‹ Élements de la philosophie chrétienne comparée avec les doctrines des philosophes anciens et des philosophes modernes (volume 2)Chapitre 61 sur 99 · Prob. ant. On ne peut assigner à la détermination · texte numérisé non relu

Prob. ant. On ne peut assigner à la détermination

(i) Cf. pag. 348 et 349.

(2) Cf. pag. 358 et 359.

(3) Cf. pag. 359 et 36o.

(4) Voici comment S. Thomas expose cet argument : « L'intellect humain tient le milieu ; car il n'est pas l'acte d'un organe et cependant il est l'une des puissances de l'âme, laquelle est la forme du corps. C'est pourquoi, il lui appartient en propre de connaître la forme qui existe individuellement dans la matière corporelle, mais néanmoins il ne la connaît pas en tant qu'elle existe dans telle matière déterminée. Pour connaître ce qui existe dans la matière individuelle, indépendamment de telle matière particulière, il est nécessaire de dégager la forme de la matière individuelle que les fantômes représentent; il faut admettre par conséquent que l'intellect connaît les choses matérielles, en ce qu'il les sépare de leurs fantômes au moyen de l'abstraction ; » 1, q. LXXXV, a. I c.

(5) Cf. pag. 3G4.

(6) Cf. pag. 38-2-384 et pag. 678 et 379.

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de rintellect que Tune de ces trois causes : le fantôme de la chose, Dieu, ou l'intellect lui-même. Or ce n'est pas le fantôme, car il faudrait admettre, dans ce cas, une mutuelle i.fluence de rame SU-' le corps et du corps sus Tâme, influence qui est encore une qualité occulte et problématique; ce n'est pas Dieu non plus, car cette hypothèse entraîne avec elle le système des causes occasionnelles et rend inutile l'intellect agent lui-même ; enfin ce ne peut être l'intellect agent, parce que rien ne peut, de soi-même, passer de la puissance à l'acte. On ne peut donc expliquer, dans ce système, comment l'intellect agent sort de son inaction, pour passer à l'acte (i).

563. Réponse: Conc. maj. Quant à la mineure^ on doit accorder les deux premières parties, mais la troisième doit être niée^ ainsi que le conséquent. Nous accordons sans difficulté à l'auteur et pour les raisons qu'il en donne, que Dieu n'est pas la cause prochaine qui réduit en acte l'intellect agent. Le fantôme n'est pas non plus cette cause prochaine; comme il représente la chose matérielle, il répugne en effet qu'il soit la cause qui réduit en acte l'intellect agent (2). Mais nous sommes d'avis que l'intellect agent lui-même est cette cause, et ce fait ne contredit nullement la maxime des scolastiques portant que rien ne peut par lui-même passer de la puissance à l'acte. Car, l'intellect agent étant naturellement actif (3), puisqu'il est une lumière intellectuelle (4), l'action doit naturellement l'accompagner (5). Mais, comme il consiste dans une certaine vertu active indéterminée, il ne peut exercer aucune action déterminée, à moins que l'imagination ne lui offre quelque objet. Ainsi l'intellect agent se réduit en acte lui-même , non qu'il passe par lui-même de la puissance à l'acte, mais parce que, en présence du fantôme, il exerce l'action, qui est conforme à sa nature, et qu'il ne pouvait exercer sans ce dernier.

{i)Elem. Met., Pars altéra, c. 3, prop. 3-2, t. II, pag. 157 seqq., éd. cit.

(2) La raison que nous donnons ici, et non celle que l'auteur de l'objection indique, est la vraie raison pour laquelle le fantôme ne peut être la cause qui détermine l'intellect agent. Car l'intiuence mutuelle de l'âme sur le corps et du corps sur l'âme iTest pas, comme il dit ridiculement, une qualité occidte, mais, nous le démontrerons en son lieu, cette action mutuelle est un fait si constant qu'il ne peut être révoqué en doute.

