‹ Élements de la philosophie chrétienne comparée avec les doctrines des philosophes anciens et des philosophes modernes (volume 2)Chapitre 29 sur 99 · SOPHISTIQUE · texte numérisé non relu

SOPHISTIQUE

ARTICLE PREMIER

Divers genres de sophismes 4. Le sophisme est un syllogisme formé ou bien de pro-

contraire se présente quelquefois. Par conséquent il doit y avoir, dans ce dernier cas, une double action : l'une qui aboutit ordinairement, comme le germe qui engendre un animal parfaitement conformé; et l'autre qui prend le dessus si la nature ne réalise pas ce qu'elle promettait, comme cela se voit lorsqu'un germe vient à engendrer quelque monstre, par suite de l'altération de l'un de ses principes. Ces trois degrés se reproduisent aussi dans les opérations de la raison. Car il existe également une certaine progression nécessaire qui n'admet pas la possibilité de l'erreur et qui aboutit à la science, en suivant une marche progressive et rationnelle. 11 en est une autre au bout de laquelle la vérité se trouve la plupart du temps, mais non nécessairement. Enfin la raison peut suivre un troisième chemin, et s'égarer loin de la vérité, pour avoir mis en oubli quelque principe dont l'absence vicie le raisonnement. » ; In lib . I Poster., lect. I.

(i) «L'élimination de l'erreur opposée, dit S. Thomas, concourt pour sa part à l'acquisition de la science» ; In lib. II Sent., dist. IX, q. i, a. 2 sol.

(2) « L'opinion qui résulte du syllogisme dialectique, dit le même S. Docteur, ouvre la voie à la science, qui s'acquiert par la démonstration » ; 3, q. IX, a, 3 ad 2.

(3) Cf. Trendelembourg, Op. cit., p. io3 et 104, éd. cit.

positions qui paraissent probables sans l'être, ou bien de propositions probables, mais disposées contrairement aux règles du syllogisme. On dit, dans le premier -s, que le svUooisme pèche par la matière, et dans le second, qu il pech ;.r lafonncU.is, comme la forme constitue 1 essence du s^:llogisme, il est évident qu'un syllogisme qui peciie par la forme n'est point à proprement parler un syl og.sme ; c est plutôt un p.™/o„o:i>me, c'est-à-dire un faux syllogisme. Or, comme le syllogisme sophistique a pour but de tromper Ivice doi't être caché, afin que le sophisme présente le faux non à découvert, mais sous les apparences du vrai Le sophisme peut donc se définir: un syllogisme constrmt de tZreàfaire conclure le faux sous les apparences du Zai (1). Le syllogisme qui a pour but de tromper a reçu d'Aristote et des scolastiques le nom d'argument sophistique, eW,M.o;./n>f/c;«; ilfutappelém-^»m.«^ parce que,en conduisant à une conclusion fausse, il argue de faux la he e défendue par l'adversaire (2), et sopinstrque, parce que le sophiste employait ces argumentations captieuses pour amener son adversaire à nier ce qu'il avait concède, ou a concéder ce qu'il avait nié (3). François Bacon le -ntenipteur de la philosophie scolastique, reconnaît lui-même la^an■ tage que l'on peut retirer de la connaissance des sophismes car il veut . qu'on se serve des rédargut.ons de l'école comme de moniteurs pour mieux découvrir les sophismes » (4).

5 Les sophismes peuvent être fondés sur les mots ou sur les choses. Ils sont fondés sur les mots, lorsqu une expression, employée plusieurs fois dans la même discussion en divers'sens' se prend ensuite comme si ^He conservait ton, ours une même signification. Le sophisme est fonde sur les choses,

' (,) Écoutons S. Augustin : . Il y a des argunj.n.s W^'f'-f^^.^y'tri"; .A.'des conclusions fausses, mais »y«"';>" <•,' ^f ,\t ":,f ^iTencore ks

s'^LiX'j^rsïsn:srnrprsr9:ir/Br?oc,;.c,„.....ii..n, ^!r«,j»c.'î:s.'=Jiro;^:=co;e"«;:,;p4-f;.;.~-

j„'iVjïi'5L^ûs^ir,?;.s,rrrcrn;4°?;;Sn^ii5:ïir.^.-n.c.

lorsque des choses diverses sont regardées comme absolument les mêmes, à cause qu'il existe entre elles une certaine ressemblance. Il y a donc des sophismes de mots et des sophismes de choses, ou, comme s'exprime l'école, des sophismes de diction et des sophismes <X extra-diction^ dont les uns sont fondés sur l'apparente identité d'un mot ou d'une phrase et les autres sur l'apparente identité des choses.

6. La raison qui a fait assigner aux sophismes ces deux sources générales repose sur ce que l'erreur affecte proprement l'intellect et que les conceptions de l'intellect se rapportent soit aux choses qu'elles représentent, soit aux noms qui les signifient. C'est pour cela que le sophiste peut facilement prendre occasion pour tromper les autres et des choses ellesmêmes et du langage qui les exprime.

