CHAPITRE X
Du bols de Brésil,
Ce bois , qui est cVun grand usage en teinture , tire son nom de la partie de FAmerique d’où il nous a premièrement été apporté ; on lui donne aussi le nom de fernambouc , de bois de Sainte- Martlie, du. Japon, de Sapan , suivant les endroits qui l’ont produit. A présent on le cultive dans risle-de-France , où il est naturalisé ; celui des Antilles se nomme hrésillet : c’est l’espèce la moins estimée*
Linneus désigne l’arbre qui fournit le bois de Brésil par le nom de cœsalpinia crista; celui du Japon ou le bois de Sapan, qu’on distingue en gros et en petit bois de Sapan, par celui de cœsalpiTiici Scippujz j enfin il nomme le bî esillet ^ ccbsclI~ pinia vesicaria.
Cet arbre croît ordinairement dans les lieux secs et au milieu des rochers ; son tronc est trèsgrand , tortueux et rempli de nœuds. Les fleurs du bois de Sapan et du brésillet ont dix étamines , et celles du véritable bois de Brésil n’en ont que cinq. C’est celui qui vient de Fernambouc qui est le plus estimé.
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Le bois de Brésil est très-dur , susceptible d’uu beau poli ; il va au fond de l’eau : il est pâle lorsqu’on le divise, mais il devient rouge par l’exposition à l’air ; il a differentes teintes de rouge et d’orangé : sa Idéalité se reconnaît surtout à sa pesanteur ; lorsqu’on le mâche , on lui trouve une saveur sucrée. On peut le distinguer du santal rouge , parce que celui-ci ne donne pas sa couleur à l’eau.
L’eau bouillante enlève au brésil la partie colorante et l’en dépouille totalement ; si on continue l’ébullition assez long - temps , elle prend une belle couleur rouge. Le résidu 2>araît noir; alors un alcali peut en extraire encore beaucoup de substance colorante. La dissolution par l’alcool ou par l’ammoniaque est plus foncée que la précédente. On peut donner , selon Dufay, avec l’alcool de bois de Brésil , aux marbres chauds, une couleur rouge qui passe au violet. Si on augmente la chaleur en couvrant de cire les marbres teints , la couleur parcourt toutes les nuances du brun , et se fixe à celle de chocolat.
La décoction récente de brésil donne avec l’acide sulfurique un précipité peu abondant d’un rouge tirant au fauve ; la liqueur reste transparente et de couleur jaune. L’acide nitrique fait d’abord passer la teinture au jaune ; mais si on en ajoute davantage , la liqueur prend une cou-
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leur jaühe orangee foncee , et devient transparente, après avoir de'posé un précipite à-peuprès semblable en couleur au précédent et plus abondant. L’acide muriatique se Comporte comme le sulfurique. L’acide oxalique doniiC mi précipité d’un rouge orangé presque roux, à-peuprès aussi abondant que celui de l’acide nitrique ; la liqueur reste transparente et de la même couleur que les précédentes. Le vinaigre distillé donne très-peu de précipité de la même couleur ; la liqueur reste transparente , un peu plus orangée. Le tartre fournit encore moins de précipité ; la liqueur reste trouble et plus rougeâtre que la dernière. L’alcali fixe amène la décoction au cramoisi ou violet foncé tirant au brun , et donne un précipité à peine sensiole , de la meme couleur. L’ammoniaque donne un violet ou pourpre plus clair et un petit précipité d’un beau pourpre. L’alun occasionne un précipité rouge tirant au cramoisi , abondant et lent à se déposer ; la liqueur qui le surnagé conserve une belle couleur ronge semblable à celle de la décoction récente : cette liqueur donne encore un précipité abondant si l'on sature l’acide de l’alun par le moyen de l’alcali. C’est ainsi qu’on prépare une espèce
de carmin inférieur au carmin ordinaire et une laque liquide pour la miniature. L’alun avec le tartre forme un précipité rouge -brunâtre peu tibondaut j la liqueur reste très*alaire d’un rouge
orange. Le sulfate d^fer fait prendre à la teinture une couleur noire tirant au violet ; le pre'cipite est abondant et de la meme couleur, ainsi que la liqueur qui le surnage. Le sulfate de cuivre donne egalement beaucoup de précipité plus obscur; la liqueur reste transparente et d’un roux rembruni. Le sulfate de zinc donne un précipité brun peu abondant ; la liqueur transparente qui le surnage est de couleur de bière blanche. La dissolution d’acétate de plomb occasionne un précipité abondant d’un assez beau rouge foncé ; la liqueur transparente est d’un rouge orangé. La dissolution d’étain par l’acido nitro-muriatique donne un précipité très-abondant et d’une belle couleur rose ; la liqueur reste transparente et totalement décolorée. Enfin avec le muriate mercuriel corrosif on obtient un léger précipité brun ; la liqueur reste transparente et d’un beau jaune.
