujours croissant : nous n’indiquerons pas même les modifications que nous pourrions imaginer sur des vues simplement conjecturales ; mais nous espérons que l’expérience apprendra de plus en plus à le simplifier, à le perfectionner et à en étendre futilité : ceux qui ne veulent l'employer que pour des objets peu considérables, en négligeant de petits intérêts, où qui se contentent d’un effet incomplet, peuvent simplifier facilement et les appareils et les manipulations.

Dans des opérations particulières , on peut abréger beaucoup le blanchiment , et même le réduire à quelques heures ; mais on doit songer, dans une manufacture , à établir une série d’opérations , dont le succès soit à l’abri des accidens et qui procure constamment du travail aux mêmes ouvriers , plutôt qu’à accélérer chacune en particulier.

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