7. Aristote, qui se glorifie justement d'avoir traité le premier de ce point important de la logique, réduit tous les sophismes à treize genres, dont six de diction et sept d'extradiction. Les auteurs modernes, et Rosmini (i) en particulier, énumèrent les sophismes autrement qu' Aristote et en comptent un plus grand nombre d'espèces (2) ; mais, si on les examine attentivement, il est facile de voir ou bien qu'ils ne méritent pas le nom de sophisme, ou qu'ils peuvent facilement se ramener à ceux énumérés par Aristote. C'est pourquoi, à l'exemple des scolastiques qui l'avaientadoptée (3), nous conserverons la division du philosophe grec.

8. Les six genres de sophismes, appelés sophismes de diction ou de mots^ sont les suivants :

La figure de diction^ l'homonymie ou équivoque^ V amphibologie, l'accent^ la composition et la division.

L^ fië^^i'^ <^^ diction a lieu lorsque deux expressions ayant divers sens sont considérées comme ayant même signification à raison de la ressemblance de leurs désinences. Si l'on supposait par exemple, de ce que amari et opcrari ont même désinence, qu'ils ont même sens et que le dernier ex-

(i) Logica, lib. II, sez. 3, p. 211 seqq., ed cit.

(2) Vcir l'auteur de l'/lr^ (ie /^Oî^er, part. III, c. 19.

(3) Cf. Alb. M., Elenchorum libriduo; 0pp., t. I, p. 840 seqq., ed. Jammy; S. Thom., Opusc. XXXIX De Fallaciis ; Sœt., In lib. Elenclt. Qiicestiones ; ^PP> t- I, p. 224 seqq., ed. Wadding.

RÉELLE iSy

prime un état passif comme le premier, on pourrait faire ce sophisme: Amari est pati ; ergo etiam operari est pati.

On commet le sophisme d'équivoque lorsque, dans un raisonnement, on abuse des divers sens que présente quelquefois un même mot. Par exemple, si quelqu'un soutient que les constellations ne savent ce que c'est que d'aboyer, un sophiste pourra le reprendre en ces termes : le chien est une constellation ; or le chien aboie; donc cej^taines constellations peuvent aboyer.

Il y a sophisme à' amphibologie toutes les fois que certaines expressions, n'ayant qu'un seul sens prises à part, en font naître plusieurs par leurs rapprochements. Albert le Grand cite cet exemple qu'il tire d'Aristote : « Je voudrais qu'on me surprit tous ceux que je voudrais surprendre ; or je voudrais surprendre mes ennemis ; donc je voudrais que mes ennemis niQ surprissent -^ ce qui est faux « (i).

Le sophisme d'accent provient de ce que l'on emploie dans le raisonnement une expression incomplexe ayant divers accents qui lui permettent de signifier différentes choses. Cette espèce de sophisme était principalement employée chez les Grecs, parce que l'usage des accents est très-fréquent dans la langue grecque. On peut rapporter à la même espèce les sophismes fondés sur l'ambiguïté du genre ou de la quantité. Citons pour unique exemple ce sophisme de quantité : qui occidit^ moritur-^ atqui gladius occidit; ergo gladius moritur. Si l'on fait brève la seconde syllabe de occidit ce verbe signifie succomber^ si on la fait longue il signifie au contraire ya/re mourir.

Enfin, si une proposition est vraie au sens divisé, mais fausse au sens composé, il y aura sophisme de composition toutes les fois qu'on l'entendra au sens composé; il y a au contraire sophisme de division^ si la phrase n'étant vraie qu'au sens composé, on la prend au sens divisé. Voici un exemple du premier : tout ce qui est possible peut se faire ; or il est possible que celui qui est assis marche, et que celui qui éc7~it n'écrive pas ; donc il peut se faire qu'on marche en étant assis^ et qu'on écf^ive en îi écrivant pas. Exemple du sophis-

(0 Op. cit., lib. I, tract. II, c. 3.

l38 LOGIQUE

me de division : deux et trois sont pairs et impairs ; or cinq équivaut à deux et trois \ donc cinq est pair et impair.

9. Voici rénumération des sophismes de choses ou d'extradiction : juger d'une] chose d'après ce qui ne lui convient que par accident; passer de ce qui est vrai à quelque égard à ce qui est vrai simplement; prouver autre chose que ce qui est en question; la pétition de principe; le sophisme de conséquent; prendre pour cause ce qui n'est pas cause^et le sophisme d'interrogations.