(3) Cf. pag. 378-379.

(4) Cf. pag. 367, not. 5.

(5) Cf. pag. 578-579.

564. 2' Objection^ tirée de Corsini: L'intellect agent ne peut séparer par abstraction Timage incorporelle et universelle qui se trouve mêlée aux circonstances singulières et corporelles, à moins qu'il ne voie distinctement, non seulement cette image incorporelle, mais encore les circonstances corporelles qui raccompagnent. Or, d'après les scolastiques, rintellect ne peut voir les circonstances corporelles qui sont jointes à Timage incorporelle et générale. Donc Torigine des idées ne peut être expliquée par le système scolastique (i).

565. Réponse : Neg. maj. ; conc. min. ; neg. cous. Corsini suppose à tort que, d'après les scolastiques, l'image, ou l'espèce incorporelle et universelle, est contenue en acte dans le fantôme conjointement avec les circonstances corporelles ; car les scolastiques soutiennent que l'espèce, qui est en acte dans le fantôme, représente la chose corporelle; ils affirment en conséquence que cette espèce est singulière, non-seulement en soi, mais encore en tant qu'elle représente l'objet. Quant à l'intellect agent, il forme l'image, ou l'espèce incorporelle et générale, au moyen de l'image-fantôme, en ce qu'il considère l'essence des choses, laquelle existe dans l'espèce-fantôme accompagnée de conditions corporelles et singulières, sans ces mêmes conditions. On ne doit pas supposer que l'intellect agent ne peut obtenir ce résultat, à moins qu'il ne connaisse l'essence de la chose et ses conditions corporelles ; parce que l'intellect agent, comme nous l'avons démontré ailleurs {2), est une puissance intellective, qui est intelligente d'une manière efficiente^ sans l'être d'une manière /or;«e//e (3).

566. 3^ Objection^ faite également par Corsini (4) : Si l'intellect tirait du fantôme l'espèce intelligible au moyen de l'abstraction , il changerait la nature du fantôme lui-même, puisqu'il transformerait une chose corporelle en une autre incorporelle. Or cette transformation est absurde. Donc.

567. Réponse : Neg. maj. ; conced. min.; neg. cons. En effet, l'intellect agent tire du fantôme l'espèce intelligible, non qu'il dépouiile réellement le fantôme des conditions de la ma-

(i) Instit. phil., Log., part. I, c. 2, g 7, pag. 86, Venetiis 17C4. (2)Gf. pag. 382-383.

(3) Comparer avec ce que nous avons dit, pag. SyS-Syo.

(4) Instit. phil., Log., ibid.

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tière, mais parce qu'il considère en lui, comme nous l\ivons dit, Tessence de la chose, sans s'arrêter aux conditions matérielles qui raccompagnent. Il ne transforme donc pas la nature corporelle du fantôme en une autre incorporelle ; mais, ce qui dans le fantôme se trouve singulier et sensible, il le rend intelligible et universel, et, après Tavoir ainsi dégagé, il le transmet à Tintellect possible.

ARTICLE SIXIÈME

De la connexiofî du langage avec la pensée

568. D'après la doctrine idéologique exposée dans Tarticle précédent, il nous est facile de concevoir ce qu'il faut penser de la connexion des mots avec les concepts dont ils sont les signes.

5G9. Avant de résoudre la controverse qui existe à ce sujet, nous dirons quelque chose des signes en général et principalement de la nature des signes appelés mots ou paroles et qui constituent le langage. Suivant la définition qu'en donne saint Augustin, « le signe est une chose qui, outre Tespèce sensible qu'elle présente à nos sens, en réveille quelque autre à la pensée (i). » D'où l'on voit que, si nous analysons la notion de signe, nous pourrons constater qu'elle comprend trois éléments distincts : savoir, une chose qui en signifie une autre, la chose signifiée, et le principe en vertu duquel on passe de la connaissance de l'une à la connaissance de l'autre. Par exemple, si nous considérons la fumée comme signe du feu, trois choses différentes s'offrent à notre esprit : la fumée qui signifie le feu, le feu qui est signifié par la fumée, et la î^elation entre la cause et l'effet. Car, à la vue de la fumée, nous concluons qu'il existe du feu, parce que nous savons que la fumée est produite par le feu.