On trouve dans le journal de physique (i) des expériences curieuses sur l’action que les acides exercent sur la couleur du brésil : si , après l’avoir fait passer au jaune par le moyen du tartre et de l acide acétique, on y verse de la dissolution nitro-muriatique d’étain , il se forme aussitôt un précipité rose très-abondant ; si l’on ajoute à la dissolution amenée au jaune par un acide , une
(i) Février jj63.
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pliis grande quantité de xet acide ou d’un acide plus puissant , Ton rëtaffl^t la couleur rouge ; l’acide sulfurique est le plus propre à produire cet effet. Quelques sels font aussi reparaître la couleur rouge du brésil qui a disparu par Faction des acides.
On a observe que la décoction du bois de Brésil, qu’on appelle suc ou jus de brësil, ëtait moins propre à la teinture lorsqu’elle ëtait récente que lorsqu’elle ëtait vieille et même fermentée : elle prend en vieillissant une couleur rouge jaunâtre : pour faire cette décoction , Ilellot recommande de se servir de l’eau la plus dure ; mais il faut remarquer que cette eau fonce sa couleur en raison des sels terreux qu’elle contient. Après avoir fait bouillir ce bois réduit en copeaux, ou , ce qui est préférable , en poudre, ])cndant trois heures , on verse cette première eau dans une' tonne ; on remet de nouvelle eau sur le brésil , on l’y fait bouillir encore trois heures , puis on la mêle à la première. Lorsqu’on emploie le bois de Brésil dans un bain de teinture , il convient de Fenfermer dans un sac de toile claire , ainsi que tous les bois colorants.
La laine plongée dans le jus de brésil n’y prendrait qu’une teinte faible qui se détruirait promptement ; il faut lui donner des préparations.
On fait bouillir la laine dans une dissolution d’alun il laquelle on ajoute seulement le quart
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OU même moins de tartre ; une plus grande proportion de tartre rendrait la couleur plus jaune : on tient la laine imprégnée , au moins huit jours dans un lieu frais ; après cela on la teint dans le jus de brésil , en le fesant bouillir légèrement ; mais les premières parties colorantes qui se déposent donnent une couleur moins belle ; de sorte qu’il convient de faire passer d’abord dans le bain une étoffe grossière. L'on obtient de cette manière un rouge vif qui résiste assez bien à l’air.
Si l’on a détruit par le moyen d’un acide quelconque la couleur rouge du jus de brésil , il peut donner aux étoffes de laine une couleur ventre de biche plus ou moins foncée , qui est trèssolide à l’air.
Poerner prépare le drap avec un bouillon composé de dissolution d’étain , d’alun et d’un peu de tartre , et il fait son bain avec du fernambouc et une proportion considérable d’alun. Il teint dans le résidu de ce bain une seconde pièce qui a reçu une préparation semblable. La première pièce prend une belle couleur de brique, et la seconde une couleur qui approche de celle de l’écarlate (i). On peut varier beaucoup les nuances en changeant les proportions des ingrédients.
(i) Instruction sur Part de la teinture.