On commet un sophisme d'accident toutes les fois que, dans les prémisses, on énonce, comme accident du moyen terme , ce qu'on juge ensuite lui convenir essentiellement, pour l'attribuer au sujet de la conclusion ; car ce qui ne convient qu'accidentellement à une espèce n'appartient pas toujours aux individus qu'elle comprend; c'est pourquoi, de ce que tel individu appartient à telle espèce, on ne peut conclure que cet individu possède telle propriété qui ne convient à Tespèce que par accident, quoiqu'elle puisse par hasard-se rencontrer en lui. Donnons l'exemple cité par Albert le Grand et qui est ainsi conçu : L'homme court; or Socrate est homme ; donc Socrate court ; ou bien L'homme ne court pas ; or Socrate est homme ; donc Socrate ne court pas (i). . Il est évident que l'un et l'autre syllogisme est faux, parce qu'on ne doit pas juger d'une chose d'après ce qui ne lui arrive que par accident : telle est pour Socrate l'action de courir ou de ne pas courir ; car, l'acte de courir ou de ne pas courir étant un simple accident de l'homme, impossible de juger si Socrate court ou ne court point par cette seule considération que Socrate est homme.

Le sophisme qui consiste à passer de ce qui est vrai à certains égai^ds à ce qui est vrai simplement., existe soit lorsque nous concluons, de ce que certaine propriété convient à une chose sous quelque rapport, qu'elle lui convient simplemejit., soit lorsque nous concluons au contraire, de ce que telle propriété convient simplement à quelque chose, qu'elle lui convient aussi d'après un certain rapport sous lequel elle ne lui convient point. On tombe de la première manière

(i) Ibid. c. 3.

dans ce sophisme, si Ton dit par exemple : L'Ethiopien est noir^ donc il n'est pas blanc ; V Ethiopien a les dents blanches^ donc il est blanc ; donc l'Ethiopien est blanc et non blanc. On y tombe de la seconde façon si Ton dit : L'Ethiopien est noii" ; donc il a les dents îioires ; ou Le cygne est blanc ; donc il a les pattes blanches (2).

Les Latins nommoient ignoratio elenchi le sophisme qui consiste à prouver ce qui n'est pas en question ; on le commet lorsque, après avoir établi un point dans les prémisses, on recueille tout Topposé dans la conclusion, quoiqu'il n'y ait pas lieu de le faire ; en sorte que le sophiste paraît réfuter son adversaire, mais en réalité il ne le réfute point. D'où Ton voit que le nom à'ignoratio elenchi lui vient de ce que le sophiste qui l'emploie ignore la vraie manière de réfuter un adversaire. Parmi plusieurs exemples cités par. Albert le Grand, nous choisissons celui-ci (2) : Le nombre deux est le double de un et n'est pas le double trois ; donc le nombre deux est à la fois le double et non le double. Les propriétés d'être double et 7ion double qui sont présentées dans la conclusion comme opposées, ne le sont réellement pas dans les prémisses; parce que le nombre deux n'est pas appelé double et non double, dans les prémisses, par rapport au même nombre, mais par rapport à deux nombres divers, c'est-à-dire relativement à im et à trois.

Il y a pétition de principes toutes les fois que, au lieu de prouver une chose par une autre qui soit plus connue, on la prouve par elle-même et conséquemment par ce qui est également inconnu, ou bien, comme s'exprime saint Thomas, toutes les fois que « une chose est prise comme preuve d'elle-même sous un autre nom « (3). On tomberait dans ce sophisme si, pour prouver que l'homme a la faculté de courir on raisonnait ainsi : L'animal raisonnable a la faculté de courir ; or l'homme est un animal raisoJifiable ; donc l'homme a la faculté de courir \ parce que l'homme et l'ani-

(i) Cf. Alb. M., ibid., c. 8. Les hérétiques ont souvent fait usage de ce genre de sophisme, comme on peut le voir dans S. Grégoire de Naz., Orat XXXVf et dans S. Augustin, De Doct. Chr., lib. II, c. i8, n. 26 et c. 22, n. 32.

(2) Ibid.f c. II.

(3) Op. cit., c. 12. Cf. Alb. M., Elench., lib. I. tract. III, c. i3.

mal raisonnable étant identiques, argumenter de la sorte c'est prouver une chose par elle-même.

Le sophisme de cofiséquent se présente toutes les fois que, dans les syllogismes conditionnels, on veut rendre réciproque une conséquence qui n'est pas susceptible de réciprocité. On tombe dans ce sophisme de deux manières. Premièrement lorsqu'on pose le conséquent dans la mineure et qu'on en déduit l'antécédent, contrairement à ce que nous avons établi ailleurs (i) ; par exemple : S'il est homme ^ il est animal ; or il est animal ; dojic il est homme. Secondement, lorsque de la négation de l'antécédent on infère la négation du conséquent ; par exemple: S'il est homme., il est animal:, or il n'est pas homme ; donc il n'est pas animal (2).