570. Il y a divers genres de signes, parce que le signe peut diversement se rapporter à la chose qu'il signifie. Si, en effet, une chose en signifie naturellement une autre, indépendamment de la volonté, on dit qu'elle en est le signe naturel \ ainsi la fumée, par exemple, est le signe naturel du feu (2). Si, au

(t) De Doctr., Christ., lib. II, c.2, n. i. Cf. S. Thom., 3. q. LXII, a. 4 ad 2. (2) De Doctr., Christ., ibid., n. 2.

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contraire, cette signification n'a lieu qu'en vertu d'uriè tdnVètf-' tion humaine, de telle sorte que le signe n'ait, 'par natùrbV aucun rapport, ou un faible rapport selilem'ent, avec la'chbsë'' qu'il signifie, on l'appelle signe arbitraire^ ou cpmtrié l;''i' fait' saint Augustin, û^no-convcntionnel (i) ; rdliviér,.p'àr^eiymple',^ est le signe conventionnel de la paix. ' ' '' '•' ' ' 'i"'^ -• ''J

571. Il est évident que l'homme a besoin de certains signes pour manifester ses conceptions au dehors," Car^' dit sèiiir Thomas, « si l'homme était par nature un animârsôlitaii^e, les passions de l'âme, qui le mettent en relation avec les'' choses à son usage, lui en donneraient 'tirie cbrinaïssarité^ suffisante; mais, l'homme étant par nature im animal politique • et sociable, il était nécessaire qu'il pût manifester aux autres ses propres conceptions (2). » Or, comme les hommes, airisî' que l'observe saint Basile (3), ont un corps en même temps qu'une âme, ils ne peuvent se communiquer miiituellémenl; leurs pensées sans quelque intermédiaire ; il leur faut certains ' procédés sensibles qui les expriment. Par conséquent les liorii-^ mes ont besoin, pour se manifester mutuellement leurs pensées, de quelques moyens sensibles, et ce sont ces moyens'^ que nous avons désignés sous le: nom de signets. •

572. ÏI y a plusieurs manières faciles de communiquer aux autres ses propres pensées. Et d'abord, nous pouvons les manifester par certains mouvements du corps, soit ^que nous suivions en cela l'instinct delà nature, soit que nous fassions' usage de signes conventionnels. Nous appelons ^l>6^/e5,'7e5 mouvements du corps propres à manifester les pensées de l'aine. S'ils proviennent d'un instinct de la nature, ils sont îiaturels, mais s'ils proviennent d'une convention faite entre les hommes, ils sont artificiels'. Par exemple, les^^eiix' de travers marquent iiat u?~el lement V'mdïgn3iùon., et les mou-i, vements du corps, par lesquels les sourds-muets' suppléent a' l'absence du langage, découvrent leurs pensées par. un moyen' artificiel {^. Or il est évident que les gestes naturels Sont ks

(i) De Doctr,, Christ., ibid., n. 3. \i . -y» ,0

(2) Inlib. I Post., lect. II ; cf. In lib. I Polit., lect. i. : ,. ; ,: ^

(3) Homil. in illud, Attende tibi ipsi etc., n. i, Opp., t. II, pag. r6} édit. Garnicr, Paris 1722. ,. , . . \ i • •

(4) Les gestes naturcla sont communs aux hommes et aux bétes j car ks bêtes s'en servent pour se communiquer leurs propres ; dispositions.. \Voici

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mêmes chez tous ics peuples, car ce qui vient de la nature est commun à tous les hommes ; les gestes artificiels varient au contraire chez les divers groupes d'hommes/ parce que les coutumes dépendant des conditions propres de chaque pays et du libre arbitre des hommes ne peuvent être les mêmes chez tous les individus (i).

