‹ Éléments de l'art de la teinture. Avec une description du blanchiment par l'acide muriatique oxigénéChapitre 37 sur 53 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

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sumac et de quelques autres substances pro^ près à donner une couleur fauve.

Le sumac ordinaire ( rhus coriaria ) est un arbrisseau qui croît naturellement en Syrie, en Palestine , en Espagne , en Portugal : on le cultive avec soin en Espagne et en Portugal • on ’ coupe tous les ans ses rejetons jusqu’à la racine , puis on les fait sécher pour les réduire , par le moyen d’une meule, en poudre qui est employée pour l’usage des teintures et pour celui des tanneries. On donne le nom de rédoul ou roudou au sumac que l’on cultive dans les environs de Montpellier.

L infusion du sumac qui est d’une couleur fauve tirant un peu sur le vert, brunit promptement à l’air : lorsqu’elle est récente , la dissolution de potasse y produit peu de changement ; les acides en éclaircissent la couleur et la rendent jaune; la dissolution d’alun la trouble,

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y produit un précipité jaune et peu abondaut *, la liqueur reste jauue.

L’acétate de plomb a formé aussitôt un précipité abondant jaunâtre qui a pris à la surface une couleur brune ; la liqueur est restée d’un jaune clair.

Le sulfate de cuivre a donné un précipite abondant d’un vert jaunâtre , qui , après quelques heures , s’est changé en vert brun ; la liqueur est restée claire et un peu jaune.

Le sulfate de zine du commerce a troublé la liqueur, l’a noircie , et il s’est fait un dépôt d’un bleu foncé.

Le sulfate de zinc pur a beaucoup moins foncé la couleur ; il ne s’est fait qu’un petit dépôt fauve tirant sur le brun.

Le muriate de soude n’a pas produit d’abord de changement sensible ; mais après quelques heures , la liqueur était un peu trouble , et sa couleur était devenue un peu plus claire.

Le sumac agit de même que la noix de galle sur la dissolution d’argent , dont il réduit le métal , et cette réduction est favorisée par Faction de la lumière. On s’est assez étendu ailleurs sur l’explication de ce phénomène et sur les propriétés générales des astringents.

Le sumac donne par lui -même une couleur fauve tirant sur le vert; mais il communique aux étoffes de coton plusieurs couleurs très-so-

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lides lorsqu’elles sont combinées avec des mordants.

Ainsi , comme nous l’avons déjà dit , il donne du noir avec l’acetaîe de fer, si celui-ci a etc imprime', dans nu état de concentratiou ; et si on Ta étendu d’eau, on a des nuances de gris. Avec l’acétate d’alumine, il donne un jaune qui conserve une nuance un peu verdâtre, mais qui est solide ; de sorte que si dans un meme dessin il entre nu mélange des couleurs jaune , gris et noi r, elles peuvent être produites toutes trois par le sumac.

Pour teindre avec cette substance , il faut cbaufer l’eau environ à 5o« de Ptéaumur, y jeter alors le sumac , entrer tout de suite les toiles et ne les y laisser que î5 à 9.0 minutes , en élevant un peu la chaleur du bain. Si on élève trop la chaleur , ou si on laisse trop long-temps les toiles dans la chaudière, les couleurs s’affaiblissent au lieu de monter, et meme en assez peu de temps, celles qui ont le fer pour mordant , disparaissent presqu’entièrement. Cet effet , qui a aussi lieu , mais d’une manière moins marquée, dans beaucoup d’autres teintures , demande qu’on saisisse avec attention , pour retirer les toiles, le moment où les couleurs sont assez Jîiontées , et Ton doit , pour teindre également ne teindre à-la-fois qu’un petit nombre de pièces.

Les toiles teintes en sumac reprennent difficilement un beau blanc, et elles gagnent peu par

Texposition sur le pre : on obtient plus d’effet en les passant dans de l’eau aiguisée par l’acide sulfurique d’une manière à peine sensible au goût. Par ce moyen , les gris perdent la teinte rousse qu’ils ont en sortant de la chaudière, et deviennent agréables : le noir y acquiert aussi beaucoup d’èclat.

Nous avons dit , en parlant des gris , qu’en passant le coton alternativement dans une décoction de sumac très-étendue d’eau et dans une dissolution aussi très-étendue de sulfate de fer, on obtient des nuances de gris très-agréables, dont l’intensité dépend de la concentration des bains et du nombre de fois qu’on a répété les opérations. En général , pour teindre uni de cette manière, il faut faire monter les couleurs lentement , en commençant par des bains très-faibles , passer à plusieurs reprises dans chacun d’eux, et augmenter graduellement leur force, lorsque l’on veut avoir des nuances foncées.

En finissant par la dissolution de sulfate de fer, le coton n’a point la teinte rousse qu’il prend lorsqu’on termine par le sumac , et qu’il faut enlever par l’eau acidulée.

Avec une décoction de sumac et une dissolution de sulfate de fer concentrées , le coton prend une couleur noire , lorsqu’il a passé trois ou quatre fois dans chacune d’elles ; et si en sortant pour la dernière fois du sulfate de fer , on le

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passe dans une décoction tiède de cai^peclie , à laquelle on a ajouté un peu d acétate de cuivre y . le noir devient brillant et est assez solide : on adoucit le coton et on relève le noir , en le passant dans de l’eau tiède sur laquelle on a versé un peu d’huile.

Si , lorsqu’on teint en gris , on mêle de la décoction de campéche à celle de sumac , le gris rlevient ardoisé : si , après cela, on le passe dans la décoction de garnie très-étendue et mêlée •d’alun, il tire vers le gris de perle.

En substituant la noix de galle au sumac , on a d’autres nuances.

Le coton , traité ainsi avec la décoction de campéche et le sulfate de fer , donne des gris ardoises peu solides.

La décoction de quercitron produit le gris américain ; et si on y a mêlé un peu d’alun et de muriate d’étain , au lieu de cette couleur on obtient le vert américain.

Avec le bois jaune , l’écorce d’aune, etc. , on obtient d’autres couleurs. En variant ainsi les 3natières colorantes , et se servant du sullate de fer et de l’alun ou du murigte d’étain , et en combinant diversement l’ordre et le nombre des opérations , ainsi que la concentration des bains , on obtient sur coton un ffrand nond3re de nuan-

ces, et généralement assez solides.

Cette manière de teindre eu passant alterna--

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