On tombe dans le sophisme de prendj'e pour cause ce qui n'est pas cause., lorsqu'on prend pour cause d'une fausse conclusion une majeure, qui, en réalité, n'en est pas la vraie cause. Cette argumentation sophistique a lieu dans certains syllogismes qui conduisent à une impossibilité., c'est-à-dire dans ces syllogismes, où d'une hypothèse ou proposition avancée par l'adversaire on tire d'abord une conclusion manifestement impossible ; ensuite, au moyen de cette conclusion évidemment impossible, on détruit la proposition que l'adversaire avait avancée. Si quelqu'un, par exemple, affirmait que l'homme est un âne, on pourrait lui opposer cet argument : Aucun âne it'est un animal raisonnable ; mais V homme., ditesvous^ est un âne ; donc l'hojnme n'est pas un animal raisonnable. Orcette^conclusionestfausse;ilest donc faux que l'homme soit un âne (3). Dans cet argument on déduit de rhypothèse admise par l'adversaire, l'homme est un âne, cette conclusion manifestement absurde: l'homme n est pas un animal raisonnable ; et comme cette proposition est manifestement absurde, on en conclut la fausseté de la proposition qui en est la cause, l'homme est un âne. On voit par là que le

(i) Cf. pages 108 et 109.

(2) Cf. Alb. M., Op. cit.. lib. I, tract. III, c. i5 et 16, et S. Thom., Op. cit., e. 1 3. On trouve un exemple de cette seconde sorte d'argument conditionnel dans S. Augustin :« Parce que nous disons vrai en posant cette affirmation, s'il est orateur, il est homme, nous ne pouvons conclure, donc il n'est pas homme, après avoir dit dans la mineure, il n'est pas orateur i); De Doct. Chr., lib. II, c. 33, n. 5i.

(3) Cf. Alb. M. Op. cit., lib. I, tract. III, c. 17.

sophisme qui consiste k pî^end7^e pow^ cause ce qui n'est pas cause^ a lieu lorsque le sophiste présente la proposition qu'il a en vue comme la cause d'une conclusion évidemment absurde, bien que ce ne soit pas cette proposition qui en explique la fausseté, mais d'autres propositions fausses également énoncées auparavant. Albert le Grand cite cet exemple, tiré d'Aristote. Si un sophiste veut réfuter un adversaire qui soutient que l'âme et la vie sont une même cJiose^ il argumentera ainsi : Tout ce qui est contraire à la décomposition est une génération t^éri table ; or la vie est contraire à la décomposition^ parce qu'elle est opposée à la mort qui est une décomposition véritable ; donc la vie est une î^raie génération^ et partant vivre est la même chose qu'être engendré. Or cette conclusion est absurde ; // est donc absu?'de que Pâme et la . vie soient une même chose. Dans cette augmentation, la première conclusion est sans doute manifestement absurde, parce que la vie suppose la génération. Mais la proposition avancée par l'adversaire, à savoir l'âme et la vie sofit une même chose, n'est point la cause de cette absurdité ; c'est une autre proposition énoncée dans le cours du raisonnement, savoir : la vie et la îîîort sont contraires. La preuve en est que, lors même qu'on ne tiendrait aucun compte de la proposition énoncée par l'adversaire, la même conclusion absurde suivrait des prémisses. Quant à cette proposition, la vie et la mort sont contraires, telle qu'on l'entend dans l'argumentation, elle est fausse, comme l'observe Albert le Grand. Car la mort n'est pas prise ici comme le terme delà dissolution, mais comme la marche de la dissolution du corps ; entendue dans ce sens, la mort n'est pas contraire à la vie, parce que « le corps qui se décompose conserve la vie aussi longtemps que dure la décompositio'.i (i). »

Le sophisme d'iîiterrogatiott existe, lorsque plusieurs interrogations sont combinées de telle sorte que celui qui répond se trouve pris en défaut, soit qu'il réponde affirmativement, soit qu'il fasse une réponse négative. Si, par exemple, quelque sophiste, comme on le voit chez Aulu-Gelle, vous fait cette interrogation : Ave^-vous ce que vous Ji'ave:{pas pe7\iu ? que vous répondiez oui ou non, vous êtes pris au piège. Car, si

(1) Elench., lib. I, tract. III, c. 18.

VOUS répondez que vous n'avez pas ce que vous n'avez pas perdu, le sophiste reprendra : l^oiis iCave^ pas ce que vous 7i'ave:{ pas perdu ; or vous 7iave:{ pas perdu les y eux ; dojic vous n'ave^pas dyeux. Si au contraire vous dites que vous avez ce que vous n'avez pas perdu, le sophiste peut reprendre : Vous ave\ ce que vous n'avei pas perdu ; or vous n'ave\ pas perdu des cornes -^ dojic vous ave:{ des cornes (i). Cette sorte de sophisme était d'un usage facile chez les grecs, parce . que, au témoignage du même Aulu-Gelle(2), c'était une règle de dialectique de répondre toujours par oui ou par non, quelle que fût la question posée (3).