573. De tous les signes se rapportant aux gestes, le langage, suivant l'observation de saint Augustin (2), est de beaucoup le plus parfait. Saint Thomas en donne cette raison : « C'est que les mots d'une langue peuvent diversement se combiner entre eux pour signifier les divers concepts de l'esprit ; voilà pourquoi nous pouvons, par leur moyen, exprimer plus distinctement les conceptions de notre esprit (3). » Nous avons déjà exposé dans la Logique ce qu'il fallait entendre par mots, ou expressions, et par discours (4). Nous ajouterons seulement ici que la parole^ qui résulte de la liaison des mots ou des expressions entre elles, appartient en propre à l'homme; car, si les bêtes, comme le remarque saint Thomas (5), émettent certains sons, qui ressemblent à des mots, pour exprimer leurs passions^ ou leurs divers états, il est certain cependant qu'elles ne peuvent se servir de la parole ; parce que, sans intellect, il est impossible de combiner entre elles plusieurs expressions de manière à leur faire révéler les sentiments de Tâme.

574. Mais il ne suffit pas à l'homme, pour manifester ses pensées, d'avoir la parole à son service. Car, ainsi que l'observe le même saint Thomas, non content de connaître le présent, l'homme porte ses regards sur le passé et même' vers Tavenir ; il a conséquemment besoin de signes permanents, pour manifester ses pensées aux hommes séparés de lui par l'espace, ou par le temps (6). Le plus important de ces signes, c'est Vécritm-e

deux exemples cités par S. Augustin : « Le coq qui a trouve do la nourriture donne aussitôt le signal avec sa voix, et la poule accourt; le colombeau appelle la colombe par ses roucoulements, et la colombe l'appelle de son côté; » De Doctr., Christ., lib. II, c, 2. n. 3.

(i) On lira utilement, sur la question des gestes, l'ouvrage du chan. Andréa del Jorio, La mbnica dec;li 'antichi investigata sul gestire de'' napoletani, Napoli i832.

(2) Op. cit., ibid., c. 3, n. 4.

(3) 3, q. LX, a. 6 c. Cf. 2-^ 2-, q. LV, a. 4 ad 2; q. LXXII, a. i c. ; et q. CX a. I ad 2.

(4) Cf. Logique, i« part., ch. II, art. 2, pag. 64-65. (b) In lib. I Polit., lect. i.

(6) In lib. I Post. Anal, lect. II; cf. S. Aug., Op. cit., ibid., c. 4, n.

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appelée alphabétique, parce qu'elle fait connaître les conceptions de Tesprit au moyen des lettres de Falphabet diversement disposées (i).

575. Or les mots, soit parlés, soit écrits, d'après Topinion d'Aristote (2), opinion que les scolastiques, à l'exemple d'Arnobe (3) de saint Augustin (4) et des autres écrivains ecclésiasliques (5), ont adoptée, ne sont pas les signes naturels des choses, et ne doivent pas être regardés comme représentant, de leur nature, les natures des choses qu'ils signifient. Les trois preuves que nous allons donner établissent assez clairement, à notre avis, la vérité de cette opinion. La première, c'est qu'il ne peut exister aucun rapport de convenance entre les noms et les natures des choses qu'ils représentent, ainsi qu'Arnobe l'avait remarqué (6); car les noms ne pourraient signifier

