partie d’étainpar le mélange d’nn peu pl us de deux
parties d’acide sulfurique et de trois d acide muriatique. Il décrit plusieurs autres essais qu il a faits soit en dissolvant l’étain dans différents -acides , soit eu substituant d’autres sels ii base
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terreuse ou métallique à la dissolulioii d’étain ; mais ces essais n’indiquent pas des applications assez directement utiles à l’art , pour que nous en rapportions les résultats.
L’expérience fait voir que l’on peut teindre l’écarlate en une seule opération ; mais l’on parvient mieux à donner une teinture égale en divisant l’opération en deux , lorsque l’on teint en grand : il n’en est pas de même pour les nuances légères.
Si Ton trouve que l’écarlate que l’on vient de teindre est trop orangée , on peut affaiblir cette nuance en la lavant dans de l’eau chaude , surtout si cette eau contient quelque sel à base terreuse.
La rougie qui a servi à teindre l’écarlate n est pas épuisée de parties .colorantes , mais elle en contient encore une quantité qui varie selon que la cochenille a été réduite en poudre plus ou moins fine et selon la longueur de 1 ébullition qu’on lui a fait subir. Ce bain retient outre cela une partie des mordants qu’on y avait mis ; mais comme la nature de ce résidu n’est pas constante , il serait illusoire de prescrire les doses précises des ingrédients que l’on doit y ajouter pour en obtenir les nuances qu’on veut en tirer : 1 habitude du même procédé et l’expérience guident facilement un teinturier intelligent ; on s’en tiendra donc à quelques considérations générales.
Si l’on a beaucoup de drap à teindre en écar-
late , on peut se servir, pour le bouillon , d’une rougie avec laquelle on vient de teindre , en dëfalqu ant de la quantité ordinaire de cochenille celle qu’on juge être restée dans le bain et en diminuant aussi la quantité de la dissolution d’étain; mais si l’on veut une couleur de feu, on commence par faire bouillir un sac de fustet , et on le retire avant d’ajouter les autres ingrédients.
On peut se servir après cela de ce bain , aussitôt qu’on en a retiré le drap , pour faire la couleur de grenade , en y fesant bouillir un sac de fustet ; celui qui a déjà passé dans un bain est plus propre à cette nuance que le nouveau : après l’avoir retiré , on jette dans le bain , du tartre et de la composition ; on pallie bien , et on y traite le drap comme j)Our la teinture de l’écarlate.
A la suite de cette couleur, on peut faire servir le bain pour les capucines , en y fesant bouillir du fustet et en y ajoutant du tartre et de la dissolution d’étain.
On peut encore se servir du bouillon précédent pour le langouste , l’orangé, le cassis , la couleur d’or et le jonquille , en y fesant bouillir du fustet et en y ajoutant un peu de cochenille et plus ou ’ moins de tartre et de dissolution d’étain.
Quand on a donné le bouillon à tous les draps (pi'on veut teindre , en procédant de la couleur
la plus foncée à la plus claire , on les passe à la rougie, en allant au contraire de la couleur la plus claire à la plus foncée, et en ajoutant de plus en plus de la cochenille et de la dissolution d’étain jusqu’à ce qu’on soit parvenu au grenade et à la couleur de feu. Quand on est au tour de la couleur d’or et du jonquille , on ajoute du fustet , à moins qu’on n’ait fini ces couleurs dans le premier bain , comme on va voir qu’on peut le faire pour quelques nuances. Pour la couleur d’or et le cassis , on ajoute un peu de garance.
On peut faire les couleurs d’or , de cassis , de jonquille et de chamois après le bouillon de l’écarlate , en ajoutant , pour les deux premières , du fustet , de la dissolution d’étain et un peu de garance , un peu plus de fustet et un peu moins de dissolution d’étain pour la couleur d’or que pour le cassis ; il faut beaucoup moins de dissolution d’étain pour le chamois. La couleur de biche peut se faire à la suite d’un bouillon d’écarlate sans aueune addition. Le café au lait demande un peu de fustet et de dissolution d’étain et une très-petite quantité de garance ; enfin l’on ajoute à ces derniers ingrédients un peu de cochenille et de tartre pour le chocolat au lait.
On se sert ordinairement d’un bain frais pour le bouillon des couleurs de cerises , et on le compose de tartre et de dissolution d’étain ; ensuite on emploie pour les teindre une rougie qui a
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servi à l’ecarlate , on y ajoutant du tartre , de la dissolution d’étain et un peu de cochenille. On n’emploie pour le bouillon et pour la rougie que la moitié du temps que durent ces opérations pour la teinture de l’écarlate , et en général on diminue le temps en raison de la délicatesse des nuances. On peut se servir , pour le bouillon du rose, de la roupie du cerise, et l’on compose sa rougie avec un peu de dissolution d’étain et de tartre et très-peu de cochenille. On peut foncer la couleur en passant le drap , au sortir de la teinture , dans l’eau chaude.
La couleur de chair se fait à la suite d’une rougie , en jetant un peu de bain et en le rafraîchissrnt. On peut le faire aussi à la suite des violets , en y ajoutant un peu de dissolution d’étain ; il ne faut faire bouillir que très -peu de temps.
Enfin , la rougie dont on a tiré l’écarlate peut servir pour les gris qui doivent avoir un œil vineux , en rafraîchissant le bain , y ajoutant de la noix de galle et ensuite un peu de sulfate de fer ou AÛtriol vert.
Il faut observer que les nuances faibles et délicates, telles que les langoustes et les orangés, de même que les lilas , mauves , cerises , roses , ont plus d’éclat et de fraîcheur lorsqu’on les prépare dans un seul bain , que lorsqu’on leur fait subir et le bouillon et la rougie : pour cela il
suffit de mettre dans ce bain les ingrédients necessaires. Le drap simplement mouille et n’ëtant point imprégné de mordant , se charge des parties colorantes moins promptement et d’une manière plus égale. Il y a aussi dans cette manière d’opérer une épargne de temps et de combustible.