10. A l'aide de cette doctrine d'Aristote sur les sophismes, doctrine adoptée par les docteurs du moyen âge comme trèscomplète et parfaitement conforme à la vérité, il nous sera facile de réfuter certaines théories erronées des philosophes modernes sur cette question des sophismes.

i^Ceux qui enseignent, avec l'auteur del'^r^ de penser {4)^ que les sophismes comprennent tous les syllogismes atteints d'un vice quelconque sont dans l'erreur. Çlox premièrement on n'appelle pas sophismes tout syllogisme atteint d'un vice quelconque, mais seulement les sjdlogismes qui ayant un vice secret peuvent facilement tromper ceux à qui on les propose. En second lieu, les syllogisme atteints d'un vice occulte ne méritent le nom de sophismes que dans le cas seulement où ils sont topiques ou dialectiques, et non dans le cas où ils sont ^é- ;«o«5/7'a/z/5, c'est-à-dire lorsqu'ils sont construits avec des propositions qui paraissent probables sans l'être et non lorsqu'ils sont formés de propositions qui paraissent nécessaires et qui ne le sont pas.

2° Ceux là sont également dans l'erreur qui prennent pour principes de la division des sophismes soit V intellect et la volonté^ à l'exemple de l'auteur de la philosophie de Lyon (5); soit les sensations elles-mêmes à l'exemple de Corsini (6); soit, comme l'a fait Rosmini (7), la Jîn que l'argumentateur sepro-

(i) Noctes Atticce, lib. VI, c. 2.

(2) Ibid. ; cf. Laert., lib. II, Segm. i35.

(3) Cf. Vinckelmann, In Plat. Euthydem,, p. 124.

(4) Loc. cit.

(5) Tom. I, Log., dissert. III, c. 2, art. 5, p. 2o5-2o8, Bassani 179t.

(6) Log., part. IV, c. 7-9, p. 260-288, Venetiis 1764.

(7) Loc. cit.

pose. En effet, le sophisme étant une argumentation vicieuse, le principe de la division des sophismes doit être cherchée dans Targumentation elle-même, car Targumentation n'a pu être viciée que par un vice interne et inhérent. Or la volonté^ r intellect^ la sensation et la fînde rarg^umentateur ne font point partie intégrante du syllogisme, ce sont tout autant de principes qui lui sont extérieurs. Par conséquent les différentes divisions des sophismes imaginées et recommandées par ces auteurs sont fausses et absurdes. Au contraire, le vice d'un syllogisme résulte toujours ou bien des termes et des propositions dont il est formé, ou bien des choses qu'expriment les termes ou les propositions, comme nous Pavons dit ailleurs, tels sont en effet les principes internes, ou les élém.ents constitutifs du syllogisme. Il n'y a donc pas d'autre division des sophismes que celle qui a été donnée d'après Aristote et les scolastiques, division qui comprend les sophismes de mots ou de diction et les sophismes de choses ou d'extradiction.

3° Il faut effacer du nombre des sophismes ceux que Genovese appelle sophismes révérentieux^ arguments ad hominem^ et sophismes d'ignorance (i). Genovese appelle sophisme 7~éré?~efitieux le raisonnement de celui qui prouve une thèse fausse par l'autorité d'hommes illustres dont il ne peut contredire Popinion sans leur manquer de respect. Mais c^est à tort ; car, bien loin qu'il y ait manque de respect, il 3^^ a au contraire un véritable mérite à rejeter un raisonnement vicieux, quelle que soit l'autorité des hommes, toujours en petit nombre d'ailleurs, qui peuvent le soutenir, parce qu' « il est honteux, dit saint Augustin, de se laisser séduire par l'autorité (2). « Vargum^nt ad hominem ne peut-être mis non plus au nombre des sophismes. Il consiste à prendre dans l'argumentation une proposition fausse qui est regardée comme vraie par l'adversaire ; ce qui lui a valu le nom d'argument ad hominem^ c'est que l'argumentateur part d'une majeure que son adversaire lui concède. Or un pareil raisonnement ne peut être mis au nombre des sophismes, parce qu'il n'en possède pas les caractères, comme on vient de le voir; l'argument

(4) La logica per gli giovanetti, lib. IV, c. 2, art. 5, p, 174-189, éd. 5, Napoli 1802.

(5) De util.credendi, c. lû, n. 36.

ûd hominem peut être même d'une grande utilité pour réduire au silence un adversaire ellronté, ainsi que nous le montrerons ailleurs. Enfin, on ne peut pas davantage considérer comme un sophismerargumentquerauteurappellesophismetf ;'^«orj;zce. Sous ce nom, Genovese désigne le raisonnement par lequel Targumentateur contraint son adversaire à recevoir ses preuves par la seule raison qu'il n'est pas en état de leur en opposer de meilleures. Mais une telle argumentation ne saurait tromper personne ; car personne n'ignore qu'un raisonnement ne peut être tenu pour vrai par cela seul que l'adversaire n'est pas capable de lui en opposer un meilleur. Or le sophisme, nous l'avons répété plusieurs fois, est une argumentation disposée de manière à tromper facilement l'adversaire (i).