On peut, par ces moyens, donner assez de solidité aux couleurs tirées du brésil ; cependant elles ne peuvent être comparées sous ce rapport it celles cpi on obtient j^ar la cochenille ou la garance. On donne quelquefois de l’éclat à la couleur qu on tire de cette dernière substance , en passant le drap qui est teint dans le jus de brtesil ; mais cet éclat disparaît bientôt.
Guhliche donne un procédé par lequel il prétend qu’on obtient des couleurs plus belles et plus solides que par ceux dont on fait usage. 11 prescrit de verser sur le fernambouc, réduit en poudre ou en copeaux minces , du vinaigre pur ou de l’acide acéto-citrique(r), ou de l’acide nitro-
(î) Nous appelons acide acéto~citrique une liqueur acide dont Guliliclié lait un grand usage dans la teinture sous le nom d’esprit acide végétal , et qu’il prépare de la manière suivante :
Il prend des citrons, ceux même dont l’écorce est pourrie peuvent servir à cet usage 5 il en sépare l’écorce et la peau qui y adhère ; il les coupe par tranches dans un vaisseau qui ne doit pas être de bois 5 il les arrose avec une quantité de bon vinaigre qu’il juge approcher de celle du suc acide des citro3is ; il exprime ce mélange à une presse dans une üanelle 5 il filtre le suc exprimé par un papier. Dans cet état celte liqueur peut être employée avec succès , mais elle a l’inconvénient de se moisir , et l’acide en est aqueux : il conseille, pour pouvoir la conserver pour son usage et l’employer dans un état plus concentré, de manière qu’elle ne diduie pas les bains où on la fait entrer , de la purifier et de
muriatique jusqu’à ce qu’il en soit recouvert et que la liqueur le surnage même à une certaine hauteur, d’agiter bien le mélange, de le laisser reposer vingt -quatre heures, de décanter après cela la liqueur , de la filtrer et de la conserver pour l’usage. On verse sur le résidu un acide végétal ou de l’eau simple ; on laisse reposer un ou deux jours , on filtre et l’on continue jusqu à ce nue l’extraction de la substance colorante soit achevée ; alors le bois est noir : on mêle toutes les liqueurs.
L’étoffe a été préparée par un faible engaîlage au moyen du sumac ou de la noix de galle blanche : après cela on lui a donné un faible alunage ; on la rince seulement et on la met toute humide dans le bain que 1 on prépare ainsi.
On prend de la dissolution acide de fernambouc , on fétend d’une certaine quantité d’eau relative à la quantité d'étoffô et à la force de la couleur qu’on veut lui donner ; on l’échauffe à y tenir la main ; on y verse de la dissolution d’étain jusqu’à ce qu’elle ail pris une couleur de
la concentrer ainsi. On laisse la liqueur exposée au soleil jusqu’à ce qu’tlle iie soit éclaircie et que le dépôt se soit formé ; ou la filtre , on la distille sur im bain de sable; ou cbange de récipient lorsque les gouttes deviennent acides , et on continue la distillation jusqu’à ce qu’ou aperçoive des stries liuileuses au col de la cornue. C’est l’acide qu« l’on tiouve dans le récipient que Ton conserve.
LA TEINT n RE
feu ; on 1 agite et on y plonge l’étoffe que l’on y tient une demi - heure , on la retire et on la lave. Le bain qui reste j)eut servir à des nuances moins foncées. L’étolfe ne doit pas être engallée pour les nuances claires.
On fait usage du bois de Brésil pour teindre la soie en cramoisi, que l’on nomme faux , pour le distinguer du cramoisi , que l’on fait par le moyen de la cochenille et qui est beaucoup plus solide.