(1) Personne n'ignore qu'on s'est quelquefois servi de peintures, ou de symboles, pour transmettre à la postérité le souvenir des événements passés. La peinture fait connaître les choses au moyen de leurs images; par exemple, si l'on peint, pour signifier un combat, deux mains armées du glaive dirigées l'une contre l'autre. Le symbole, d'autre part, signifie une notion abstraite ou bien une chose spirituelle, au mo)-en dé l'image d'une chose sensible qui a quelque ressemblance avec elle ; par exemple, l'œil signifie la providence, l'épi la fécondité, la colombe l'innocence. La peinture a reçu le nom d'écriture figurée, et le symbole celui d'écriture symbolique, parce que celle-là manifeste les conceptions de l'esprit par le signe permanent d'une figure, et celle-ci par le signe permanent d'un symbole. Ces deux genres de signes constituent l'écriture idéographique, ainsi appelée, parce qu'elle signifie les idées et non les mots qui représentent les idées. Quanta l'écriture alphabétique, elle forme un genre d'écriture appelée ^/zojzé^/^'î^e , parce qu'elle indique les mots raç çœva'ç, et non les idées que les mots représentent. Cette dernière écriture l'emporte tellement sur les autres qu'elle mérite seule, à vrai dire, le nom d'écriture. Car, à l'opposé des divers genres d'écriture idéographique, l'écriture phonétique n'exige pas un nombre de signes égal à celui des conceptions de l'âme qu'il s'agit d'exprimer; avec un petit nombre de signes, connus sous le nom d'alphabet, elle compose tous les mots dont elle peut avoir besoin pour exprimer toutes les conceptions de l'esprit quelles qu'elles puissent être. Elle représente ainsi, d'une manière étonnante, tous les sons de la voix, toutes les articulations de la pai-ole orale; car, de même que celle-ci combine un petit nombre d'articulations vocales d'une manière si variée qu'il en résulte un nombre presque infini de mots, de même l'écriture phonétique, au moyen des diverses dispositions données aux lettres de l'alphabet, parvient à peindre les innombrables expressions qui représentent ces articulations vocales.

(2) De interpr., c. 2, g 3, éd. Didot. On peut lire dans Origène l'histoire de cette controverse, Contr. Ccls., lib. I, c. 24.

(3) Adversus Gentes, lib. I, p. 36,Lugd. Batav. i65i.

(4) De Doctr. Christ., lib. Il, c. 2, n. 3.

(5) Les philosophes modernes, que nous sachions, se sont peu occupés de cette controverse; mais, d'après leurs diverses opinions sur l'origine du langage, il est facile de voir que les uns sont favorables à l'opinion de Platon et les autres à celle d'Aristote.

{6) Adversus Gentes, \\h. l, loc. cit.

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les choses par nature, que dans le cas où, considérés en euxmenues matériellement (i), comme parle T École, c'est-àdire entant qu'objets particuliers, ils seraient de même nature que les choses qu'ils expriment. Or, considérés en eux-mêmes, comme objets particuliers, les noms ne possèdent pas la même nature que les choses qu'ils signifient, ils ont au contraire une nature propre, par laquelle ils se distinguent de toute autre chose. Conséquemment les noms ne signifient pas certaines choses par leur propre nature (2). La seconde preuve nous est fournie par Albert le Grand (3), par saint Thomas {4), et par d'autres auteurs; elle peut être ainsi résumée : Les mêmes choses ne sont pas signifiées par les mêmes noms chez tous les peuples ; on emploie au contraire des noms très-divers pour les exprimer. Or les natures des choses sont partout et toujours les mêmes, car elles sont immuables. Par conséquent les noms ne possèdent pas, de leur nature, une signification déterminée. Une troisième preuve peut être tirée du fait que voici : Quoiqu'il entende souvent certains noms, le peuple ignore parfois, non-seulement la nature des choses que ces noms désignent, il ignore même quelles sont ces choses. Or, si les noms, par leur propre nature, signifiaient les choses, chacun, à l'audition d'un nom, devrait connaître sans aucunement hésiter, non-seulement quelle chose il signifie, mais encore quelle est la nature de cette chose. Par conséquent les noms ne signifient rien par nature.

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