ARTICLE DEUXIEME

Des causes et des lieux des sophismes, et de leurs dwevses

solutions

1 1 . Après avoir énuméré les différents genres de sophismes, nous devons exposer les causes pour lesquelles ils trompent l'adversaire, les souixes où le sophiste les puise d'ordinaire et les diverses manières de les réfuter.

Et d'abord les caz/5e5 pour lesquelles les sophismes trompent l'adversaire sont au nombre de deux, la cause d'apparence et la cause de non existence. En effet, puisque tout sophisme vise à persuader le faux sous les apparences du vrai, deux choses doivent concourir ci. sa formation, l'une qui fait que ce qui est faux possède l'apparence de la vérité, et l'autre qui explique comment ce qui a les apparences du vrai se trouve réellement faux. Or ce qui fait que le faux paraît être vrai est appelé, dans l'école, cause d'apparence^ et ce qui fait que ce qui paraît vrai est réellement faux s'appelle cause de non existence [2). Par exemple, dans la. Jîgure de diction^ la cause d'apparence consiste en ce que certains mots paraissent avoir même sens à cause de la similitude des formes ; d'où il arrive qu'on se

(i) Sur ces trois genres de sophismes et sur les autres que Genovese a cru devoir ajouter à ceux d'Aristote, on peutconsulter,RoselIi, Siimma philosophica etc., Log., Quœst. XXXI, art. i, g i225 seqq., Romae 1782.

(2) Cf. S. Thom., Op. cit., c. 2.

laisse facilement troiiiper. La cause de non existence résulte au contraire de ce que les mots ont réellement diverses significations, bien qu'ils présentent les mêmes désinences. Dans le sophisme où Ton passe de ce qui est dit à certains égards à ce qui est dit simplement^ il faut reconnaître la cause d'apparence dans la ressemblance de ce qui peut se dire sous certains rapports avec ce qui se dit simplement, et la cause de 7ion existence dans ce qui fait que Tun est en " réalité différent de l'autre.

12. Il faut observer que les diverses espèces de sophismes ne sont pas constituées par ce qui fait que ce qui paraît vrai se trouve faux, mais par ce qui est cause que ce qui se trouve faux paraît vrai ; en d'autres termes, par la diversité des causes <ï apparence et non par la diversité des causes de non existence. En effet le but du sophisme n'est pas de montrer la fausseté de ce qui a les apparences du ■ vrai, mais de présenter ce qui est faux sous l'aspect de la vérité (i),

i3. Quant à ce qui regarde les lieux ou les sources des sophismes, nous expliquerons la signification propre du nom de lieu dans le chapitre suivant, où il sera question du syllogisme topique ou dialectique, parce que l'examen des lieux d'argument appartient proprement à ce chapitre. Il nous suffit de savoir présentement qu'on appelle lieux des sophismes les sources diverses d'où les arguments sophistiques sont tirés.

14. Entre les Heux principaux d'où Ton tire les sophismes, il faut citer les suivants : 1° /a manière d'interroger. Car le sophiste qui veut faire tomber son adversaire dans Terreur ne l'interroge pas « d'une manière quelconque, dit Albert le Grand, il y met certaines précautions » (2), afin de lui cacher le but où il tend. Or il arrive à ses fins en posant d'abord des questions insignifiantes ; l'interlocuteur, n'apercevant rien qui puisse fournir matière à controverse, se trouve facilement entraîné dans l'erreur, parce qu'il attache peu d'importance à ses réponses. 2° Le désir simulé de s'instruire ; car le sophiste paraissant interroger, non dans la pensée de surprendre, mais

(0 Cf. B. Alb. M., Op. cit., loc. cit., tract. III, c. 6. (2) Op. cit., loc. cit., tract. VI, c. i,

dans le dessein de s'instruire, il arrive souvent que celui qui répond, n'étant pas sur ses gardes, accorde facilement ce qu'on lui demande, 3" La variété des écoles ; en effet, chaque école ayant des points de doctrine contredits par les autres, le sophiste examine à quelle école de philosophie son interlocuteur appartient ; il l'interroge ensuite sur un point particulier que son école soutient contrairement à l'opinion des autres écoles. Il l'oblige ainsi à concéder, pour ne pas contredire les siens, ce qui répugne à l'opinion commune des philosophes (i).