La soie doit être cuite à raison de vingt parties de savon sur cent, et ensuite alunée. L’alunage n a pas besoin d étre aussi fort que pour le cramoisi fin. On rafraîchit la soie à la rivière , et on la passe dans un bain plus ou moins chargé de jus de Brésil , selon la nuance qu’on veut lui donner. Lorsqu’on s’est servi d’eau dépourvue de sels terreux , la couleur est trop rouge pour imiter le cramoisi ; on lui donne cette qualité , ou en passant la soie dans une légère dissolution alcaline , ou en ajoutant un peu d’alcali dans le bain : on pourrait aussi la laver dans une eau dure jusqu’à ce qu’elle eût pris la nuance qu’on desire.
Pour faire les cramoisis plus foncés , mais faux, ou rouges-bruns , on met dans le bain de Brésil , après que la soie s’cn est imprégnée , du jus de bois de cam pèche ; on y ajoute meme un peu d’alcali, selon la nuance qu’on veut obtenir.
Pour imiter le ponceau ou la couleur de feu , on donne à la soie un pied de rocou , meme plus fonce que lorsqu’on doit teindre avec le cartliame ; on la lave , on l’alune et on la teint avec le jus de brésil auquel ou ajoute ordinairement un peu d’eau de savon.
La dissolution d’ëtain ne peut être employée avec le jus de bois de Brésil pour la teinture de la soie de même qu’avec la cochenille , et la raison en est la même ; les molécules colorantes se séparent trop promptement pour pouvoir se fixer sur la soie , qui n’a pas pour elles une attraction aussi efficace que la laine : mais, comme le remarque Bergman dans ses notes sur l’ouvrage de Sclieffer (i), l’on peut, en fesant macérer la soie dans une dissolution froide d’étain , améliorer beaucoup la couleur des bois de teinture. Une forte décoction de bois de Brésil donne , dit -il, à la soie jaune une couleur d’écarlate, inférieure à la vérité à celle de la cochenille , mais plus belle et plus solide que par la seule macération dans l’alun , et elle peut résister à l’épreuve du vinaigre comme le cramoisi et le ponceau fin. Au lieu d’employer la soie crue , il faudrait donner un pied jaune à la soie cuite, ou mêler une substance jaune au jus de brésil. Plusieurs artistes se sont occupés de ce procédé
(i) Essai sur l’art de la teinture.
dans ces derniers temps , et ont produit des effets très-variés en l’appliquant à differentes substan* ces colorantes , qui , par elles-mêmes , ne donnent que des couleurs peu solides , soit en les em* ployant seules , soit en formant différents mélanges.
Poerner a fait un grand nombre d’essais sur les moyens que l’on peut employer pour teindre le coton par le moyen du bois de Brésil en employant différents mordants , tels que l’alun , la dissolution d’étain, le sel ammoniac, la potasse , etc. dans le bain ou dans la préparation de l’étoffe ; mais il n’a pu obtenir des couleurs qui résistassent à l’aetion du savon , quoique quelques-unes pussent assez bien résister à l’action de l’air et au lavage de l’eau. Il recommande de faire sécher à l’ombre les cotons qui ont reçu ces couleurs (i).
Nous devons à Brown , qui s’occiq^e des arts avec beaucoup de zèle , le procédé suivant, dont on fait usage dans quelques manufactures pour le cramoisi sur coton.
On prépare une dissolution d’étain dans ces proportions : acide nitrique , quatre parties ; acide muriatique, deux parties; étain , une partie ; eau , deux parties. On mêle les liqueurs et
(i) Versuclie und beuieikungen ziun nu.tzen der liuust welter llieil.
E ?r GÉNÉRA L.
ron y dissout l’ctain en l’y jetant peu-à-peu.
Pour une pièce de velours de coton pesant 7 à huit kilogrammes, on commence par préparer un bain composé de quatre parties d’eau bouillante et de deux parties d’une forte décoction de noix de galle ; on pallie le bain , on y abat la pièce , on l’y travaille pendant une demibeure , et on l’y laisse séjourner deux heures ; au bout de ce temps on la retire et on la laisse égoutter. On prépare un autre bain avec trois seaux d’eau bouillante et un seau de décoction de bois de Fernambouc aussi bouillante; on la pallie et on y travaille la pièce pendant une heure ; on jette ce bain et on lave le baquet pour le remplir d’une décoction de bois pure et bouillante; on y travaille la pièce une demi-heure et on la lève sur un moulinet ; on prépare un bain d’eau de rivière très-claire , dans laquelle on verse un litre de dissolution d’étain : quand le bain est pallié, on y travaille la pièce pendant un quart-d’heure ; on la lève sur le moulinet, on la reporte au-dessus du baquet où est le bain de décoction de bois de Fernambouc , dont on retire un sixième que l’on remplace par une quantité égale de décoction bouillante ; on pallie et on travaille la pièce dans ce bain pendant une demi-heure; on la lève sur le moulinet, et on la reporte dans le baquet où est la dissolution d étain. On opère ai nsi alternativement six a huit
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fois, en observant de retirer à chaque fois un sixième du bain de bois de Fernambouc , et de le remplacer j>ar une quantité égale de décoction bouillante du même bois , de pallier à chaque fois le bain de la composition , et de finir la teinture par son séjour dans le dernier bain. On lave la pièce à grande eau, et on a soin de la faire sécher dans un endroit inaccessible à la lumière.
On se sert d’un procédé analogue pour faire des mordorés : après avoir engallé le coton , on l’alune , on le garance avec une dessiccation intermédiaire ; on le passe ensuite au fernambouc et à la dissolution d’étain. Quelques-uns substituent le muriate d’étain à cette dissolution.
Pour se diriger dans la recherche des moyens propres à procurer plus de solidité aux couleurs belles et variées que l’on obtient à peu de frais du bois de Brésil , il faut se rappeler quelquesunes de ses propriétés.
Les parties colorantes du bois de Brésil sont facilement affectées et rendues jaunes par l’action des acides ; alors elles deviennent des couleurs solides : mais ce qui les distingue de la garance et du kermès, et ce qui les rapproche de la cochenille, c’est qu’elles reparaissent sous leur couleur naturelle lorsqu’on les précipite dans l’état de combinaison avec l’alumine ou avec l’oxidç d’étain. Ces deux combinaisons parais-
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sfent les plus propres à les rendre durables. Il faut donc chercher les circonstances les plus propres à favoriser la formation de ces combinaisons selon la nature de l’étoffe.
Le principe astringent paraît aussi contrilnier à la solidité des parties colorantes du bois de Brésil; mais il fonce leur couleur, et il ne peut être emplo}né pour les nuances claires.
Les parties colorantes du bresil sont très-sensibles à l’action des alcalis , qui leur donnent une nuance pourpre ; et l’on trouve plusieurs procédés dans lesquels on fait usage des alcalis, soit fixes , soit'volatils, pour former des violets et des pourpres; mais les couleurs qu’on obtient par ces moyens faciles à varier selon le but, sont périssables et n’ont qu’un éclat passager! Les alcalis ne paraissent pas nuire aux couleurs tirées de la garance , mais ils accélèrent la destruction de la plupart des autres couleurs.
En Angleterre et en Hollande, on réduit en poudre les bois de teinture par le moyen de moulins destinés à cet usage : il paraît , par ce qu en rapporte Wilson, qu’on les conserve humectés d urine , ou que, si l’on ne s’est pas servi
d’urine , on ajoute un peu d’alcali lorsqu’on les Lait bouillir.
L’usage de réduire ces bois en poudre est avau: tageux et devrait être adopté. On trouve dans le journal des Arts et Manufactures, tom. la
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tlescripllon des moulins qu’on emploie en Hollande, et des operations auxquelles on soumet les bois de couleur : lorsque l’on emploie les bois, sur-tout lorsqu’ils sont réduits en poudre , il convient de les renfermer dans un sac pour les mettre dans les bains de teinture ; l’urine putréfiée et l’alcali , en favorisant l’extraction des parties colorantes , en augmentant le ton de leur couleur , peuvent souvent être contraires à l’effet qu’on en veut obtenir ,' et doivent accélérer leur destruction.