i5. Lorsqu'on a découvert la cause d'un sophisme et le lieu d'où il sort, il est facile d'en reconnaître le vice ; et cette connaissance en facilite la réfutation. Et d'abord il faut distinguer les solutions vraies des sophismes des solutions qui paraissent vraies, mais qui ne le sont pas et que, dans l'école, on appelle solutions apparentes. On emploie une solution spécieuse ou apparente, lorsqu'on enlève au sophisme son apparence trompeuse en montrant qu'il ne conclut réellement pas ce qu'il paraît conclure, bien qu'on ne dévoile point en quoi le raisonnement est faux; ces sortes de solutions étaient fréquemment employées par les philosophes grecs. Gomme les sophistes s'appliquaient, par vaine gloire, à forger des argumentations captieuses, pour les frustrer dans leur attente, il suffisait que l'adversaire parût échapper à leurs pièges, bien qu'il ne s'en fût pas réellement dégagé ; parce que la plupart de ceux qui assistaient à ces discussions étaient souvent moins capables de saisir les vraies solutions que certaines solutions qui avaient la ressemblance de la vérité. Néanmoins non-seulement les philosophes, mais les théologiens eux-mêmes peuvent utilement les employer quelquefois. En effet, comme les hérétiques et les incrédules se font gloire d'opposer des sophismes captieux aux principes de la droite raison ou de la religion révélée, il importe parfois davantage de montrer leur inhabileté dans cet art que de les réfuter réellement,

(^i) Le sophiste qui se sert de ce lieu force son adversaire à lui concéder un paradoxe. CQC^m répugneà une opinion vulgairement admise s'appellejjaraiojre, parce qu"il contient quelque chose qui est contre l'opinion reçue, vxfd /o'|«y. Les paradoxes, étant opposés à l'opinion commune, ont toujours l'apparence de la fausseté ; mais rien n'empêche qu'ils ne soient quelquefois vrais; car il y a des choses sur lesquelles le commun des hommes peut se tromper.

afin de les couvrir de confusion, s'il est possible, et de tempérer ainsi la manie qu'ils ont de tout critiquer (i). Mais comme les vraies solutions ont seules de Tutilité pour Tacquisition de la science, nous exposerons les différentes manières de les trouver, sans nous occuper plus longtemps des solutions apparentes.

i6. Les modes généraux, d'après lesquels les sophismes peuvent être véritablement résolus, doivent être déterminés d'après les causes générales qui peuvent rendre un s^dlogisme faux. Or la fausseté d'un s3''llogisme, comme nous l'avons montré ci-dessus, peut provenir d'un vice de matière ou d'un vice de forme. Le syllogisme pèche du côté de la matière, si les deux prémisses sont fausses ou seulement l'une d'elles ; il pèche au contraire du côté de la forme, si la connexion qui doit exister entre les prémisses et la conclusion n'existe réellement pas. Le syllogisme qui pèche du côté de la matière comprend à son tour deux genres, suivant qu'il tire une conclusion vraie de prémisses fausses, ou que de fausses prémisses il déduit une fausse conséquence. On ne saurait en trouver un troisième, car, ainsi que le répète souvent Aristote, « il est impossible de faire sortir, par s3'llogisme, une conclusion fausse de prémisses vraies » (2).

17. On comprend sans peine, d'après ce qui précède, que pour résoudre véritablement un sophisme, il faut d'abord examiner si le s3'llogisme pèche par la forme ; dans le cas où la forme est régulière, il faut examiner si la conclusion est vraie ou si elle est fausse. Si un syllogisme qui ne pèche pas sous le rapport de la forme aboutit à une conclusion fausse, il est indispensable, pour le résoudre véritablement, d'emplover une double négation. Car, dans l'hypothèse où le syllogisme conclut faussement sans que la forme soit vicieuse, il est visible que les deux prémisses sont fausses, ou du moins l'une des deux ; « car le faux syllogisme, comme

(i) s. Augustin dit à ce sujet : « Ily a des conclusions vraies, au point de vue du raisonnement, lesquelles contiennent des pensées fausses qui sont la conséquence des principes erronés de celui avec lequel on discute ; l'homme de bien et le savant peuvent les déduire quelquefois pour faire rougir celui qui en a posé le principe par son erreur, afin de le contraindre à l'abandonner ; » De Doct., Christ., lib. II, c. 3i, n. 40.

(2) A7ialyt., Prior., lib. II, c. 1 1, g 2 et 3, éd. Didot. Cf. ibid., c. 4, ? i5, et Anal. Post., lib. I, c. 32, g i.

dit Albert le Grand, doit provenir d'un antécédent faux « (i). On doit par conséquent nier les deux prémisses, ou Tune d'entre elles, et en outre nier que la conclusion soit vraie. Mais si le sophisme qui ne pèche point par la forme donne une conclusion vraie, sa solution n'exige plus alors qu'une seule négation ; car, dans le cas oi!i la conclusion du sophisme est vraie, il y a nécessairement Tune au moins des prémisses qui est fausse, sans quoi l'existence du sophisme ne s'expliquerait pas (2). Il faut donc nier Tune au moins des prémisses, mais ne pas tpticher à la conclusion.

1 8. Pour résoudre le sophisme qui pèche par la forme, il faut distijigiiei^ on diviser. En effet un syllogisme pèche du côté de la forme, ou bien parce que Tune des prémisses ou la conclusion est équivoque et partant multiple, ou bien parce que les prémisses n'ont pas le rapport voulu avec la conclusion. S'il recèle le premier de ces vices de forme, il faut distinguer ou diviser le sens multiple qui se trouve dans l'une des prémisses ou dans la conclusion ; s'il souffre du second, les prémisses doivent être séparées de la conclusion, en d'autres termes il faut montrer que la conclusion ne s'enchaîne pas avec les prémisses (3).

(i) Op. cit., lib. cit., tract. II, c. i.

(2) Quelquefois, comme dit encore le même Albert le Grand, « le vrai résulte d'une ou de deux prémisses fausses» [Op. cit., ibid. ; cf. Aristot., Anal.Post., lib. i,c. 32, g I, et Anal.Prior., lib. II, c. 4, § i 5). Cela se rencontre toutes les fois que les extrêmes, bien qu'ils n'aient aucune convenance pour le moyen ' terme, se conviennent entre eux, parce que, s'il est vrai que les choses égales à une troisième sont égales entre elles, il n'est pas nécessaire que les choses qui sont égales entre elles soient toujours égales à une troisième. Voici l'exemple que donne ce docteur: Toute . pierre est un animal ; or tout homme est une pierre ; donc tout homme est un animal {ibid.). Dans ce sophisme, les deux extrêmes, homme et animal, répugnent au vaoyen terme, pierre ; mais le grand extrême, animal, ne répugne pas avec le petit extrême, homme; parce que, s'il existe un homme, cet homme est réellement un animal. Le même docteur nous avertit qu'une conclusion vraie peut résulter de fausses prémisses, non par soi-même ou par nécessité, comme dit Aristote (Anal. Prior., loc. cit.), mais^^r accident; car si des prémisses fausses peuvent être cause d'uneconclusion vraie, ce n'est pas en tant qu'elles sont fausses, mais à raison de la matière, en tant que, bien qu'elles diffèrent de la conclusion par le terme moyen, les deux extrêmes en sont cependant comme les parties matérielles, puisqu'elles contiennent l'un et l'autre extrême. Ainsi, dans l'exemple cité, les prémisses fausses ne sont pas la cause nécessaire oupar soi de la conclusion vraie, parce que, s'il est vrai que l'homme est un animal, cela ne vient ni de ce que toute pierre est un animal, ni de ce que tout homme est une pierre ; mais ces deux propositions en sont la cause accidentelle, ou contingente, parce qu'on y trouve les deux extrêmes, homme et animal, qui constituent cette conclusion vraie, Vhomme est un animal. (3) Cf. B. .\lb. M., Op. cit., ibid.

IQ. Voilà ce que nous avions à dire sur les modes généraux suivant lesquels doivent se faire les vraies solutions des sophisnies. Quant aux modes spéciaux de solutions pour chacun d'eux, la nature de cet ouvrage ne nous permet pas d'en entreprendre l'exposition. Nous nous contenterons d'en résoudre un ou deux, comme exemple. Pour qu'un sophiste ne nous trompe pas, au moyen d'un sophisme de composition ou de division^ il suffit d'expliquer dans le sens divisé ce qu'il prend dans le sens composé, et réciproquement d'expliquer dans le sens composé ce qu'il prend dans le sens divisé. Car, de cette manière, après que le sophiste a disposé son argument dans un sens, nous lui opposons le sens contraire et nous démontrons par là qu'il ne nous a pas réellement réfuté. Par exemple, si quelqu'un nous adresse ce sophisme : // a été blessé comme vous ave^ vu qu'il Va été ; or vous l'avei vu blessé de vos yeux; donc vous l'ave ^ blessé de vos propres jeux ; il faut répondre que la conclusion est fausse. Car dans la mineure, ces mots de vos yeux sont pris par le sophiste, comme s'ils se rapportaient à blessé^ tandis qu'ils doivent être joints avec les mots : vous l'ave^ vu.

20. L'autre exemple présente la solution d'un sophisme d'accident^ lequel appartient aux sophismes à' extra-diction. Voilà un sophiste qui demande à son interlocuteur si son chien n'est pas son père. Celui-ci répond naturellement qu'il n'en est rien, et le sophiste lui fait alors cet argument : Cependant ce chien est vôtre ; or ce chien est père ; donc ce chien est votre père. Pour résoudre ce sophisme, il faut nier la conclusion et montrer qu'elle ne découle pas des prémisses. En effet être père et être vôtre sont deux accidents dont l'un n'appartient pas à l'essence de l'autre ; car ce chien peut être pè?~e sans être vôtre., et il peut être vôtre sans être père ; par conséquent, lors même que vous accordez au sophiste que ce chien est père et qu'il est vôtre., il n'est pas en droit de conclure: donc ce chien est votive père.

(i) Cf. Arist., De Soph. Elench., c. 24, et Alb. M., Op. cit., lib. cit., tract.

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